Derrière les livres, par Dany Laferrière
Posté dans: Portraits d’écrivains | Par Alain Mabanckou | le 13 Nov 2007 à 9h16 | Lu 16218 fois
Dans sa célèbre chronique qui paraît chaque semaine dans La Presse (le grand quotidien de Montréal), notre Dany Laferrière a croqué quatre écrivains, une manière de voir ce qu’il y a derrière les livres – et c’est d’ailleurs le titre de sa chronique dont nous reprenons ci-dessous un large extrait, la partie introductive que nous n’avons pas reprise parle du travail de l’écrivain, de cette cuisine longue et délicate qui fait le roman...
Derrière les livres (extraits), par Dany Laferrière
Mistral
Il m’a téléphoné, un soir. Il voulait que je le rejoigne quelque part. Une voix haut perchée, dans un corps d’adolescent qui a grandi trop vite. À l’époque, il était dans sa période Bukowskienne. L’écrivain qui fait corps avec son oeuvre était, pour ceux de la génération d’après-guerre, Louis-Ferdinand Céline. Pour les jeunes écrivains des années 90, ce fut Bukowski. Alors, j’ai retrouvé Mistral dans un bar miteux où il buvait ferme. Je l’avais déjà aperçu, avec son chapeau mou et sa moue de starlette ennuyée, dans les hebdomadaires gratuits. Il a voulu qu’on se rende chez lui, pas trop loin. On a pris la rue Sherbrooke. Il faisait déjà noir quand un type en fauteuil roulant a foncé sous les roues de la voiture. J’ai freiné à temps. Pendant tout le trajet, et des années plus tard, c’est cette histoire qui s’est logée dans la tête de Mistral. Il riait en tapant des mains sur le tableau de bord. Et il revenait sur l’incident durant toute la soirée, le racontant à chaque nouveau venu. C’était la même faune bigarrée qu’on voit dans son dernier roman (Léon, Coco et Mulligan, Boréal, 2007). Ce qui semblait l’intéresser, c’est le fait que le parcours humain soit si imprévisible. Si cet accident avait eu lieu, on se demande quelle influence cela aurait eu sur son écriture, sur sa manière de voir le monde. Mistral donne l’impression d’attendre toujours fébrilement un accident. On n’a qu’à ouvrir son roman pour sentir cette terrible attente qui empoisonne la vie de ses personnages. Pour Mistral, l’inacceptable c’est qu’il n’arrive rien. Mieux vaut se faire casser la gueule, comme Edie, par le premier venu.
Dantzig
Je l’ai croisé à Dublin. Il était, comme moi, invité à parler de Joyce chez Joyce pour le centième anniversaire de naissance de l’auteur d’Ulysse. Des spécialistes de Joyce, venant du monde entier, prenaient place autour de la table. Que peut-on dire dans un pareil cas? J’ai simplement admis que je n’avais jamais lu Joyce. Charles Dantzig prenait part à la discussion. Il semblait complètement désarçonné par mes propos, car mon ignorance ne m’a pas empêché de discourir sur Joyce. Moins on sait, plus on est libre.
À mon retour à Montréal, j’ai trouvé un mot de lui, me disant qu’il est éditeur chez Grasset et qu’il aimerait me publier. On s’est retrouvés, dans un café, toujours le même, à chacun de mes passages à Paris. Comme ses livres, Dantzig est snob sans être mondain, léger sans être bête, sérieux sans être ennuyeux. Il a publié cet étonnant Dictionnaire égoïste de la littérature française (Grasset, 2005) qui a fait de lui le nouveau Bernard Frank en ville. Il semble écrire sans prêter trop attention à l’histoire qu’il raconte. Une manière devenue si rare qu’elle semble inédite dans un monde où on veut tellement que l’autre sache qu’on a sué. Dans son brillant dernier roman (Je m’appelle François, Grasset, 2007), il joue avec les multiples masques d’un homme qui n’a peur que de la solitude. Dois-je rappeler que le contraire de la solitude n’est pas forcément la multitude.
