A quelles conditions le développement de l’Afrique ? Par Dominique Ngoie-Ngalla
Posté dans: Général | Par Alain Mabanckou | le 07 Aoû 2008 à 17h29 | Lu 14082 fois
L’Afrique va mal. De plus en plus. L’africain conscient, ou tout simplement celui qui aime l’Afrique, a la douloureuse impression que le recul de ce continent est proportionnel à l’amélioration constante des conditions d’existence dans le reste du monde dit en développement. En tout cas, du point de vue du bien être humain, l’écart ne cesse de se creuser entre l’Occident et l’Afrique Noire.
Bénéficiaire intelligent des infrastructures économiques des Boers, l’Afrique du Sud se démarque nettement de cette Afrique où la conjonction de la naïveté, de la ruse et de l’imposture produit ce paysage effrayant qui frappe tout observateur même non avisé. Depuis la fin de l’apartheid, une classe moyenne active émerge de la population noire, même si la situation des townships reste préoccupante. Les causes profondes, les facteurs qui ont fabriqué à l’Afrique noire ce destin terrible ? Nous les connaissons : la traite négrière et la colonisation. Pour longtemps, elles avaient déréglé les rouages sociopolitiques, socio-économiques des pays africains, broyé leur cultures moquées, piégé et perverti le rapport de soi au monde, de la bonne santé duquel dépend l’épanouissement humain. Un gâchis incommensurable dont les chercheurs ne sont pas encore parvenus à révéler toute l’ampleur. Cette situation indique en même temps le devoir de conscience des africains sur l’état de leur société s’ils veulent s’en sortir. Ce n’est pas impossible.
Le désordre des sociétés africaines peut être daté. Une séquence de l’histoire de l’humanité lui avait donné un commencement. Il peut donc cesser. Il n’est pas le résultat éternel d’un décret des dieux. Et cela engage la responsabilité des africains et de leurs partenaires.
La traite négrière et la colonisation, si elles furent une cause structurante du désordre africain, n’avaient pas pour autant scellé le destin de l’Afrique. Celui-ci reste déchiffrable à condition que les africains prennent conscience, remontent aux causes de leurs malheurs, et aient le courage de prendre à bras le corps des solutions difficiles. L’identification nous met sur la voie de la guérison, puisqu’on peut alors trouver le remède. Encore faut-il que le patient consente à suivre les prescriptions du médecin ; pourvu que le remède soit adapté. Aucune société ne s’est construite sur la fuite des responsabilités.
Aucune société ne s’est construite en tournant le dos au bon sens. Je crains que, en dehors des cercles politiques où son usage est galvaudé pour ne plus rien vouloir dire, le terme responsabilité ait perdu son poids de sens en Afrique noire (nous parlons des affaires bien sur !). Cette Afrique noire où les élites inscrivent leur action dans la logique de prédation et d’exploitation qui avait pourtant nourri leur contestation du régime colonial. Tout en la condamnant de bouche, ces élites politiques reproduisent l’idéologie coloniale d’exploitation cynique, tant elles sont fascinées par l’économie consumériste. Progressivement elles se sont détournées de leur patrimoine culturel dans lequel elles devraient pourtant puiser pour trouver solution à nombre de mots qui assaillent les sociétés africaines. Elles singent le modèle occidental, quitte à s’en détourner avec horreur dès que ce modèle parle de devoir de conscience, de rigueur et montre l’effort individuel et collectif comme base du progrès de l’humanité et des nations.
Le défaut d’éthique citoyenne chez les élites africaines explique qu’elles vivent éjectées en quelque sorte hors d’elles-mêmes et vivent loin des préoccupations des populations dont elles prétendent être les dignes représentants. Des populations pourtant pas si sottes, qui sont passées maitres de la récupération, du recyclage et de l’économie informelle, dont, on peut bien le dire, vivent les masses africaines des bidonvilles et des villages, démontrant par là jusqu’où elles n’iraient pas si elles avaient des dirigeants honnêtes et attentionnés. Nos élites ne s’intéressent à ces populations qu’en permanence elles arrosent de leur arrogance méprisante qu’en période électorale où la voix de chaque femme, de chaque homme vaut son pesant d’or. Ces élites extraverties qui vivent en permanence branchées sur les médias occidentaux et les divertissements qu’ils proposent ne rêvent que de l’Europe.
