Existe-t-il une “pensée noire” ?
Posté dans: Événements | Par Alain Mabanckou | le 21 Mai 2009 à 0h46 | Lu 3525 fois
L’hebdomadaire “Le Point” consacre un hors-serie intitulé “La Pensée noire” que vous pouvez trouver en kiosque actuellement. Plusieurs intellectuels du monde noir ont jeté un regard sur l’état actuel de cette “pensée” et ses “textes fondamentaux” - en gros ce qu’il faut savoir pour comprendre l’évolution actuelle du peuple noir. J’ai évoqué la place de James Baldwin et l’importance de son chef-d’oeuvre “La prochaine fois, le feu” dans l’émancipation des Noirs d’Amérique. Plusieurs analyses touchent des domaines aussi variés que le rap, l’immigration, l’antisémitisme, l’élection de Barack Obama ou la colonisation. Une interview d’Edouard Glissant donne à l’ensemble une vue très ouverte vers le futur. Une bibliographie permet d’aller plus loin et de saisir l’état de la recherche sur la question. Un document utile à avoir dans sa bibliothèque.
Voici l’introduction de cet hors-série faite par Catherine Golliau, rédactrice en chef des hors-séries au Point :
Un hors-série du Point sur la pensée noire ? Certains s’en étonnent. Pourquoi ? Parce que la pensée noire n’existe pas ? Il est vrai que les textes (une trentaine), présentés dans ce vingt-deuxième numéro de la collection Les Textes fondamentaux , n’ont rien à voir avec un traité de Spinoza : ce sont des récits autobiographiques d’anciens esclaves, des discours politiques contre l’esclavage, le racisme, la ségrégation ou la colonisation, des essais sociologiques, des romans, des poèmes… Ce sont des cris de douleur ou de rage, des appels au pardon et des réflexions sur le problème racial, des textes qui parlent avec les tripes plus que des traités métaphysiques. C’est que la pensée noire, c’est d’abord se penser noir, et affronter le regard du Blanc. Mais penser en couleur, n’est-ce pas nécessairement penser de manière raciste ? Non, même si certains auteurs noirs soutiennent des thèses dignes des programmes de l’extrême droite. Pas question, ici, de faire de l’angélisme : le racisme n’est pas seulement de couleur blanche, et M. Le Pen n’aurait pas osé prononcer les discours de Farrakhan, chef du mouvement Nation of Islam.
Impossible pourtant de mettre tout le monde dans le même sac. Ce hors-série aurait pu en effet tout aussi bien s’intituler “Pensées noires”, tant les prises de position sont plurielles, des écrits de Du Bois ou de Césaire à ceux de Fanon et de Malcolm X. Tous, pourtant, ont tenté de répondre à la même question : comment se penser homme quand on vous a voulu objet ? Bien sûr, c’était hier, face à l’esclavage, à la colonisation et à la ségrégation. Et aujourd’hui ? Des piquets de grève de Guadeloupe aux conflits interethniques africains, du racisme de monsieur Tout-le-Monde à l’antisémitisme d’un Dieudonné, le monde noir n’est pas guéri de la blessure de l’esclavage, même chez les plus jeunes. Pourtant, il faut aller au-delà, comme l’a prôné Barack Obama le 18 mars 2008, à Philadelphie, et comme le soulignent dans ce hors-série des personnalités aussi importantes que le poète martiniquais Édouard Glissant ou le sociologue britannique Paul Gilroy. Après la pensée noire, la pensée métisse ? Pourquoi pas ? Ce serait une bonne idée pour un hors-série du Point .
Catherine Golliau
Le Point hors-série, La Pensée noire - Les textes fondamentaux, 132 pages, 6,50 euros, en kiosque actuellement.






(59) Commentaires
Avec les
et tout est dit sur la pensée noire n’est-ce pas?En effet, la phrase qui suit le “Et aujourd’hui ?” semble caricaturale surtout qu’on ne vois pas en quoi les conflits interethniques” sont une “pensée”. Mais une introduction à une telle publication est nécessairement courte et concise, je préfère donc aller jeter un coup d’oeil à ce hors-série puis je reviendrai causer.
