“Nicolas Sarkozy entre mercantilisme et militarisme”, par ACHILLE MBEMBE
Posté dans: Général | Par Alain Mabanckou | le 06 Avr 2008 à 2h40 | Lu 2236 fois
Achille Mbembe (photo) poursuit ses analyses sur les rapports entre la France et l’Afrique – on l’avait beaucoup entendu et vu monter au créneau au moment du “fameux” discours prononcé par Nicolas Sarkozy à Dakar. Professeur en Afrique du Sud et aux Etats-Unis, celui qui s’est maintenant imposé sur le plan international comme un des meilleurs penseurs de notre continent nous envoie cette fois-ci une tribune sur le mercantilisme et le militarisme de Nicolas Sarkozy qui s’est rendu en février en Afrique du Sud. Cette tribune a été également publiée dans L’Humanité, en France.
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En visite en Afrique du Sud où la France souhaite décrocher de très juteux contrats dans les domaines de l’énergie électrique et nucléaire, Nicolas Sarkozy a prononcé, le 28 février dernier, un discours devant le Parlement sud-africain réuni au Cap.
L’an dernier à Dakar, il s’était fait rabrouer par l’intelligentsia africaine et certains milieux intellectuels français à la suite d’une péroraison sur « l’homme noir » aux relents racistes et colonialistes.
Le handicap français
Le poids des liens commerciaux entre la France et l’Afrique du Sud aidant, le chef de l’État français a cette fois été un invité plus courtois, ce qui lui a valu quelque bienveillance de la part de ses hôtes.
Malgré ces progrès en matière de bienséance, force est de constater que la méfiance, le scepticisme et, dans certains cas, l’opposition à la politique française en Afrique persistent.
Exaspération, gêne et fatigue ont progressivement gagné et les élites intellectuelles et politiques, et les milieux d’affaires, et la jeunesse africaines. Nombreux sont désormais ceux pour qui la manière dont la France se comporte sur le continent depuis l’époque coloniale et le traitement réservé aux Africains en situation irrégulière ont largement érodé le peu de crédit moral dont elle pouvait encore se prévaloir. Il faudra donc sans doute plus que des mots pour convaincre l’opinion africaine qu’un changement radical est en cours.
Malgré l’ampleur de la défection, deux points du discours de Sarkozy valent pourtant la peine que l’on s’y arrête.
Il y a d’abord l’intention proclamée de « refonder » les relations entre la France et l’Afrique par le biais, entre autres, d’une révision des accords militaires signés à la veille des indépendances. Il y a, d’autre part, les considérations sur l’immigration et, entre les deux, l’annonce d’une initiative de deux milliards et demi d’euros en cinq ans comportant la création d’un fonds d’investissement et d’un fonds de garantie dotés chacun de 250 millions d’euros, et le doublement de l’activité de l’Agence Française de Développement en faveur du secteur privé.
À supposer que cette dernière initiative prenne effectivement corps (alors que l’État français est à peu près en faillite), les sommes en jeu sont simplement dérisoires lorsqu’on les compare aux dizaines de milliards d’euros qu’Alsthom et le consortium dirigé par Areva engrangeront d’ici l’an 2025 en Afrique du Sud. Elles sont, en outre, largement inférieures aux ressources financières mobilisées par la Chine en Afrique au cours de la même période.
Les échanges commerciaux entre l’Afrique et la Chine s’élèvent désormais à plus de 50 milliards de dollars par an. Avant la fin de la décennie, cette somme sera multipliée par deux. Dans la nouvelle course vers les richesses de l’Afrique qui marquera les cinquante prochaines années, le handicap français reste donc lourd.
Des réformes en trompe-l’oeil
L’intention de refonder les rapports franco-africains n’est, quant à elle, guère originale. Chaque nouveau chef d’État français, de Pompidou à Giscard d’Estaing, Mitterrand et Chirac, s’est fendu d’une telle proclamation en arrivant au pouvoir. On sait ce qui est arrivé par la suite.
Par ailleurs, sur le plan symbolique, cette proclamation aurait sans doute eu un bien plus puissant éclat si elle avait été faite dans une capitale du « pré carré », royaumes de satrapes nègres que la France n’a eu cesse de soutenir aveuglément depuis la décolonisation. C’est en très grande partie à cause de ce soutien que la plupart de ces pays sont aujourd’hui au bord de la ruine et de la guerre civile, tandis que l’essentiel de leurs jeunesses et de leurs forces vives n’a plus en tete que de s’en aller ailleurs.
À la vérité, en appelant à refonder les relations franco-africaines, Sarkozy cherche surtout à neutraliser une revendication qui risque de servir de cri de ralliement à l’opposition africaine contre la France dans les décennies qui viennent. Il s’inscrit dans la logique des « petites réformes » inaugurée par De Gaulle lors du discours de Brazzaville en 1944.
L’on sait aujourd’hui que la décolonisation à la française a ressemblé, en bien des points, aux traités inégaux que l’on impose aux pays vaincus lors des guerres. Les accords signés par la France et les nouveaux dirigeants africains au moment des indépendances avaient été rédigés dans le secret le plus absolu. Ils ne légalisaient pas seulement le régime de capitations qui avait permis le pillage des richesses africaines par les firmes françaises au milieu du XIXème siècle.
L’un des aspects les plus scandaleux de ces traités est celui qui octroie à des soldats français stationnés dans des bases militaires en Afrique le droit de tirer sur des citoyens africains lors de dissensions internes ou au cas où la France jugerait ses intérêts menacés en Afrique.
Depuis presque 50 ans, les mouvements africains d’émancipation exigent l’abrogation de ces traités de la honte. Nicolas Sarkozy dit maintenant vouloir les « adapter aux réalités du temps présent ». On l’y encourage et on le jugera sur les faits.
