Bonne année 2008
Posté dans: Général | Par Alain Mabanckou | le 21 Dec 2007 à 16h37 | Lu 3446 fois
L’année 2008 pointe déjà à l’horizon, l’occasion pour moi de vous formuler à toutes et à tous mes voeux les meilleurs. L’aventure de notre Blog poursuit son cours, et nous entrons dans la troisième année avec un bilan dont les résultats positifs doivent être évidemment enregistrés à votre crédit. Où que vous soyez – la fréquentation du Blog étant désormais éclatée à travers les cinq continents – vous n’avez cessé d’animer les échanges, de consacrer quelques minutes – voire quelques heures pour que la flamme que nous avions allumée ne s’éteigne jamais.
Cette nouvelle année est aussi l’occasion de vous signaler les sorties des nouveaux livres de quelques amis, livres dont je vous conseille la lecture :
UN EVENEMENT LITTERAIRE A NE PAS RATER :
Le grand événement littéraire des lettres du monde noir sera à n’en pas douter la traduction du roman de Chris Abani qui sort aux Editions Albin Michel sous le titre de « Graceland » (voir photo couverture).
Chris Abani, Professeur associé à l’Université de Californie Riverside, est d’origine nigériane. Son roman a été très remarqué aux Etats-Unis (il a obtenu le prestigieux prix littéraire Pen-Hemingway) et l’auteur compte parmi les talents les plus salués dans la sphère anglophone – Salman Rushdie n’est d’ailleurs pas avare d’éloges à son égard. Vous trouverez ce livre en librairie dès le 3 janvier. Comment pourrez-vous résister à ce jeune personnage de 16 ans qui, à Lagos, est fasciné par Elvis Presley et qui imite son idole sur les plages de sa ville afin de gagner quelques sous ? Il rêve d’un territoire, le « Graceland », son paradis à lui, lui qui est abandonné, maltraité…
Chris Abani a puisé au fond de lui-même : il a été à plusieurs reprises emprisonné au Nigéria pour des activités « subversives »…
Graceland de Chris Abani, Ed. Albin Michel, janvier 2008 ( Traduction de Michèle Albaret-Maatsch)
QUELQUES LECTURES RECOMMANDEES :
Sami Tchak sort un nouveau roman, Les filles de Mexico, aux Editions Mercure de France
Raharimanana sort un roman, Za, aux éditions Philippe Rey, roman que j’ai reçu il y a quelques jours et qui montre que cet auteur malgache n’est plus seulement l’espoir des lettres de ce pays mais le véritable chef de file.
Gaston Kelman sort en mars un livre aux éditions Jean-Claude Lattès, un livre au titre qui nous promet le printemps, mais aussi des échanges houleux : Les hirondelles du printemps africain.
Bessora, la Suisso-gabonaise, sort Et si Dieu me demande, dites lui que je dors… (Gallimard, Continents noirs) De quoi acquiescer puisque Dieu seul sait comment je dors !
Tidiane N’Diaye, quant à lui nous donne Le Génocide voilé (Gallimard, Continents noirs)
Bref, une année qui commencera avec de bonnes surprises. Quant à moi je vous dis, depuis Berlin, BONNE ANNEE !!!!




(44) Commentaires
en plus une verison allemande a la derrick ! elle est ou la corde ??
Chris Abani, Professeur associé à l’Université de Californie Riverside, est d’origine nigériane
cé koi un professeur associé .? je connaissai les humanoide associés mais les prof associé c est koi ? une politique de civilisation en doublette ?
toward47 ... oserai je le 7 quelque part ?
N-J sourire en tous cas tu change peu
je tente un deridage
essayez ceci:
http://fr.youtube.com/watch?v=YOfZPZJHnKg
Edifiant.
hii cata
j arrive pas a dormir !!! mé si j ai changer .. ca me rapelle une chanson ca ..je change mais c est imperceptible au sens ctou ! et puis souhaiter la bonne tous les 365 jours depuis des siecle j appelle pas ca changer ! pour une fois que je veux changer les traditions !!! on me traite de réac tin spa sérieux !! sinon vive le modenrisme version nippon d un coté on comprend pkoi y a pas d immigration la bas , g tjr dit cé des grand malade de la cervelle depuis qu ils ont rencontré , c est meme l exemple que tous veulent suivre !
allé hop changement :!!!
bonne année a toutes et un ptit mix de poeme de Foroukh Farrokhzâd (1935-1967)
Moi
Je connais une petite fée triste
Qui demeure dans un océan
Et joue son coeur dans une flute
Doucement doucement
Une petite fée triste
Qui la nuit venue d’un baiser meurt
Et à l’aube d’un baiser renaît.
Au pays des lilliputiens,
Les repères de la mesure d’un voyage ne quittent pas l’orbite du zéro
Pourquoi m’arrêterais-je?
J’obéis aux quatre éléments
Rédiger les lois de mon coeur,
N’est pas l’affaire du gouvernement des aveugles local
Qu’ai-je à faire avec le long hurlement de sauvagerie?