On reste fasciné par une telle agitation identitaire tout en se demandant ce qui peut bien motiver quelqu’un à courir ainsi. C’est en lisant ce roman que j’ai compris l’étonnement de Dantzig à Dublin. François, son personnage, prend toutes les identités, et moi, j’ai abattu mes cartes avant même que la partie ne commence. À ses yeux, c’est la même chose. Ce qui est plus intéressant, c’est que j’ai retrouvé dans le roman la respiration rapide, les gestes secs et le long regard panoramique de Dantzig.
Mabanckou
La première fois que j’ai rencontré Alain Mabanckou, il était un jeune écrivain furieux de devoir attendre son lectorat. On était assis au Salon du livre de Paris, et il regardait passer ses futurs lecteurs sans que ceux-ci ne le repèrent. De temps en temps, il laissait éclater un grand rire pour calmer son angoisse. Le problème, c’est qu’il était le seul à savoir qu’il portait en lui ces romans qui allaient le rendre célèbre. Il était beau, il s’habillait bien, il avait déjà écrit de bons livres, mais ce n’était pas suffisant. Pour devenir connu à Paris, il faut aussi un éditeur connu. Mabanckou rongeait son frein. Il regardait les autres le doubler sur la droite. Je ne sais pas à quel moment, il s’est refugié quelque part pour oublier toute cette mondanité, et il a écrit le livre qui germait dans son ventre depuis si longtemps (Verre Cassé, Seuil, 2005). Il nous racontait ses autres livres, jamais celui-là. Un écrivain sait toujours quand il porte en lui quelque chose de plus grand que lui. Je le revois encore, à Djaména, le regard lointain et nostalgique. Aujourd’hui, on l’invite partout. Et ses lecteurs font la queue pour le voir. Il a sorti, de son ventre, un autre livre: Mémoires de porc-épic (Seuil, 2006). Ce fut le gros lot du Renaudot.
Et là, il veut simplement se faire plaisir avec cet essai sur l’un des plus importants écrivains américains de la fin du XXe siècle: James Baldwin. Lettre à Jimmy (Fayard, 2007), c’est à Los Angeles, où il enseigne, qu’il l’a écrite. Il restitue avec une grande tendresse le parcours de ce jeune Noir de Harlem, maigrichon et homosexuel, qui n’a de cesse d’ouvrir grand ses yeux globuleux sur un monde en feu. Baldwin n’avait pour affronter son époque que ce style (des phrases sifflantes et étourdissantes) qui lui venait des discours apocalyptiques des pasteurs de Harlem. Mabanckou fait monter James Baldwin sur le podium, à côté de lui. Ce même Baldwin qui lui a tenu la main quand il était encore dans la glaciale solitude de l’écriture.
Benyahia
Il y a quelques années, j’ai reçu, à Miami, un paquet de nouvelles intrigantes d’une certaine Sonia Benyahia. Vous ne la connaissez pas encore? Cela ne saurait tarder, car elle vient d’écrire un joli bouquin avec un titre saignant (Les couteaux à pain trouent les seins comme rien, Leméac, 2007). Laissez tomber les couteaux et les seins qui ne font jamais bon ménage, et prenez le pain. C’est du bon pain, je vous le garantis. Pendant que j’y pense, il y a des boulangers qui s’amusent à faire du pain en forme de sein. Comme ces derniers travaillent la nuit, il faut les imaginer en train de fantasmer pendant que les braves gens dorment. C’est écrit au couteau. Un mince bouquin, mais on a l’impression que de nouvelles histoires s’ajoutent au fur et à mesure qu’on avance dans la lecture.
Cela prend un temps avant de comprendre qu’elles viennent de nous. Il y a des trous dans le livre et on les remplit à la place de l’auteur. C’est une astuce, et Benyahia sait écrire si elle danse ainsi avec son lecteur. Si j’étais vous, je laisserais tomber beaucoup de ces gros livres qui tentent de nous en mettre plein la vue pour me précipiter sur ce mince bouquin drôle et désenchanté.