Les dangers d’un nouvel interventionnisme
Pour le moment et comme cela a souvent été le cas dans le passé, le contraste entre le discours et la réalité est saisissant. Un nouvel interventionnisme français en Afrique se dessine. Il combine mercantilisme et militarisme tout en sacrifiant verbalement à l’humanitaire, cette vieille piété du XIXème siècle dépoussiérée et remise au gout du jour par les croisés du « droit d’ingérence ».
Le Tchad, où la France est impliquée dans des guerres intestines depuis l’époque coloniale est, pour l’instant, le lieu privilégié d’expérimentation de ce nouvel interventionnisme, et pour cause. Avec la Centrafrique et Djibouti, il n’est pas seulement un immense terrain d’entraînement pour les armées de la république et un dépotoir pour toutes sortes de déchets militaires. Il fait aussi partie du ventre mou de ce cordon pétrolier africain qui va désormais du Golfe de Guinée à l’extrémité orientale du Sahara et jusqu’aux confins nilotiques.
Dans son intervention dans cette région, la France a réussi à s’abriter sous le parapluie européen. Après ce qui est arrivé au Rwanda, elle compte ainsi externaliser les risques, dans cette poudrière où un cycle de massacres est en cours au Darfour. Contrairement à l’hécatombe rwandaise du siècle dernier, le génocide au Darfour n’est pas sans lien avec le nouveau cycle de la prédation des richesses africaines engagé par les puissances externes (Chine, États-Unis) pour le contrôle des ressources pétrolières, sur fonds de guerre contre le terrorisme.
Au demeurant, il n’est pas exclu que d’autres régimes soutenus par la France et faisant partie de cet arc pétrolier soient, dans un avenir pas tout à fait lointain, aspirés par le tourbillon de conflits liés à ce nouveau cycle de la prédation. C’est notamment le cas du Cameroun où l’autocrate local s’efforce de changer la Constitution afin de pouvoir régner à vie. Pour leur reproduction, de tels conflits dépendent généralement de la constitution de véritables marchés militaires liés à, et soutenus par, des réseaux internationaux.
Sarkozy veut également associer le Parlement français aux grandes orientations de la politique de la France en Afrique. Viendrait-elle à se réaliser, cette initiative constituerait sans doute, sous certaines conditions, une belle avancée démocratique. Car sous la Vème République, la politique africaine fait partie du domaine éminent du Prince qui la conçoit, la dirige et la conduit à la manière d’un fief, dans le secret le plus total.
L’opacité qui entoure cette politique, sa quasi-privatisation par les présidents français successifs et l’absence totale de transparence qui la caractérise ont largement contribué à en faire une arme absolue de violence et de corruption.
Immigration et xénophobie d’État
La partie sans doute la plus démagogique du discours de Sarkozy avait trait à l’immigration. Il va de soi que chaque État a le droit de déterminer librement sa politique dans ce domaine. Encore faut-il que cette politique soit en accord avec les droits humains fondamentaux et, pour ce qui nous concerne, qu’elle ne soit le prétexte ni à l’instauration d’une xénophobie d’État, ni à une réactualisation des formes de racisme que la colonisation avait largement utilisé. Or, on sait qu’en France, cette ligne est aujourd’hui des plus ténues.
Sarkozy suggère que la France et l’Afrique ont un même intérêt à une meilleure régulation de la mondialisation. Or, l’une des contradictions de la mondialisation est de favoriser l’ouverture économique et financière tout en durcissant le cloisonnement du marché international du travail. Le résultat est la multiplication des empêchements à la circulation des gens et la normalisation des conditions liminales dans lesquelles sont enfermées les populations jugées indésirables au nom de la raison d’État.
En France en particulier, l’on a assisté au cours des dix dernières années à une formidable expansion et miniaturisation des logiques policières, judiciaires et pénitentiaires ayant trait à la police et l’administration des étrangers. Sarkozy lui-meme a contribué à mettre en place des dispositifs juridiques et réglementaires visant non seulement à produire chaque fois un nombre considérable de « sans-papiers », mais aussi à justifier les pratiques d’entreposage, de rétention, d’incarcération, de cantonnement dans des camps, de rafles et d’expulsions des étrangers en situation irrégulière.
Il en a résulté non seulement une prolifération sans précédent de zones de non droit au coeur de l’État de droit, mais aussi l’institution d’un clivage d’un genre nouveau entre les citoyens auxquels l’on s’efforce d’assurer protection et sécurité d’une part, et d’autre part une somme de gens, pour la plupart des Noirs d’Afrique, littéralement privés de tout droit, livrés à une radicale insécurité et ne jouissant d’aucune existence juridique.
Toutes proportions gardées, l’institutionnalisation, l’extension et le renforcement d’un état permanent d’exception vis-à-vis des étrangers est en passe de devenir pour la France ce que Guantanamo est pour les États-Unis. Dans les deux cas, il s’agit de priver l’étranger ou le présumé terroriste de tout droit, y compris ceux qui leur sont officiellement reconnus par les conventions internationales.
C’est ce racisme d’État qui fait de son discours sur l’immigration un exemple de démagogie. Or, tant que perdure cette xénophobie d’État, il sera difficile de convaincre les Africains qu’une refonte radicale des relations franco-africaines est en cours.
La volonté d’ignorance
Pour le reste, la connaissance que Sarkozy a des dynamiques des sociétés africaines sur le temps long reste très superficielle. L’histoire du continent est réduite à deux moments traumatiques : l’esclavage dont il reconnaît qu’il fut un crime, et la colonisation dont il continue de penser qu’elle ne fut qu’une « faute ».