Tous les jours des avions en provenance d’Afrique en sont bondés, où on les reconnait à leur air suffisant. Cela fait qu’elles expatrient en Europe tout le produit de leurs rapines sans souci de l’Afrique à bâtir ; et parce que le développement de l’Afrique est le cadet de leurs soucis, c’est sans vergogne qu’elles la pillent avec la même fureur que hier les colons et depuis les indépendances, les multinationales qui se comportent en pays conquis avec la bénédiction des élites africaines elles-mêmes acquises à l’idéologie et aux valeurs criminelles des multinationales. Ce faisant ces élites sont parfaitement conscientes des haines tenaces que leurs populations nourissent contre elles (il s’agit là bien entendu des pays où sévit la malgouvernance. Des pays comme le Ghana, l’Ile Maurice, le Botswana, une infime minorité, s’en sortent assez bien). Voila pourquoi ces élites s’interdisent d’investir dans leurs propres pays l’argent qu’elles leur volent. Souci bien compréhensible, à tout instant, le produit inespéré de leurs rapines peut aller en fumée.
Seuls donc le respect scrupuleux des principes d’une gestion démocratique capable de régler le problème de l’ethnicisme peut inverser la tendance, provoquer un mouvement centripète de ces élites extraverties et faire naitre l’ordre dans des sociétés sécurisées. L’ordre et la confiance.
Dominique Ngoie-Ngalla
Dominique Ngoie-Ngalla est Docteur d’Etat-es-Lettres et Sciences Humaines de Par 1 Sorbonne. Professeur à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines au Congo, il a aussi enseigné à la Faculté de philosophie de l’Université d’Amiens en Picardie (France). Signalons la republication en France d’une des ses oeuvres littéraires emblématiques, “La Geste de Ngom-Mbima, suivi de Chants d’ancrage”, Editions Bajag-Meri, 38 rue Servan 75544 Paris cedex 11, Tél: 01 46 36 21 85.






(171) Commentaires
Merci Alain pour ce texte de Ngoïe-Ngalla. J’ai beaucoup aimé Le retour des ethnies et sa lettre à ma grand mère, un texte si émouvant !
Il est bien dommage que son oeuvre ne soit pas reconnue à sa juste valeur.
Le problème de l’ethnie a cru être contourné par les dirigeants camerounais en le mettant au centre à travers au concept d’équilibre régional. Chaque région doit avoir son quota dans les structures étatiques:armée, médecine et etc. La démocratie tribale est un frein au développement. Un Etat ne peut être une juxtaposition des tribus.
Quand on parle des élites africaines j’aimerais bien savoir de qui on parle. Il y a un livre au Cameroun qui pose le problème des élites du Sud.
Si on considère comme élites des fonctionnaires, ministres, députés. On se trompe quelque part, et il n’y a pas à être déçu d’un absence quelconque de développement.
Le rôle de cette élite politico-administrative n’est pas de construire des écoles, des entreprises, des hôpitaux. L’absence d’investisseurs nationaux et l’absence d’une autre vision du développement posent problème. L’argent n’est pas investi en Afrique parce que la confiance a foutu le camp. Au Cameroun actuellement la chasse au corrompu jette des minsitres et haut-cadres en prison.
Les pays francophones ont hérité des copies de l’ENA: écoles nationale d’administration. On peut s’interroger sur leur adéquation à l’environnement actuel.
Ils sont très peu pendant les émeutes de la faim à avoir protesté contre la subvention des produits importés accentuant par ce fait la dépendance alimentaire. La société civile aurait du dire si le riz et le pain coûtent trop cher consommons le manioc et la pâte d’arachide.
On peut émettre une hypothèse tendancieuse, et si l’Afrique refusait le développement parce qu’elle le considère comme un processus acculturation, une assimilation?
Encore un coup d’état en Mauritanie! la démocratie à un coup encore plus énorme que la dictature. Heureusement qu’il y a le coupé décalé et le zouglou pour changer d’humeur.
La drogue qui était qualifiée comme le truc des toubabs diffuse insidieusement dans les différentes couches sociales. C’est dire que la paupérisation rampante devient le nid pour de nouveaux fléaux.
Vers le dynamisme de la raison pratique: pour le bonheur de tous.
La raison pratique est cette raison qui permet aux hommes d’agir selon leur conscience. Pour agir il faut au préalable une loi qui doit commander l’action et la conduire à son terme. Le verbe agir est à comprendre ici au sens de processus actif ayant une connotation qui nécessite la participation d’autres éléments.
La raison pratique est une raison qui pousse non seulement à poser des actes concrets mais aussi à affirmer la véracité de leur réalisation. Si dans la raison spéculative “la vérité se rencontre sans aucune défaillance dans les conclusions particulières comme dans les principes généraux”, dans la raison pratique par contre “la vérité ou la rectitude n’est pas la même pour tous quand on arrive aux conclusions”.
