Il y a vingt ans que disparaissait Franco Luambo Makiadi
Posté dans: Général | Par Alain Mabanckou | le 24 Sep 2009 à 5h59 | Lu 2559 fois
Dans quelques semaines, plus exactement le 12 octobre, cela fera vingt ans que Luambo Makiadi – alias Franco – aura disparu. Devançons le silence dont fait preuve le milieu musical congolais concernant ce grand artiste qui aura révolutionné la rumba congolaise. Né le 6 juillet 1938 à Sona-Bata (RDC), Franco est mort le 12 octobre 1989 à Bruxelles.
Grand patron du célèbre groupe TP OK Jazz, il est indibutable que son influence demeure manifeste dans la création musicale africaine contemporaine – y compris chez des jeunes artistes congolais en vogue actuellement comme Fally Ipupa ou Ferré Gola, voire chez les confirmés tels Koffi Olomidé et Papa Wemba. Ces derniers n’ont pas oublié l’œil caustique du maitre Franco sur la société congolaise.
Quatre ans avant sa mort Franco a signé ce qui peut être considéré comme son chef-d’œuvre : la chanson Mario qui met en scène un gigolo (Mario). Celui-ci sévit chez les femmes âgées où le pain et le gite sont garantis – y compris la Mercedes. Pourquoi alors travailler ? Dans une autre chanson – la Réponse de Mario -, notre gigolo en a marre et décide de rendre tout ce que « la vieille » lui a offert…
Mario ? Chanson reprise un peu partout dans le monde. Franco eut des déboires avec le maréchal Mobutu, encore que notre chanteur n’hésita pas à consacrer quelques titres à la gloire de ce dictateur…
Les dernières années de Franco sont marquées par « une maladie grave ». Celui qui « pesait lourd » était devenu très maigre avec de grosses lunettes noires. L’épuisement était tel qu’on dut l’arrêter au milieu d’un concert – le dernier – vingt jours avant sa mort. On peut d’ailleurs entendre ce dernier concert ici, avec un Franco plus que souffrant sur les photos en noir et blanc, et une interview à la fin du document :
http://www.youtube.com/watch?v=P5jY7KzP8Co&feature=sub
Ayant sorti une chanson intitulée « Attention na Sida » (Attention au Sida), les rumeurs ne tardèrent pas concernant la mort du Grand Maitre. Sa musique est là, plus belle que l’oxygène, comme dirait le poète…






(41) Commentaires
He worked very very very hard. he was the best of his generation. he died 20 years ago and left to the posterity a monumental documentation. we will not forget you. you stay in peace.
Merci!
Une pensee aussi pour le grand ninja “ madilu"…
Walaï-faforo ! Alain Franco Lwambo Lwa ndjo mpene, était un véritable monument. Il était un pont entre les deux Congo, le pont que Franklin Boukaka appelait de tous ses voeux. Il y a dans l’écriture musicale de Franco et de ceux de sa génération, en disant cela, je pene à Kasanda Wa Mikalaï les prémices de ce phrasé que l’on retrouve das le son cubano !
Mais moi walaï-faforo j’ai toutjours aimé le franco badin et coquin de :
“Franco & L’O.K. Jazz - Fuala Nbombu Ngulu Kadia (Fuala) 1963”.
Fuala n’est autre que la déformation phonétique suivie d’une troncation de françoise en langue Kongo dia banda. Le rythme que déploie Franco
dans cette chanson renvoie au wala qui vient de Lufunki (l’ancêtre de la musique Funky). La boucle est bouclée !
walaï-faforo ! Fuala Nbombu Ngulu Kadia (Fuala) !
Encore merci d’avoir exhumé ce monstre sacré !
Post 4
A propos du “pont sur le Congo” qu’avait chanté le grand Franklin Boukaka, l’autre grand artiste congolais “Kabassélé Kallé Jeff” l’avait également chanté en ces termes: “Ebalé ya Congo ézali lopango te, ézali se nzéla/ Le grand fleuve congo ne constitue pas une frontière..., il n’est qu’un point de passage...”.
Kallé en avait marre de la guerre des ondes qui sévissait à l’époque entre les deux Congo dans les années 70. Le comble du paradoxe était que les deux principaux éditorialistes qui officiaient à la “Voix du Zaïre” (le “Grand tam-tam d’Afrique"), Mavoungou Malanda Mamongo et Béniamino Mbé Musuanga” étaient tous deux originaires du Congo Brazzaville tout en ayant de la parenté sur l’autre rive.
