Harlem Heritage : mémoire et renaissance.

Posté dans: Événements | Par Alain Mabanckou  | le 08 Fév 2009 à 16h21 | Lu 1839 fois

C’est sous le titre « Harlem Heritage : mémoire er renaissance » que la revue « Riveneuve Continents » (http://www.riveneuve.com) consacre une étude riche et variée sur les années 20 à Harlem, années d’intense créativité du monde afro-américain, « d’explosion culturelle », cette explosion qui explique aussi la grande « santé » des lettres afro-américaines contemporaines. Il s’agit ainsi de revisiter le passé, non pas dans un élan de nostalgie, mais dans le dessein de mieux saisir l’incidence de cette période dans la création actuelle. On retrouvera les analyses des plumes que nous connaissons : Léonora Miano – qui, outre sa casquette de romancière, est aussi une spécialiste des cultures américaines ; le critique littéraire Boniface Mongo-Mboussa ; l’ancien journaliste de Libération Antoine de Gaudemar ou encore l’intellectuel Blaise N’Djehoya.

Dirigé et coordonné par le professeur Anthony Mangeon, ce numéro spécial est agrémenté d’extraits et d’inédits en français de Sterling Allen Brown, W.E.B. Du Bois, Rudolph Fisher, Langston Hughes, Zora Neale Hurston, Ted Joans, Georgia Douglas Johnson et Claude McKay. Autant dire que nous tenons un document essentiel, une somme de réflexions sur l’émergence de cette autre identité américaine, celle qui fut longtemps étouffée, piétinée, mais celle que l’Amérique ne pouvait ignorer pendant longtemps…

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Extrait de « Lever du jour en Alabama » de Langston Hughes :

Quand je serai devenu compositeur

J’écrirai pour moi de la musique sur

Le lever du jour en Alabama

J’y mettrai les airs les plus jolis

Ceux qui montent du sol comme la brumes des marécages

Et qui tombent du ciel comme des rosées douces

J’y mettrai des arbres très haut très haut

Et le parfum des aiguilles de pins

Et l’odeur de l’argile rouge après la pluie

Et les longs coups rouges

Et les visages couleur de coquelicot

Et les gros bras bien bruns

Et les yeux pâquerette

Des noirs et des blancs des noirs des blancs et des noirs

Et j’y mettrai des mains blanches

Et des mains noires des mains brunes et des mains jaunes

Et des mains d’argile rouge

Qui toucheront tout le monde avec des doigts amis

Qui se toucheront entre elles ainsi que des rosées

Dans cette aube harmonieuse

Quand je serai devenu compositeur

Et que j’écrirai sur le lever du jour

En Alabama

Traduction de François Dodat .

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