“Présence Africaine”, vedette du musée du Quai Branly. Madame Diop répond à “Jeune Afrique”…
Posté dans: Général | Par Alain Mabanckou | le 18 Dec 2009 à 16h54 | Lu 782 fois
Jusqu’au 31 janvier 2010, le musée du Quai Branly, à Paris, salue soixante-deux ans de combat en faveur de la littérature africaine. À travers une exposition dédiée à la revue et à la maison d’édition fondée par le Sénégalais Alioune Diop.
Christiane Yandé Diop, directrice de Présence africaine. (Photo : Vincent Fournier pour Jeune Afrique)
Jeune Afrique : L’exposition sur Présence africaine au musée du Quai Branly est un événement trop rare pour ne pas être souligné. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
CHRISTIANE YANDÉ DIOP : Enfin on reconnaît l’importance de la littérature et de l’Afrique ! Pour moi, c’est beaucoup d’émotions. Chaque fois qu’il est question de Présence africaine, je pense à Alioune Diop, à Aimé Césaire, à Léon Gontran Damas, à Cheikh Anta Diop, à tous ceux qui sont encore vivants. Cette reconnaissance est surtout pour eux. Moi, je n’ai été là que pour aider Alioune Diop, mon mari, à poursuivre son combat pour la reconnaissance de l’Afrique dans ce monde.
Soixante-deux ans après, cet idéal est-il atteint ?
Beaucoup a été fait, mais beaucoup reste à faire, surtout auprès des jeunes, qui n’ont pas connaissance des luttes que nous avons dû mener. Pour y parvenir, aujourd’hui, nous avons besoin des médias. Ils peuvent nous aider à véhiculer cette littérature, cette culture, cette nécessité de penser à l’Afrique, car elle aide à l’évolution du monde moderne. Nous avons beaucoup de choses. Mais je ne sais pas pourquoi nous n’arrivons pas à réaliser correctement nos rêves. Peut-être que nous ne faisons pas assez appel à la société civile…
Vous avez pris la relève de ce qui a été commencé par Alioune Diop et ses amis. Comment faites-vous pour tenir dans un contexte difficile pour l’édition ?
Je tiens grâce à la foi, à mon éducation, issue d’une mère camerounaise qui avait beaucoup de caractère et de ténacité, et d’un père sénégalais. Et grâce à l’admiration que je portais à cet homme, Alioune Diop, beau, intelligent, exigeant. Je me suis toujours dit : « Non, je ne peux pas abandonner, même si c’est difficile. » Je suis très fière qu’un de mes enfants ait accepté de travailler avec moi, car les choses sont tellement difficiles aujourd’hui. Et je vieillis… Il faut un regard neuf. Il y a aussi beaucoup de jalousie. On me demande parfois pourquoi je ne vais pas m’installer en Afrique ! Je réponds que l’Europe, Paris, la rue des Écoles nous appartiennent à tous. Nous gênons, malgré nos très faibles moyens.
Vous qui sillonnez le continent africain, pensez-vous que les débats actuels valent ceux de votre époque ?
Non ! Car les gens ne lisent plus. C’est tout à fait différent. Il y avait certes des injustices de notre temps, mais c’est beaucoup plus dur aujourd’hui.
Qu’en est-il aujourd’hui de la solidarité entre les Africains et les Noirs de la diaspora, très active jadis ?
On vit aujourd’hui dans un autre monde. Chacun veut gagner sa vie et personne n’est prêt à se sacrifier pour un idéal. De temps en temps, je regrette ce passé où l’on œuvrait ensemble en taisant nos différences. Alioune Diop, qui était chrétien, avait autour de lui des athées, des musulmans, des juifs. Aujourd’hui, il faut être d’un clan.
Vous sentez-vous trahie quand des auteurs qui ont commencé chez vous rejoignent d’autres maisons d’édition ?
Non, pas du tout. Je suis un peu déçue, évidemment. Mais je comprends qu’ils aillent chercher ailleurs ce que Présence africaine, à cause de ses faibles moyens, ne peut pas leur apporter. Je pense, par exemple, à Alain Mabanckou, que j’aime beaucoup et qui, je crois, reste fidèle à Présence africaine. Je suis très heureuse qu’il ait eu le prix Renaudot [en 2006, pour Mémoires de porc-épic, éditions du Seuil, NDLR]. Présence africaine n’aurait pas pu le lui apporter puisque nous ne faisons pas partie du sérail, des grosses maisons d’édition. Mais, Dieu merci, beaucoup reviennent ensuite auprès de nous.
Dans quels pays du continent avez-vous réussi à vous imposer ?
Nous vendons très bien les livres, les classiques africains, sur l’ensemble du continent. C’est d’ailleurs surtout avec l’Afrique que nous travaillons. Notre seul regret est que le livre reste cher. Mais comment faire ? Il faudrait une aide des gouvernants. Je crois qu’il faut une réunion à un très haut niveau sur le livre en Afrique.
Vous avez traduit des auteurs anglophones. Qu’est-ce que cela a apporté à Présence africaine ?