Le grand Franco était doté de cette forme d’intelligence intuitive, réaliste et populaire dont sont détenteurs les gens qui n’ont pas eu la chance de faire des études.
Il est l’un des rares musiciens congolais à avoir vécu correctement de son art et à avoir géré efficacement son “affaire” en véritable Chef d’entreprise tout en se démarquant de l’amateurisme dont faisaient preuve les autres.
En bon proffesionnel, il mettait un point d’honneur à démarrer ses concerts à l’heure prévue.
Lorsqu’il était au sommet de son art au milieu des années 70, il se payait le luxe de scinder son orchestre en deux et de jouer à deux endroits différent en même temps tout en gérant savament la programmation de son répertoire de façon à ce que ses musiciens soient au bon endroit lorsqu’il le fallait.
Tabou Ley et les autres (qui étaient “allés à l’école") ont souvent eu des ennuis financiers mais pas Luambo.
L’on se souviendra également avec “Course au pouvoir” de sa “guerre” à coups de pamphlets réciproques contre Kwamy, l’un de ses anciens musiciens déserteurs au début des années 70.
Ce dernier lui avait répondu par une phrase cinglante: “ lobi lobi soki nawé, okolatéla ngai pili na chaussette, mpo bato bayéba té/Si par hasard je venais à disparaître de ce monde l’un de ces jours, tu porteras discrètement un deuil (en regret pour ma personne) en mettant des chaussettes noires, afin que personne ne s’en rende compte"…
A l’époque, dans la musique congolaise, il y avait 3 grands courants musicaux:
Le style franco, le style kallé/Rochereau/Nico puis dans une moindre mesure, le style Bantou de la Capitale.
Par la suite, arrivèrent des jeunes avec le style Zaiko, Thuzaïna, Continental, Négro Succès etc…
Franco se faisait beaucoup de complexe sur le fait de ne pas avoir fait d’études, quoique vers la fin de sa vie, il avait réussi à atteindre un niveau d’expression déjà très correct qui avait largement atténué le déficit linguistique dont il faisait preuve.
Franco a souvent entretenu un rapport ambigu avec le “Pouvoir politique” de Mobutu dont il pouvait célébrer les bienfaits “en avait-il vraiment le choix ?” ou défier par provocation à travers quelques chansons qui n’entraient pas dans les codes de la morale de l’idéologie de l‘“Authenticité".
A cet effet, il a souvent séjourné en prison, notemment à l’initiative de l’abominable Kengo wa Dondo, ministre de la justice de l’époque.
Avis aux amateurs, Il y a une biographie très complête sur Luambo sur le net que je n’arrive plus à retrouver.
A défaut de retrouver une biographie complête et bien documentée sur Luambo, je vous communique celles-ci, qui se tiennent également.
http://www.mbokamosika.com/article-24071714.html
http://www.numibia.net/fiche_objet.asp?p_N_ordre=68
http://www.afrisson.com/Franco-785.html
http://www.mbokamosika.com/article-24071714.html
http://www.numibia.net/fiche_objet.asp?p_N_ordre=68
Il y a dans l’écriture musicale de Franco et de ceux de sa génération ... les prémices de ce phrasé que l’on retrouve das le son cubano !
BK,
Franco est certes un très grand musicien qui a influencé bcp d’autres mais de grace ne rendons pas à César ce qui ne lui appartient pas! Le son cubano existe depuis 1910-1920.
C’est vrai qu’on retrouve des similitudes entre la Rumba Congolaise et le son Cubain.
Cela pour 2 raisons:
1) les esclaves bantou et yoruba qui ont été envoyé à cuba y ont bcp contribué à la naissance du son cubain. C’est un peu comme pour la similitude entre la musique malienne et le blues américain. Mais il y a très longtemps et je ne pense même pas que le grand-père de Franco soit né à cette époque.
Le son cubano à plutôt commencé à se désafricaniser après son age d’or (autour des années 50) pour donner de nos jour des genres comme la “salsa romantica” dans laquelle toute l’influence africaine a tendance à disparaitre: le fameux “appel/réponse” caractéristique de nos chants traditionnels africains et tous les instruments d’origine afro qui ont avait été intégrés aux groupes de son.
2) L’exportation des 78 tours en afrique et la radio dans les année 50-60 (époque de Franco) ont fait découvrir à l’Afrique la musique cubaine qui alors fut très appréciée en Afrique (Congo, Senegal, Guinnée). La musique africaine par contre n’était pas vraiment connu à Cuba. C’est à cette époque que la musique Cubaine a influencée - à son tour - la Rumba congolaise (intégration des guitares et rythmiques accélérés pour danser — equivalent du montuno cobain)
Je n’ai pas d’exemple à te donner pour Franco mais on peut citer:
*Kabassélé - Manu qui ont créé l’African Team et ont fait appel au flutiste Cubain Don Gonzalo --> Débordement gauche droite, Valentina, Indépendance Chacha ...
