ENFANCES, recueil de nouvelles paru chez POCKET, Paris, 2008. Analyse de Florent Couao-Zotti

Posté dans: Général | Par Alain Mabanckou  | le 07 Jun 2008 à 7h25 | Lu 879 fois

Le romancier béninois Florent Couao-Zotti vient de poster sur son Blog un commentaire sur le recueil « Enfances » que nous avons fait paraître il y a deux ans et qui est sorti le mois dernier en collection « poche » chez Pocket. L’occasion aussi de vous dire de visiter le Blog de notre collègue dont l’humour et la perspicacité des analyses ne manqueront pas de vous séduire. Pour l’heure, voici ce qu’il dit du recueil dont il était également un des contributeurs.

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ENFANCES, Neuf écrivains racontent ou réinventent un souvenir d’enfance, Nouvelles réunies et préfacées par Alain Mabanckou, Pocket, Paris, 2008.

L’illustration de couverture renvoie au personnage de Kirikou, cette espèce de lutin africain familier des enfants et des foyers français. Ils sont deux – une fillette et un garçonnet – tout nus, mèche de cheveux sur le crâne, de grands yeux interrogateurs. On devine qu’ils sont préoccupés par un mystère, l’apparition d’un adulte ou peut-être la matérialisation, devant eux, d’un être étrange. Anne Buget, la dessinatrice n’est pas allée chercher ailleurs l’émotion qui éclate dans les yeux des enfants lorsque la curiosité et la découverte du monde se disputent leurs regards. Une émotion, une moisson d’émotions que neuf écrivains africains et de l’océan indien ont voulu inscrire dans des formes courtes (récits, nouvelles, témoignages) pour des lecteurs d’ici et d’ailleurs, des lecteurs avides d’horizons nouveaux pour qui le royaume de l’enfance est l’étape transversale de toute vie. 

Publié pour la première fois par les éditions Akoma Mba en 2004 et repris, l’année d’après, par les éditions Ndze, le recueil vient de bénéficier d’une nouvelle présentation, cette fois-ci sous le label de Pocket, l’édition populaire française.  Commentaire de l’éditeur: « En Afrique comme ailleurs, les enfants lisent le petit prince et, parfois des livres qu’ils ne devraient pas. En Afrique comme ailleurs, ils s’enthousiasment des exploits d’un acrobate de cirque, ils espionnent les adultes et s’interrogent sur leurs comportements, ils s’aventurent dans les marais ou sur la mer alors qu’on le leur avait interdit…Mais l’Afrique où la nature, les traditions et le merveilleux sont omniprésents, leur offre un terrain de jeux un peu plus grand qu’ailleurs »

C’est ainsi que défilent les histoires émouvantes, sensibles, parfois comiques, parfois tristes, ancrées dans un quotidien aussi sobre que merveilleux, que le style spécifique de chaque auteur rend si attachantes. Si le congolais Alain Mabanckou y parle de sa sœur-étoile, prolongeant ainsi le merveilleux mythe de l’anthropomorphisme de l’étoile, Ananda Dévi nous livre les « secrets » de l’enfant du banian, jumeau disparu dans la forêt au moment de sa naissance. Quand l’ivoirienne Julie Kodjo campe la marginalité de l’enfant-albinos dans une société très superstitieuse, le togolais Kangni Alem nous embarque dans les rues de Lomé où le jeune Bonito entend percer le mystère des néons. Bref, chaque auteur plonge le lecteur dans l’univers de son enfance ou de l’enfance tout court, là où l’innocence et la spontanéité effacent les barrières, là où les mots savent débrider les yeux et provoquer la magie. La magie d’une cité sans doute perdue, mais dans laquelle on a besoin de se ressourcer virtuellement pour rendre le monde plus vivable, pour nomadiser l’espoir aux quatre coins du monde. 

Heureuse enfance et bonne lecture!

Florent Couao-Zotti ( Blog : L’Atelier-Café de Florent-Couao-Zotti )

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