Derrière les livres, par Dany Laferrière
Posté dans: Portraits d’écrivains | Par Alain Mabanckou | le 13 Nov 2007 à 9h16 | Lu 9105 fois
Dans sa célèbre chronique qui paraît chaque semaine dans La Presse (le grand quotidien de Montréal), notre Dany Laferrière a croqué quatre écrivains, une manière de voir ce qu’il y a derrière les livres – et c’est d’ailleurs le titre de sa chronique dont nous reprenons ci-dessous un large extrait, la partie introductive que nous n’avons pas reprise parle du travail de l’écrivain, de cette cuisine longue et délicate qui fait le roman...
Derrière les livres (extraits), par Dany Laferrière
Mistral
Il m’a téléphoné, un soir. Il voulait que je le rejoigne quelque part. Une voix haut perchée, dans un corps d’adolescent qui a grandi trop vite. À l’époque, il était dans sa période Bukowskienne. L’écrivain qui fait corps avec son oeuvre était, pour ceux de la génération d’après-guerre, Louis-Ferdinand Céline. Pour les jeunes écrivains des années 90, ce fut Bukowski. Alors, j’ai retrouvé Mistral dans un bar miteux où il buvait ferme. Je l’avais déjà aperçu, avec son chapeau mou et sa moue de starlette ennuyée, dans les hebdomadaires gratuits. Il a voulu qu’on se rende chez lui, pas trop loin. On a pris la rue Sherbrooke. Il faisait déjà noir quand un type en fauteuil roulant a foncé sous les roues de la voiture. J’ai freiné à temps. Pendant tout le trajet, et des années plus tard, c’est cette histoire qui s’est logée dans la tête de Mistral. Il riait en tapant des mains sur le tableau de bord. Et il revenait sur l’incident durant toute la soirée, le racontant à chaque nouveau venu. C’était la même faune bigarrée qu’on voit dans son dernier roman (Léon, Coco et Mulligan, Boréal, 2007). Ce qui semblait l’intéresser, c’est le fait que le parcours humain soit si imprévisible. Si cet accident avait eu lieu, on se demande quelle influence cela aurait eu sur son écriture, sur sa manière de voir le monde. Mistral donne l’impression d’attendre toujours fébrilement un accident. On n’a qu’à ouvrir son roman pour sentir cette terrible attente qui empoisonne la vie de ses personnages. Pour Mistral, l’inacceptable c’est qu’il n’arrive rien. Mieux vaut se faire casser la gueule, comme Edie, par le premier venu.
Dantzig
Je l’ai croisé à Dublin. Il était, comme moi, invité à parler de Joyce chez Joyce pour le centième anniversaire de naissance de l’auteur d’Ulysse. Des spécialistes de Joyce, venant du monde entier, prenaient place autour de la table. Que peut-on dire dans un pareil cas? J’ai simplement admis que je n’avais jamais lu Joyce. Charles Dantzig prenait part à la discussion. Il semblait complètement désarçonné par mes propos, car mon ignorance ne m’a pas empêché de discourir sur Joyce. Moins on sait, plus on est libre.
À mon retour à Montréal, j’ai trouvé un mot de lui, me disant qu’il est éditeur chez Grasset et qu’il aimerait me publier. On s’est retrouvés, dans un café, toujours le même, à chacun de mes passages à Paris. Comme ses livres, Dantzig est snob sans être mondain, léger sans être bête, sérieux sans être ennuyeux. Il a publié cet étonnant Dictionnaire égoïste de la littérature française (Grasset, 2005) qui a fait de lui le nouveau Bernard Frank en ville. Il semble écrire sans prêter trop attention à l’histoire qu’il raconte. Une manière devenue si rare qu’elle semble inédite dans un monde où on veut tellement que l’autre sache qu’on a sué. Dans son brillant dernier roman (Je m’appelle François, Grasset, 2007), il joue avec les multiples masques d’un homme qui n’a peur que de la solitude. Dois-je rappeler que le contraire de la solitude n’est pas forcément la multitude.
On reste fasciné par une telle agitation identitaire tout en se demandant ce qui peut bien motiver quelqu’un à courir ainsi. C’est en lisant ce roman que j’ai compris l’étonnement de Dantzig à Dublin. François, son personnage, prend toutes les identités, et moi, j’ai abattu mes cartes avant même que la partie ne commence. À ses yeux, c’est la même chose. Ce qui est plus intéressant, c’est que j’ai retrouvé dans le roman la respiration rapide, les gestes secs et le long regard panoramique de Dantzig.