Copyright Dany Laferrière, La Presse, Montreal, Dimanche 11 novembre 2007






(206) Commentaires
Kidi, ce n’était pas une critique mais pour relever que ce qui est “franchise” pour l’auteur est catastrophiquement génocidaire (ici chez les Juif) pour les victimes de sa belle plume. Les conséquence de certaines ecritures sont loins d’etre abstraites.
tu te gourre kidi , jesus a plutot dit , seigneur pardonnez leur il me haissent sans raison ! ...!
le Je des livre des céline n est pas céline , c est le lecteur ! ils fut une sorte de pythie ! un intermédiaire entre la france et sa mentalité ! il n a jamais parlé en son nom ! .. l idéologie qu il a voulu mettre a jour c est l antisémitisme de la bourgeoisie francaise : c est de l Ironie Celine ! c est un artisant pas un artiste et encore moins un romancier !
chui dsl pour le gras mais j ai bouffée un kebab y en plein le clavier , je vous epargne le ketchup , c est pas le soir , c est assez sanglant comme ca !
L’esthétique ou la beauté d’un texte suffisent-ils à excuser le contenu abject d’une pensée qui appelle à la haine, à la néantisation de l’Autre ? La littérature est-elle totalement coupée du réel ? Nous semblons oublier très souvent que les lectures sont des fréquentations. Elles nous définissent quoique l’on dise. Que l’on fasse l’apologie du racisme ou de l’antisémitisme au son de la musique de Wagner ou pas, avec ou sans esthétique ça reste tout de même un sordide projet qui appelle la haine de l’autre, sa mise à mort : l’hallali!
Bon appétit N-J, j’espère que tu manges ton kebab saignant au son de Wagner ! out en ayant une pensée sur les tatoués de Drancy, de Treblinka, Dachau,… qui ne sont qu’un détail pour ton papa Lepen et ton oncle céline, n’est-ce pas ?
Oui en effet cher A.M., il me semble que sur cette affaire, nous sommes sur la même longueur d’onde. (Pour une fois! -) Et tu as dit les choses de façon tout à fait intelligible.
Kidi: tu ne penses pas si bien dire: tant de malheurs adviennent simplement parce que nous ne savons pas, je te cite: ”dissocier le lard et la tendre 2chine du cochon”. Pour vous répondre, à Perplexement vôtre et à toi, je vais citer un truc qui me revient. Ce que dit joliment B-K (post 14) avec l’exemple du couteau, ne peut manquer d’interpeller. Mais pour comprendre combien on doit nuancer tout cela, il faut se remémorer qu’il y a quelques années (200?), le Chancelier (ou le président?) allemand était en visite officielle en Israel. Il était prévu qu’il tienne un discours à la Knesset, le parlement israélien. Eh bien, les députés israéliens lui ont interdit de prononcer ce discours en allemand ("langues de leurs bourreaux"). Vous voyez un peu combien tout cela peut être sans limite? Finalement, il ne nous faudrait par exemple plus parler le français, puisque c’est la langue de ceux qui ont décimé quelques milliers de nos aïeux.
Bref, pour en revenir aux auteurs et aux artistes, ce n’est point qu’il ne faut pas les juger. Mais quand on juge de leur moralité, on les juge en tant qu’hommes, et on ne juge plus de leur talent (nous parlons d’oeuvres de fictions n’est-ce pas? Et j’ai précisé que c’était à la condition que la pensée incriminée ne rejaillisse pas dans l’oeuvre). Moi, vous me surprendrez dans une conversation, en train de maudire Céline, en train de dire probablement que c’est à cause des hommes comme lui, que le monde est aussi laid aujourd’hui. Mais à l’heure de juger Céline en tant qu’écrivain, il est bien évident que l’on ne juge plus sur les mêmes critères. Ou bien? Dans le fond, faites donc ce petit exercice: recencez tous les auteurs littéraires que vous aimez bien, puis, recherchez et lisez une biographie de chacun d’entre eux. Vous seriez surpris.
Moi, je suis sans concession sur la probité morale. Et pour moi, l’engagement moral compte deux fois plus que le talent. Mais quand je juge de l’un, je ne juge pas de l’autre. Et vice-versa.
