Félicitations à J-M G Le Clézio, prix Nobel de littérature 2008

Posté dans: Événements | Par Alain Mabanckou  | le 10 Oct 2008 à 2h38 | Lu 3459 fois

Jean-Marie Gustave Le Clézio vient de recevoir le prix Nobel de littérature 2008, salué par les membres du jury comme « l’écrivain de nouveaux départs, de l’aventure poétique et de l’extase sensuelle, explorateur d’une humanité au-delà et en-dessous de la civilisation régnante”. Le Nobel couronne ainsi une œuvre entamée il y a quarante-cinq ans avec Le Procès-verbal qui valut à l’auteur le prix Renaudot à l’âge de 23 ans (il « rata » alors d’un cheveu le prix Goncourt).

Connu pour son esprit « voyageur » et sa défense inlassable des « peuples lointains », Le Clézio qui vit entre les Etats-Unis et la France s’est toujours tenu loin du milieu germanopratin, savourant l’expérience de la migration et la confrontation avec les autres civilisations. C’est dans ce sens qu’il a toujours revendiqué son identité mauricienne.

Invité au Journal de RFI et dans les émissions radiophoniques suédoises pour exprimer notre sentiment au sujet de ce couronnement, nous avons précisé entre autres combien le lauréat était soucieux des problèmes du continent africain, une Afrique dont on retrouve d’ailleurs les traces dans certaines de ses œuvres, qu’il s’agisse d’un continent livré à la violence (Onitsha) ou de la “découverte” du « père africain » (L’Africain), entre autres. Nous n’avons pas oublié de rappeler qu’il fut notre plus ardent défenseur pour le prix Renaudot, d’abord en 2005 avec Verre Cassé qu’il venait de découvrir comme membre du jury du prix des Cinq Continents de la Francophonie ; puis en 2006 avec Mémoires de porc-épic

La consécration de Le Clézio redonne aux lettres françaises la dimension qu’on attendait d’elles : une ouverture vers le monde, un brassage de cultures au moment où le nombrilisme semblait prendre le dessus, obstruant au passage la lisibilité des voix françaises les plus sûres et les plus exportables. C’est ce que nous réclamions déjà dans le manifeste Pour une littérature monde paru chez Gallimard, manifeste auquel avait participé le nouveau lauréat.

Nous saluons donc pour notre part la reconnaissance planétaire d’une voix chaleureuse, l’univers éclaté d’un auteur dont la générosité et l’humaniste traversent l’ensemble de l’œuvre…

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