* Bembeya Jazz de demba camara
* L’orqustre Baobab de Dakar
* Maravilla del Mali avec Boncana Maiga etc ...
Bien que dans les années 70 La Orquestra Aragon ait eu à immortaliser 2 titres de F Boukaka (Mwanga et Le bucheron) et qu’elle ait même créé un nouveau genre musicale “Chaonda” en s’étant inspiré des rythmes Guinéens, voir une inflence dans le sens Congo --> Cuba n’est pas très exact!
Je dirais donc que c’est plutôt des pharasés empruntés à la musique cubaine que Franco et les autres ont su intégrer à la musique congolaise traditionnelle pour la moderniser (rumba)
Au cas ou tu serais intéressé par cette similitude entre la musique congolaise et cubaine je te conseil un CD enrégistré par Papa Noel, virtuose de la guitare et papi Oviedo grand maitre du très (guitare cubain). Ils l’ont fait sans répétition tellement les similitudes entre la rumba et le son etaient grandes.
Papa Noel et Papi Oviedo
Desolé pour la confusion que cela peut entrainer. La dernière ligne n’est pas la signature de l’auteur de ce commentaire c’est juste un lien vers le CD de pap Noel et de Papi Oviedo.
Roger
Sans rien pour autant comprendre au lingala ma chanson de Franco préférée demeure NGOULI qu’il a enregistrée avec Tabu lay.
“Kinshasa makambo!! Kishasa makambo éh mwana mama”
On ne peut que se délecter du solo de guitare qu’il nous jouedans ce titre.
C’était un expert des quinte a la guitare des quinte était sa particularité.
Pour info les accords simples sont formés de la note majaure, de la tierce et de la quinte (ex do, mi et sol pour l’accord de do). Franco lui supprimait la tierce ce qui donnait un son très particulier a ses solos. Il excellait dans cette technique.
Bonne ecoute et merci AM pour cette article didgne du grand mélomane que tu es.
R le FI
@Roger
Le titre exact de la chanson dont tu parles c’est “ngungi” qui en lingala signifie “moustique”.
Moi aussi j’ai adoré cette chanson dès sa sortie (je devais avoir 17 ou 18 ans). Mais la critique zaïroise (toujours très sévère à l’époque) n’avait pas été tendre avec FRANCO et TABU LEY.
Les plus virulents n’hésitant pas à dire que “la montagne avait accouché d’une souris”, car c’était la première fois que les 2 monstres sacrés de la musique congolaise mettaient ensemble leur talent dans un album, qui plus est, accompagné à la guitare par MAVITUKU Michelino, considéré comme l’une des plus grandes virtuoses de la guitare congolaise. Leur Union fut qualifié de “Lisanga ya bangaga” (la rencontre - l’association - des grands sorciers).
Dans le même album se trouvait également une chanson hommage à KABASELE alias “Le grand KALLE” (le compositeur de Indépendance tcha-tcha) et père spirituel de FRANCO et TABU LEY. La critique parlera même d’insulte au Grand KALLE, jugeant la chanson pas à la hauteur des 2 talents réunis.
Je répète, la critique en attendait trop, et avait été trop sévère car c’était un album de qualité. Mais c’est vrai que si on fait jouer MARADONA et PELE dans une même equipe, les spectateurs et surtout les journalistes sportifs n’accepteront même pas que la balle tombe par terre. Surtout si on y adjoint en plus OKOCHA.
Plus tard, je te reproduirais le texte intégral avec traduction de la chanson ngungi sur le site du portail lingala dont vous connaissez désormais tous l’adresse. En attendant en voici un petit extrait.
Bokolia mosuini boko tika makila na nani ?
makila ngungi amela amela,
avimba libumu soki obeti mbata epasuka.
Blaise
@Roger
Merci pour ta contribution sur les origines des rythmes afrocubains. La vérité se trouve en réalité entre les deux. Il y a eu des interpénétrations réciproques, les infuences se sont fait dans les deux sens.
Y a pas si longtemps un copain congolais m’a pris en stop dans sa belle voiture, il m’en a mis non seulement plein les yeux mais aussi plein les oreilles car il écoutait à ce moment là EL MANICERO, tout naïvement je lui ai demandé qui était ce chanteur.