@+
le pen est un politicien qui s adresse au foule , celine est un ermite qui refoule l horreur du monde et nous la dévoile a la premiere personne , celle du temoin , qui cite ce qu il entend dans la rue , la parole de la rue pas celle des intello qui contrairement a beauoup on fermé les yeux sur ce qui arrivait et on preferer dissimuler l horreur que la france portait en elle , la france bourgoise bien sur , Hitler avait la haine du juif , Celine de l antisémite , mais l antisémite a cet epoque n est pas le juif , mais la mentalité nationaliste , parcequel etat nation etait le progres tout comme le communisme un déterminisme rationnel ou l Homme dans son coté tragique n a plus de place ! .. enfin c etais la lecon du soir , me suis dechargé me sens mieux vé dodo demain cé les greve ca va etre a pied ! ô rage
t abuse bk , le pen céline et hop le génocide juif de dachau c est le genre de parallele qui en dit long sur ta capacité d analyse ! ... on peut pas discuter avec toi t es vraiment trop tétue et male-honnete , en plus du coz mal a son altesse , tu fatigue la reine des nouilles , je vé faire comme beethoveen , esperer une surdité précoce ! .. non , n insiste pas c est preferable ! Ainsi en sera jusqu a nouvel ordre!
c est céline qui est responsable de dachau , c est pas a la vigie qu il faut reprochez l incendie meme si il la vue avant tous le monde et qu il a eu la naiveté de le clamer sur le ton de l Ironie , n est pas socrate qui veut
D.O.W. si je suis to raisonnement, je trouve qu’il y a quelque chose de schizotique dans la lecture qui rassemble des sentiments contraires qui sommeillent en nous. Un côté pour Céline l’écrivain, un côté contre l’homme. Chaque côté ayant sa chambre bien chauffée, bien isolée ! Ce doit être très coûteux, la facture d’électricité ou de gaz, selon la musique de Wagner, non ? Je pense que le gars qui collectionne les écrits de Hitler ne fait pas un choix innoncent ! Je reconnais aussi que pour arriver à tout surpasser, il faut avoir l’étoffe d’un E. Saïd ou d’un Barenbaum ! Comment jouer du classique après la Shoah ? Telle a toujours été la question.
Mais ça ne marche pas à tous les coups, le pauvre homme a eu ses moments de faiblesse où sa propre bêtise et son arrogance ont affleuré au sommet du texte.
sa faiblesse elle chez ses lecteurs ... et l arrogance chez ses commentateur posthume comme toi qui s acharne sur une peau de serpent , c est le souffle de l histoire qui parle , celui qui te pousse par derriere ! comprenne qui a des oreilles , Ane a Bac oui c est ma demeure !
”Un côté pour Céline l’écrivain, un côté contre l’homme”. Non B-K, parce que quand tu lis une oeuvre de fiction, logiquement, tu ne songes pas à “l’homme”. Quand tu lis Kourouma, tu ne te demandes pas qu’est-ce qu’il a bien pu faire de répréhensible dans sa vie, qu’est-ce qu’il a bien pu dire de détestable. Tu juges seulement le rythme de la phrase, le style, l’inventivité, l’imaginaire, etc. Cela dit, quand tu mentionnes Hitler, là je me dis qu’en effet, il y a des cas extrêmes, et probablement des limites à mon discours, je dois le reconnaître.
@+
quand tu dis ca kidi tu avoue ton incompetence de Docte , celine ne c est jamais abaisser a ecrire ce qu il ne désirait pas , toute son oeuvre est a prendre tel quel ! il ecrivait pas sur commande ! .. les pamphlet craignosses ce sont les critique qui les ont surtout sortie en serie ! .. ca la ou est ta source hélas :! .. il n escomptait pas le succes , mais la reconnaissance , c est pas la meme chose ! mais plus que ca il voulait etre compris a defaut on lui a craché dessus ... !
il voulait inspirer la metamorphose a ces lecteur , nous eparger la corvé d etre utile en etant précieux …
Nietzsche_junior ,
N’abuse pas trop des caracteres gras, cela a contribue a mettre les autres commentaires en gras - il faut, lorque tu fais tes gras essayer de terminer l’intervention sans ceux-ci. Autrement nous sommes obliges d’effacer le message qui a cause le gras afin de remettre les commentaires suivants en police normale…
Merci pour la comprehention
Possible de faire dichotomie entre l’hom, ce qu’il pensait, qui il était, et son livre. L’inadéquation de l’auteur et de l’œuvre est tout simplement plus rare. Pask tou simplement pas donné à tout le monde d’imaginer, un monde autre que le sien, de penser com quelqu’un d’autre, d’épouser des principes ou se battre pour une cause qui ne sont pas les vôtres. Le créateur enfante une créature qui a ses traits. La plupart du temps.