C’est la solution de la prudence : il vaut mieux aller lire d’abord avant de dire quelque chose sur cette introduction parce que moi j’ai pris le Point ce matin, et il y a des pointures intellectuelles qui ont bien dit les choses : Achille Mbembe, Mamadou Diouf, Glissant, le chef de ce Village ou bien Romuald Fonkua qui fait une analyse brillante. Il y a beaucoup de choses que j’apprends sur la condition des Noirs pas seulement en France mais dans le monde entier…
ce hors-série est une vraie mine : à dévorer, méditer, discuter....
Je viens de le terminer. Il m’a accompagné pendant quelques jours, et je dois dire que contrairement à ce que pouvait laisser craindre le titre racoleur, c’est un petit assemblage assez intéressant, et même clairement instructif. On y apprend tout de même des choses, et je le recommande vivement à tous les jeunes Africains, qui y trouveront, concis et pratique, un instrument pour s’orienter à travers le vaste labyrinthe de ceux qui se sont essayé à penser la condition noire à travers l’histoire. En tout ce qu’elle a de spécifique - Et Dieu sait que cette condition-là fut souvent spécifique!
Au rayon critiques, ne nous attardons pas en effet sur les raccourcis souvent irritants de cette Catherine Golliau. Sur ses raccourcis et, je dirai...sur ses a priori aussi, savamment dissimulés, mais patents comme le nez au mileu de la figure. Car au-delà de l’avant-propos, elle signe également un petit récapitulatif intitulé “quelques vérités sur l’esclavage”, où on peut lire par exemple que les poncifs éculés du type “les Noirs sont robustes, naïfs, paresseux”, sont, je cite: des ”stéréotypes « racistes » nés dans le monde musulman dès le Moyen Âge”. Ben voyons!
On peut aussi regretter - même si comme on le sait, il faut faire des choix - l’absence de certaines figures emblématiques. Si on peut, dans une telle recension, faire référence au mouvement des Black Panthers, et aux écrits d’un Stokely Carmichael, c’est qu’il est au moins déplorable qu’aucune référence ne soit faite aux écrits d’un Mongo Béti qui aura donné quelques décennies de sa vie pour le combat contre ce que la colonisation avait de plus brutal et de plus cynique. De même, on retrouve certes le nom de Valentin Mudimbe dans la section bibliographie, mais une pensée comme la sienne aurait probablement mérité mieux.
Enfin, laissons tout cela, pour dire donc à notre jeunesse, ce qu’elle peut y trouver d’utile pour elle. Outre des interviews (bien trop courtes) de personnalités d’aujourd’hui parmi les plus brillantes, telles Achille Mbembe ou Paul Gilroy, nos jeunes gens y découvriraient des épisodes historiques trop méconnus des Africains, tels la grande aventure de Louis Delgrès, de Monnereau et de tous leurs compagnons en Guadeloupe. Notre jeunesse y ferait aussi probablement la connaissance de l’Haïtien Jean Price-Mars par exemple. Et ceux qui ont souvent fait reproche à Senghor de sa formule “l’émotion est nègre comme la raison est hellène”, trouveront aussi là un extrait où le poète fournit une explication de texte qui n’est pas dénuée d’intérêt. De même, on se rappelera que le panafricanisme de Nkrumah était tout de même autrement mieux armé, plus sérieux dans son intention et plus rigoureux dans ses perspectives que toute cette sorte d’ersatz qui s’en réclame aujourd’hui.
Pour finir, je recommande le plus chaudement l’interview de Paulin Hountondji. Hountondji n’est pas seulement intéressant par son discours (lumineux de justesse et de perspicacité), il nous intéresse aussi par les horizons qu’il nous ouvre : les références qu’il fait à Kwasi Wiredu par exemple, nous étaient inconnues, et constitueront indéniablement une source d’enrichissement pour tous nos jeunes gens curieux.
sans etre spé, à la lecture de l’introuduction de la miss, je sens les raccourcis, 1 ou 2 clichés, le politiquement correct de rigueur qui sourdent à travers ses lignes. Finalement bcps de “mal connaissance”
Mais la concision et ce foutu complex des enfants du bourreau et de l’esclavagiste et cette “mal cnnaissance du sujet, sont circonstances exténuantes. Pardon atténuantes.
Puis fo voir à qui le Points s’adresse com categorie de lecteurs. De droite non ?
Je tenterai de me le procurer, saluant au passage le philanthropism positiviste inhabituel mais plaisant d’un DOW, trop rare. S’attarder sur ce que l’ouvrage apporte de bon et interessant pour le lecteur.
Construire plutôt que détruire ?
Ya du boulot apparament sur ce hors serie. l’a le mérite de vouloir faire connaitre.
