Aimé Césaire, Hommage (1)

Posté dans: Événements | Par Alain Mabanckou  | le 18 Avr 2008 à 7h49 | Lu 3349 fois

En attendant la publication dans quelques jours de l’Hommage (2) que rend Achille Mbembe à Aimé Césaire, voici, ci-dessous, celui que j’ai publié dans Le Figaro de ce vendredi 18 mars :

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Alain Mabanckou: « Son chant est allé au- delà des barrières raciales »

Le Prix Renaudot 2006, auteur congolais de langue française, professeur de littérature à l’Ucla ( Los Angeles), salue la mémoire d’Aimé Césaire.

« Césaire est pour moi le poète qui a sans doute le mieux exprimé la “ négritude”, et, dans une certaine mesure, j’ai découvert l’Afrique dans son Cahier d’un retour au pays natal alors que peu d’auteurs africains ont satisfait ma quête intérieure. Pendant longtemps, collégien, j’avais cru qu’il était Africain – mais ne l’est- il pas si on gratte les strates de l’histoire ? Quoi qu’il en soit, il a rendu la fierté aux peuples noirs, mais son chant est allé au- delà des barrières raciales pour devenir une sorte de manifeste des “ damnés de la terre”, comme dirait Frantz Fanon, qui, au passage, fut son élève au lycée, à Fort- de- France ! Je le relis toujours avec la même émotion, celle qui nous habite lorsque nous entendons en nous le crépitement des mots qui disent l’Histoire, l’Histoire qu’il a remuée de fond en comble à travers son oeuvre poétique ou ses pièces de théâtre (La Tragédie du roi Christophe) ou encore des essais (Le Discours sur le colonialisme). Et nous avons existé, et nous existons grâce au “ cri nègre” qu’il avait poussé et aux prophéties contenues dans les “ paroles” qu’il a “ gueulées”. C’était un lion, un lion qui a gardé ses griffes et son rugissement jusqu’au dernier soupir afin de ne pas recevoir le coup de pied de l’âne… »

Le Figaro, 18 mars 2008

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