De l’organe sexuel animal
Qu’ai-je à faire avec le frémissement des vers dans le vide de la viande?
C’est la lignée du sang des fleurs qui m’a engagée à vivre
La race du sang des fleurs savez-vous?
j’aime ce poeme N-J
Et désolé, excuse ces petites pensées positives des posts (cf infra) qui germent pfs autour des frontières de la nouvelle année, ou d’une nouvelle idylle…
En fait pour le changement d’année, les hommes, eux, ne changent guère(com tu le faisais remarquer)… :
Le gouvernement de Karthoum, veut virer vers des zones non sécurisées les civils réfugiés ds des camps. Les militaires pourraient alors librement assouvir leurs pulsions filles cruelles de la sauvagerie humaine?
Etre humains nous sommes, animés de ces sentiments de l’ombre, depuis si longtemps on courtise l’Apocalypse… Ce flirt incessant avec le néant et les flammes, preuve moqueuse que malgrès ces tentatives de jeu avec la matière, la mort est toujours notre ultime Dame.
L’homme, creuset d’ambivalences qui peut faire création et destruction avec le même entrain, a gerbé le bon sens qui conduisait son train. Il vibre encore et encore de cette vocation à précipiter un retour au chaos primal et à la fange d’où nous fumes arrachés.
Il ya si peu de moments où l’espoir chasse en nous le pire… qu’il est dommage de les dénigrer.
RE happy new year, donc. “Na !” (tirement de langue)
Mais Alain, je vois que vous avez omis de mentionner parmi les parutions de 2008, le roman “Tels des astres éteints” de la très délicieuse Léonora Miano.
(-:
lol
PM
Je n’etais pas au courant de la parution de ce livre… Miano est une amie, mais elle sait aussi garder le secret pour mieux surprendre ! Nous prenons acte de la parution de ce roman et lui souhaitons le meme succes que pour le precedent qui plut au jury du Goncourt des Lyceens…
Bonana à toutes et à tous !
Bonana à toutes et à tous
Bonne année 2008!
Pleine santé, paix, amour et beaucoup de belles et enrichissantes lectures!
Gangoueus
AFRICAMANIA ou 50 ans de cinéma africain
Du 17 janvier au 2 mars
A la cinémathèque française
Qui propose pas moins de 70 films
Et, mon Dieu, quels films !!!!
Pour le programme complet et les tables rondes :
http://www.cinematheque.fr/
Parmi tous les films proposés, il manque, pour moi, un film essentiel, incontournable pour l’Africaine que je suis : il s’agit de Camp de Thiaroye, même s’il est vrai que la deuxième guerre apparaît bel et bien à travers Emitaï, Dieu du tonnerre, du même Sembene Ousmane, un autre film qui célèbre la résistance mais la résistance des femmes, cette fois-ci. Deux films qui s’inspirent de la réalité, la triste réalité des rapports France-Afrique, des rapports entre les Français et les Africains, sujet inépuisable.
Camp de Thiaroye fut, je crois, « censuré » à sa sortie en 1988, en tout cas pas accueilli favorablement, pour ne pas dire boycotté, parce que la France n’aime pas entendre certaines vérités, n’aime pas affronter certains épisodes de son passé.
Faut-il encore le censurer en 2008 ?
1988-2008 : 20 ans déjà ! Seules les années passent, les injustices, l’humiliation, le mépris envers les Africains demeurent comme il y a 20 ans, seules les méthodes changent et encore !
Il est vrai que ce film montre tout sauf une image flatteuse de la France, pays dit des droits de l’homme, faut-il le rappeler : l’hypocrisie française, le mensonge français, le racisme français, ce sentiment de supériorité très ancré chez le Français quand il a affaire aux Africains qui ne sont, pour lui, que de « grands enfants » (on l’entend, je crois, tel quel, dans le film). Bref, on y voit la France dans toute sa splendeur, dans toute sa vérité, la France à visage découvert, la France nue, une France décomplexée pour utiliser un mot en vogue.
1er décembre 1944 ou le Massacre du camp de Thiaroye : une date qu’on ne peut pas oublier, une date que je ne peux pas oublier, que je ne veux pas oublier sauf si Alzeimer passe par là. Des Tirailleurs sénégalais sauvagement abattus par l’armée française, alors qu’ils étaient désarmés, parce qu’ils réclamaient tout simplement et tout naturellement leur dû après avoir combattu pour la France auprès des Français. Le problème se pose en effet quand ils voudront changer leurs francs français en monnaie locale africaine. L’administration militaire refusera de procéder au change au taux légal, comme demandé par les Tirailleurs, mais à la moitié de celui-ci. Avaient-ils donc combattu à moitié ou à mi-temps pendant la guerre ?
Ca fait mal, très, très mal.
Un film à voir ab-so-lu-ment !
Poignant, bouleversant, surtout quand on a en tête que ce n’est pas que de la fiction.
C’est aussi ça la France, ne l’oublions pas !
