“Cinquante ans de décolonisation africaine” texte d’ACHILLE MBEMBE
Posté dans: Événements | Par Alain Mabanckou | le 04 Jan 2010 à 12h06 | Lu 1652 fois
Alors que nous entrons dans la période de la célébration des cinquante ans de décolonisation africaine, Achille Mbembé nous livre en exclusivité son analyse. Une façon de démarrer cette année et de voir un peu plus clair dans ces soleils si éblouissants des indépendances.
-------------------
Nous voici donc en 2010, cinquante ans après la décolonisation. Y-a-t-il vraiment quoi que ce soit à commémorer ou faut-il au contraire tout reprendre ?
Restauration autoritaire par-ci, multipartisme administratif par là, ailleurs maigres avancées au demeurant réversibles et, à peu près partout, niveaux très élevés de violence sociale, voire situations d’enkystement, de conflit larvé ou de guerre ouverte, sur fonds d’une économie d’extraction qui, dans le droit fil de la logique mercantiliste coloniale, continue de faire la part belle à la prédation – voilà, je dirais, le paysage d’ensemble.
Dans la plupart des cas, les Africains ne sont toujours pas à même de choisir librement leurs dirigeants. Trop de pays sont toujours à la merci de satrapes dont l’objectif unique est de rester au pouvoir à vie. Du coup, la plupart des élections sont truquées. On sacrifie aux aspects procéduraux les plus élémentaires de la concurrence, mais l’on garde le contrôle sur les principaux leviers de la bureaucratie, de l’économie, et surtout de l’armée, de la police et des milices. La possibilité de renverser le gouvernement par la voie des urnes n’existant pratiquement pas, seul l’assassinat, la rébellion ou le soulèvement armé peuvent contredire le principe de la continuation indéfinie au pouvoir. Globalement, les choses sont donc plutôt bloquées, surtout en Afrique francophone où, les manipulations électorales et les successions de père en fils aidant, l’on peut dire que l’on vit, de facto, sous des chefferies masquées.
Où allons-nous ?
Quatre tendances lourdes me frappent aussi. La première est l’absence d’un réel projet démocratique, d’une pensée de la démocratie qui constituerait une véritable alternative au modèle prédateur en vigueur à peu près partout.
La deuxième est le recul de toute perspective de révolution sociale radicale sur le continent. La troisième est la sénilité croissante des pouvoirs nègres – le fait que plus ils sont vieillissants, plus ils deviennent hystériques et carnassiers, et plus les successions deviennent des affaires de famille.
La troisième est l’enkystement de pans entiers de la société et l’irrépressible désir, chez des centaines de millions, de vivre partout ailleurs sauf chez eux – le désir généralisé de défection et de désertion.
À ces dynamiques structurelles vient s’ajouter une autre – l’émergence d’une culture du racket, de l’émeute sanglante et sans lendemain et qui, à l’occasion, tourne facilement à la guerre de pillage. Cette sorte de lumpen-radicalisme, à la vérité violence sans projet politique alternatif, n’est pas seulement porté par les « cadets sociaux » dont « l’enfant-soldat » et le « sans-travail » des bidonvilles constituent les tragiques symboles. Cette sorte de populisme sanglant est aussi mobilisé, lorsqu’il le faut, par les forces sociales qui sont parvenues à coloniser l’appareil d’État.
Il faut craindre que cette violence sans projet politique alternatif ne se généralise. Elle provoquerait en retour le raidissement d’un État qui, bien qu’illégitime ou amputé de la plupart de ses prérogatives classiques, bénéficie du soutien d’une classe qui en a fait l’instrument de son enrichissement personnel ou, simplement, une ressource privée ou encore une source d’accaparements en tous genres, dans le contexte de la lutte quotidienne soit pour l’accumulation, soit pour la survie pure et simple. Quitte à détruire l’État, l’économie et les institutions, cette classe est prête à tout pour conserver le pouvoir, la politique n’étant d’ailleurs à ses yeux qu’une manière de conduire la guerre civile ou la guerre ethnique par d’autres moyens.