C’est surtout magnifique de voir à quel point les jeunes intellectuels Afro du début du 20è siècle voyageaient, se rencontraient, écrivaient, organisaient, échangeaient, luttaient alors qu’ils n’occupaient pas les positions institutionnelles de Mamadou Diouf, Achille Mbembe, Souleymane Bachir Ndiagne, Françoise Verges, Romuald Fonkoua, Alain Mambamkou et tous les autres.
Avec, (imaginez) les conditions d’écriture, de transport, de liberté, de racisme de l’époque, ils (Senghor, Césaire, Fanon, Baldwin, Anta Diop, R. Wright, Nkrumah, Alioune Diop et d’autres)ont imposer une Présence Africaine et Nègre dans le monde (Londres, New York, Paris, Berlin.
Malgré toutes les difficultés que l’on ne peut pas imaginer exhaustivement, ils ont fait ce que les intellectuels Afro actuels sont incapables de faire aujourd’hui pour l’Afrique: organiser des rencontres d’envergure pour Réfléchir et Penser.
C’est ça la grande déception que me suggère la lecture du hors série du Point.
Tout à fait Evivi! Je partage ô combien votre sentiment. Ces générations antérieures n’avaient pas plus de talent (et d’ailleurs pas moins non plus), mais alors leur degré d’implication, la conscience aiguë qu’ils avaient des enjeux de leurs nations, la lucidité qu’ils mettaient à identifier les nouveaux territoires moraux, politiques et intellectuels à conquérir collectivement, et leur engagement total à réaliser ces objectifs, leur détermination à prendre pleinement leur part en tant que peuple à la marche du monde, tout cela, en ces temps-là, était bien autre chose qu’en ces temps-ci.
Enfin, ne ressassons pas les déceptions que nous suscitent nos contemporains, on y passerait un certain temps.
P.S. J’ai oublié de mentionner précédemment l’immense Edouard Glissant. Qui d’ailleurs - et je n’en suis pas peu fier - me donne raison sur un débat nourri que j’ai eu ici, notamment avec mon pote Gangoueus (c’etait là) : Glissant explique très clairement qu’en tant que perspectives philosophiques, Négritude et Créolisation ne s’opposent en rien.
Suis en train de lire ce magazine, que je considère plutôt comme une compilation de textes d’auteurs majeurs ayant pensé le Noir, car rien, du moins jusqu’ici, c’est à dire au point où j’en suis dans ma lecture, ne tend à définir les aspects principaux ou les “patterns” de cette “pensée noire”. Le point de vue de Senghor est très intéressant, il fait une description brillante de l’esprit noir, non pas enclin aux descriptions logiques, mais connaissant par l’intuition.De ce point de vue ses développements sur l’art nègre sont également intéressants.
Enfin,peut-être est ce une opinion forgée de façon hâtive, laissons nous donc le temps d’arriver jusqu’au bout, et ne donner un point de vue global qu’à ce moment là.
Ce hors serie reste cependant à recommander, aussi bien aux professionnels de ladite “pensée noire” qu’aux personnes s’y intéressant ou tentant de la découvrir.
Belle question.
Spectateur au concert de Kassav il y a quelques jours au Stade de France, je regarderais ce monde (65 000) en majorité noir qui appréciait, savourait cette belle musique caribéenne. Je suis africain et ne comprends pas le créole mais les refrains de leurs plus belles chansons me venaient naturellement. En regardant cette fusion de ces peuples noirs et en sachant «les haines » qui existe entre africains et antillais, je me posais la question de savoir ce qui nous rassemblait. Ce n’était pas seulement le groupe Kassav, mais nos gestes, danses et attitudes étaient si semblables que l’on aurait cru que l’on venait tous des mêmes contrées… C’est quoi la pensée noire ?
Je ne pense pas qu’il y ait une pensée noire, mais il y a un esprit noir – l’esprit étant quelque chose qui est opposé à la matière, l’esprit noir est difficilement définissable parce qu’il est conséquence de nombreux courants et faits passés.
L’esprit noir est cette chose indéfinissable qui a rendu chaque noir heureux quand Barak Obama a été élu Président. Cette victoire n’a pas eu la même signification pour tous les noirs mais elle a suscité une joie commune, même dans le cœur de Dieudonné …
Je ne pense pas qu’il ait laissé apparaître un grand sourire en face de Le Pen mais …
L’esprit noir demeure une énigme, une chose imperceptible, mais une chose commune aux noirs, aux métisses et souvent même à ceux qui ne sont pas de peau noire mais qui se trempe dans la culture noire-américaine, noire-caribéenne, noire-ancestrale du Burkina, du Congo, de la Côte-d’Ivoire ou d’ailleurs.