Mabanckou
La première fois que j’ai rencontré Alain Mabanckou, il était un jeune écrivain furieux de devoir attendre son lectorat. On était assis au Salon du livre de Paris, et il regardait passer ses futurs lecteurs sans que ceux-ci ne le repèrent. De temps en temps, il laissait éclater un grand rire pour calmer son angoisse. Le problème, c’est qu’il était le seul à savoir qu’il portait en lui ces romans qui allaient le rendre célèbre. Il était beau, il s’habillait bien, il avait déjà écrit de bons livres, mais ce n’était pas suffisant. Pour devenir connu à Paris, il faut aussi un éditeur connu. Mabanckou rongeait son frein. Il regardait les autres le doubler sur la droite. Je ne sais pas à quel moment, il s’est refugié quelque part pour oublier toute cette mondanité, et il a écrit le livre qui germait dans son ventre depuis si longtemps (Verre Cassé, Seuil, 2005). Il nous racontait ses autres livres, jamais celui-là. Un écrivain sait toujours quand il porte en lui quelque chose de plus grand que lui. Je le revois encore, à Djaména, le regard lointain et nostalgique. Aujourd’hui, on l’invite partout. Et ses lecteurs font la queue pour le voir. Il a sorti, de son ventre, un autre livre: Mémoires de porc-épic (Seuil, 2006). Ce fut le gros lot du Renaudot.
Et là, il veut simplement se faire plaisir avec cet essai sur l’un des plus importants écrivains américains de la fin du XXe siècle: James Baldwin. Lettre à Jimmy (Fayard, 2007), c’est à Los Angeles, où il enseigne, qu’il l’a écrite. Il restitue avec une grande tendresse le parcours de ce jeune Noir de Harlem, maigrichon et homosexuel, qui n’a de cesse d’ouvrir grand ses yeux globuleux sur un monde en feu. Baldwin n’avait pour affronter son époque que ce style (des phrases sifflantes et étourdissantes) qui lui venait des discours apocalyptiques des pasteurs de Harlem. Mabanckou fait monter James Baldwin sur le podium, à côté de lui. Ce même Baldwin qui lui a tenu la main quand il était encore dans la glaciale solitude de l’écriture.
Benyahia
Il y a quelques années, j’ai reçu, à Miami, un paquet de nouvelles intrigantes d’une certaine Sonia Benyahia. Vous ne la connaissez pas encore? Cela ne saurait tarder, car elle vient d’écrire un joli bouquin avec un titre saignant (Les couteaux à pain trouent les seins comme rien, Leméac, 2007). Laissez tomber les couteaux et les seins qui ne font jamais bon ménage, et prenez le pain. C’est du bon pain, je vous le garantis. Pendant que j’y pense, il y a des boulangers qui s’amusent à faire du pain en forme de sein. Comme ces derniers travaillent la nuit, il faut les imaginer en train de fantasmer pendant que les braves gens dorment. C’est écrit au couteau. Un mince bouquin, mais on a l’impression que de nouvelles histoires s’ajoutent au fur et à mesure qu’on avance dans la lecture.
Cela prend un temps avant de comprendre qu’elles viennent de nous. Il y a des trous dans le livre et on les remplit à la place de l’auteur. C’est une astuce, et Benyahia sait écrire si elle danse ainsi avec son lecteur. Si j’étais vous, je laisserais tomber beaucoup de ces gros livres qui tentent de nous en mettre plein la vue pour me précipiter sur ce mince bouquin drôle et désenchanté.
Copyright Dany Laferrière, La Presse, Montreal, Dimanche 11 novembre 2007

(204) Commentaires
Ce fut le gros lot du Renaudot, dites-vous Don King ! Bonne Mère, il en fallait des lolo, quand il était encore dans la glaciale solitude de l’écriture. C’est le rendu du lait de ces lolos qui nous parvient à travers ces pages d’écriture. Bonne tété Alain !
Hey mr Mabanckou vous aimez la renommée n’est ce pas ? C’est que vous faroteriez presque ! Je comprend à 100%. It will be the same for me anyway.
Putentrailles !! Que le monde des livres est immense. Que de trésors se cachent encore, au flancs de la connaissance.
Danny Laferriere me donne envie de lire ces œuvres, et leurs auteurs. Mais je ne réalise pas toute mes envies. Car si je le faisais, je n’aurais pas assez de toute une vie. Et cette foutue paresse a chez moi, des allures de déesse.