Dans une Afrique tourmentée, que peut bien être l’impact de la raison pratique? Qu’est-ce que les Africains peuvent attendre de la raison pratique?
Pour notre chère Afrique, nous avons besoin des hommes et des femmes capables et compétents dans la réalisation de leurs fonctions de faire respecter ce pacte dit social et non tribal, encore moins interethnique, et sans exclusion aucune. Grosso modo, la raison pratique peut aider les Africains dans presque tous les domaines de leur vie. En politique, en économie, etc.
En politique par exemple, la manière de gérer les affaires de l’Etat (surtout en Afrique sub-saharienne) exige de s’inscrire dans la ligne du dynamisme même de la raison pratique. Nos leaders politiques se soucient si peu de cet agir qui vise uniquement le bien commun. Ils se servent des biens de la nation comme de leurs biens personnels. Or l’impact de la raison pratique à ce sujet peut bien être de faire prendre conscience à tous ces responsables de la mauvaise voie qui est la leur « hic et nunc » (ici et maintenant) et de changer radicalement pour l’honneur de tous, afin de donner à la raison pratique sa raison d’être.
Pour ce faire, nous devons tous oeuvrer pour l’épanouissement de nos sociétés en faisant appel à la raison pratique, et au mot auquel celle-ci est intrinsèquement liée: la loi. Que veut dire finalement ce mot (raison pratique) dans nos différentes langues africaines? Quel est le contenu que nous Africains nous lui donnons? Voilà autant de questions auxquelles nous sommes appelés à réfléchir et à donner une réponse satisfaisante.
En somme, la raison pratique est une démarche exigeante et rigoureuse, dont la finalité est toujours le bonheur de tous. Ici, les pauvres ne resteront pas toujours pauvres, et les riches ne resteront pas toujours riches. La raison pratique n’est donc pas l’apanage du seul riche ni du seul pauvre. Elle est l’apanage de l’homme tout court, qu’il soit pauvre ou riche. Bref, elle considère tout à la fois le pauvre et le riche. La raison pratique est cette oeuvre du raisonner, c’est-à-dire du “courir de la cause au causé” (comme dirait Isaac Ben Salomon, philosophe juif du Xè siècle), et donc par conséquent, elle est oeuvre de la raison. D’une raison qui est toujours en rapport avec la loi. D’une loi qui pousse et oblige à agir pour le bien de tous. La raison pratique vise l’action et ne pense le monde qu’en rapport à cette action. Elle est de l’ordre du devoir être. Elle ne vise donc pas ce qui est, mais ce qui doit être.
J’exagère peut-être en disant que l’une des causes premières qui fait que l’Afrique avance à reculons, est sans doute son manque de raison pratique. Alors quelles sont les raisons qui expliquent les migrations de ces jeunes africains à quitter le continent pour une vie meilleure? L’auraient-ils fait si leurs pays leur offraient des conditions de vie favorables ? Certainement pas. Tout ce qu’ils demandent c’est du travail bien rémunéré, une vie pleine et non une vie et demie, dans un climat de justice et de paix. Ils ont déjà assez philosophé. Ne leur demandez pas de philosopher davantage. C’est que philosopher suppose un minimum de certitudes matérielles pour permettre à l’homme de cogiter, étant cet “homo faber” avant de devenir “homo sapiens”: “primum vivere, deinde philosophari”.
Hermann-Habib KIBANGOU, sj.
Sociologue de formation.
L’Afrique victime de ses dirigeants.
S’interroger sur les problèmes actuels de l’Afrique nous renvoie souvent à ces maux trop bien connus pour l’avoir désorganisée, vidée et enfin soumise à un joug atroce. Ces maux il est vrai ont marqué ce pauvre continent à jamais, mais il est cependant de mauvaise foi de ne laisser peser nos malheurs présents que sur ces pages douloureuses de notre histoire.
Aujourd’hui que les choses ont pris une autre tournure, l’Afrique pilotée par ses propres fils était mal partie, mais les moyens d’arriver à bon port ou même seulement de se remettre sur le rail lui sont connus, rien ne l’empêche d’y accéder. Le Botswana et quelques autres pays dont on ne parle malheureusement pas beaucoup essaient tant bien que mal de les appliquer, et ça semble marcher jusqu’aujourd’hui. C’est preuve que la recette est assez simple, elle s’appelle la bonne gouvernance.
