A quelles conditions le développement de l’Afrique ? Par Dominique Ngoie-Ngalla
Posté dans: Général | Par Alain Mabanckou | le 07 Aoû 2008 à 17h29 | Lu 14120 fois
L’Afrique va mal. De plus en plus. L’africain conscient, ou tout simplement celui qui aime l’Afrique, a la douloureuse impression que le recul de ce continent est proportionnel à l’amélioration constante des conditions d’existence dans le reste du monde dit en développement. En tout cas, du point de vue du bien être humain, l’écart ne cesse de se creuser entre l’Occident et l’Afrique Noire.
Bénéficiaire intelligent des infrastructures économiques des Boers, l’Afrique du Sud se démarque nettement de cette Afrique où la conjonction de la naïveté, de la ruse et de l’imposture produit ce paysage effrayant qui frappe tout observateur même non avisé. Depuis la fin de l’apartheid, une classe moyenne active émerge de la population noire, même si la situation des townships reste préoccupante. Les causes profondes, les facteurs qui ont fabriqué à l’Afrique noire ce destin terrible ? Nous les connaissons : la traite négrière et la colonisation. Pour longtemps, elles avaient déréglé les rouages sociopolitiques, socio-économiques des pays africains, broyé leur cultures moquées, piégé et perverti le rapport de soi au monde, de la bonne santé duquel dépend l’épanouissement humain. Un gâchis incommensurable dont les chercheurs ne sont pas encore parvenus à révéler toute l’ampleur. Cette situation indique en même temps le devoir de conscience des africains sur l’état de leur société s’ils veulent s’en sortir. Ce n’est pas impossible.
Le désordre des sociétés africaines peut être daté. Une séquence de l’histoire de l’humanité lui avait donné un commencement. Il peut donc cesser. Il n’est pas le résultat éternel d’un décret des dieux. Et cela engage la responsabilité des africains et de leurs partenaires.
La traite négrière et la colonisation, si elles furent une cause structurante du désordre africain, n’avaient pas pour autant scellé le destin de l’Afrique. Celui-ci reste déchiffrable à condition que les africains prennent conscience, remontent aux causes de leurs malheurs, et aient le courage de prendre à bras le corps des solutions difficiles. L’identification nous met sur la voie de la guérison, puisqu’on peut alors trouver le remède. Encore faut-il que le patient consente à suivre les prescriptions du médecin ; pourvu que le remède soit adapté. Aucune société ne s’est construite sur la fuite des responsabilités.
Aucune société ne s’est construite en tournant le dos au bon sens. Je crains que, en dehors des cercles politiques où son usage est galvaudé pour ne plus rien vouloir dire, le terme responsabilité ait perdu son poids de sens en Afrique noire (nous parlons des affaires bien sur !). Cette Afrique noire où les élites inscrivent leur action dans la logique de prédation et d’exploitation qui avait pourtant nourri leur contestation du régime colonial. Tout en la condamnant de bouche, ces élites politiques reproduisent l’idéologie coloniale d’exploitation cynique, tant elles sont fascinées par l’économie consumériste. Progressivement elles se sont détournées de leur patrimoine culturel dans lequel elles devraient pourtant puiser pour trouver solution à nombre de mots qui assaillent les sociétés africaines. Elles singent le modèle occidental, quitte à s’en détourner avec horreur dès que ce modèle parle de devoir de conscience, de rigueur et montre l’effort individuel et collectif comme base du progrès de l’humanité et des nations.
Le défaut d’éthique citoyenne chez les élites africaines explique qu’elles vivent éjectées en quelque sorte hors d’elles-mêmes et vivent loin des préoccupations des populations dont elles prétendent être les dignes représentants. Des populations pourtant pas si sottes, qui sont passées maitres de la récupération, du recyclage et de l’économie informelle, dont, on peut bien le dire, vivent les masses africaines des bidonvilles et des villages, démontrant par là jusqu’où elles n’iraient pas si elles avaient des dirigeants honnêtes et attentionnés. Nos élites ne s’intéressent à ces populations qu’en permanence elles arrosent de leur arrogance méprisante qu’en période électorale où la voix de chaque femme, de chaque homme vaut son pesant d’or. Ces élites extraverties qui vivent en permanence branchées sur les médias occidentaux et les divertissements qu’ils proposent ne rêvent que de l’Europe.