J’avoue volontier un soupçon de voyeurisme lorsque par l’orifice de Danny...euh...je parle d’un trou de serrure. Oui je précise pour les gens pas sérieux d’ici, prompts aux conclusions hâtives et erronées, bien que croustillantes. Par l’orifice donc, que nous ménage Mr Laferriere, avide je saisi les indices de l’identité de celui “qui a fait”.
Peut être ce désir fou de débusquer la parcelle d’humanité(pourtant évidente) derrière ce statut divin de créateur? Me le rendrant ainsi plus familier. Ou bien sont ce mon côté “people”, mon côté paparazzi, qui recherchent com le sein gras, un défaut, le détail à scandale ? Un hiatus, une discordance entre le créateur et sa descendance?
(Tiens, au fait, pêt pour çà que la presse à scandale people marche autant. Car la masse est friande de ces détails qui détruisent les icônes les ramenant au statut d’êtres humains, donc de frère. Ah bon ? L’homme aurait cet implicite désir de fraternité ? J’en suis tout étonné moi même !!)
Oui, on a parfois des surprises, et un décalage, entre l’auteur et son ouvrage.
Je termine sur une question que je viens de me poser. Est il arrivé qu’un ouvrage échappe à l’auteur ?
Qu’est-ce qui t’arrive kidi wanda ? On dirait un mouton dont la laine serait passée par le lave linge à mauvaise température !
Tu as raison de souligner l’importance de la lecture, la lechetérature. Je crois qu’il n’y a pas d’écriture/littérature sans lecture. La lèchetérature est le prima de l’écriture. Je crois que si le scripteur n’avait pas pré-construit dans son/ses imaginaire(s) ou les brassages de langues qui le hante, l’existence de rendez-vous possibles, il n’aurait qu’une chose à faire : se taire !
Ce sont les lèchetures qui font l’écrit. Je parle de lècheture, avec un doigt bien mouillé qui a préalablement caressé les lèvres avant d’adhérer sur la belle page qui déploie les jambes en l’air d’un texte excrit à l’encre du plaisir de lire. Une encre dont le gras ne vous fait pas perdre le pied de la lettre. Je ne parle pas de l’encre de faillotte !
Il y a quelque chose de l’ordre de la séduction, du maraboutage dans la lèchtérature. En plus ça peut aller loin si affinités. C’est du moins ce qu’on peut retrouver chez certains écrivains qui parlent des choses du lit avec une telle beauté que vous mouiller toute votre âme d’émotion. La vraie lècheture mobilise toutes les mémoires. Pas seulement la tactile comme le dit Assia Djebar mon amoureuse dans l’extrait suivant :“[...] tu ne comprends rien à ce babillage arabe que j’adresse à ta peau, à tes seins, à ton entrejambe, j’invente des dimunitifs pour toi, jusque dans la langue maternelle, tu ris, tu te courbes pour les entendre, je te les glisse au creux de l’oreille, je les coule le long de to cou, tu vas les comprendre, ils te pénètrent, sans que je le traduise [...] j’ai en mémoire tactile tout cet idiome particulier à nous deux.” in: La disparition de la langue française, page: 25.
Il faut reconnaître qu’il est des écrivains dont les textes sont d’une telle beauté que vous vous dites : seigneur je ne suis pas digne de te lécher/voir mais écrit seulement un vers et je serai ému !
Bonjour, pour ceux que ça intéresse, une entrevue avec Dany Laferrière est disponible en ligne jusqu’au 15 novembre à cette adresse…
http://www.contacttv.net/i_presentation.php?id_rubrique=460
Pas mal ton site Stephane Bureau, même si je hais l’université de sherbrooke qui n’a jamais voulu de gens intelligents comme moi.
post 5: ”...y a qu’à se souvenir de ces canulars faits aux grosses maisons d’édition auxquelles on avait expédié par la poste des grands textes d’auteurs reconnus en les faisant passer pour des manuscrits de débutants. Dernièrement, elles sont toutes ( sauf Gallimard ) tombées dans le panneau renvoyant une lettre de refus à l’expéditeur en lui indiquant de travailler davantage !” C’est bon çà !
Ya com une phosphorescence bleutée dans cette photo
Catharsis, ce coup n’est pas nouveau. C’est souvent que les éditeurs tombent das le panneau. C’est bien la preuve que les éditeurs n’y comprennent rien à la littérature, les sous oui !