Ces brusques observations ne signifient toutefois pas qu’il n’existe aucune saine aspiration à la liberté et au bien-être en Afrique. Ce désir peine cependant à trouver un langage, des pratiques effectives, et surtout une traduction dans des institutions nouvelles et une culture politique neuve où le pouvoir n’est plus un jeu à somme nulle.
La violence des « sans-parts »
Pour que la démocratie puisse s’enraciner en Afrique, il faudrait qu’elle soit portée par des forces sociales et culturelles organisées ; des institutions et des réseaux sortis tout droit du génie, de la créativité et surtout des luttes des gens eux-memes et de leurs traditions propres de solidarité. Mais cela ne suffit pas. Il faut aussi une Idée dont elle serait la métaphore vivante et absolue. Ainsi, en réarticulant par exemple le politique et le pouvoir autour de la critique des formes de vie, ou plus précisément de l’impératif de nourrir les « réserves de vie », on pourrait ouvrir la voie à une nouvelle pensée de la démocratie dans un continent où le pouvoir de tuer reste plus ou moins illimité, et où la pauvreté et la maladie rendent l’existence si précaire.
Au fond, une telle pensée devrait etre utopique. Elle devrait etre, de nécessité, une pensée de l’émergence et du soulèvement. Mais ce soulèvement devrait aller bien au-delà de l’héritage anti-colonialiste et anti-impérialiste dont les limites, dans le contexte de la mondialisation et au regard de ce qui s’est passé depuis les indépendances, sont désormais flagrantes.
En attendant, deux facteurs décisifs constituent des freins à une démocratisation du Continent. D’abord une certaine économie politique. Ensuite un certain imaginaire du pouvoir, de la culture et de la vie.
D’une part, la brutalité des contraintes économiques dont les pays africains ont fait l’expérience au cours du dernier quart du XXe siècle - et qui se poursuit sous la férule du néo-libéralisme – a contribué à la fabrication d’une multitude de « gens sans-part » dont l’apparition sur la scène publique s’effectue de plus en plus sur le mode de la tuerie lors de bouffées xénophobes ou à l’occasion de luttes ethniques, surtout au lendemain d’élections truquées, dans le contexte des protestations contre la vie chère, ou encore dans le cadre des luttes pour les ressources de base.
Ce sont des gens qui n’ont strictement rien à perdre, qui de surcroit sont totalement livrés à l’abandon – condition de laquelle ils ne peuvent souvent échapper que par la migration, la criminalité et toutes sortes d’illégalismes. C’est une classe de « superflus » dont l’État (là où il existe), voire le marché lui-meme, ne savent que faire. Ce sont des gens que l’on ne peut guère vendre en esclavage comme aux débuts du capitalisme moderne, ni réduire aux travaux forcés comme à l’époque coloniale et sous l’apartheid. Du point de vue du capitalisme tel qu’il fonctionne dans ces régions du monde, ils sont complètement inutiles - des rebuts humains livrés à la violence, à la maladie, à l’évangélisme nord-américain, aux croisés de l’Islam et à toutes sortes de phénomènes d’illumination.
D’autre part, la brutalité des contraintes économiques a aussi vidé de tout contenu le projet démocratique en réduisant celui-ci à une simple formalité – un rituel sans contenu ni symbolique, et plus grave encore sans conséquence réelle sur la vie quotidienne des gens ordinaires. Puis, comme je le suggérais à l’instant, l’incapacité à sortir du cycle de l’extraction et de la prédation dont l’histoire, d’ailleurs, prédate la colonisation. Ces facteurs, pris ensemble, pèsent énormément sur les formes que prend le politique dans nos pays.
À ces données fondamentales s’ajoute l’événement qu’aura été la grande diffraction sociale commencée au milieu des années 80. Cette diffraction de la société a conduit à peu près partout à une informalisation des rapports sociaux et économiques, à une fragmentation sans précédent du champ des règles et des normes, et à un processus de dés-institutionalisation qui n’a pas épargné l’État lui-même.
Cette diffraction a également provoqué un grand mouvement de défection de la part de nombreux acteurs sociaux, ouvrant dès lors la voie à de nouvelles formes de la lutte sociale – une lutte sans pitié pour la survie centrée autour de l’accès aux ressources. Aujourd’hui, le bidonville est devenu le lieu névralgique de ces nouvelles formes d’affrontements souvent sans tete apparente. Il s’agit d’affrontements de type moléculaire et cellulaire qui combinent des éléments de la lutte des classes, de la luttes des races, de la lutte ethnique, des millénarismes religieux et des luttes en sorcellerie.