D’autre part, il continue d’en percevoir les réalités à travers les clichés traditionnels – les paysans, les « chefs » et les « anciens », ces poncifs de l’ethnologie africaine du dimanche. Il a encore beaucoup de peine à ouvrir les yeux sur les dimensions modernes, urbaines, diasporiques et cosmopolites du Continent – l’Afrique des méga-villes, des jeunes éduqués et sans emplois formels, des intellectuels, écrivains, artistes, entrepreneurs, juristes et avocats, des gens qui bougent, inventent, créent, et sont très largement au fait des mutations du monde de notre temps.
Certes, il admet la distension de la relation franco-africaine mais en propose une analyse escamotée. Que les intentions du gouvernement français en Afrique fassent en permanence l’objet de suspicions découle d’une longue tradition de duplicité qui consiste à faire un éloge rhétorique des valeurs universelles tout en soutenant aveuglément des tyrans brutaux et corrompus qui ont causé la ruine de leurs pays.
Par ailleurs, la perception selon laquelle la France se ferme sur elle-même n’est pas une illusion d’optique. Il suffit de se rendre dans n’importe quel consulat de France sur le continent pour se rendre compte de l’indignité à laquelle sont exposés les demandeurs de visas, les professionnels y compris.
Il faut, affirme-t-il, « changer le modèle des relations entre la France et l’Afrique si l’on veut regarder l’avenir ensemble ».
Le point de départ de la refondation des rapports franco-africains ne saurait se limiter, comme l’indique Sarkozy, à la reconnaissance par la France de ses intérêts et au fait de les assumer. Le point de départ, c’est la recherche d’un point d’équilibre entre ses intérets et ceux des peuples africains.
Achille Mbembe est professeur de sciences politique à l’université du Witwatersrand, Johannesbourg, Afrique du Sud.

(42) Commentaires
Achille Mbembe Le Retour!!!
À supposer que cette dernière initiative prenne effectivement corps (alors que l’État français est à peu près en faillite), les sommes en jeu sont simplement dérisoires lorsqu’on les compare aux dizaines de milliards d’euros qu’Alsthom et le consortium dirigé par Areva engrangeront d’ici l’an 2025 en Afrique du Sud. Elles sont, en outre, largement inférieures aux ressources financières mobilisées par la Chine en Afrique au cours de la même période.
l Etat Francais n est pas en Faillite , un Etat Riche c est un Etat qui a un dictateur a sa tete qui monopolise les richesse au sommet ... l Etat est une Association regis par la loi 1901 elle ne ne fait pas de bénéfice l argent doit circuler et pas s accumuler dans les caisse , un Etat en faillite c est un etat qui n a pas d argent ca ne veut pas dire exclusivement pauvre mais aussi qui réinvestite dans la société civil , l etat est la pour articuler et rendre plus facile les relation entre les divers agent , construire des route amenager le territoire orienter une politique sur l education un Etat n est pas la pour s enrichir ! la france c est pas les l etat chinois ou russe ....
Mr Membe se trompe dans la volonté de l Etat Francais , il vante l Etat Chinois qui investit en masse mais c est normal c est une dictature l etat est riche , en France ce sont les entreprise qui sont riche , le President Sarkosy degage l interventionisme de l Etat Francais et laisse les entreprise francaise prendre la place ! ... entreprise qui sont plus vraiment “francaise” mais des holding , l Etat francais se desengage meme de lui meme et des francais en privatisant des entreprise comme EDF , et vous voulez qu il investissent en afrique alors qu il est en train de dire au francais de bosser le dimanche ..! man t es sérieux là) ??
Les échanges commerciaux entre l’Afrique et la Chine s’élèvent désormais à plus de 50 milliards de dollars par an. Avant la fin de la décennie, cette somme sera multipliée par deux. Dans la nouvelle course vers les richesses de l’Afrique qui marquera les cinquante prochaines années, le handicap français reste donc lourd.
voila le probleme de mr membe , il pense que l handicap se situe dans l etat francais qui refuse d investir plus d argent alors qu il est surtout dans les etat africain qui ont le culot de reprocher le desengagement financier de l etat francais en afrique alors que ces meme etat en afrique pratiquent exactement la meme politique mais vis a vis de leur peuple , le desengapment total .. d autant que mr Membe en esperant un geste plus généreux de la France ne fait au final que lui donner un role moral majeur en afrique ,que , selon lui elle ne rempli plus
je ce que je trouve desesperant c est qu on continue encore a “esperer” quelque chose de l etat Francais qui vis a vis de l Afrique ou des Africain a toujours eu une politique Faciste comme tous les etat d occident qui on trop lu Ovide , alors faut se réjouir de voir l etat chinois investir a la place de la france , les chinois n ont pas été elevé avec y a bon banania la noireaude chauvin et autre chouette de l obscur !
le plus pathétique c est d ecrire dans l Humanité un article qui reproche a la france de Sarko et l UMp de ne pas s investir d avantage en afrique et a presk de reprocher aux Maoiste de venir en force !!
au contraire faut se réjouir ! la France a choisis une Extreme droite dilué avec sarko , le mieux pour l afrique c est que ce genre de personnage n interviennent pas trop car l ingerence est nefaste ! Amen !! c etais l editorial du dimanche matin ! ..la reine des nouille ...
À mon humble avis la France est entrain de tirer une balle dans la jambe. Les politiques français nourrissent la mémoire des générations futures africaines. Regarder bien la génération des hommes politiques africains au pouvoir aujourd’hui et même dans l’opposition ils vont tous vers la fin. C’est le «papy-boom», ils sont entrain de finir leurs temps.
Une nouvelle génération est aussi entrain de paraître à l’image d’Achille MBEMBE, Alain MABANCKOU et bien d’autres jeunes africains instruits. Ceux là comprennent mieux les enjeux du monde. Nous avons une mémoire. Hier encore j’apprenais qu’un jeune malien sans papier est mort poursuivit par la police et il s’est simplement jeter dans l’eau pour se sauver et il en est mort. C’est indigne et misérable pour un pays comme la France. Ça, ça nous fait mal. Mais personne au pouvoir en Afrique n’ose hausser le temps,ils n’ont pas la même vision que nous jeunes africains instruits.