Il m’a répondu : “Blaise toi aussi ! la France t’a vraiment gaspillé. A force d’écouter les Goldman voilà ce que tu es devenu ! Mais c’est <<3S>> qui chante là, tu t’en souviens plus ? ”
<<3S>>, il fallait comprendre ESSOUS (Jean Serge) le monumental chanteur et saxophoniste congolais des Bantous de la Capitale du Congo-Brazzaville que tu as oublié de citer, cher ami Roger, dans ton brillantissime exposé.
Mais pourquoi diable Alain MABANCKOU n’écrit-il pas sur ces choses là ? C’est vrai, il était encore en couche culotte quand cela se passait. Surement le meilleur du Congo.
Blaise
Y a pas si longtemps un copain congolais m’a pris en stop dans sa belle voiture, il m’en a mis non seulement plein les yeux mais aussi plein ...
mon ti blaize tu ma manquée ben tété ou dite donc ??
alors koi de 9 ? vient lache la sic sérieux cé .. coment dire .. pas mon trip .. j ai du mal a saisir le rapport avec le blues sauf que la gamme mineur cé la meme que celle de la music tradtionnel chinoise , j adore les debat passionnant .. enfin bon passons
allé viendé mon gars on coz de tintin au congo .. hohooho !! yiiiaaaa !!!
yo cat pur son
J’ai débarqué à Strasbourg en 1979 et l’une de me premières sorties a été pour l’accueil d’étudiants Zaïrois et la découverte de la rumba. Moi, petite étudiante réunionnaise je découvrais enfin l’Afrique.
Quelques années après, je reconnaissais les sonorités de l’ingala et encourageais mes copains congolais, Zaïrois et angolais autour de leur groupe ‘les bana mayes” et ces eux qui m’ont entraîné à une soirée que Franco donnait à Strasbourg dans les années 80, je ne rendais pas compte que j’assistais à un grand évènement. Du coup la musique du congo m’est maintenant familière et j’ai le plaisir d’entendre quelquefois des bons morceaux sur France Inter avec Solo Soro dans son Afruqe enchantée
post 12
Lonbraj,
Chère amie,
La Réunion, bien que département français, fait partie du continent africain, comme Madagascar, L’Ile Maurice, les Commores et les Sao Tomé…
C’est la géographie physique du globe qui fait qu’il en est ainsi, malgré la proximité relative de l’Inde.
Tout comme les antilles font partie du Continent Américain, ce qui les valait d’être désignés par le terme de “Français d’Amérique” par l’ancien président Giscard.
Rassurez-vous, j’ai pour habitude de titiller un peu quelques amis réunionnais qui marquent toujours des réticences à se voir attribuer une appartenance géographique africaine, en prétextant leurs origines indiennes ou même chinoises.
Je rappelle à cet effet qu’il y a pas mal d’africains d’origine indienne en Afrique du Sud, en Ouganda, etc…
N’y voyez aucun mauvais esprit de ma part.
Chère Lonbraj,
Dans les années 80, il y a eu une vraie histoire d’amour entre les congolais et les réunionnaises (pardon),les réunionnais, grâce à un artiste congolais (RDC) répondant au nom de KANDA BONGO MAN, qui avait un succès fou dans les Iles. C’était une grande star dans les Iles quand bien même au Congo il était presque inconnu.
C’est un qui avait su adapter la Rumba congolaise aux styles musicales des Iles. Je dirais même que KANDA BONGO MAN est celui qui a été le trait d’union entre la Rumba congolaise et le ZOUK. Ce qui a inspiré plus tard les KASSAV et tout ce que nous connaissons aujourd’hui avec cette interpénétration entre le ZOUK et la RUMBA (DEVARIEUX chantant aux cotés de PASSI par exemple). Ce qui n’est pas sans rappeler les interpénétrations entre la SALSA cubaine et la RUMBA congolaise.
KANDA BONGO MAN avait lancé dans les années 80 un opus qui sublimait une certaine “Cathy", “fille de l’Ile de la Réunion”. Cette chanson passait en boucle dans les soirées d’étudiant congolais en France et électrisait les salles. A ce moment là, c’était “à chaque congolais sa réunionnaise”.
Jamais l’amitié congolo-reunionnaise n’a été aussi chaude qu’à cette époque là. Tu sembles toi-même en être un vestige.
Merci à toi chère Lonbraj, d’avoir rappelé à nous ces souvenirs de jeuneses de l’époque où nous étions des vaillants étudiants en France. On militait beaucoup, on parlait énormément de politique, mais on oubliait pas l’essentiel.
