Hillary Clinton doit-elle jeter l’éponge ?

Posté dans: Général | Par Alain Mabanckou  | le 07 Mai 2008 à 19h17 | Lu 2209 fois

La soirée du mardi 6 mai a été un calvaire pour Clinton même si celle-ci à remporté d’un cheveu l’Etat d’Indiana (51% contre 49%). Mais elle est toujours derrière Obama quant au nombre des délégués, quant au vote populaire et actuellement les fameux « Super Délégués » rallient peu à peu Obama. Mathématiquement il est donc impossible que Clinton rattrape son adversaire – il ne reste plus que quelques Etats, le système de la proportionnelle fait que même si Clinton les gagne tous, elle n’aura jamais assez de délégués pour remonter son déficit qui se creuse de jour en jour.

Obama a remporté la Caroline du Nord, une victoire écrasante qui l’a poussé à délivrer dans la même soirée un de ses discours les plus pathétiques – il a parlé de son père, du rêve américain, de l’inertie des institutions qui estiment que “la route est trop longue”, et c’est ainsi qu’elles ont pendant longtemps découragé tout effort de redressement. Il a rappelé à l’intention de ceux qui ne votent pas pour lui que même s’ils sont différents de lui, même si les routes ne sont pas les mêmes, l’Espoir est toutefois la préoccupation, et cet espoir est le même pour tout Américain. Ce discours brillant, éloquent, structuré tranchait considérablement avec l’intervention morne d’une Clinton affectée sensiblement par la tournure des événements. Or elle a décidé de poursuivre le combat et demande le soutien financier des électeurs par le biais du web pendant qu’Obama s’attèle maintenant à torpiller John McCain.

A ce stade l’obstination de Clinton est suicidaire pour le parti des Démocrates. Hillary devrait jeter l’éponge, rallier Obama afin que le Parti n’arrive pas en mille morceaux lors des élections générales en novembre prochain - John McCain attend… Or on rapporte que le clan Clinton n’accepte jamais une défaite. Mais souvent certaines décisions – le retrait de sa candidature par exemple et le ralliement – peuvent ne plus être interprétées comme une défaite mais une victoire, une grandeur d’esprit. A condition, bien entendu, de se décider à temps et non devant le ridicule d’une situation qui vous met les pieds au mur. Une chose est certaine, disons-le maintenant : Barack Obama sera le prochain candidat des Démocrates à l’élection présidentielle américaine. Tout le monde le sait. Y compris, j’en suis convaincu, le clan Clinton.

Et comme on dit chez moi, « C’est quoi qu’on attend maintenant donc alors ? »

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