Remarquez, ici on en parle de tout ça et on se fait une mémoire et c’est cela qui fera mal à la France dans le futur. Comprenez mal dans le bon sens du terme pas mal pour tuer comme eux, car les matières premières viennent de l’Afrique.
Je veux dire en gros il y avait la génération De gaule et il ya maintenant la génération Sarkozy. En Afrique aussi il y a la génération MUGABE et il y aura une autre génération future et cela partout en Afrique. Que la France sache qu’on ne se baigne pas deux fois dans un même fleuve.
Quand vous dites France, France et Afrique, vous arrivent-ils de regarder la carte de l’Afrique? Vous auriez remarqué que les pays francophones ne représentent qu’une infime partie de ce continent, que les pays qui comptent, anglophones, n’ont pas avec la France ce rapport de maître et de valets. Il ne nous vient pas à l’esprit par exemple de nous demander pourquoi Mebki a félicité Sarkozy pour le même discours de Dakar qui provoque la colère de beaucoup d’Africains francophones. Finalement, qui souffre du désengagement de la France dans la partie africaine où elle est influente? On a l’impression que ce sont certains Africains de cette partie de l’Afrique qui craignent que le maître ne les abandonne. Et puis les Chinois, ils investissent pour leur profit, à chacun son tour avec ce continent dont beaucoup d’enfants ne raisonnent pas en termes de prise d’émancipation mais opposent les maîtres aux maîtres. Les Chinois auront leur heure sur ce continent. Mais ils y seront en maîtres, à leur manière.
Je ne vois aucune nuance, si je parle de la France c’est parce que ce pays fait semblant à chaque fois de partir de l’Afrique mais ne part jamais. Ce pays est le seul à avoir des bases militaires en Afrique. Son président est venu nous nargué à Dakar, c’est encore dans ce pays où les africains sont pourchassés comme des animaux. Ce pays est l’un des leaders de l’Europe. Regarder au Comores, la France aide les africains à chasser un dictateur mais il le protège après. Qu’il le livre aux Comores pour qu’il soit jugé. Les voleurs d’enfants au Tchad c’est la même chose ils sont aujourd’hui libres Sarkozy l’avait même dit qu’il ira les prendre à Ndjamena lui-même. Pensez-vous que les chinois se comporteraient de la même façon?
Les autres pays non francophones connaissent aussi des problèmes toujours avec l’Europe. Il ya peu existait encore l’apartheid en Afrique du sud mais Londres ne réagit pas toujours comme Paris. Connaissez-vous l’affaire des fonds vautours au Congo-Brazzaville? Si cela était jugé en France cette affaire aurait été étouffée simplement, aujourd’hui on sait comment ça a fini. La France là, il faut en finir.
Je n’ai pas annoncé ici que les chinois étaient les meilleurs et je ne le dirais jamais car à voir seulement ce qui se passe au Tibet on peut dire que la chine n’est pas la panacée.
Mon propos dit simplement qu’il y a une jeunesse africaine plus instruite et qui comprend mieux les enjeux de ce monde. Cette jeunesse s’en souviendra le moment venu. La preuve nous en parlons maintenant. La vieille génération des leaders africains n’a pas connue cela. Eux ne pensent qu’au pouvoir comme MUGABÉ il ne peut pas savoir et comprendre que quitter le pouvoir dans son pays fera le bonheur d’un peuple qui changera d’air.
Je ne suis pas sûr que la jeunesse d’aujourd’hui soit plus instruite que les aînés qui ont été et sont à la tête de nos pays. Il est même plus que sûr que les jeunes d’aujourd’hui sont globalement moins instruits, mal formés, moins cultivés que les Senghor, Biya, Ferdinand Oyono, Soglo, Ggagbo, Lissouba, Boigny, Konaré, Wade, etc. Les jeunes d’aujourd’hui sont nettement moins sûrs de l’avenir qui les attend. Leur prise de conscience des effets pervers des rapports entre la France et leurs pays n’empêche qu’ils soient plus nombreux que par le passé à vouloir venir en France dans des conditions incertaines et humiliantes. Jamais on n’a vu autant d’Africains à prendre le risque pour leur vie afin de parvenir en Europe à partir des déserts et des mers, sans oublier le ciel bien sûr. Ce n’est pas la faute des jeunes, je le sais.
good21, me dit-on ici. Est-ce à dire que le 21e siècle sera le siècle des lumières pour cette jeunesse dont vous parlez, donc pour des enfants peut-être pas encore conçus je veux dire? ceux qui sont déjà nés me semblent déjà trop vieux pour vivre autre chose de réellement différent. Les discours continueront, toujours semblables, sans réelle originalité parce que les situations restent sans originalité. Mais pour un demain qui chante, hum…
Déjà par rapport à nous qui avons entre 40 et 50 ans, on peut constater comme une régression du niveau de culture générale chez les jeunes d’aujourd’hui dans presque tous nos pays. les enseignants de ma génération peuvent en témoigner. peut-être ils sont maintenant plus nombreux à être allés à l’école et à avoir eu des diplômes, là est une autre histoire.
Achille Mbembe n’est pas un jeune, son nom apparaît déjà parmi les intellectuels africains il y a au moins vingt ans et il est de dix ans au moins plus âgé que le président du Togo. Il est de dix ans plus âgé que Guillaume Soro. Les jeunes, ce sont les filles et les garçons de l’âge des enfants peut-être de Mbembe. Mbembe, c’est déjà une autre génération.