Blaise
Post 14
Il fallait lire:” ce qui leur valait...” à la place de “ce qui les valait...”.
On avait bien compris cher Molekinzela,et merci pour tous les liens musicaux sur les merveilles du passé congolais que tu m’as fait parvenir dans ma boite perso.
Oui pour moi, la chanson “Mwana batéké” de Théo Blaise KOUNKOU est un chef d’oeuvre sur tous les plans. Jamais femme batéké n’a été autant sublimée.
Si mes souvernirs sont bons, j’avais 17 ans. Nous étions donc en 1980. J’étais à Brazzaville et la chanson avait été un succès monstre !!!!
Quelques années plus tard TBK (Théo Blaise KOUNKOU) lancera la chnson “MBANA” (magnifique également) et qui était elle, inspirée du folkore mbochi ("Mwana batéké” trouvant sa source dans les rythmes Téké).
C’était cela la force, et la grande intelligence de TBK en plus de son incommensurable talent.
A yo Mbana eeeee
A yo Mbana eeee
A yo Mbana eeeee
A yo Mbana eeeee, hé-hé-hé ééééé
Blaise
MEA CULPA !
Je viens de faire une recherche approfondie sur le NET. Il semblerait que le compositeur de “Cathy la réunionnaise” soit plutôt Aurlus MABELE (et non pas KANDA BONGO MAN, comme je l’ai dit plus haut). A CONFIRMER !
Ce qui n’enlève rien à ce que j’ai dit d’autres sur KANDA BONGO MAN. Il est bien le congolais qui avait le premier ouvert la route des Iles du CARAÏBES à la Rumba congolaise. Aurlus MABELE lui emboitera le pas.
Le mélange rumba/Zouk donnant ce que l’on appelle le SOUKOUSS, pour lesquels KANDA BONGO MAN et Aurlus MABELE sont les ROI !
Blaise
Le soukouss existe bien avant le zouk aux antilles.
Il a été initié à la fin des années 60 par l’orchestre Ryco-Jazz que connaissent bien tous les antillais de plus de 50 ans.
L’orchestre Ryco Jazz a été créé par Essous Jean Serge quand il a déserté les Bantous, lors d’un voyage à Paris. Instable qu’il était, il n’y est pas resté longtemps.
Cet orchestre qui s’était installé en Martinique interprétait un peu tous les succès de la musique congolaise de l’époque, mais selon le goût des antillais, c’est à dire avec beaucoup de “sèbènè” que les antillais avaient appelé “Soukouss”.
C’est vraiment le Ryco Jazz qui a fait connaître et populariser la musique congolaise aux antilles.
On trouve encore des rééditions des disques de Ryco Jazz sur le marché. Certains musiciens antillais, comme Simon Jurad, rejouent les anciens succès des Ryco Jazz en baragouinant le lingala. J’ai pu entendre du Kallé (version Ryco Jazz) rechanté en “lingala” par Simon Jurad.
L’un des piliers de Ryco Jazz n’est autre que le guitariste soliste Jerry Malékani qui joue depuis des années avec Manu Dibango.
Bien entendu, des musiciens comme Arlus Mabélé et Kanda Bongo Man ont popularisé la musique congolaise aux antilles en y ajoutant de la chorégraphie avec des spectacles de danseuses bien appréciés des antillais.
En fait, les antillais désignent par “Soukouss”, toute musique Congolaise très dansante; ce que nous appelions “chauffé” ou “sèbènè”.
Pour s’adapter aux codes antillais ou même Ouest Africains, nos musiciens supprimaient la partie “Rumba” et ne conservaient que la partie “chauffé” ou “Sèbènè”.
Bien entendu, le contenu thématique des chansons était appauvri, s’il n’était pas chanté en français “petit nègre”, le nouveau publique étant peu exigeant sur ce point.
Un orchestre comme “Sinza Kotoko”, qu’on considérait à Brazza comme un orchestre de pequenots remportait un franc succès en Afrique de l’Ouest avec son style un peu “Nkintwéni National”, le fameux orchestre des “moto ya pousse” de Kinshasa.
J’ai pu voir une fois, à la foire de Kinshasa dans les années 70, le chanteur Lita Bembo lancer comme slogan: “Tokoboma rumba/on va anéantir la rumba”. La mode était au “sèbènè”.
Heureusement, la rumba congolaise est revenue en force, mais n’interesse que moyennement les étrangers.
Dans les années 70, on parlait déjà du “Soukouss” alors que le Zouk n’xistait pas encore.