Les noirs reconnaissent toujours celui qui s’est imprégné de leur esprit, que ce soit l’esprit noir de connotation américain, jamaïcaine, africaine, ou autres, les noirs diront « celui-là ou celle-ci est une personne noire maintenant… »
L’esprit noir a ses spécifiés et ses caractéristiques qui sont encore difficile à cerner, mais tout comme les juifs ont cette invisible affinité, même avec des juifs de couleur différente, l’esprit noir existe et rend d’autant plus douloureux le rapport noir-noir quand celui-ci est confronté à un noir qui refuse de se conformer aux règles de l’invisible esprit noir.
Olivier
http://dolindacafe.blogspot.com/
J’ai pas lu ce numero de “le Point” car je n’habite pas en pays francophone. Je vis entre l’Angola et le Brésil. Mais je connais presque tous ces auteurs et je pense qu’il n’y a ni de pensée noire ni de pensée blanche. La pensée, y compris la raciste, n’a pas de couleur. Je prefére m’inspirar du filme de la FIFA (eh oui) sur l’histoire du foot, quand ils disent “les joueurs noirs ont beaucoupo contribué pour l’evolution du football”. Donc, “les penseurs noirs ont beaucoupo contribué pour l’evolution de la pensée humaine”. Excusez d’eventuelles fautes de français.
je lis et relis ce ‘’point’’ mais ne comprends pas toujours ni le sens ni l’intention philosophique,je ne comprends pas non-plus les posts qui encouragent a le lire,si ce n’est de se faire sa propre opinion!pour ma part je n’ai vu que condescendance et mepris.je me suis tourne vers ‘’nations nègres’’ et tout best apparu soudain clair dans ma pensée.ceux qui n’ont pas lu ce’’point’’ n’ont pas besoin de le faire!
Je suis de votre avis Jonuel Gonçalves. La “pensée noire” est une pure fantasmagorie. Rien de tel n’existe. En réalité, je n’ai acheté ce hors-série du Point que parce que j’étais parti pour en faire une sévère critique. Et puis, je me suis rendu compte que quelques-uns parmi ceux qui ont collaboré à ce numéro, ont en préambule, bien pris le soin de mettre en garde contre l’inanité a priori d’une telle expression. C’est le cas de Souleymane Bachir Diagne par exemple. Edouard Glissant dit même que c’est une expression un peu raciste, et il demande s’il viendrait à l’idée à quiconque de dire la “pensée blanche”.
En fait, il y a simplement qu’à travers l’histoire, la quasi totalité des peuplades noires de la planète, se sont souvent vu assigner des situations sociales particulières, quand ce n’était alors un psychisme, une essence, pour tout dire, une “humanité” spécifique. Des chercheurs, des penseurs, des essayistes, ont réfléchi à ces questions-là, et à tout ce qui devait en résulter, au fait que toutes ces situations créaient comme une condition noire. Exactement comme d’autres ont pensé la condition ouvrière ou la lutte des classes.
Cette expression-là, “pensée noire”, n’est acceptable alors, que si on fait la convention de désigner ainsi l’ensemble des oeuvres de réflexion, la palette des penseurs s’étant attaché aux questions évoquées plus haut. Et ainsi, comme vous le dites si bien Jonuel G., la “pensée noire” serait seulement un champ intellectuel social, ayant contribué à enrichir la pensée sociale universelle. Pour moi, seules des affinités morales et intellectuelles, seules peut-être, des situations sociales spécifiques, peuvent rassembler les hommes en des sortes de paliers homogènes. Sûrement pas leur phénotype. Je ne pense pas comme l’autre parce qu’il est noir; mais probablement plutôt parce que nous vivons la même situation. Il n’y a que des hommes, et des situations sociales différenciées; et face à cela, il n’y a que la pensée humaine. Qui n’a ni couleur, ni territoire géographique. Celui qui pour moi, l’a illustré le plus admirablement dans son oeuvre, c’est Frantz Fanon. Lisez Fanon, et vous ne direz plus jamais la “pensée noire”.