J’allais dire d’au moins dix ans plus âgé que Guillaume Soro. Il est de la génération des “pères” (tranquilles ou pas).
quelqu’un aurait il une autre toph de M’Bembé à envoyer à mr Mabanckou, pour renouveler son iconographie chichilienne. Pask là it’s alway the same
nuance vs babayolinga ...l eternelle querelle des Modernes et des enseignes ...
Déjà par rapport à nous qui avons entre 40 et 50 ans, on peut constater comme une régression du niveau de culture générale chez les jeunes d’aujourd’hui dans presque tous nos pays. les enseignants de ma génération peuvent en témoigner. peut-être ils sont maintenant plus nombreux à être allés à l’école et à avoir eu des diplômes, là est une autre histoire.
mmmm ... moué mais d un coté si les jeunes sont moins instruit aujourd hui c est que les enseignant ont aussi leur part de responsabilité et ces enseignant d aujourd hui c est les prof d hier comme toi qui les ont formé , alors la boulette fo la distribué equitablement .. suffit pas de dire les jeunes sont moins instruit .. sont jeunes quand meme pour porter seul ce constat d echec non ??
de plus nuance legere d autre te diront que les eleves en 1913 etait beaucoup plus instruit pour le meme age et ainsi a l epoque de Pascal les gosse qui avait les chance de passer chez les jesuite et autre maitrisaient a 14 ans ce qu aujourd hui certaine peine a l agreg
je sais pas la methode de validation du savoir a l epoque mais peut etre est ce tout simplement se souci de noté les eleves qui a fait que l ecole echoue lamentablement dans son role ... entre l apprentissage et la sanction ...
puis c est pas le niveau culturel qui diminue c est le monde qui c est agrandit et le mot culture lui meme qui se metamorphose , et les gosse d aujourd hui ne peuvent pas tous absorber ...
quand on voit les emeutes de 2005 on réalise aussi que les exclus précoce du systeme scolaire sont parfois les plus engagé politiquement dans l action , le role de la jeunesse c est de se revolter ! .. pas de s assoir comme des moutons dans une ecole type panoptik pour que tous maitrisions sur le bout des doigt la table de 9 et les subtilité d une grammaire de l absurde ! .
N_J, bien sûr, les enseignants ont une part de responsabilité dans cette évolution des niveaux. mais il faut dire à leur décharge (un peu quand même) que les évolutions des pédagogies ont leur lourde responsabilité sur la qualité des instructions. quand on supprime la “dictée”, qu’on force à une souplesse dans l’évaluation des acquis, il peut arriver que le système dans l’ensemble se mette à fonctionner au rabais. certains enseignants n’exigent plus grand-chose d’eux-mêmes puisqu’ils n’en exigeront pas non plus de leurs élèves. enfin, ce que je voulais surtout souligner c’est que ce critère jeunesse d’aujourd’hui plus instruite ne peut réellement fonctionner, surtout si Achille Mbembe, 50-51 ans, est considéré comme ce modèle de jeunesse alors qu’il a l’âge de beaucoup de papys. il a presque le même âge que Sarkozy. et puis, bien sûr, à chaque époque, les anciens ont trouvé que le niveau moyen a baissé. nos enseignants l’ont dit de nous et je ne pense pas qu’ils aient eu réellement tort. sur la chaîne de la transmission, il y a déperdition quelque part.
l entropie scolaire ... ou la tradition de la déperdition ! .. oué j opte mais a vrai dire si c etais le cas comment expliquer que niveau technique et science les francais maitrisent toujours autant , moi je suis d avis que le politique n est pas simplement responsable mais que les prof n ont pas su s adapter ... les prof d antant pour eux il repetait l ordre antique , apres 68 les prof n ont pas su gerer s adapter au changement de société ... si les prof qui sont censé etre equipé pour affronter des réalité social on foirer difficle de reprocher a des etudiant et rejeter sur le politique c est au final se cacher derriere son statut de petit fonctionnaire de merde qui execute les ordre meme si ils sont absurde .. incompetent ou lache choisit ton camps ..
ce que je voulais surtout souligner c’est que ce critère jeunesse d’aujourd’hui plus instruite ne peut réellement fonctionner, surtout si Achille Mbembe, 50-51 ans, est considéré comme ce modèle de jeunesse alors qu’il a l’âge de beaucoup de papys
a vrai dire je voi pas la necesstié de souligné avec “surtout” on sent comme un reglement de compte perso , un truc m echappe .. mon avis c est qu a 50 ans on n est pas vieux , je vois pas en quoi un type de 51 ans ne peut pas etre un modele .. a part peut etre si on parle foot sexe drug’s and rock’n roll !! ... et encore si on prend bowie qui a depasser les 60 ans il reste toujours un exemple pour des jeunes ... c est l attitude mon gars pas les ride que l on prend pour modele , un geste un acte une pensée un je ne sais quoi . un modele n est pas un miroir ! ... c est la Reine narcisse qui te l affirme ...
perhaps43 ..
vieux c est une catégorie comme jeunes , on sait pas trop quand ca commence et quand ca fini .. entre infantilisme et sénélité se situe l adulte !! .. arghh
Ah, ah, n_j, toi si lucide, comment ne comprends-tu pas que, ayant presque le même âge qu’achille, je refuse que les jeunes disent être plus instruits que nous? je dis plutôt que ce modèle achille, il est de notre génération, pas de la leur. donc, et c’est là que tu as raison, ce n’est pas l’âge qui fait de quelqu’un un modèle, c’est ce qu’il peut représenter. dans ce cas, vieux ou jeune, n’est pas modèle qui veut. bon, jeune, en france on sait que ça s’arrête à 25 ans. ensuite je ne sais pas exactement ce qu’on devient, ni jeune ni vieux, mais plus de 25ans? enfin, tu as compris: je refuse que nos enfants nous enterrent, qu’ils se mettent à proclamer qu’ils sont plus instruits que nous. l’échec de beaucoup de pays africains ne vient pas du tout du manque de l’instruction ni du défaut de culture des élites dirigeantes, mais de tellement de facteurs complexes que beaucoup de personnes ont déjà analysés. il fut un temps où j’avais compté sur la jeunesse (j’étais jeune) pour rompre les liens de vassalité que certains de nos pays entretiennent avec la France. maintenant je suis devenu plus sceptique.
deja evitons de dire que l afrique entretient des liens avec la france ou alors comprenons le mot lien par celui qui lit un navire marchand saborder par une bande de pirate assoifé d or et d exotisme ...!