Cher MOLEKINZELA, je ne peux que m’incliner devant cette rectifictaion qui rétablit de façon aussi claire la vérité historique !
En effet, tu as raison, Aurlus MABELE et KANDA BONGO MAN n’ont fait que rendre “populariser” le SOUKOUSS.
ZOUK était également un abus de langage de ma part, car le ZOUK est récent, “popularisé” par le groupe antillais KASSAV. Nous au Congo à l’époque on disait “Begin”, en parlant de la musique antillaise. C’était l’époque “Coupé Cloué” et bien d’autres avant.
Donc, je crois qu’on peut résumer en disant que le SOUKOUSS est né au contact de la RUMBA congolaise avec la musique antillaise, comme certains disent que le ZOUK est né au contact de la musique antillaise et ....africaine symbolisé par le guitariste camerounais du groupe.
Une fois de plus, cher MOLEKINZELA, je m’incline devant l’étendue de ta culture musicale, j’en apprend davantage.
Tu m’as donné la chair de poule en parlant de “SINZA KOTOKO”, rien que l’évocation de ce nom m’a replongé dans l’ambiance de Brazzaville à la fin des années 60, début 70, avec ses temples musicaux : “BOUYA Bar”, “BOULE MICHE”, “MACEDO”, etc...Ces cabanes qui auraient dû être classés au patrimoine mondial par l’UNESCO car haut lieu d’enfantement des grands claissiques de la musique congolaise.
Et quand tu penses qu’on s’y arrêtait tous les jours lorsque nous étions gamins en culottes courtes. On percevait la grandeur de ce qui se passait dans ces lieux, mais on en mesurait pas l’étendue.
Qu’est ce qu’il était beau, ce Congo là !
Ecoute mon gars, il est 05h30 du matin, il faut que j’aille bosser. A ce soir !
Blaise
répondant au nom de KANDA BONGO MAN, qui avait un succès fou dans les Iles aussi au Cameroun. Ces tenues et chaussures multicolores ne laissaient personne indifférent dans ce pays.
a propos de musicien et d afrique ...
aujourd hui c est le 8 octobre ... 8 oct 1993 : Fin des sanctions internationales contre l’Afrique du Sud
A propos de l’histoire de l’Ok Jazz et de Franco, je vous recommande de consulter l’article fort bien documenté de Clément Ossinondé, paru le 5 octobbre sur le blog Congopage.
Post 20
Mon cher Blaise,
Dans les années 70, il y a eu une serie d’orchestres au Congo, comme Sinza Kotoko et Manta Lokoka, SBB (Super Boboto) qui étaient un peu tenus en mépris par les classes moyennes.
A part le SBB qui avait un public jeune mais connoté un peu délinquant, je me pose la question de savoir si les Sinza Kotoko avaient un jour réussi à jouer chez Faignon, le bar dancing le plus à la mode de l’époque. Tout au plus, pouvaient-ils espérer au mieux jouer chez “Choisis bar”. Ils étaient toujours relégués aux quartiers populaires dans des bars comme “Bouya” ou chez “Ku Madinga” à Bac City (Bacongo).
On rangeait un peu ces orchestres dans la même catégorie que celui qu’on trouvait à Kinshasa et qui s’appelait: “Kintwéni National”.
Le “Kintwéni National” était essentiellement composé de musiciens exeçant le métier de tireurs de pousse-pousse ("Moto ya pousse").
leur musique était très imprégné du folklore banianga dont étaient originaires la plupart des musiciens.
Ce type d’orchestre qui jouait une musique très populaire rencontrait presque toujours un mépris de l’élite ou même des classes moyennes au Congo.
Très cher MOLEKINZELA, je ne savais pas que le SINZA KOTOKO de “Ya Gaby”, souffrait d’un manque de considération auprès de la classe moyenne congolaise. Comme tu le sais, moi je viens du Congo d’en bas et donc je n’avais entendu dire que du bien du SINZA KOTOKO.
Merci à toi d’avoir rappelé le Bar FAIGNON que j’avais oublié de citer dans ma liste des “cabanes” Brazzavilloises temples de la Musique congolaise ; et que l’UNESCO aurait dû inscrire au Patrimoine mondiale de l’humanité. Mais aurait-il fallu encore que le Congo en fasse la demande. Chose que je ne doute pas qu’il fera avec le Mausolée Savorgnon DE BRAZZA. Ce colon “humanitaire” tellement glorifié au Congo, que notre capitale porte toujours son nom. Et comme si cela ne suffisait pas, on lui a ensuite gratifié un mausolée en marbre, pendant que les vieux murs de l’Université de Brazzaville s’écroule à coté dans l’indifférence générale. Bref !