Pour le reste, la faiblesse des oppositions est connue. Pouvoir et opposition opèrent en fonction d’un temps court marqué par l’improvisation, les arrangements ponctuels et informels, les compromis et compromissions diverses, les impératifs de conquête immédiate du pouvoir ou la nécessité de le conserver à tout prix. Les alliances se nouent et se dénouent constamment. Mais surtout, l’imaginaire du pouvoir ne s’est guère transformée. L’imaginaire structurant de la politique en Afrique reste celui de la guerre civile permanente. Et tant que l’on ne découplera pas la politique et la guerre, le potentiel de violence restera explosif.
Décolonisation et internationalisation
Ce cinquantenaire de la décolonisation n’est pas seulement une affaire africaine. On me dit que la France, en particulier, veut faire de 2010 une « Année de l’Afrique ». La France, justement, donne l’impression de n’accepter que du bout des lèvres la démocratisation du Continent. Dans son pré-carré, elle s’y est opposée farouchement depuis 1960, n’hésitant pas, le cas échéant, à recourir à l’assassinat et à la corruption.
Aujourd’hui encore, elle est connue, à tort ou à raison, pour son soutien le plus tenace, le plus retors et le plus indéfectible aux satrapies les plus corrompues du continent et aux régimes qui, justement, ont tourné le dos à la cause africaine.
Il y a une raison simple à tout cela – les conditions historiques dans lesquelles s’est effectuée la décolonisation et le régime des capitations qu’ont cimenté les accords inégaux « de coopération et de défense » signés dans les années 1960.
On ne le sait peut-etre pas assez, l’objet de ces accords secrets, ce fut non pas de liquider le rapport colonial, mais justement de le contractualiser. C’est au nom de cette contractualisation des vieux rapports coloniaux que la France continue, de facto, d’exercer un droit de propriété sur le sol, le sous-sol et l’espace aérien de ses anciennes colonies.
Lors de son dernier voyage officiel en Afrique du Sud, le Président Nicolas Sarkozy avait promis de rendre public ces accords. Je ne sais s’il l’a déjà fait.
Les États-Unis ne s’opposent peut-être pas activement à la démocratisation de l’Afrique. Cynisme et hypocrisie suffisent largement – encore que de nombreuses institutions privées américaines apportent une aide multiforme à la consolidation des sociétés civiles africaines. C’est par exemple le cas des nombreuses fondations américaines. Mais le caractère moralisateur et évangélique de leurs interventions laisse à désirer.
Un fait majeur des cinquante prochaines années sera la présence de la Chine en Afrique. Cette présence est sinon un contrepoids, du moins un expédient à l’échange inégal si caractéristique des relations que le Continent entretient avec les puissances occidentales et les institutions financières internationales. Il est vrai que pour le moment, la relation avec la Chine ne sort pas du modèle de l’économie d’extraction – modèle qui, ajouté à la prédation, constitue la base matérielle des tyrannies nègres. Il ne faut donc pas s’attendre à ce que la Chine soit d’un grand secours dans les luttes à venir pour la démocratie.
L’influence de l’autre puissance montante, l’Inde, est pour l’instant marginale.
Quant à l’Afrique du Sud, elle ne peut pas, à elle toute seule, promouvoir la démocratie en Afrique. Elle n’en a ni les moyens, ni la volonté, ni les ressources de l’imagination. Du reste, elle doit d’abord approfondir la démocratie chez elle avant de penser à la promouvoir chez d’autres. Il est dommage que des forces externes continuent de faire pression sur elle pour qu’elle exerce sur le Continent un role de gendarme qui ne lui sied pas du tout et pour lequel elle est si mal équipée.
Ce à quoi il faudrait arriver, c’est à une sorte de « New Deal » continental collectivement négocié par les différents États africains et par les puissances internationales – un « New Deal » en faveur de la démocratie et du progrès économique qui viendrait compléter et clore une fois pour toutes le chapitre de la décolonisation.