Post 5, de Kidi Wanda
On va chez Celine pour plusieurs raisons. La mienne est celle de la force de langue, de la puissance de cet univers eclate, noir, sinistre mais d’une virtuosite indubitable. Pour le reste - ce qu’il a eu comme conviction - je le laisse aux theoriciens de l’histoire litteraire car nous brulerions tous les ecrivains a force de ne voir en eux que leurs actes et leur choix de pensee.
Bien a vous
je le laisse aux theoriciens de l’histoire litteraire car nous brulerions tous les ecrivains a force de ne voir en eux que leurs actes et leur choix de pensee.
ces meme théoricien qui dirons que la mentalité Francaise est raciste comme dans le post precedent mais d un autre glorieferons ses romancier tout autant raciste mais plaidant cette foi la folie pour cause d Art et non justifier une rentabilité economique ! ......! alors qu on accorde a Celine ce que refuse aux autres ; celui de ne pas etre representatif du reste de la nation , ouvrirere ou artisitque !
il y a toujours de l art chez les romancier d aujourd hui mais ethique et esthétik sont lié la seul difference c est que les Roi decidait de qui serait publier et de qui doit enfermé dans l oubli ... mais je prefere quand meme les Patrons de l edition car il n ont pas apriori religieux , juste une prétention a discerner l excellent du médiocre ...
Alain, je voudrais pas t’entraîner dans un débat façon pour ou contre Proust, mais j’admire l’élégance avec laquelle tu bottes en touche quand on parle de Céline ! Il est vrai que l’écrivain, sa vie et son oeuvre ont parfois des frontières difficiles à établir. Ce n’est parfois pas volé quand on dit de la vie de certains auteurs que c’est un roman ou tout un poème !
A ce sujet, tu cites, à juste titre, Céline. Je peux te renvoyer, l’exemple de Taty-Loutard, grand poète congolais, à qui l’on doit des belles pages de la littérature congolaise. L’envers du soleil politique de Taty-Loutard est parcontre très effrayant. Il a été ministre de la culture pendant de nombreuses années. Il n’a pas été capable de construire une seule bibliothèque digne de ce nom au Congo. Cet n’empêche pas à cet homme peu dissert d’être au demeurant un grand enseigant, maîtrisant sa matière avec grand talent.
C’est ici que j’appelle Dany au secour qui dit qu’il s’inspire du réel. Alors d’un côté on nous dit que ceci n’est pas une pipe et de l’autre, on se défile dès qu’on vous reprend sur des pipes qui n’en son pas ? Alors pipe ou pas pipe ?
L’écrivain ne doit pas être jugé sur son art de dissimuler les pipes mes sur son art à pondre les lèchetures alors ? Hein Alain !
Kidi
L’agneau de Dieu qui enlève l’ignorance du monde donne nous ta peau !
Tu te souviens du temps d’avant, avant la naissance du papa, du papa de grand-papa, temps où l’on écrivait sur des peaux de moutons ?
BK, il n’est pas question de se defiler. Quand je lis Marcel Proust, Oscard Wilde, Michel Foucault, James Baldwin ou Jean Genet, je me moque qu’ils aient ete homosexuels et que cela transparaisse dans leurs ecrits(ou certains de leurs ecrits). Le lecteur n’est pas un procureur de la Republique des Lettres. Il se fait son idee, forge sa conviction, aime ou n’aime pas, repousse ou s’approprie ce qu’il estime salutaire pour son esprit. Par consequent, je lis des textes litteraires qui me plaisent ou ne me plaisent pas. Quand je lis Loutard, ce n’est pas le ministre congolais que je lis. Quand je lis Henri Lopes ou Albert Cohen, ce ne sont pas des fonctionnaires internationaux que je lis… L’antisemite, lui, lira sans doute les textes de Celine pour d’autres raisons, parce que sa lecture est precedee de l’ideologie qui gouverne son existence et qu’il est a la quete d’une caution morale, intellectuelle pour consolider sa betise…
BK, il n’est pas question de se defiler. Quand je lis Marcel Proust, Oscard Wilde, Michel Foucault, James Baldwin ou Jean Genet, je me moque qu’ils aient ete homosexuels et que cela transparaisse dans leurs ecrits(ou certains de leurs ecrits).
oui mais le glissement qui consiste a mettre en parallele l homosexualité d auteurs en rapport a la lecture de leur oeuvre et la pensée Raciste d un auteur qui transparait dans son oeuvre n ont aucun rapport , on peut pas rejeter un oeuvre sous pretexte que l auteur est gay ou lesbienne , car le fait d etre gay ou lez n a pas de porté politique sur la collectivite mais une sensibilité propre a a sa facon d apporcher l amour ! il n y a pas de théorie totalisante derriere , mauvaise exemple c est un -5 d office ! ...
par contre etre antisémite , negrophobe , islamophobe, ( notez lecteur la déclinaison du racisme ), ca peut effectivement nous permettre de brulez certain livre ! genre tintin au congo lol ..