En revenant à notre très cher LUAMBO MAKIADI, c’est avec une grande joie que j’ai appris que l’ex Avenue BOKASSA de KINSHASA porte désormais son nom. “Avenue LUAMBO MAKIADI”, voilà qui sonne bien.
C’est également avec grand plaisir que j’ai lu l’article consacré à LUAMBO MAKIADI sur la page d’accueil du célèbre site de Congopage.
Mais à chaque fois, je reste sur ma faim !!!
Certes, c’est très bien cette présentation chronologique du parcours de LUAMBO MAKIADI qui nous éclaire beaucoup sur FRANCO. Mais ce qu’il faut désormais c’est une étude de la compréhension de l’oeuvre du GRAND MAITRE. Car LUAMBO reste encore très incompris de nombreux congolais (même si tous apprécient l’oeuvre musicale). Mais LUAMBO n’était pas qu’un musicien. Il a profondément contribué à la transformation de la société congolaise.
Pour moi LUAMBO MAKIADI est tout simplement le premier et le plus grand des féministes congolais. Or ce Monsieur traîne une réputation de mysogine, amplifié par de nombreux congolais. c’est la preuve que ces congolais là n’ont rien compris de LUAMBO.
LUAMBO MAKIADI était résolument du coté de la femme. Même lorsqu’il la vilipendait c’était pour mieux l’élever. Et on comprend ça, lorsqu’on sait que LUAMBO MAKIADI a été élevé par sa simple mère. Il n’a pratiquement pas connu son père.
A tous ceux qui qui qualifient LUAMBO MAKIADI de mysoogine, je leur demande tout simplement d’écouter sa chanson “LIBERTE”, qui est un vrai plaidoyer pour la liberté de la femme. Et figure toi, cher MOLEKINZELA, que cette chanson date des années 70. Dans une société congolaise encore très traditionnelle. Il n’y a qu’un LUAMBO MAKIADI qui pouvait oser cela. Dans un parlé aussi franc et direct. Il n’avait pas froid aux yeux LUAMBO MAKIADI quand il fallait monter seul au créneau pour défendre la femme.
Liberté eeee
Liberté eeeee nalingi na vanda libre
nasala nionso motema elingi
mama mama, mama mama, mama mama aaaaa
Blaise
ps : sans oublier la guitare qui allait avec. Cette chanson est un régal.
Post 25
D’accord avec toi mon cher Blaise pour ce qui est des accusations hâtives de mysoginie qu’on a faite à Luambo.
Je me souviens de son disque: “gare à toi Marie” qui avait fait l’objet d’une interdiction de diffusion dès sa sortie à la demande de L’URFC (Union révolutionnaire des femmes du Congo). On a souvent beaucoup disserté sur le contenu thématique du disque “matata ya mwasi na mobali essila te na mokili” pour illustrer le contenu prétendu mysogine de Franco…
Quant au fameux “Hélène”, qualifié d’"oeuvre pornographique”, il n’est jamais sorti sur vinyl. Tout le monde en parlait et il circulait “sous le monteau” sous forme de cassettes audios et était néanmoins joué dans les bars dançing; ce qui paradoxalement, amplifiait sa notoriété car presque tout le monde en possédait fièrement un exemplaire pirate.
Il faut avouer que le bougre était un provocateur inné. Je l’ai souvent assimilé à Gainzbour dans sa période “guinzbar"…
L’assertion selon laquelle, Luambo Franco donnait une image détestable de la femme congolaise ne me paraît pas fondée.
Je rappelle à toute fin utile qu’il a également chanté à la fin des année 60 une chanson qui se titrait “Finga mama munu / je t’autorise à injurier ma mère” qu’on peut encore acheter par téléchargement dans le site de la FNAC.
La réalité est qu’il faut considérer aujourd’hui que le contenu thématique des chansons de Luambo réflétaient simplement l’image de son époque où le machisme était roi…
A cet effet, même lorsque Luambo parle à la première personne, il n’exprime pas forcément son opinion personnel mais un corpus de croyances ou de pseudo convictions largement répandues dans la société de son époque.
Les écrivains le savent bien lorsqu’ils écrivent leurs romans, les multiples personnages échappent assez vite des conceptions personnels de l’auteur pour mieux coller à la dynamique du récit. Peu de gens assimilent un auteur aux personnages de son roman.