Est-elle simple avons-nous dit? Certains n’arrivent pas à les appliquer pourtant. Ce qui est paradoxal chez ces pays qui n’arrivent pas ou qui ne veulent pas les appliquer (qui sait?), c’est que ce sont des pays richement dotés en matières premières: des populations jeunes et dynamiques, des ressources naturelles abondantes, donc des ressources financières. Voila pourtant des ingrédients qui, sous la férule d’une administration sérieuse et rigoureuse, donnent un plat savoureux appelé développement. Il ne s’agit pas de se hisser aux standards de l’OCDE, mais d’apporter aux populations le minimum de bien être: de l’eau, de l’électricité, des services sociaux et les infrastructures leur permettant de se prendre en charge et attirant des investissements étrangers.
Ces pays qui sont presque tous situés en Afrique centrale ont des dirigeants qui ne sont pas animés de fierté et de piété pour leur pays, ce sont de bien mauvais princes. Ils manquent de noblesse, la pire des rotures ne se comporterait pas comme ils le font avec leur populations. A les voir avec leur air sage et grave lors de sommets et rencontres entre chefs d’Etat, qui ne les connaitrait pas pourrait penser que cet air reflète leur souci permanent d’améliorer la condition le sort de leurs populations. Que nenni! Ces princes sont notoires pour leur incurie, autrement comment pourraient-ils dormir paisiblement autour de tant de misère?
Choisis, que dis-je, placés au pouvoir par leurs parrains occidentaux pour leur talents de cancres, car cancre faut être pour livrer son pays plus que ce qu’attendaient de vous vos parrains. Vous en êtes ainsi la risée, vous qui vous prenez pour leurs amis; ils ne pouvaient pas s’attendre à mieux en terme de suppôts, et je ne serais pas étonné que lors de rencontres entre chefs d’Etats occidentaux ou dans leurs cabinets lorsqu’il leur arrive d’aborder les questions africaines qu’ils se disent « ce sont des supers tarés ces potentats nègres ! ». Ces mercenaires venus faire souffrir leurs peuples se comportent tels des flibustiers ou des soldats d’une armée conquérante avide de viols et de razzias.
Des pachydermes à qui la le moindre effort de réflexion et d’imagination donne la migraine, par paresse on ne gouverne plus, on se contente, tel un malpropre de voler le petit peuple au lieu de s’en prendre aux multinationales. Dépourvus de capacité d’abstraction ils ont trouvé en l’Etat dont ils comprennent très mal les principes, le moyen d’assouvir leurs instincts de bêtes sauvages. Quant aux capacités d’imagination, ce serait trop leur demander, on le sait, c’est du rêve de certains dirigeants que sont sortis les plus beaux édifices d’Orient et d’Occident. Nous on se contente de rêver de châteaux et de voitures de luxe payées avec l’or de notre peuple. Ce sont alors des monstres dont les rêves sont porteurs de destruction, de misère et de mort, et dans tous les domaines ! C’est dommage que Pinocchio ne soit qu’un conte de fée, on verrait beaucoup de nez s’allonger au cours de déclaration d’adhésion aux principes rationnels de gestion d’un Etat.
On reconnaît à ces piètres dirigeants une autorité, mais n’oublions pas que l’autorité, la vraie ne se décrète pas, elle vient des qualités de celui qui se veut se veut chef ; de l’ascendant que lui ont conféré sa distinction quant au savoir, aux qualités militaires, la noblesse de son attitude envers tout ce que la vie lui propose ; celui là est le primus inter pares des Romains. Une telle autorité est reconnue même par les adversaires tellement elle s’impose. La nôtre, du moins celle de nos chefs d’Etats est issue de la crainte inspirée par les armes, c’est de la coercition.
La question serait réglée si de tels comportements n’étaient constatés que chez cette classe d’hommes politique de mauvaise facture. On pourrait considérer qu’il s’agit d’un mauvais songe dont on se réveillera, mais la mauvaise pratique a eu le temps de s’infiltrer dans l’imaginaire de nos sociétés, elle devient référence normative, donc coutume.
Une analyse qui me permets de commenter ce texte, me fait dire que le mot élite employé ici s’applique à une catégorie précise de notre élite africaine. Il pourrait m’être rétorqué que s’il s’agit de personnes situées à différents niveaux de la direction de l’Etat, le substantif élite ne devrait pas leur être appliqué, tellement ces personnes ne collent pas avec ce qu’on entend de ce mot. C’est vrai cette élite, puisqu’il faut leur reconnaitre ce terme, car on compte parmi ces gens des personnes qui ont pu s’illustrer par leur talent opératoire et leurs aptitudes opérationnelles (magistrats, médecins, officiers supérieurs, enseignants, artistes de haut rang, etc.)ne brille pas lorsque ses membres sont placés à quelque niveau de la direction de l’Etat. Foin des pratiques par lesquelles on reconnait les personnes polissées, elles se mettent à commettre des larcins, de gros larcins!s’aproprier les biens publics, fausser les règles de recrutement, etc.