Celine n avait pas de haine contre le juif , l antisémitisme a son epoque n etait pas en rapport avec le la religion juive et le fait d etre juif ...
”Par les Pattes de derrieres ils etaient encore collé aux judaisme du pere et avec les pattes de devant il ne trouvait pas de nouveau sol ” cé du kafka cité par anna a propos de Walter Benjamin , bon ca fé je me la pete grave mais bon vous pouvez remplacer Judaisme par le concept de Negre , c est toujours a propose ce cette fameuse rupture d anévrisme qui me hante , cette petit bulle d oxygene qui fait son chemin tout doucement , et Céline n etait qu un signal de détresse ?
Alain tu prêches un [con]vaincu ! Je suis tout à fait d’avis que La Lecture ou Le Lecteur n’existe pas, sauf dans le cas d’une récette de cuisine de Maîté ou de Jean-Pierre Coffe. Mais ‘lon ne saurait faire l’économie de l’histoire de la lecture comme nous le recommandent Robert Darnton et Alberto Manguel. Gustave Flaubert lui n’y va pas de main morte, il dit : lisez pour vivre ! Vivre quelle vie Alain Hein ?
J’ai un gros problème avec la lècheture, juste lorsqu’au pied de chaque lettre surgit L’odeur du café mêlée au cris des oiseaux. J’ai peur du mentir vrai !
Et pourtant certains écrivains révendiquent le besoin de faire oeuvre utile. J’en ai attrapé un la main dans le sac : “[...] la chose que je voudrais faire le plus au monde-parce qu’il me reste encore quelque chose-, c’est l’idée de concevoir une oeuvre beaucoup plus importante que moi qui pourrait faire en sorte que pour une fois Haïti serait une bonne nouvelle dns le monde.” Et un peu plus loin, [re] le doigt dans la confiote : “[...] on était en pleine dictature et j’avais répondu que je me vois comme une feuille, légère et étourdie, sur un fleuve de sang et de boue.”
Le problème avec la lècheture quand “on voit la mer on croit la rive proche”. Or, les possibles sont tellement infinis dans la grosse boîte des SENS.
Alain “L’antisemite, lui, lira sans doute les textes de Céline pour d’autres raisons, parce que sa lecture est précédée de l’idéologie qui gouverne son existence et qu’il est à la quête d’une caution morale, intellectuelle pour consolider sa betise…” mais une lèchture peut-elle être neutre et expurgée de toute l’histoire et de toutes les lèchetures antérieures qui nous traversent. Don King dit que dans sa bibliothèque, il y a des livres qui se contaminent entre eux,[...] dialoguent les uns avec les autres.” Je suppose qu’ils ne doivent pas toujours parler d’amour entre eux les livres !
J’en connais qui avaient acheté les CD de Félix Leclerc, juste pour la chanson : les mille façons de tuer l’amant de sa femme. Ils croyaient y trouver le mode d’emploi.
Les cocus se sont faits eu lorsque le vieux a sorti “quand les hommes vivront d’amour”. Là ils ne savaient plus à quelle corne se vouer !
Bonsoir Alain,
C’est avec plaisir que je découvre ta nouvelle fenêtre. Je reviendrai, nul doute.
Bon vent!
Bona
BK, heureusement que la vie et le monde nous offrent d’autres exemples de gens qui ne manient pas la langue de bois dans leur appréciation des arts ou même des talents. Cas d’école, le grand musicien classique Allemand, Wagner. La musique classique Européenne étant essentiellement instrumentale (en dehors des opéras, Chant Grégoriens…), on pourrait facilement dissocier l’antisemitisme de Wagner de la beauté de son oeuvre musicale. Pourtant, l’état d’Israel et la majorité de sa population, continuent l’embargo contre la musique de Wagner. En dehors de Daniel Baremboim, aucun grand maestro Juif ne joue Wagner. Imaginez vous un seul instant les Juifs se dire: “je laisse la controverse Wagnerienne aux historiens et j’adore sa musique car elle est si belle!!!!”