Réponse à Hopson:
Hopson, la condescendance dont vous parlez, nous en avons l’habitude maintenant. Elle n’étonnera plus personne, et nous ne pouvons pas faire semblant chaque fois de la découvrir. A mon avis, on la rencontrera souvent encore…
Si un jeune lycéen en Afrique ouvre cette brochure à la page 22, et que ça lui donne envie de savoir qui était Toussaint Louverture, à la page 58, et qu’il découvre que Césaire à écrit aussi “Discours sur le colonialisme”, ou à la page 82 et qu’après il décide de lire l’oeuvre entière de P. Hountondji, alors cette condescendance-là, finalement on peut bien s’en moquer. Parce qu’elle aura travaillé à sa propre éradication.
D’ailleurs, j’offre 5 exemplaires de ce hors-série à 5 jeunes Africains, vivant en Afrique, et qui en feront la demande ;o)
Hopson ne donne aucune argumentation et lance des paroles en l’air. C’est la politique de l’anéantissement systématique - celle-là qui tue toute initiative. Hopson est le genre de ceux qui voient la condescendance partout.
Ce hors-série, d’après ce que je viens de lire, offre une variété d’opinions et nous ouvre le débat. Camoiseau, Glissant, Diouf s’élèvent dans la réflexion. La contextualisation de la pensée noire - aussi bien dans l’espace que dans le temps - est ce qui a manqué jusqu’alors dans certains ouvrages abordant la question plus sous le feu de l’actualité que sous la sérénité d’une réflexion approndie.
En somme, etb c’est triste, j’ai l’impression que tous les Noirs de France parlent des choses qu’ils ne comprennent pas. Quand j’écoute par exemple une romancière noire très connue à Paris - je ne cite pas le nom, mais suivez mon regard -, je me dis : mon dieu dans quel monde nous sommes ? Du vide dans ses propos. De l’ingénuité et un manque de culture patent. Elle devrait lire ce que les noirs ont écrit ou simplement LIRE, ce qui devrait normalement aller de soi pour tout humain soucieux de sa culture.
Bref, pour moi ce hors-série est utile et donne des pistes très importantes. Je souhaite que Hopson nous donne des exemples de condescendance et nous explique ce qu’il entend par ce mot qu’il ne semble pas saisir.
D.O.W est quelqu’un d’intelligent, on le sent en le lisant : il critique en argumentant sur des points précis. Ce qui fait qu’on peut lui faire totalement confiance. Merci D.O.W
Elikia
Bonjour amis du village.
Que serions nous si Alain MABANCKOU n’était pas là, depuis son Los Angeles adoptif ?
Ce hors série est disponible depuis bien longtemps dans le rayon “journaux” des magasins LECLERC.
Je l’avais parcouru en diagonal sandwich poulet créole à la main lors de ma traditionnelle pause déjeuner littéraire dans les rayons Livres et Journaux des magasins LECLERC.
Excusez moi pour cette Pub gratuite des magasins LECLERC mais comme Edouard semble être un pote de MABANCKOU (voir galérie photos), le chef du village ne m’en voudra sûrement pas.
Vous avez dit Pensée noire ?
Et c’est quoi la pensée blanche ? Résumée dans le Hors série “Mein Kampf” peut-être ?
Blaise KIBONZI
Eh bien, merci Elikia pour vos propos aimables.
J’en suis très flatté ,-)
A un de ces jours les amis! Et souhaitons que par ces biais-là ou par d’autres, on en arrive à faire progresser l’instruction des masses en Afrique. That’s the key!
j’me suis laissé avoir. Vrai qu’il est absurde de vouloir “coloriser” la pensée.
Dow l’a une nouvelle fois, bien expliqué… Il est rageant de voir que ce type a souvent raison !
Probablement une manière de classifier les courants de pensée.
Je crois qu’ici, cela désigne ce sous ensemble d’individus(penseur) qui, soumis aux même contraintes(racisme, regard de l’autre, passé d’exploitation identique ou similaire ...), et qui se trouvent être de peau noire, réflechissent sur leur condition et font converger leur champs de pensées, en des territoires communs.
La pensée, est une intégration, à la fois fille de l’expérience, et mère de la nouveauté. C’est une réaction, bien souvent.