Je ne voie pas ce que vous trouvez à redire sur Wagner. L’écouter, apprécier certaines pièces, ne fait pas de moi un SS. Pas plus que si je lisais Mein Kampf.
Vous parlez de musik, je donne un exemple perso. J’aimais bien Magma. Pi un jour j’appris que son batteur incroyablement doué et inspiré était peut être antisémite. Je ressentais un vague malaise à l’idée de les réécouter. C’est une erreur. On peut faire la part des choses. Mais on peut ne pas la faire aussi. A chacun de voir, si la cohésion entre l’artiste et son œuvre est chose importante, cruciale. Ou pas. Moi çà ne me choque pas forcement. Cà peut me troubler un peu. Je lirai moins j’écouterai pas ou plus. Ou je continuerai réalisant cette schizophrène scission entre l’artiste et sa production.
Certains voudraient que l’histoire, la renommée ne retiennent que les bons, les gentils, les biens pensants. La réalité humaine est tout autre. Cela part d’un bon sentiment, et ils se feraient apôtre de la censure craignant que le mal ne se propage au travers de ces écritures. Le talent peut être utilisé à bon ou mauvaise escient. Il peut servir des bonnes et justes causes, com se faire vassal de l’enfer. Encore qu’il faut définir ce qui est bon ou mauvais. Choses qui peut fluctuer avec le temps et l’espace.
Rappelez vous, auteurs peut être, mais avant tous des hommes. Donc faillibles.
oué ben spa ma fote ca cé mis en gras tout seul : j ai du improvisé un kebab pour justifier l insitufiable , nan cé vré cé bloké sur gras ! osons les calorie superflue , j ai la haine 1h de marche a pied ! alors on va prendre son kawa pepere , on va se rouler un ptit bedo pour la route ! et y caile en plus !
Kidi wanda, merci pour cette expression lumineuse d’analbac ! je vois que notre amie N-J est bonne école.
faut faire comme les Cathares , acceptet le bien et comprendre que le mal est necessaire au bien , si le diable vous tien par la queue dieu cé par la barbichette , nike la religion vive les prophete
a propos de Céline ...
en chair et en parole
bon aller go !
je me relisais (post18 page 3); L’inadéquation de l’auteur et de l’œuvre est tout simplement plus rare… En fait, pas tant que çà. Le nombre de gens qui écrivent, ou qui vous disent koi ou comment faut faire les choses… Combien de conseilleurs qui ne sont pas les payeurs ? ... Et qui dans la vie, ne sont pas à la hauteur des images qu’ils font naitre. Dans 3iem opus Aya de Yopougon j’ai lu hier(hmmmm qu’est ce que c’était bon, et savoureux. Trop doux dêh!) une ‘tite maxime “C’est le matin on voit qui est beau”
Vous parliez de Céline. Mais Sade par ex, faut le gérer! Pas expert je suis, j’ai seulement lu Philosophie ds le boudoir...des aspects très pertinents contestataires, de recherche de voies alternatives, d’entrées nouvelles… Mais si on suit à la lettre, ds une grille de lecture 1ier degre, çà fait peur un peu! Ou bien?
Et cette malséante jouissance à corrompre l’innocence, jusqu’au meurtre en passant par une subtile maitrise de la souffrance… Enfin d’autres en parleraient mieux que moi.
Sans bruler les livres, on peut proposer un genre “parental advisory, explicits lyrics” , bref, autre probleme.
Donc : Vigilance, esprit critique Oui c’est fondamental! Qu’on ne nous fassent pas prendre des vessies pour des lanternes.