BK ça c’est même pas botter en touche, mais déclarer carrément forfait!
c est reglement de compte a ok corral ce site lol ! cé trop fort mdrr ! j imagine BK-ace de pique a chou avec un chapeau de coy boy et une moustache a la lee van cleef arriver au loin , cowboy dany dit la Ferriere lui faisant face et bing bing sur les fesse de la madames !!
y rien de positive , meme pas capable de rentrer dans lard de mabanckou ... genre la réponse de lache ”Alain tu prêches un [con]vaincu ! Je suis tout à fait d’avis que La Lecture ou Le Lecteur n’existe pas, , et blabla et blabli je baisse les oreille je rentre la Queue et hop sa jappi comme un petit chiot tss ! on ta limé les croc ; crok te dis je !!!
ha oui , j oublais ... signé Bonanza !
Moi, il me semble que c’est tellement simple: j’évalue le Céline romancier, mais également le citoyen Céline. Le tout, je crois, est de comprendre que ces deux jugements se font séparément, et que l’un n’influe pas sur l’autre. (Sauf évidemment si la matière romanesque de l’auteur, recèle des relents idéologiques...). Moi pour ma part, j’arrive tout à fait à être enthousiaste du talent d’un auteur, d’un artiste, qui par ailleurs, me déplaît fortement par certains côtés propres à sa philosophie de vie.
Voila un avis que je partage, et DOW a su l’exprimer de maniere plus intelligible que mes elucubrations… Merci !
Walaï-faforo, tu m’as tellement manqué ! Tu dis en français e France exactement ce que je voulais dire en prenant mille précautions.
N-J, je ne sais pas à quel jeu tu joues, mais je dois dire que tu merdouiles-là. Tu te vois porter autour du coup le couteau qui a servi à égorger ta mère, ta soeur et ton frère parce que c’est un Laguiole ou Thiers ?
Wagner, c’est la marche funèbre, c’est la ponction inouie, c’est la souffrance dans ce qu’elle à d’indicible et d’inommable ! Je crois qu’il faut savoir articuler de temps en temps quand on pète plus haut que ses joues !
Kidi, t’inquiètes avec ou sans écaille, ce soir tu seras la plus belle pour aller danser !
Dow, naturellement qu’il faille faire des discernements. Je ne pense pas qu’il soit question de rejeter systématiquement toutes positions équivoques dans ses lectures… Mais il faut aussi admettre les dangers et conséquences du racisme. Un auteur qui se cache derrière le postulat de la liberté d’expression pour cracher tout son venin sur un peuplade (disons noir d’Afrique vu que les exemples sont légions) a certainement le droit à ses opinions. Mais qu’un Africain bien pensant décide de passer outre ces sentiments haineux envers sa personne, pour ne contempler et s’extasier sur la seule beauté de la prose est simplement irresponsable. Ma vue est que ces propos souvent gratuits et haineux, fragilisent considérablement l’édifice artistique d’un tel auteur; et pour ma part, je préfère m’extasier devant d’autres esprit plus saints. Trouvez vous normal que les mêmes qui n’hésitent pas à reconnaitre en Sevran une écriture d’un racisme ridicule et primaire, hésitent et se pourfendent en excuses quand il s’agit d’évaluer un “grand”, un “canon” ayant fait la même chose sinon pire? Mmouais c’est facile de jeter l’opprobre sur les auteurs minables, mais quand on affaire à des “maîtres”, racisme ou pas, on tourne autour de son clavier 7 fois avant de taper… Cette tendance à l’équilibrisme, chez certains de nous (Africains) donne des raccourcis saisissants, une vraie perversion du raisonnement.
“ Les juifs, racialement, sont des monstres, des hybrides, des loupés tiraillés qui doivent disparaître (...) Dans l’elevage humain, ce ne sont, tout bluff à part, que bâtards gangréneux, ravageurs, pourrisseurs” ( L.F.Céline, extrait de “ L’Ecole des cadavres”, 1938 )
On peut certes préférer la franchise d’un Céline à l’hypocrisie d’un faux humaniste, qui battit son château de sable sur de bons sentiments, de beaux idéaux.
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La franchise de Céline? vraiment? Eh bien! Qu’est ce qu’il y a de franc dans ce passage?
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