Ce n’est pas là seulement le fait de l’élite africaine; on en connait qui on touché des commissions, des pots de vins sous d’autres latitudes. Heureusement sous les latitudes auxquelles je pense il existe des cadres permettant de réduire, et de façon sévère, de telles pratiques, quand chez nous règne l’impunité.
Bonjour Alain, je souhaiterai avoir ton mail pour t’ecrire hors blog, car il FAUT SAUVER WILLY.
...mais la mauvaise pratique a eu le temps de s’infiltrer dans l’imaginaire de nos sociétés, elle devient référence normative, donc coutume....
j’espere que tu exagere b shaddy
Même dans un pays de droits, il y aura toujours des hommes de travers.
eh ben, Ngnagna, c’est les vacances ds le village ou bien ?
tu m’a demandé un livre qui m’a marqué… Je ne peux me restreindre à un seul.
gamin ce fut “vipere au poing”, ode à la rebellion.
ado “le seigneurs des anneaux”, la feerie l’imagination. Et j’avoue, le romantisme torturé et debile du “le rouge et le noir”.
Puis, pêlemêle, l’esquisse d’une liberté morale de Sade dans “la phylosophie ds le boudoir” troublant en même temps que vomitoire. La poesie, le rythme, la modernité du verbe de Sakespear dans “Romeo et Juliette”. Ou le Cyrano. “Les racines du mal” de Dantec, et bien plus encore le cynisme desabusé voire exageré des “Particules elementaires de Ouelbec. “Tres marquant le “Genocidé” du rwandais Reverien Rwanga, quelques nouvelles fantastik commises par des Allan Poe, des Maupassants… ainsi que ce recueil de “Lilith et ses soeurs”. Le renouveau du mythe vampirique sublimé par Anne Rice. La déchéance sous jacente ds “La consigne des bb automatiques” du japonnais Murakami Ryu . Et plus fun, l’absurde totalement maitrisé dans la fameuse trilogie en cinq volume de Douglas Addams.
Voilà pour ceux qui me reviennent à l’esprit. Et toi ?
Suis d’avis avec Dominique NG.NG. Mais, entre autres conditions, il ya l’idée des Etats-Unis d’Afrique chère à certaines élites africaines, la coopération Sud-Sud à travers la fameuse théorie des “avantages comparés ou comparatifs” qui peut toujours être de mise, même si certains courants de pensée néo-classique en ont apporté des dépassements significatifs dans le bon sens évolutif des choses. Qu’à cela ne tienne, le socle reste inébranlable en termes d’échanges comparés.
Oui, que le respect scrupuleux des principes de gestion démocratique est capable de gérer le problème d’ethnocentrisme ou d’ethnicisme. Mais, en sus, il ya la gestion rationnelle des deniers publics dans le respect strict de la “chose publique” en termes de bonne gouvernance par les élites politiques africaines. Car, il ya certains pays qui sont arrivés à la bonne gouvernance sans miser sur des principes démocratiques, je cite l’Etat de Singapour et le Vietnam,j’en passe…
A telle enseigne qu’à mon humble avis, même sans démocratie à “l’occidentale”, on peut tangenter au “développement"de l’Afrique via la bonne gouvernance par une “afrique unie et solidaire”.
A contrario, au niveau juridique, une charte africaine devrait de bon aloi châtier la malgouvernance et les mauvais actes des droits de l’hommiste comme le fait le tribunal pénal international de la Haye…
car on compte parmi ces gens ...(magistrats, médecins, officiers supérieurs, enseignants, artistes de haut rang, etc.) Il n’est pas dit qu’un grand chanteur ait des compétences pour diriger des affaires culturelles. De même un médecin n’est pas nécessairement la personne la mieux indiquée pour gérer les questions de santé. Pour peu qu’il se détache du terrain, il devient comme en apesanteur déconnecté du monde réel.
eh ben, Ngnagna, c’est les vacances ds le village ou bien ? j’étais dans un autre village Catharsis, je n’ai pas eu hélas le temps d’adorer le crâne des mes ancêtres. Je ne suis pas suffisament tourné dans le passé. J’ai peut être muté qui sait?.