N-J ? Ton avis m’aurait interessé. Tes posts alternant entre vomissures putrides et éclairs d’une fulgurante lucidité, ainsi que ta poésie cataclysmique et tes angles de vision inattendus manquent.
du point de vue des standards universitaires , il est clair que la pensée noire reste pour le moins embryonnaire,là où l’oppression dont cette race(sociologiquement le terme reste valable)fut la victime au cours de l’histoire eut suscité reflexion et constitution d’un corpus philosophique.
mais justement ,si l’on reflechit sur notre grande resilience face aux différents traumatismes de l’histoire(la traite,la colonisation, le neocolonisation),qu’est-ce-qui nous permet de survivre,de continuer à faire communauté puisque en tant entité rien de nous semble accédé à l’universel?
au principe du savoir objectif,la connaissance,cela du fait que nous sommes des êtres du langage ,se trouve l’identité de l’articulation et de la signification,ce qui a du sens ,c’est ce qui s’articule et ce s’articule ,c’est ce qui a du sens.l’occident et l’orient ont pris pour support le livre,nous ,à l’évidence,communautairement,nous n’y comprennons pas grand chose.
en revanche, par toute sorte de pratique,cette articulation/signification,productrice de sens s’opére chez nous au travers du corps physique comme support, comme médium.
le médium transmetteur de sens n’est plus le logos,mais le corps physique;ce sens n’a plus rien avoir avec la raison,il a prise directement à la vie.
le triomphe actuel d’un philosophe irrationnel comme nietsche m’amene à penser que l’université y arrive.le sens n’est plus l’apanage de la raison, mais bien de la vie.
en conclusion,existe-il une pensée noire,non.mais la pensée ,sous entendu celle de l’ universel,pousée par l’innovation débridée de la technico-science se doit de faire la part à un usage du langage qui ne releve pas du logos pour garder à ce dernier sa pertinence.
reponse a D.O.W.
je trouve curieux qu’on puisse s’accomoder a la condescendance;j’estime en outre que ceci traduit
une part de notre etre qui ne s’est pas encore completement debarrassé de l’alienation culturelle qui nous mine et fini par faire substance meme de l’ex-colonisé(ou le neo-colonisé) que nous sommes.j’estime qu’il est humiliant et dangereux pour un jeune africain de cosntater qu’il est obligé de s’instruire de son histoire a travers un journal qui n’a pas tjours brillé par son objectivité surtout quand il s’agit de l’afrique:si vous aimez tant ces jeunes ,et je n’en doute point,offrez leur directement les oeuvres du’’ nègre fondamental’’pour qu’il puissent en faire leur propre idée;ou encore de M.Garvey,A.Firmin et autres.je pense qu’ainsi ils se formeront au moins autant,sinon mieux!
post-scriptum:
Elikia:D.O.W, lui meme que trouvez intelligent,constate si-bien cette condescendance
qu’il avoue etre obligé de cohabiter avec!!donc a
ce sujet je n’invente rien:j’ai donné un avis de lecteur,et laisse a tout un chacun le loisir d’avoir le sien sur le journal;c’est bien l’esprit du forum si je ne m’abuse;j’admire en tout cas votre intelligence qui est capable de definir la personnalite et les qualites d’une personne apres l’avoir lue,sur un paragraphe de 6 lignes,quant a un avis bien precis:bravo!!!Freud meme ne ferait pas mieux que vous!le dedain que manifestez a mon encontre prouve bien que je n’ai peut-etre pas tort et ne saurait pas non-plus tenir lieu d’argumentation!que chacun lise le journal et puisse en tirer consequence!je n’ai pas la science infuse et m’insurge contre le confort de la pensée unique!
Oui, mais vous ne répondez pas précisément à la question. Qu’est-ce que la condescendance et où l’avez-vous trouvée dans ce hors-série ???
Je n’ai pas besoin de Freud pour déceler ceux qui lancent des arguments en l’air (vous) et ceux qui argument et montrent leur finesse d’esprit “en six lignes” (D.O.W). Votre problème, cher Hopson, c’est que vous semblez voir le diable partout. Cette attitude est celle qui conduit à l’inaction, à l’immobilisme et à la pensée tiède, voire moribonde.
D.O.W parle de condescendance - et c’est vous qui l’avez sortie - mais il dépasse ce stade pour déconstruire (Derrida) les choses et installer un espace de vigilance. La rigueur que nous demandons aux autres nous devons nous l’appliquer.
Dire que le Point a une ligne éditoriale de droite, et donc refuser qu’il traite de ce sujet, c’est faire preuve d’un regard trop partisan, voire intolérable - Montesquieu exhorte de défendre la liberté d’opinion de ceux qui ne pensent pas comme nous.