Tous les jours des avions en provenance d’Afrique en sont bondés, où on les reconnait à leur air suffisant. Cela fait qu’elles expatrient en Europe tout le produit de leurs rapines sans souci de l’Afrique à bâtir ; et parce que le développement de l’Afrique est le cadet de leurs soucis, c’est sans vergogne qu’elles la pillent avec la même fureur que hier les colons et depuis les indépendances, les multinationales qui se comportent en pays conquis avec la bénédiction des élites africaines elles-mêmes acquises à l’idéologie et aux valeurs criminelles des multinationales. Ce faisant ces élites sont parfaitement conscientes des haines tenaces que leurs populations nourissent contre elles (il s’agit là bien entendu des pays où sévit la malgouvernance. Des pays comme le Ghana, l’Ile Maurice, le Botswana, une infime minorité, s’en sortent assez bien). Voila pourquoi ces élites s’interdisent d’investir dans leurs propres pays l’argent qu’elles leur volent. Souci bien compréhensible, à tout instant, le produit inespéré de leurs rapines peut aller en fumée.
Seuls donc le respect scrupuleux des principes d’une gestion démocratique capable de régler le problème de l’ethnicisme peut inverser la tendance, provoquer un mouvement centripète de ces élites extraverties et faire naitre l’ordre dans des sociétés sécurisées. L’ordre et la confiance.
Dominique Ngoie-Ngalla
Dominique Ngoie-Ngalla est Docteur d’Etat-es-Lettres et Sciences Humaines de Par 1 Sorbonne. Professeur à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines au Congo, il a aussi enseigné à la Faculté de philosophie de l’Université d’Amiens en Picardie (France). Signalons la republication en France d’une des ses oeuvres littéraires emblématiques, “La Geste de Ngom-Mbima, suivi de Chants d’ancrage”, Editions Bajag-Meri, 38 rue Servan 75544 Paris cedex 11, Tél: 01 46 36 21 85.






(171) Commentaires
You can’t have a light without a dark to stick it in.
The scornful nostril and the high head gather not the odors that lie on the track of truth.
Shake off all the fears of servile prejudices, under which weak minds are servilely crouched. Fix reason firmly in her seat, and call on her tribunal for every fact, every opinion. Question with boldness even the existence of a God; because, if there be one, he must more approve of the homage of reason than that of blindfolded fear.
Let us so live that when we come to die even the undertaker will be sorry.
The Americans have need of the telephone, but we do not. We have plenty of messenger boys.
Human beings, who are almost unique in having the ability to learn from the experience of others, are also remarkable for their apparent disinclination to do so.
The ‘Net is a waste of time, and that’s exactly what’s right about it.
Think of yourself as an incandescent power, illuminated and perhaps forever talked to by God and his messengers.
What counts is not necessarily the size of the dog in the fight - it’s the size of the fight in the dog.
A good man would prefer to be defeated than to defeat injustice by evil means.
I ran the wrong kind of business, but I did it with integrity.
We are able to laugh when we achieve detachment, if only for a moment.
Poets have been mysteriously silent on the subject of cheese.
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Et pourquoi ne pas déclencher contre ces prédateurs des poursuites pour des crimes contre l’humanité ?
et devant quel cours de justice ? cé jolie king de traduire les gens mais qui est le juge ? fo t il s en remettre au tpi ? et sa justice defini de facon unilatéral ? verra t on enfin un jour une vrai cours de justice on nous pourrons tous jouer ensemble de facon equitable ?
j aime bien electooxydation comme pseudo c est sympa ca me rapelle mes cours sur le spot dementiel d oxydo reduction
puis le but n est pas tant de les traduire devant une cours de justice mais de les neutraliser ...
dans neutraliser y a noeud .. comme potence ciel d occido reduction .. c est dingue cette histoire !!!
c est vrai qu est ce qu on sen fou des des cours de justice , elle condamne toujours trop tard , l afrique d anticipation .. y a marre des romancier avec vos historie d un quotidien banal et gloke c est desesperant !! on veut des futuriste africaine !! marre de vos connerie ces pale imitation des blanc manteaux !
reclamer justice c est faire un pas en arriere , les africa∈doivent aller de l avant !! la justice c est pour les looser !! ..
nations66
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