A telle enseigne qu’à mon humble avis, même sans démocratie à “l’occidentale”, on peut tangenter au “développement"de l’Afrique via la bonne gouvernance par une “afrique unie et Une bonne gouvernance ne sert à rien quand on a tout bradé aux occidentauxsolidaire”. Crois que le seul modèle de développement efficace est le le modèle “occidental”. La bonne gouvernance n’est rien sans la maitrise des processus de gestion de l’économie. , destructuré et désorganisé l’agriculture, délaissé le contrôle de l’énergie par des firmes étrangères.
Catharsis les livres qui m’ont marqué et que j’ai là en mémoire sont Une si longue lettre de Mariama Ba, Sous la Cendre le feu d’Evelyne Ngollé, un livre d’Agatha Christie qui m’a complétement mené en bateau, le kama sutra ( il n’a rien de ce que je croyais) et d’autres que je vais chercher au fond de ma mémoire. Si je connaissais l’adresse de NJ je serais passé la voir pour qu’elle me sorte cette liste de mon inconscient.
il ya l’idée des Etats-Unis d’Afrique chère à certaines élites africaines, S’en fout des élites!
Eh! faut pas être bizarroïde voire grincheux à tout bon vent!
La bonne gouvernance suppose une bonne maîtrise de l’appareil étatique, une gestion rationnelle efficace et effisciente des deniers publics de la nation ou des états-nations. Au point où la malgouvernance c’est à dire le bradage n’aurait plus sa place; et donc, il sera ipso facto délogé. Car, le bradage dont vous faites allusion fait partie de la politique laxiste, de la gabégie financière sans une once d’orthodoxie et, est à l’antipode de la gouvernance: la bonne.
De même l’idée des Etats-Unis d’Afrique, ça marche aux USA, en Europe…
Et, pourquoi avoir honte de faire du copie/coller d’ailleurs.
Ce faisant, quand je parle des élites africaines, je fais violence aux politiciens et allusion à tout quidam imbu de son africanité et susceptible d’apporter, de quelque manière que ce soit sa modeste contribution à l’édifice de la consolidation des états-nations, en l’occurrence dans le développement de l’Afrique.
Tout juste une petite remarque quant à la thématique sur le plan de la rectitude cuisante du jugement qui se veut scientifique, je me permets de penser qu’en lieu et place de: A quelles conditions le développement de l’Afrique?
Il serait judicieux sinon souhaitable (et ce n’est qu’une supputation)de poser le problème en termes de: Quelles stratégies pour le développement de l’Afrique?
Dans la mesure où les conditions nous renvoient aux circonstances de dépendandance de l’Afrique, tant à nous-mêmes qu’au fameux phénomène dominant d’européanisation.
Tandis que les stratégies nous amènent à trouver des fins stratèges africains (ici entendu comme élites africaines, toutes tendances confondues)qui ont l’art d’oeuvrer et de manoeuvrer, de coordonner des actions et des politiques pour se donner les chances d’aboutir au but recherché qu’est le développement pour lequel l’Afrique est prise insidieusement à la trappe tantôt volontaire, tantôt involontaire; partant du principe que ce sont “les masses qui font l’histoire”. Tout cela parce que l’Afrique va mal a-t-on dit et est mal partie, sans être afropessimiste.
A contrario, au niveau juridique, une charte africaine devrait de bon aloi châtier la malgouvernance et les mauvais actes des droits de l’hommiste comme le fait le tribunal pénal international de la Haye…
parait tres bon çà...mais qui va choisir les hom justes le composant ? Affranchis de toutes corruption, libres de toutes menaces ou proteger contre elle ? Ces homs là, en existent ils encore sur terre ? Sans jouer l’ami Zanthrope.
Il faudrait un organisme auto suffisant.
Il n’y a pas de secret. Le developpement en Afrique se fera par ses homs.
Quel noms ? Les affranchis? Les incoruptibles? Les justes ?
On neglige la puissance du peuple. Le peuple peut l’obtenir s’il l’exige. Le fera t il?
Straight98 me dit le sorcier du village… qui veut dire “honnète”. Spa beau çà???
Le problème de l’Afrique c’est que nous nous sommes pas assez appuyés sur nos méchanismes précoloniaux de gestion de l’Etat. Nos hommes d’Etat, du moins nombreux parmi eux, comprennent mal la logique de l’Etat moderne.Nous en sommes à un stade prémoderne de la gestion de la cité. bien que “l’Afrique ait déja la tête dans le nucléaire” le paysage politique montre que nous avons encore “les pieds dans l’argile”. On constate qUE BEAUCOUP ONT UNE CONCEPTION patrimoniale et patriarcale du pouvoir: foin du respect des lois votées, foin des institutions. Quant à une gestion rationnelle et prévisionelle, ce n’est pas même pas la peine de s’étaler.