Survenant plus d’un siècle après la fameuse Conférence de Berlin qui inaugura la partition de l’Afrique, ce « New Deal » serait assorti d’une prime économique pour la reconstruction du continent. Mais il comporterait également un volet juridique et pénal, des mécanismes de sanction, voire de mise au ban, dont la mise en oeuvre serait nécessairement multilatérale, et dont l’inspiration pourrait etre trouvée dans les transformations récentes du droit international. Ceci impliquerait qu’à l’occasion, des régimes coupables de crimes contre leurs peuples pourraient légitimement etre déposés par la force et les auteurs de ces crimes poursuivis devant la justice pénale internationale. La notion de « crimes contre l’humanité » devrait elle-meme faire l’objet d’une interprétation étendue qui inclue non seulement les massacres et les violations aggravées des droits humains, mais aussi des faits graves de corruption et de pillage des ressources naturelles d’un pays. Il va de soi que des acteurs privés loaux ou internationaux pourraient également etre visés par de telles dispositions.
C’est à ce niveau de profondeur historique et stratégique qu’il importe désormais d’envisager la question de la démocratisation et du progrès économique en Afrique.
La démocratisation de l’Afrique est d’abord une question africaine, certes. Mais elle a aussi des dimensions internationales.
Ré-ouvrir le futur
Pour le demi-siècle qui vient, une partie du role des intellectuels, des gens de culture et de la société civile africaine sera justement d’aider à « internationaliser » la question de la démocratisation de l’Afrique, dans le droit fil des efforts des dernières années visant à mutualiser le droit international et qui ont vu l’apparition d’instances juridictionnelles supra-étatiques.
Encore faut-il aller au-delà de la conception traditionnelle de la société civile, celle qui est étroitement dérivée de l’histoire des démocraties capitalistes. D’une part, il faut tenir compte du facteur objectif qu’est la multiplicité sociale – multiplicité des identités, des allégeances, des autorités et des normes – et, à partir d’elle, imaginer de nouvelles formes de mobilisation et de leadership.
D’autre part, la nécessité de création d’une plus-value intellectuelle n’a jamais été aussi pressant. Cette plus-value doit etre réinvestie dans un projet de transformation radicale du continent. La création de cette plus-value ne sera pas uniquement l’oeuvre de l’État. Elle est, à mes yeux, la nouvelle tache des sociétés civiles africaines. Pour y parvenir, il faudra à tout prix sortir de la logique de l’urgence et de la logique des besoins immédiats qui a, jusqu’à présent, colonisé le débat sur l’Afrique.
Tant que la logique de l’extraction et de la prédation qui caractérise l’économie politique des matières premières en Afrique n’est pas brisée, et avec elle les modes existants d’exploitation des richesses du sous-sol africain, nous n’irons pas loin. La sorte de capitalisme que favorise cette logique allie fort bien mercantilisme, désordres politiques et militarisme. Cette sorte de capitalisme, on en voit déjà les prémisses à l’époque coloniale, avec le régime des sociétés concessionnaires. Tout ce dont il a besoin pour fonctionner, ce sont des enclaves fortifiées, des complicités souvent criminelles au coeur des sociétés locales, le minimum possible d’État et l’indifférence internationale.
Si les Africains veulent la démocratie, c’est à eux d’en payer le prix. Personne ne le paiera à leur place. Ils ne l’obtiendront pas non plus à crédit. Ils auront néanmoins besoin de s’appuyer sur de nouveaux réseaux de solidarité internationale, une grande coalition morale en dehors des États – la coalition de tous ceux qui croient que sans sa part africaine, notre monde décidément sera plus pauvre encore en esprit et en humanité.
ACHILLE MBEMBE






(10) Commentaires
Pertinent le texte d’Achille Mbembe comme d’habitude! “Y-a-t-il vraiment quoi que ce soit à commémorer ou faut-il au contraire tout reprendre ?”
Y’a til vraiment eu décolonisation en Afrique? N’assistons nous pas, de fait, sous une autre forme, à une recolonistaion par la Chine, après n’en être pas vraiment sortis de celle de l’Occident?