”je dis plutôt que ce modèle achille, il est de notre génération, pas de la leur.”
mon ex futur epoux tu reprocherai a une chenille de prendre modele sur un papillon ... j introduit le devenir dans ta pensée .. un modele c est aussi une projection de soi dans le futur comme ca peut l etre de soi dans l instant , ce qui fait que toi a une epoque tu pouvais prendre Membe comme etudiant modele et moi je prend le membe senior sur ces approche sociologique
ainsi Bob Marley peut etre un modele pour des génération passé comme presente et meme si il est vieux jeune ou mort ..
moi chui contre les modele ... ca sert a rien ! je prefere les etoile , au moins je sais que c est innacessible .. le modele fait naitre la rivalité tot ou tard , ainsi les jeunes finissent par vouloir enterrer les vieux un peu trop vite
Effort79 .. allé encore un pti pour la nuit
mais de tellement de facteurs complexes que beaucoup de personnes ont déjà analysés. il fut un temps où j’avais compté sur la jeunesse (j’étais jeune) pour rompre les liens de vassalité que certains de nos pays entretiennent avec la France. maintenant je suis devenu plus sceptique.
pourtant certain son assez réaliste pour en faire des soldats ...! que ce soit dans des armées reguliere ou anarchik !! dans la brousse ou dans les ardenne sur la manche ou indochine .. si ce qui motive les jeunes c est le desepoir et cette forme de nnihilisme c est peut etre parcqu il prennent modele sur leur parent ...! ..
leave38 .. oohhh non encore un peu siouplé !! par contre oui en 98 je voulais partir j avoue !! sacré sorcier !! c etais un peu a la meme période celle ou on espere le printemps et on recolte une tempete de neige d un hivers qui ne cesse de s etendre au bas de ma porte !! snif !! ;(!!
J’apprécie votre courtoisie Nuance. Vous avez un bon raisonnement. NJ n’a pas tort non plus. La compréhension des enjeux de ce monde n’est plus la même que dans le passé. La jeunesse se fait aussi dans l’état d’esprit. Regarder à l’époque les jeunes prenaient les armes pour prendre le pouvoir. On a connu des Mobutu, Ngouabi, Sassou, Eyadema, Kadhafi…Ils ont développé des idéologies comme le Marxisme-léninisme et autres.
Aujourd’hui ce n’est plus le cas. Les jeunes s’en vont ailleurs pour trouver mieux. Malgré cela ils construisent leur pays à leurs manières. Ces jeunes maliens ou sénégalais voire autres africains rapportent beaucoup à leurs pays respectifs. Ne voyez pas seulement l’effet de loupe que nous renvoient les médias Français. L’Europe n’avait qu’à ouvrir ces frontières aux jeunes africains pour qu’ils fassent des allers-retours. Pour avoir vécu en France je connais même des jeunes étudiants africains à qui on refuse de renouveler les titres de séjour pour étude sans raison. L’Université Marien Ngouabi au Congo n’a même plus de bibliothèque. Croyez-vous que ce sont là les meilleures conditions de rester étudier dans son pays. Malgré tout ça nous arrivons tout de même à enseigner le français aux petits français. C’est vous dire que ce n’est pas parce qu’on quitte son pays qu’on l’ignore. Si les jeunes s’en vont c’est pour des raisons réelles. Quand De Brazza est venu au Congo avait il prie le soin de demander un visa? Pourquoi en vouloir aux jeunes africains qui veulent trouver un avenir meilleur ailleurs? Est-ce ce n’ai pas une façon de vouloir pousser toujours les pays Africains à la régression? On arme les dictateurs qui affament leurs peuples, on protège ces mêmes dictateurs coûte que coûte et on veut après que ce peuple ne dise rien et ne bougent pas pour aller les filmer après comme des bêtes qui crèvent.
Comme le monde est en perpétuel mouvement, je pense qu’on ne se baigne pas deux fois dans un même fleuve. Cela veut dire simplement le passé est passé et le futur est à nous jeunes africains.
Excusez moi si je n’ai pu être en direct avec vous.
Comme le monde est en perpétuel mouvement, je pense qu’on ne se baigne pas deux fois dans un même fleuve. Cela veut dire simplement le passé est passé et le futur est à nous jeunes africains.
mais alors a qui appartient le présent ???
hotel94 ..
NJ, le présent prépare le futur vois-tu c’est tout bête.
bonne journée!
Je suis fier du talent de Mr. Mbembe, mais en meme temps je pense qu’il devrait investir son intelligence en des domaines plus utiles que de repondre aux discours de Sarkozi.
En tant que president de la France, oubliant ses propres convictions, Sarkozi parle et agit pour le plus grand interet de la France. C’est son job. Les critiques sur ses discours (les intellectuels africains y ont meme consacre un livre-quelle energie!)ne changeront rien a la vision africaine de Sarkozi, pardon, a la politique africaine de la France que Sarkozi est charge de mettre en musique.
Je serai plus heureux que Mbembe et les autres intellectuels africains repondent aux imperatifs des systemes educatifs en Afrique et aux besoins d’organisation des universites(les chantiers ne manquent pas)… Et pourquoi pas un bon papier sur Biya et sa volonte de devenir le “Sese Seko” du Cameroun?