Cependant il me semble que cette façon de conduire nos Etats convient aux populations qui subissent la turpitude de nos dirigeants. Rares sont les fois où les populations se font entendre au sujet de leur mécontentement quant au dramatique fatum qui leur est tracé par ces gredins.
les oiseaux se cachent pour mourrir, Autant en emporte le vent font partie des bouquins qui m’ont marqué.
Je ne suis pas contre le fait de copier l’UE, j’adhère en partie. L’espace Schengen, le programme Erasmus et etc sont pour moi des avancées majeures. Il n’y a pas à beaucoup chercher, d’autres l’ont déjà fait.
Catharsis on ne viole pas très souvent les feux et les vitesses max en Europe parce qu’on a peur de la flicaille en partie. L’une des choses qui manque est la sanction dans l’administration. La Banque mondiale ou le FMI a mis à jour le scandale sénégalais. C’est un organisme étranger qui note des dépenses non prévues dans le budget du Sénégal, et depuis des années il n’y aurait pas eu de bilan. Cela veut tout dire!
C’est par la sanction qu’on pourrait rendre les gens un peu plus timides à défaut d’être vertueux.
Ya Guy je souhaite que ton discours diffuse jusqu’aux oreilles des gérontosaures afin qu’il y ait des cellules de réflexion dans à peu près tous les domaines chargées d’apporter autre chose que le chant du griot.
Et surtout ne pas laisser la gestion du pays aux agrégés du CAMES. On n’a assez vu les lois et Constitutions qu’ils ont pondu
Le developpement en Afrique se fera par ses homs. C’est bien ce que je me dis, attendons pour voir si l’époque des “toubabs” conseillers des présidents africains est revolue.
Quand c’est possible envoyer beaucoup d’antidépresseurs ou de cannabis pour ceux qui sont allés à l’école sur le continent. Ils souffrent un peu plus car ils ont les yeux ouverts.
C’est avec les industries et leur dose de pollution qu’un développement pourra être espérer en Afrique. Ya Guy que penses tu de la suppression des ministères de la culture, de la jeunesse, de la condition féminine et etc? Il y a une pléthore des ministères dans certains pays
Voilà un peu schématiquement ce que fait la jeunesse pour s’en sortir. Les garçons espèrent décrocher un contrat de foot sur Jupiter, et les filles dénicher le bon blanc riche sur Mars.
De la civilisation du travail le monde est passé à la civilisation du plaisir, de la jouissance à tout prix et tout de suite. Il faudra donner un peu plus aux jeunes pour qu’ils prennent la houe.
NJ t’es où? aurais tu trouver l’amour quelque part?
Catharsis as tu suivi la chanson de Soum Bill dans laquelle il parle des gérontosaures qui n’hésitent pas à tuer pour le pouvoir? très drôle et elle donne envie de bouger.
Sincèrement j’aimerais savoir ce qui trotte dans la tête d’un président comme DSN ou Wade quand ils pensent à leur pays. Est ce qu’ils n’ont pas vu comment le Congrès Américain s’est opposé à l’enrichissement d’Airbus au détriment de Boeing? Ce patriotisme économique que voulait copier Sarko. Bush était probablement avant la percée économique chinoise de la tête aux pieds( chemise, chaussure, cravate, caleçon et etc)100% américain.
Post 19
Contrairement aux Enarques, polytechniciens et dans une moindre mesure, les normaliens en France, les agrégés du CAMES ne constituent pas un corps à part entière. Ils ne sortent pas d’un même moule universitaire, ne sont pas “calibrés” de la même manière. Leur seul point commun c’est justement d’être “agrégés du CAMES”.
En effet, les élites occidentales sortant des grandes écoles, style West Point aux USA, ENA, Polytechnique, Normal Sup ou Central en France ont pour traits communs de se reférer globalement aux mêmes schèmes identificatoires. Ils sont plus ou moins calibrés de la même manière, adoptent globalement les mêmes raisonnements, même s’ils peuvent présenter des divergences d’opinion sur le plan politique. Surtout, ils se recrutent par co-optation.
Ponpidou qui sortait de la rue d’Ulm (Normal Sup) avait privilégié le recrutement des normaliens tandis que l’arrivée de Giscard a potentialisé l’investissement des grands Corps de l’Etat par les Enarques et polytechniciens dont périodiquement on critique l’influence néfaste.La boutade esquissée jadis par Coluche ("Un Enarque, c’est celui qui trouve déjà une solution avant même que le problème ne soit posé") illustrait bien cet effet de “calibrage des modes de raisonnements” chez des personnes sortant des Grandes Ecoles en France.