Nous africains devons savoir que la liberté se conquiert s’arrache. L’Homme aime à être un loup pour l’Homme...C’est à nous de sortir de notre résignation, de notre mutisme, de notre pessimisme, de notre défaitisme, de croire en nous, d’oser l’estime et la dignité de nous même. Et de l’arracher…
Il y’a une chanson de Bob Marley “ song for freedom “je pense, où il dit “emancipate yourself from mental slavery”:l’Afrique doit s’affranchir de cette mentalité de dominée ! et doit se donner les moyens de créer un” nous”. Les africains sont très enclins à se faire la guerre et la plupart des États ont failli à leur rôle : celui de détenir le monopole de la violence!
Une question frappe mon attention à la lecture du message d’Achille Mbembe sur la cinquantenaire de l’indépendance. Il s’agit de prescrire ce qu’il y a lieu de faire de l’Afrique. Du portrait qui en est fait la figure la plus dominante est celle de gens “sans-part.” Ils n’ont d’horizon ni dans de formes de gouvernements placés à la croisée de “l’extraction” et de “la prédation,” ni dans un marché duquel leur présence est réduite au “superflu.” Je ne tiens pas rigueur à ce type de diagnostic. On le retrouve un peu partout puisqu’il fait bonne chère sur le marché des images d’Afrique qui font de la mauvaise gouvernance, de la corruption et de la tyrannie leur piédestal. On pourrait à contre-courant se demander à qui “profitent” la violence, la maladie, l’évangélisme, les croisés de l’Islam, et les phénomenes d’illumination qui nous sont cités comme le lot quotidien de ces gens, dont on nous parle, et s’il faut les placer au centre de l’économie mondiale ou en sa périphérie.
Il est de bon ton de penser l’indépendance et de décrier ses modalités dans l’histoire récente de l’Afrique. Cela fait d’Achille Mbembe un héritier direct de Frantz Fanon. Je n’en appelle la fin à aucun horizon quelconque. Cependant je me prévaux de lire dans l’idée d’incriminer “les régimes coupables,” au nom d’une humanité dont une instance supérieure s’arroge déjà de facto le droit d’édiction, et d’étendre les “crimes contre l’humanité” à une présomption de “corruption” et de “pillage” une ordonnance qui placerait tout Africain à la merci de forces inattaquables par lui.
Je déplore une prescription qui veuiller envoyer l’Afrique dans un couvent international où elle recevra sa perfusion sous forme de “prime à la reconstruction” et sous la tutelle duquel lui viendra sa majorité humaine. Suis-je en droit, je me le demande, de douter que ce soit du haut de la chaire internationale que viendrait une alternative à l’esclavage et au travail forcé, une alternative qui ne serait ni migration, ni crime, ni délit et qui donnerait à ces gens leur part? Si tant en est-il, je m’en rassure, que nous devions penser l’alternative par-delà ces mêmes maux dont on veut une solution totale.
Je ne vois personnellement d’aucun secours une voix qui ne pourrait m’entendre crier mon mort et pour laquelle ce mort mien, même s’il lui aurait été rapporté par ses intermédiaires, ne vaudrait pas plus qu’une raison supplémentaire de triompher; “parce que tellement plus forte que la mienne,” disait Rilke des anges, elle m’interdirait de voir ses traces dans la mêmoire que j’ai de mes défunts et en m’indiquerait en retour un autre qui devra payer le prix du sacrifice.
Oui ensemble nous arriverons à une bien réel indépendance. le monde commence à prendre conscience du mal fait à l’encontre de l’afrique. Soyons patient et tous unis, travaillons pour y arriver.
Beaucoup de constats et parmi lesquels la figure des gens “sans-parts” assez juste.
Toutefois, d’un point de vue solution le “New Deal” ou l’internationalisation des problématiques africaines me semble assez maigre et assez utopiques dans le capitalisme actuel.