NJ, le présent prépare le futur vois-tu c’est tout bête.
bonne journée!
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trouvé !!!! ... dans la série les citation nocturne sortit du fond de mes remord ...
”le Present est fait de déformation du passé et d ébauches imprécises de l avenir . Et quoi qu’on fasse , le present n est qu une vaste et bruyante fabrique du passé” ... (P.reverdy )… *
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qui dit mieux !!
je viens de tomber sur un bouquin “De la Francafrique à la Mafiafrique (edition Tribord 2004)” de Francois-Xavier Verschave. C’est un texte retranscrit d’une de ses conférences donnée fin 2003. Je ne pux malheureusement pas en dire plus car je viens tout juste de le recevoir. Si quelqu’un la déjà lu ...
Bonne journée à tous.
Petites digression : “Durant plus de trois décennies, l’histoire officielle a déformé la réalité et la portée des événements de 1968.
« Nous étions nombrilistes, oublieux du monde extérieur,nous ne voyions pas ce qui se passait dans le reste du monde, nous étions repliés sur nous-mêmes. » (Bernard Kouchner, mai 1988). Ainsi, par une simple pirouette, M. Kouchner s’arroge le droit de balayer une dimension entière du mouvement de 1968, à savoir sa relation avec les luttes anticolonialistes et anti-impérialistes comme le Vietnam, l’Algérie ou Cuba.” Walaï-faforo ! Il est impayable notre ministre du riz. je comprends mieux pourquoi il offre ses services en tant que conseil pour le système de santé au Congo et au Gabon. Qu’est-ce qu’ils se portent bien ces populations grâce à son riz et à ses conseils.
Petites digression : “Durant plus de trois décennies, l’histoire officielle a déformé la réalité et la portée des événements de 1968.
« Nous étions nombrilistes, oublieux du monde extérieur,nous ne voyions pas ce qui se passait dans le reste du monde, nous étions repliés sur nous-mêmes. » (Bernard Kouchner, mai 1988). Ainsi, par une simple pirouette, M. Kouchner s’arroge le droit de balayer une dimension entière du mouvement de 1968, à savoir sa relation avec les luttes anticolonialistes et anti-impérialistes comme le Vietnam, l’Algérie ou Cuba.” Walaï-faforo ! Il est impayable notre ministre du riz. je comprends mieux pourquoi il offre ses services en tant que conseil pour le système de santé au Congo et au Gabon. Qu’est-ce qu’ils se portent bien ces populations grâce au riz et aux conseils de uncle Ben’s !
Hey peeps, I can see that some of the greatest priest (ba graaaand prêtres!)of this blog are still there.I was just passing by to say hi to everybody.My brain aint workin’ right these days , so I can’t just post anything worth being read or discussed.
Peace!
Immigration inquisition la honte de la France : un jeune malien de 29 ans en situation irrégulière pourchassé par la police se noie dans la Marne
Même s’il s’agit des noirs qu’on ne peut aimer sans éducation et sans exercice, ce n’est pas en perpétuant des pratiques par lesquelles les nazis ont à jamais déshonoré la mémoire de l’humanité que la France maintiendra dans le monde l’enviable réputation d’amie des hommes et de défenseur des droits de l’Homme que, sans l’avoir vraiment jamais prouvé, elle s’était taillée tout au long des âges. Le problème de l’immigration a surgi dans ce siècle sans amour, inventé par des politiques occidentaux sans imagination pour trouver des solutions dans des contextes sociaux-économiques difficiles. Alors des boucs émissaires étaient tout trouvés : les nègres et les arabes, d’abord, le reste des immigrés pauvres ensuite, sauf les américains qu’on ne chasse impunément, même pauvres. Déjà rejetés pour leur couleur de peau sur laquelle l’immonde imagination des Blancs brode à satiété, les Noirs par euphémisme appelés « hommes de couleur », et les maghrébins n’avaient aucune chance d’être regardés avec sympathie dans cet occident et dans cette France là où la gauche elle-même n’a pour eux qu’une politique molle dont s’encouragent la droite et l’extrême droite xénophobes.
Probablement choisi pour sa brutalité et son irrespect envers les Noirs, Hortefeux, le féroce ministre de Sarkozy peut ainsi mener contre les Noirs de France trouvés sans titre de séjour sa politique d’inquisition. Beaucoup en sont restés mutilés à vie ; quelques uns, dont cette chinoise défenestrée et ce jeune malien noyé dans la Marne, en sont morts ; sans que l’impitoyable ministre au cœur de Pierre mette fin à sa chasse aux immigrés, et modifie d’un iota sa politique. Sa politique de délation et de pièges. D’autant que, d’accord avec ces pratiques inhumaines exercées contre leurs propres concitoyens les politiques des pays des victimes se taisent. Des gens à l‘esprit mal tourné y voient comme au temps de leurs aïeux choqués par les brutalités de la traite des noirs et du colonialisme, la peur atavique du Blanc. En Afrique noire, en dehors de Wade qui de temps en temps explose en face du scandale, Bongo Ondimba seul se dresse et tient tête au Blanc.
Tout en regrettant que ce soit là la seule conduite possible pour ramener le blanc au bon sens et à la raison, on est tout de même fier que cet homme applique contre les français qui expulsent ses concitoyens la loi du talion : contre trois gabonais expulsés de France et molestés comme de dangereux malfaiteurs, trois français du prestigieux secteur pétrolier en situation irrégulière. La réciprocité est seule payante ici, qui rétablit la dignité du Noir.