Il est par conséquent stupide d’assimiler sans discernement les contenus thématiques des chansons, développés par Luambo (qu’il ne faut pas prendre au premier degré) avec sa propre conception du genre féminin.
La langue lingala recelle de beaucoup de subtilités et Luambo était à mon sens porteur de cette forme d’intelligence intuitive et non calibrée qu’on retrouve chez des personnes qui ne sont pas “allés à l’école”. Cette forme d’intelligence rare qui vous dote de bonnes aptitudes à la compréhension des situations sociales sans passer par “l’orthopédie mentale” dont sont victimes les “intelligences scolaires” qualibrées qui ne peuvent raisonner qu’en passant la réalité au crible d’un modèle ou d’une théorie apprise.
Quelqu’un a utilisé un jour un terme savant de “parodie hyperbolique” pour désigner la démarche de Franco.... Je crois que cette personne avait raison.
Très cher MOLEKINZELA, à mon avis, la comparaison Franco LUAMBO MAKIADI / Serge GAINSBOURG ne tient pas.
Serge GAINSBOURG, au dela de son talent d’artiste, était un “provocateur”. Alors que LUAMBO MAKIADI n’avait rien d’un provocateur. LUMABO MAKIADI ne faisait que décrire de façon incisive les maux de la société congolaise.
Un critique fin connaisseur de la société et de la musique congolaise dira de LUAMBO MAKIADI qu’il était le “PICASSO de la musique congolaise”.
Si on veut rester dans ce type de comparaison, j’aurais plutôt dit que LUAMBO MAKIADI était le “Fernando BOTERO” de la musique congolaise, du nom de ce scuplteur colombien dont les statues géantes aux formes prononcées érigées sur les plus grandes places du monde ne peuvent échapper aux yeux.
Ces fesses volumineuses, si LUAMBO MAKIADI les avait chantées (comme BOTERO les sculpte), on aurait qualifié l’oeuvre de pornographique et pourtant il n’aurait fait que peindre la femme congolaise.
Blaise KIBONZI
“Peindre la femme congolaise”.....avec les mots bien sûr.
Blaise
peindre la femme ou feindre la forme ?
”LUAMBO MAKIADI était le “Fernando BOTERO” ”
et pkoi pas frida calo
tu coné rien a l art blaize.. botero c est pas un rapport au gros cul mais a la deformation du corps pour transformer le cadre .. le contexte sans complexe ..
tout le monde decrit les splendeur de la forme chez la femme mais les africain n avait pas été aussi loin dans la débilité sexiste que l occident , moli a raison c est du gainsbar dans sa période la plus débile .. le genre d epok ou le serge fait de la provoc en enregistrant un hymne a tsaal pendant la guerre des 6 jours , les gens aiment gainssbard comme d autre lepen
on voit bien ou tout ce showbizness francais a basculer quand il s agit de politique !!
vot guitariste etait un sexiste de merde , un de plus .. la music est un milieu sexiste c est comme la peinture ... meme les artiste africaine font des nues de femmes noirs , vous me faite pitié !!
Nietzsche_junior, quand je dis que “Franco LUAMBO MAKIADI était le Fernando BOTERO” de la musique congolaise, cela ne se résume pas à une simple affaire de volumétrie des fesses de femmes.
Ce que je voulais dire par là, c’est que LUAMBO MAKIADI savait faire un ZOOM sur les travers et fléaux de la société congolaise afin de nous les livrer en gros plan.
LUAMBO MAKIADI savait mettre devant les yeux de chaque congolais et chaque congolaise ce qu’il faisait tous les jours de mauvais mais se refusait de voir. C’etait en fait cela LUAMBO MAKIADI. C’est l’homme qui t’empoignait violemment le coup et te mettait devant la glace en te disant “regarde toi comment tu es”.
Quant au coté sexiste de LUAMBO MAKIADI, je suis seul à me battre depuis 10 ans pour pouver le contraire. LUAMBO MAKIADI était un féministe de la première heure. Sûrement le plus grand féministe congolais.
Il s’agit là d’un vrai sujet de thèse d’Université qui est entre nos mains. Les SASSOU NGUESSO au lieu de faire des chèques à blanc à des Koffi OLOMIDE avec l’argent du Pétrole congolais pour chanter des conneries du genre “Na Oyo to liaki bien”, ils auraient mieux fait d’accorder des bourses d’étude dans une Université américaine de renom - telle que celle LOS ANGELES - à des talentueux étudiants congolais afin de nous faire un travail de fond sur l’oeuvre de LUAMBO MAKIADI.
Blaise KIBONZI
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