L’on voit bien que le fonctionnement des institutions et l’économie française ont plus été influencés par le passage des ministres non diplômés (A. Pinay; Monory; Jacques Delors, P. Berégovoy) que par les innombrables ministres énarques ayant en commun en général, un même calibrage des schémas de raisonnements.
Ce qui n’est pas le cas des agrégés du CAMES.
Il y a sûrement plus de ressemblances entre un agrégé et un recalé du CAMES en droit qu’entre un agrégé en droit (CAMES) et un agrégé (CAMES) en sciences éco.
Par ailleurs, les “agrégés” du CAMES ne constituent qu’un sous ensemble d’un sensemble plus large constitué de ceux qu’on a coutume d’appeler par le terme générique d‘“intellectuels" mais que je persiste à considérer comme de simples “personnes instruites” universitairement parlant.
Par conséquent, il me semble réducteur de faire porter la responsabilité des dysfonctionnements de nos institutions uniquement aux agrégés du CAMES, lesquels, à mon sens, ne constituent pas un “Corps”.
Je ne jette pas la responsabilité de ce qui se passe uniquement sur les camésiens. Ils ne sont pas non plus innocents, certains d’entre eux se sont retrouvés à des postes de responsabilités, certains ont pris part à la rédaction des lois et Constitutions.
Une gestion rigoureuse de la chose politiqueest tout aussi indispensable au développment que la présence d’une bourgeoisie locale capable d’impulser la dynamique industrielle. L’émergence d’une telle bourgeoisie est malheureusement perçue un frein à l’exercice du pouvoir du mandarin quand elle ne bourre pas les caisses du parti.
B Shady les dirigeants africains manquent de couille! normal les occidentaux tiennent leurs bourses! Pour acheter le gouter il faut qu’il donne l’argent de poche. Zamba Na yo!
Ya Guy les stratégies pour le développement de l’Afrique sont je pense en partie connue à travers l’expérience des autres: une gestion rigoureuse,
la fusion des petites entreprises locales pour former des petits géants,le partage des ressources minières et pétrolières à au moins 50%, la protection de ses petits géants économiques, une justice indépendante etc. Vive le copier coller!
Les chinois on levé la barre très haute à l’occasion de ces JO. Les anglais auront chauds.
L’UA a du pain sur la planche. Les mauritaniens sont entrain de professionaliser la réalisation des putsh!
MAIS DITES MOI UN PEU JE SOUHAITE COMPRENDRE;DE QUOI S’EVERTU DE PARLER LE PROFESSEUR? JE VEUX reellement COMPRENDRE!
MAIS DITES MOI UN PEU JE SOUHAITE COMPRENDRE;DE QUOI S’EVERTU DE PARLER LE PROFESSEUR? JE VEUX reellement COMPRENDRE! du manque de patriotisme et de la corruption des élites africaines. et de l’espoir
Quand il dit La traite négrière et la colonisation, si elles furent une cause structurante du désordre africain, n’avaient pas pour autant scellé le destin de l’Afrique. la structure détermine le devenir en somme le destin. On sait ce que deviendra une maison construite sur des fondations fragiles. Pour changer ce destin il faut détruire la structure c’est là où j’attendais de voir ses propositions.
je ne pense pas, à mon niveau, qu’il est encore lieu de tjrs invoquer la colonisation et de l’esclavage comme si, ces deux maux, ont scellé nos destions en nous frappant d’une sorte de péché originel. Gradons à nos esprits que nos problèmes sont là, connus, il y a que nous manquons encore dans nos pays fantoches de conscience nationale qui est, à mon avis, le seul élément déterminant pour le changement, le seul moteur qui puisse mobiliser les peuples autour d’un projet férédérateur. Travaillons donc à construire des sociétés stables, avec une composante démographie suffisamment conscience des hautes charges qui s’imposent à elles et l’obligent a prendre en main son destin. c’est quand le printemps des peuples viendra qu’on assistera a une véritable révolution, à un véritable boulversement qui pourra rompre avec l’orde ancien des impostures. n’oublions pas une chose: l’afrike n’est pa le seul continen à être colonisé....arrêton de verser nos larmes et commençons par faire un vrai travail sur nous même au lieu de pleurer comme de grands enfants gâtés…
arrêton de verser nos larmes et commençons par faire un vrai travail sur nous même au lieu de pleurer comme de grands enfants gâtés… Amen mon frère! C’est quoi faire un travail sur nous mêmes?
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