La politique xénophobe de la France aura imposé cela à un homme qui a du tempérament et le sens de l’honneur. On peut regretter que pour un vieux pays d’occident, et qui se donne pour le plus civilisé du monde, et donc qui a pour l’homme ce merveilleux élan de solidarité fraternelle qu’ont chanté ses meilleurs poètes, il faille de telles situations pour cesser de se comporter en goujat vis-à-vis des « gens de couleur » en lesquels une grande partie de sa population refuse de voir des êtres humains dignes d’estime et d’abord de respect.
Hortefeux, que pour le malheur de son image et de sa politique, Sarkozy a fait entrer en son gouvernement est de ces français qui n’aiment pas les Noirs ; qui les détestent et les méprisent. En France ils ne sont pas les bienvenus. Et si je me trompe, il faudrait plaindre ce pauvre Hortefeux, puisqu’il serait méchant contre sa propre conscience, qu’il aurait alors tellement chargée et tellement torturée à pourchasser avec un acharnement diabolique les nègres et autres sans papiers qu’il en perdrait le sommeil.
Au cours de sa campagne pour la présidentielle du printemps 2007, le candidat Sarkozy, aujourd’hui Président de la république française, avait annoncé le retour de la France sur plusieurs points, plus précisément Nicolas Sarkozy avait annoncé, sur le plan diplomatique, la fin de la complaisance avec les régimes connus pour leur manque de rigueur dans l’observation des droits de l’homme, pour ne pas dire leur négligence de ces droits.
Les africains, leur culture orale aidant, avides de paroles bien dites, se laissèrent séduire par ces sophismes de Nicolas Sarkozy le prestidigitateur des mots. Nombre d’entre eux virent en lui le probable tombeur des mauvais princes du continent. Malheureusement pour eux et bien d’autres peuples écrasés sous le poids des dictatures, si Sarkozy vénère la parole bien dite, source de ses succès, il n’a par contre pas le moindre respect pour la parole donnée. Au lendemain de son élection, le nouveau Président de la République français reçut des malfrats de notoriété internationale(Sassou et son plus célèbre gendre furent parmi les premiers), ceux-là même dont il avait critiqué les pratiques pendant sa campagne. Pour que dire à une telle racaille, lui le bon français fier de son identité de ses valeurs de civilisation ?
Ce qu’on aurait pu considérer comme une preuve de sa grande mansuétude, car peut-être voulait-il les prévenir, leur tirer les oreilles avant de les karsheriser s’avéra être un penchant. Sarkozy aime bien les gredins, surtout ceux qui haïssent la repentance. Il fut le premier à féliciter Poutine au lendemain de son rapt des législatives, lui qui répugnait d’avoir à lui serrer la main un jour tant elle est sale ; Kaddhafi se fit un plaisir d’être reçu en visite officielle par Paris même si Sarkozy feint de se sentir éclaboussé par cette visite ; pour des raisons de commerce le respect des droits de l’homme ne fut pas évoqué en Chine lors du séjour de Sarko dans l’empire du milieu. Malgré les scandales éclatant dans la presse au sujet du patrimoine immobilier des membres du Conseil d’Administration de la « Central Africa Oil Corporation » constitué des chefs d’Etats des émirats pétroliers d’Afrique centrale, où plus de 70% des populations vivent néanmoins sous le seuil de pauvreté, le patron de l’Elysée, président du pouvoir d’achat, chef suprême des armées et de la politique étrangère,ne s’est pas gratté pour soutenir l’un de ces émirs nègres en difficulté,Idriss Déby Itno. Avant que ce soutient ne soit effectif,le président du pouvoir d’achat, dont le pays a pour tradition de jouer aux dés par africains interposés ( le premier jeu étant la conférence de Berlin qui scella, à sa manière, un destin bien tragique à des millions d’africains), laissa avancer les rebelles jusqu’aux portes du palais de Itno. Il faut imaginer le deal à la source de cette volte-face dont la diplomatie africaine de la France a seule la maitrise.
La France n’a pas le souci des populations africaines, pas même le président du pouvoir d’achat. Bien malheureux sont les français qui crurent aux promesses de Saint Nicolas, Santa Claus pour les anglo-saxons (Papa Noel), ce n’est pas lui qui irait suggérer une meilleure redistribution des ressources nationales à ses gloutons de filleuls d’Afrique francophone. En Afrique la France ne défend pas de principes, elle n’y a que des intérêts.
En Afrique noire, en dehors de Wade qui de temps en temps explose en face du scandale, Bongo Ondimba seul se dresse et tient tête au Blanc. Qui s’insurge contre les conditions extrêmement dures d’expulsion des africains dit “subsahariens” en situation irrégulière au Maroc,Algerie,Libye?
La réciprocité est seule payante ici, qui rétablit la dignité du Noir. il n’y a pas que ça, tu oublies le traitement parfois méprisant et dégradant infligé par le service public sur le continent.
Tu n’as pas manqué de constater la réponse des autorités aux populations africaines(Cameroun, Burkina, Côte d’Ivoire) qui demandaient du pain chaud. On leur a servi du plomb bien chaud!
Il y a peut être plus de papiers sur Sarko, que sur l’UA. Si c’est le cas cela voudrait dire, qu’il semblerait avoir plus d’attente de Sarko que de l’UA. Les écrits sur Sarko traduirait tout simplement une frustration d’individus en mal d’amour.
NJ le temps qui passe appartient au passé, le présent ne prépare pas que le futur, mais aussi le passé.
Shady il y a une poignée d’occidentaux qui travaillent comme expert sur le continent africain et qui gagnent à eux tout seul une somme astronomique, tandis que dans le même temps des africains traînent leur savate sur le trottoir à la recherche d’un emploi ou d’un visa.
C’est ainsi presque partout, même dans les équipes nationales de foot:entraîneurs, médecins et même kiné. Retrouver une dignité , je prefère plus croire en soi. Quel message Wade que tu cites peux donner à la population sénégalaise en allant se soigner en France?
Les JO sont-ils menacés BP?
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