Difficile pour un Africain de faire confiance à un toubab ou, plutôt, à un Gaulois ou un Souchien après avoir vu ce film. La suspicion demeure et demeurera toujours… à quelques exceptions près.
La France d’aujourd’hui n’est rien d’autre que le prolongement de la France d’hier comme le montre très bien Odile Tobner dans son dernier essai, Du racisme français.
Il faudra quand même que les organisateurs de ce festival m’expliquent les raisons pour lesquelles ce film ne figure pas dans la liste. Il est toujours plus intéressant de se pencher sur ce dont on ne parle pas, sur ce qu’on cherche à nous cacher que sur ce dont tout le monde parle. Un film gênant, sans aucun doute encombrant pour eux mais il existe, il faut donc le montrer, il faut le faire découvrir à tous ceux qui ne le connaissent pas et j’imagine qu’ils sont très nombreux.
Pour ma part, ce n’est qu’en avril 2005 que je l’ai découvert à Images d’ailleurs. A l’occasion de la commémoration du 60ème anniversaire de la libération des camps nazis, Sanvi Panou eut en effet l’excellente idée de consacrer tout un festival aux combattants noirs dans les guerres françaises, festival qui a bien duré une semaine. Bien sûr, une semaine où on peut dire que j’ai presque vécu à Images d’ailleurs pour ne rien rater de ce festival inédit. Il est des RDV qui ne se présentent pas deux fois. C’est à cette occasion que j’ai pu voir Emitaï, de Sembene Ousmane sans parler de tout le reste : un festival très enrichissant, très intéressant. Merci Sanvi.
Dans La France et ses tirailleurs, Enquête sur les combattants de la République, 1939-2003, (éditions Duboiris, 2003), le Camerounais Charles Onana traite justement de la question de la reconnaissance ou plutôt de la non-reconnaissance de ces Tirailleurs qui ont participé à la 2ème guerre aux côtés de la France et du problème de leurs pensions, épineux problème, paraît-il, que Djamel Debbouzze, à lui tout sel, aurait résolu grâce à Indigènes. Laissez-moi rire !!!
Ouvrage préfacé par le Sénégalais Amadou Mahtar M’Bow, ancien directeur de l’Unesco et engagé volontaire dans l’armée de l’air française en 1940.
Voilà comment Charles Onana m’avait dédicacé son ouvrage à l’issue d’un débat organisé autour de son livre, toujours à Images d’ailleurs, le 12/09/2004 exactement : « A Bahia, l’autre histoire de la résistance… en souvenir de Hady BAH ».
Ca se passe de commentaire.
Voilà, pour réparer l’injustice – encore une – qui nous est faite, l’intégralité du film en deux parties. Vous y reconnaîtrez Ismaël Lô et son harmonica qui le suit partout, même dans le film, ainsi que Zao pour qui la guerre n’est pas que du cinéma, une guerre, une autre qu’il a vécue en live et qui lui a fait perdre, entre autres, son jeune fils.
Est-il encore nécessaire de rappeler que les guerres peuvent revêtir diverses formes sans faire couler le sang ?
Camp de Thiaroye, Sembene Ousmane, 1988.
http://www.dailymotion.com/relevance/search/thiaroye/video/xp1vg_camp-de-thiaroye-1ere-partie_life
http://www.dailymotion.com/relevance/search/thiaroye/video/xp4lg_camp-de-thiaroye-2ere-partie_life
Un autre film essentiel, essentiel en tout cas pour les Africains que nous sommes, manque à l’appel : Bamako, un autre film gênant et encombrant sans doute d’Abderrahmane Sissako. Il est quand même présent avec un autre de ses films : En attendant le bonheur, autant dire le jour et la nuit.
J’ai oublié de préciser que Sembene Ousmane, lui, est bel et bien présent dans ce festival inédit avec pas moins de 6 films : La Noire de…, Borrom Sarret, Ceddo, Emitaï, le Mandat et son tout dernier bébé, Moolade.
Pour réparer une seconde fois, voici un extrait de Bamako d’Abderrahmane Sissako,2006.
http://www.dailymotion.com/video/x1yz32_bamako-extrait_politics
Un autre extrait de l’émission de Frédéric Taddeï où l’on peut voir et entendre le réalisateur en personne ainsi que Leonora Miano, Alain Mabanckou et Jean Ziegler. On y voit et entend également Aminata Traoré dans l’extrait du film qui nous est montré.
Ecoutez bien le lapsus extrêmement intéressant de Taddeï : l’illustration même du Français de souche dans toute sa vérité, dans toute sa nudité, dans toute sa splendeur. Le direct a quand même du bon. Vive le direct !
http://www.dailymotion.com/video/xhuid_lafrique-va-mal-a-qui-la-faute_trave
Malgré l’absence pesante de ces deux films, je ne peux pas ne pas saluer cet événement inédit : 50 ans de cinéma africain pendant un mois et demi en plein Paris.
Un ENOOOOOOOOORME merci à la Cinémathèque française!
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