Echanges des impressions, des idées, pour éviter l’autarcie cognitive pre mortem d’une suffocation spirituelle.
Il n’y a pas que la science qui doit avoir une conscience. On se doit en tant qu’humain de tendre vers le mieux, de tendre vers une éthique, pour s’améliorer, de soigner les cicatrices, les plaies pour certaines encore béantes, et donner le meilleur de nous. Cela concerne tout les domaines. Littérature comprise.
Quant à ceux qui veulent un monde littéraire à la p’tite maison ds la prairie, qu’ils tracent leur routes en paix, c’est leur choix.
Mais attention, cette sélection du beau, du bon, du bien pensant, n’est ce pas prémices à une dérive vers un eugenisme littéraire.
DOW, bien que dans la théorie ton raisonnement soit logique, la brutale vie pratique peut nous imposer certaines réalités. Il ya une différence entre un acte bénin affectant peut de gens, et un acte à caractère “politique” qui pourrait avoir des conséquences fatales sur des milliers, sinon des millions de vie. Norman Mailer, prix Nobel, un grand comme on les aime dans cet espace, avait pourtant poignardé une de ses épouses (pas fatalement). Je ne puis juger Mailer sur cet acte, et c’est l’esprit tranquille que je le lis, car cette épouse lui a pardonné et il s’est excusé etc etc… Affaire classée donc. Par contre nous avons l’exemple de James Watson, le co-découvreur de l’ADN, prix Nobel de Medecine, qui vient de déclarer à Londres, que les Africains (noirs) sont moins intelligents que les Européens (blancs). Les deux actes n’ont pas la même portée. L’acte de Mailer n’affecte qu’une seule personne. Celui de Watson a des conséquences pernicieuses sur la perception que les gens pourraient avoir des noirs (des centaines de million de personnes). De tels propos venant d’un savant peuvent négativement influencer l’accès des noirs à l’éducation dans les universites occidentales, le jugement que les profs ont de ses étudiants noirs, l’accès des noirs aux emplois compétitifs etc etc. En tant que noir, dois je continuer à m’extasier devant les prouesses scientifiques de Watson, tout en oubliant ce qu’il pense de moi? Mon seul conseil est de ne pas se laisser éblouir par l’esthétique ou la supposée grandeur; mais aussi regarder qui se cache derriere ces parrures dorées. Derriere ces beaux apparâts se cachent souvent des pensées et conceptes ignobles.
je crois que tu fait une confusion sur la notion de’ Caution Scientifik ! ... cette caution n a de sens qu a travers une communauté ! les declaration de ce watson n ont aucune importance car la commmunauté scientifique les rejette en blok , ce qui fut pas le cas avec Gobineau ou chauvin ! ...
prenons Einstein qui a la bénédiction de tous pour sa relativité mais qui c est religeusement planté avec l expansion de l univers de hubble ou l incertitude d heisenberg , la communauté scientifik ne l a pas suivi sur ces deux point et pourtant c etait Einstein ! ...
Watson deviendra un danger quand il recevera un Noble pour son hypothese raciste ! pour l instant il a juste des prétention politique ! .. ca coincide avec la monté de l extreme droite en angleterre et dans le nord de l europe en général ! il refelte l air du temps ! .. iln est pas un danger , il est un indicateur ! .. lui comme les journaliste , c est plus les journaliste qui sont vraiment le danger , d ailleur c est les journaliste qui ecrive des livre alors qu avant c etait des Romancier comme hugo ou zola qui devenait le temps d une cause Journaliste !
ce qui est absurde au final c est de repeter a l infini que la France est profondemment racsite depuis 4 siecle et que la mentalité francaise est vérolé jusqu a ses fondement , la langue , voir la plus raciste au monde et apres debatrre sur le racisme ou non de Celine ! c est 80 pourcent des auteurs francais qu il faut considerez comme raciste ! , pkoi s acharnez sur céline ? peut etre parcqu il est l un des rare auteur a etre honnet , moi j ai rien contre le pen ! il est ce qu il est et ne trompe personne ! c est la trahison qui est le plus dur accepter ! des gens qui qui encrivent en bon negrophyle mais qui pourtant dans leur quotidien sont tous le contraire ! ...
certain livre sont a burler sans hésitation ! ... comme certaine oeuvre d Art ou monument eriger en l honneur de legion Facisite et que l on garde comme souvenir d une époque beni des dieux : AMen ;, a pu de kafé Kidi et en plus tu me crois ou pas les croissant cé fini , la boulangerie a bruler cette nuit ! on a la poisse , quelqu un nous a jeter un sort dans le quartier !