Ceci n’est pas pour dire que l’Afrique ait fait montre déjà d’une grande capacité à poser ses problèmes à la face du monde ou alors que tous les New Deal ont été essayé. Je n’y crois simplement pas parce que ces solutions “s’appuient un peu trop” sur la marge de manoeuvre des gens “avec-parts” qui je le pense ne veulent qu’engraisser leurs acquis…
Ce qu’il faut théoriser ce sont les mécanismes par lesquels les gens “sans-part” peuvent sortir de l’inutilité. Les voies actuelles qu’ils empruntent “immigration clandestine, pillages, violences etc” certainement déjà les rendent moins “inutiles” pour le capitalisme en ce sens qu’ils ont un potentiel de nuisance et de violence qu’ils peuvent ou pas exprimer et donc “vendre”. Seulement ces voies même pour eux sont nocives dans la consolidation des parts qu’ils se font. Quels sont les autres mécanismes qu’ils pourraient emprunter et à cette fin quels sont les immaginaires philosophiques auxquels ils doivent adhérer.
C’est par le bas prioritairement qu’il faut regarder les problématiques en Afrique. Non pas que je cautionne les régimes incriminés mais parce que c’est en bas que l’on souffre, le controle étatique y est le moins exprimé, et surtout c’est d’en bas que viennent la plus part de ceux qui sont en haut
Ps: Vous (Achille Mbembé) devriez plus revenir sur l’idée de donner la mort à la mort (De la Postcolonie) et l’étendre en donnant de la vie tout simplement par la réinventation de l’immaginaire postcolonial chez les plus démunis. Bien plus que la faim, la misère, la conception de la vie est en cause dans la souffrance en Afrique
Ce à quoi il faudrait arriver, c’est à une sorte de « New Deal » continental collectivement négocié par les différents États africains et par les puissances internationales – un « New Deal » Un peu comme le NEPAD. On a vu où il a terminé sa course ce projet pensé par les africains et dont on attendait le financement des occidentaux brefs leur coopération.
la coalition de tous ceux qui croient que sans sa part africaine, notre monde décidément sera plus pauvre encore en esprit et en humanité. Combien sont-ils?
Lors de son dernier voyage officiel en Afrique du Sud, le Président Nicolas Sarkozy avait promis de rendre public ces accords. Je ne sais s’il l’a déjà fait. Gbagbo non plus! et rien ne laisse penser que le fils EYADEMA le fera. Je me demande si les opposants ont déjà vu ce document.
La notion de « crimes contre l’humanité » devrait elle-meme faire l’objet d’une interprétation étendue qui inclue non seulement les massacres et les violations aggravées des droits humains, mais aussi des faits graves de corruption et de pillage des ressources naturelles d’un pays. Quelle sanction pour la France qui a maintenu certains pays africains dans la servitude.
Ils auront néanmoins besoin de s’appuyer sur de nouveaux réseaux de solidarité internationale, Le Ghana n’a pas procédé comme ça il me semble.
Quand on parle de décolonisation en Afrique je vois toujours le Rwanda qui a osé une vraie rupture avec la France. C’est Bernard K qui s’est battu pour renouer avec ce pays. On est loin des amis éternels et inconditionnels de la France, des défenseurs acharnés de la francophonie.
La France va celebrer les 50 ans de dépendance de l’Afrique à grande pompe avec les l’argent du contribuable français.
A Ngnagna, qui affirme que
“La France va célébrer les 50 ans de dépendance de l’Afrique à grande pompe avec les l’argent du contribuable français.”
Peut-on, à suivre le paradoxe de votre émoi, parler d’une “dépendance de l’Afrique” à la France et exclure en même temps sa plus-value de “l’argent du contribuable français” ? Ou bien doit-on entendre de l’intérêt que la France a de maintenir l’Afrique en “servitude” une simple auréole sans fondement économique qui doive lier le sort du citoyen français à celui du méconnu Africain ?
Objectif démocratie. La démocratie comme horizon. Toujours la même question que je pose: quelles attentes à la démocratie? La démocratie doit apporter quoi?
Un texte bizarre après la “crise” que le monde traverse et où on voit que les pays puissants s’en remettent à la dette pour éviter l’implosion, où l’on voit les pays puissants trouver refuge dans l’échange d’une dette (promesse) contre des biens réels (réalité)
Toujours autant de mal à voir ce que la démocratie changera à cette donne: les richesses que certains peuples n’ont pas pu utilisé servent de coussin amortisseur à ceux des peuples qui veulent transformer plus de matière qu’ils n’en ont à l’origine.
Démocratie ou pas démocratie, la pression sera la même.
Ajouter un commentaire