Il y a des infos que je tire du Figaro (droite) et des énormités que je découvre dans Le Monde ou Libération où officiait jadis Stephen Smith qui a un mépris pour le continent africain. Un quotidien comme Marianne donne souvent la parole aux révisionnistes et aux simplificateurs de l’histoire de l’Afrique. J’ai besoin de lire cela pour mesure où en est la pensée occidentale actuellement. Dans une discussion, je le redis, il faut de l’argumentation. En l’absence de celle-ci on est simplement un amuseur de première classe. Bon, votre Freud penserait sans doute le contraire…
Bien à vous.
Elikia
Ne pas vouloir affronter la pensée de l’autre parce que jugée d’avance est pusillanimité. Et puis, l’action de penser n’est mieux nourrie que par la permanence du contradictoire, qui sans cesse remet en jeu les préceptes établis par le biais d’une réflexion. La pensée ne saurait rechercher refuge dans l’approbation permanente, dans la répétition indéfinie, elle deviendrait alors dogme. La contradiction a ceci de salvateur qu’elle démontre, grâce à l’argumentation, que les chemins empruntés pour l’articulation de tel ou tel précepte, ou que sais-je ,d’une quelconque opinion ne sont pas les bons, et permet ainsi à l’honnête homme de refaire le chemin à rebours, s’appercevoir des scories dont il a chargé ses souliers et recommencer.
“si la pensée est quelque chose, disait Alain, la pensée n’est certainement pas une complaisance à soi; encore plus évidemment la pensée juste n’est pas une complaisance à soi”
Affirmer qu’il n’existe pas une penser noire peut être considéré comme un crime contre le peuple noir.
Réponse à Hopson:
Mon cher Hopson, jamais je ne me suis accommodé de ces affronts de condescendance que l’on subit souvent lorsqu’on est Noir dans le monde. Le premier combat est bien celui-là, vous avez raison. Et si vous êtes tenté de croire que je m’en accommode, c’est que vos visites sont probablement récentes sur ce site où je me suis souvent épuisé à mettre à nu le regard supérieur des “régisseurs du monde”. Relisez bien le tout premier post que j’ai écrit sur ce sujet: je me défie clairement du ton de la rédactrice en chef. Je pointe ses “a priori”. J’évoque le titre “racoleur” du hors-série. Plus loin, je me montre également vigilant sur l’emploi même de cette expression : “pensée noire”. Que faut-il donc de plus? Ce qui me sépare de vous, c’est qu’à mon sens, en effet le premier combat est de rester vigilant, et de ne jamais accepter l’insulte qui nous est faite. Mais il est un deuxième combat, à mes yeux de loin le plus important, le plus décisif : le combat pour rehausser notre valeur. Et malheureusement, beaucoup comme vous s’arrêtent paresseusement au premier combat. Quoi de plus facile en effet, que de se complaire à dénoncer les attitudes odieuses de l’Autre. Faire la critique de l’autre est si commode; faire la critique de soi demande un peu plus de courage, beaucoup plus de temps, d’effort, d’ardeur et d’engagement.
Rien ne justifie que l’on soit condescedant à notre endroit certes. Mais vous ne vous dites jamais que si on peut, depuis si longtemps, se permettre d’être condescendant à notre égard, c’est aussi que nous ne construisons pas notre fierté? Que les fruits de notre génie sont peu visibles? Vous dites: ”j’estime qu’il est humiliant et dangereux pour un jeune africain de cosntater qu’il est obligé de s’instruire de son histoire a travers un journal qui n’a pas tjours brillé par son objectivité surtout quand il s’agit de l’afrique”. En réalité, c’est surtout qu’ils sont bien rares en Afrique, les journaux capables de brosser un panorama intéressant autour de tels sujets. Celui du “Point” est loin d’être parfait, mais à mon humble avis, il enrichira un jeune Africain comme peut-être aucun journal africain ne s’en est souvent montré capable. La vérité, c’est que le contenu des programmes scolaires reste toujours aussi pauvre chez nous; si pauvre, qu’un jeune collégien pourra terminer son secondaire sans jamais avoir lu un seul ouvrage de Kwame Nkrumah. Je veux bien offrir à quelconque de nos jeunes lycéens, un ouvrage de M.Garvey. Mais beaucoup ne savent même pas qui il est. Et au moins peut-être, le découvriraient-ils en lisant ce hors-série du “Point”.