Vigilance, esprit critique Oui c’est fondamental! Qu’on ne nous fassent pas prendre des vessies pour des lanternes.
peut etre vigilant en Art ? avoir l esrpit critique et rationnel , c est une passion ! au final les artiste sont exalté lors de la création , ils sont animé par une flamme , l esprit critique demande comme base une logique une Raison pour se develloper ! l art c est parfois tout le contraire , mais j admet que pour moi l amour doit etre lucide et non passionné ! on aime avec son cerveau pas son coeur !
Il n’y a pas que la science qui doit avoir une conscience
la science n a pas besoin de conscience spirituel , elle cherche et resout des enigme point bar , elle pose des phenomene , trouve des cause et simule des effet !
ce qu on demande a scientifique c est de tenter de “ decrypter” l univers de facon rationel , le seul guide c est de valider des hypothese :! il n y a aucune rasion d avoir peur de la science :! , ce qu on reproche a Watson c est pas d affirmer sa liberté d expression mais l impossiblité de prouver sa these car justement sa decouverte a permis de mettre Fin au mots Racisme dans son sens biologique , on se debat sur le racisme social , la facon de racialisé une catégorie social ! l Afrique aurait été peuple de blance au yeux bleu ca aurait été la meme ! d ailleur tous le monde sait que les grec etait esclavagiste ! c etait meme implicite dans leur philosophie .. toute les culture sont racsite , c est pour ca que les liberaux veulent les nier ! le seul but du commerce c est de briser les frontiere ! ..
au final ce que les africain reprochent au européens c est d avoir degainer les premiers !
En fait, Perplexement Vôtre, je ne sais pas s’il y a vraiment contradiction entre ce que nous disons. Quand tu soulignes par exemple: ”Mon seul conseil est de ne pas se laisser éblouir par l’esthétique ou la supposée grandeur; mais aussi regarder qui se cache derriere ces parrures dorées”, c’est déjà mon avis. Tu écris: ”Derriere ces beaux apparâts se cachent souvent des pensées et conceptes ignobles”. Absolument. Mais ensuite, pourquoi donc ne vouloir voir que les “concepts ignobles”? Et à d’autres, je dirais: Pourquoi ne voir que l’esthétique et le talent? Moi, je vois les deux! D’un côté je vois que le talent est admirable, et de l’autre, cela ne m’empêche pas de voir l’abjection. Ce n’est pas facile, mais si l’on veut avoir un jugement exact et complet, cela est peut-être nécessaire. Je ne te cache pas que je n’y arrive pas toujours. Quelquefois, je boycotte l’oeuvre de tel ou tel auteur à cause de telle ou telle position morale qu’il a affirmée. Mais s’il m’était arrivé auparavant de reconnaître un grand talent à cet auteur, je ne dirais pas ensuite: “il n’a aucun talent parce qu’il est raciste”. C’est absurde.
Je n’avais déjà pas une haute opinion de Watson et Crick, les prétendus “co-découvreurs” de la structure de l’ADN, puisqu’on sait aujourd’hui qu’ils ont surtout pillé le travail de Rosalind Franklin. Mais si je tenais Watson pour un grand scientifique, ses récentes déclarations ne changeraient pas mon jugement. Je dirais simplement maintenant: un grand scientifique, mais un esprit inepte et sot. Car les deux peuvent cohabiter!! -)
@+
pourquoi donc ne vouloir voir que les “concepts ignobles”? Et à d’autres, je dirais: Pourquoi ne voir que l’esthétique et le talent? Moi, je vois les deux! D’un côté je vois que le talent est admirable, et de l’autre, cela ne m’empêche pas de voir l’abjection. Ce n’est pas facile, mais si l’on veut avoir un jugement exact et complet, cela est peut-être nécessaire
en gros tu peux trouver une femme tres belle et charmante sans pour autant occulter qu elle peut etre chef d un mouvement Fasciste ... mais dans les deux cas ton jugement esthtétique est et restera toujours subjectif tandis que l’ethique c est pas le cas !
ce qui me surprend c est d adosser le mot jugement sur l oeuvre artistique ! , tu ne juge pas céline tu es saisi .. Dow tu a une opinion arstisque sans a priori donc personnel sur un artsite et une jugement politique basé sur un préjuge sur une idéologie , mais il y a un bien un point d ancrage entre l art et l ethique ! .. c est l attitude qui precede la rencontre !
un grand scientifique, mais un esprit inepte et sot. Car les deux peuvent cohabiter!! -)
j ose une derniere remark ... derriere celine il y a les fait donné et les fait construit , il y a une démarche particuliere , ce n est pas que les deux peuvent cohabiter , il ne le font pas il s agit du temps , de l immédiateté et de la théorie qui précede tout hypthese ! .. nous en somme délire de l instant , de l intuition ; il s agit de l eternel sujet du bac entre empririste et idéaliste ! ...platon/socrate et Aristote , il s agit de savoir si on vit dans le passé en repetant les meme schema ou si on est pret a faire preuve d ouvertur et voir l avenir ! la querelle des anciens et des moderne , celle de la CONNAISSANCE immédiat quasi poétique et celle que l on construit et qu el on ordonne dans un schema plus général , celle qu ordonne et rationalise avant meme de poser la moindre Hyptohese ! .. en gros pas besoin d avoir son bac pour comprendre que céline en tant qu artiste ne peut se juger ! apprecier son style et deprecier ses idéologie montre surtout a quel point la critique littéraire doit peut etre un jour evoluer vers autre chose q un jugement entre connaisseur
Qu’est-ce que l’objectivité ? Elle fait appel à une grille qui me semble-t-il prend appuis sur la langue ou au langage. Or, nous savons tous par expérience qu’il y a de la subjectivité dans le langage ! En outre, quand nous parlons d’esthétique que mettons-nous derrière cette boîte à malice ou farce attrape ? Alain, mine de rien, je préfère les bétises de Cambray à ceux de Céline, car avec les bétises de Céline on n’a toujours pas fini de régler l’addition ! Walaï-faforo quelle longue queue de griefs longtemps après sa mort, waï. On dirait un mouton noire dans le tambour que la lessive de la mère Denis n’arrive pas à laver plus blanc que blanc ! Même le lait de D.O.W. appelé à la rescousse ne saurait suffire pour attendrir les lecteurs assoiffés de savoir coment le vieux a pu déconner comme ça ! Sa maman ne lui a jamais fait de causeries ou quoi ? Il n’a jamais mangé chez quelqu’un ? Esthétique, esthétique c’est o va manger pour notre Humanité ou quoi ?
Qu’est-ce que l’objectivité ? Elle fait appel à une grille qui me semble-t-il prend appuis sur la langue ou au langage. Or, nous savons tous par expérience qu’il y a de la subjectivité dans le langage ! En outre, quand nous parlons d’esthétique que mettons-nous derrière cette boîte à malice ou farce attrape ? Alain, mine de rien, je préfère les bétises de Cambray à ceux de Céline, car avec les bétises de Céline on n’a toujours pas fini de régler l’addition ! Walaï-faforo quelle longue queue de griefs longtemps après sa mort, waï. On dirait un mouton noire dans le tambour que la lessive de la mère Denis n’arrive pas à laver plus blanc que blanc ! Même le lait de D.O.W. appelé à la rescousse ne saurait suffire pour attendrir les lecteurs assoiffés de savoir coment le vieux a pu déconner comme ça ! Sa maman ne lui a jamais fait de causeries ou quoi ? Il n’a jamais mangé chez quelqu’un ? Esthétique, esthétique c’est ça on va manger pour notre Humanité ou quoi ?
Céline, si l’on s’en tient au cheminement de l’écrivain a mis la littérature en péril.
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