Je vais vous dire ce que je pense : l’homme intelligent tire profit y compris des affronts qui lui sont faits. Une fois qu’on a dit que le “Point” a pu se montrer condescendant, que fait-on? Vous, cela vous suffit. Et on retourne à notre grand sommeil séculaire. Moi, eh bien je réplique de façon à tenir mon honneur sauf. Puis ensuite, je me dis: voyons maintenant ce qu’on peut tirer de la sottise de l’Autre. Si l’Afrique mettait, à vitupérer contre la condescendance, autant d’énergie qu’à bâtir son rayonnement, nous aurions probablement atteint une autre dimension. Et personne peut-être, ne se montrerait plus jamais condescendant. La meilleure réponse à la condescendance, ce n’est pas tant le discours, la réplique verbale - que personne n’entend; c’est plutôt l’édification de soi, le rehaussement de sa carrure et de sa valeur - qui s’imposent à tous. Comprenne qui pourra.
Si la pensée ou les pensées noire(s) existent, peut-on conclure que des pensées blanches, jaunes et que sais-je encore existent? Je ne pense pas. Tenir une telle posture serait une imposture, une falsification de l’histoire des idées.
Qu’entend-on par pensées noires? Quelles sont les fondements des pensées noires? Est-ce le fait qu’un intellectuel nègre réflechisse à la question de la sortie du sous-développement de son pays ou de sa décolonisation cela participe au processus de la formation des pensées noires?
Si on suit la logique voulant que la pensée ait une couleur, que dira t-on de l’oeuvre de l’économiiste nègre de Sainte-Lucie Arthur Lewis, prix Nobel d’économie en 1979, qui enrichit la compréhension d’un pan de la science économique qu’est l’économie du développement? Que dira t-on des travaux de Théophile Obenga et de Cheick Anta Diop sur l’Egyptologie? Que dira t-on des travaux de ces inventeurs noirs qui trouvèrent des solutions aux besoins de leurs contemporains? Que dira t-on de l’eouvre d’Alexandre Dumas?
Par ailleurs, dans quelle catégorie range t-on les oeuvres des penseurs non nègres ayant apporté une contribution dans la compréhension du fait nègre?
Allons, il ne faut pas déconner. Le Nègre ne se résume pas seulement à penser le fait politique ( esclavage, colonisation ou néocolonisation). L’apport de la pensée de certains penseurs Nègres participe de l construction de l’universel pour ne pas le réduire à des systèmes de pensées noires.
rep a D.O.W.
une seule certitude,
le fait de donner son avis sur un article de journal ne meritepas tout ce developpement.il ressort de votre post que vous n’avez pas(ou ne voulez pas) comme beaucoup d’autres
integré que que les programmes educatifs dont vous parlez n’ont en realite pas étés “concus” ni pour l’education ,ni pour l’affirmation intellectuelle de l’africain en-tant qu’homme,libre!on ne saurait donc en attendre ce pourquoi ils n’ont pas ete edifiés!ceci dit si votre assertion est vraie chez l’elève en afrique francophone,ceci est moins vrai chez les anglophones;mais en tout etat de cause votre diagnostic est vrai quand on se situe dans un cadre general.ce que vous me dites en fait se resume a ceci:j’ai besoin de savoir ou en est l’autre dans sa tete pour savoir ou j’en suis avec moi-meme;ceci est valable pour Elikia;sinon comment comprendre que ayiez attendu que ‘ce journal’ fasse son enquete pour faire tout ce developpement ici? Etoka ne le dites pas a D.O.W
encore moins Elikia.sans avoir besoin de developper comme vous, ceci me semblait si evident pour peu qu’on soit honnete avec soi meme!
ETOKA, comme diraient les congolais “j’abonde dans ton sens”.
A mon avis, la “pensée noire” n’est sûrement pas une idée noire.
Blaise
A Hopson:
Cher frère Hopson, puisque mes développements vous semblent trop longs, on va donc clore notre micro-débat. Vous écrivez: “[...] sinon comment comprendre que ayiez attendu que ‘ce journal’ fasse son enquete pour faire tout ce developpement ici?”. Mon cher frère, je n’ai attendu ni vous, ni ce journal. Sur ce blog, au sujet de l’Afrique et de son développement, j’ai écrit au moins une centaine de posts. Ils sont toujours là, il n’y a qu’à consulter les archives.
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