Beaucoup ! Cela veut dire que notre maison d’édition n’est pas uniquement francophone. Présence africaine est au cœur du mouvement de l’émancipation, dans toutes les langues, et se retrouve partout. Mais ce n’est pas facile, car nous ne sommes pas aidés. Or tout n’est qu’une question de réseaux.
Vous n’êtes pas une femme de réseaux ?
Non. C’est pourquoi je me retire pour laisser les jeunes organiser ces fameux réseaux. Cela nous manque.
Qu’est-ce qui vous a le plus marquée dans l’aventure de Présence africaine ?
D’abord, le choix d’un homme. Je crois que je ne me suis pas trompée et j’en suis heureuse. Je n’ai pas pu aller à l’université. Mais j’ai rencontré de grands intellectuels qui venaient voir Alioune. Il y a eu aussi le premier Festival mondial des arts nègres, à Dakar, en 1966. Nous étions tous inquiets, mais ce fut un succès. Et comment oublier le premier Congrès des écrivains et artistes noirs, à La Sorbonne, en 1956, puis le suivant, à Rome, en 1959 ? C’était merveilleux ! Aujourd’hui, il n’y a plus d’élément fédérateur.
Que pensez-vous du débat actuel, en France, sur l’identité nationale ?
La France est multiculturelle. Nous sommes condamnés à vivre ensemble. Il faut essayer de voir comment gérer nos différences. C’est dès l’école qu’il faut apprendre à vivre ensemble.
Vous avez fréquenté de nombreux Africains-Américains qui se battaient pour leurs droits civiques. L’élection d’Obama est-elle l’aboutissement de ces combats ?
Barack Obama est président des États-Unis. Qu’il soit noir ou pas, c’est un problème américain. Mais si cela nous fait plaisir, à nous qui sommes noirs, si cela nous donne la force de faire ce que nous devons faire dans nos pays, tant mieux.
Quand comptez-vous passer le flambeau à la jeunesse ?
Mais la jeunesse est déjà là, autour de moi. Ma fille, ma petite-fille, et bien d’autres…
Ce qui ne vous empêche pas de venir à Présence africaine presque tous les jours ! Est-ce vraiment difficile de partir ?
Je dois tout de même faire travailler ma tête ! On ne s’en va pas comme ça, même s’il faut passer la main. On n’est pas éternel. Je suis fatiguée. Vous savez, Présence africaine est un fardeau. Mais continuer à être là me fait du bien. Et puis, les jeunes ont aussi besoin de moi.
Exposition « Présence africaine, une tribune, un mouvement, un réseau », jusqu’au 31 janvier 2010 au musée du Quai Branly (Paris). Renseignements sur http://www.quaibranly.fr






(9) Commentaires
whaou .. grande femme ...dommage qu elle soit mis en avant dans le” musée des arts premier” .. entre theotiuacan et l art deco en iran .. ca en dit sur la place que la France reserver au penseur francophone ... sympa de lui rendre hommage de son vivant ..
on sent dans ses mot une grande fatigue presque une résignation ... elle qui a vu tout ce combat des cézaire fanon glissant finir echoué sur ce roc de l identité national qui réaffirme a chaque decennie son fondement Raciste ..
http://www.youtube.com/watch?v=3YIL4z5iY5g&feature=related
javais jamais vu son visage , chui sur que si elle prend le 86 la moitié des passager vont la prendre pour une femme de menage .. terrible echec au final . j ai l impression que les noir(e) pour paraitre doivent se saper comme des superstar tellemetn leur peau suffit au “blanc “ pour les juger sur l apparence ..
Une question a Alain,
Apres un renaudot revient t-on vraiment dans une petite edition psr sentiment sans doute ou se cramponent ton aux grosses editions pour esperer glaner d’autres prix de valeurs.
j ai l impression que les noir(e) pour paraitre doivent se saper comme des superstar tellemetn leur peau suffit au “blanc “ pour les juger sur l apparence . Pitié NJ ne fabrique pas des névrosés.
pardon cé noel bientot chui surper enervée c est dernier jours , en plus la neige le froit la greve c est la total !! .. fo ke je me defoule , pardons .
en cherchant des truc sur diop vu que je connaissait pas du tout comme la plupart des francais ignore sur la “présence africain “ je suis tombé sur justement un truc
“« Pourquoi l’art nègre se trouve-t-il au musée de l’Homme alors que l’art grec ou égyptien se trouve au Louvre ? , e===="===
n est t il pas génial celui ou celle qu a posé cette question ?? ,
il a tout compris . le probleme c est que miss diop est au quai branly .. ca me chok ! c est insultant .. réduire la présence africaine a un art exotik .. meme la présence africaine est et restera exotik meme dans 10 siecle ..
j avais anticipé chui trop fort qui veut me financer vé faire un film ?? non une doc .. le pensée fasciste dans le monde littéraire post moderne .. aller sérieux financer moi !!!
hou chui a bout de souffle ... voila ce ke zé trouvé !:!!!
Les statues meurent aussi est un documentaire-court métrage français réalisé par Chris Marker et Alain Resnais sorti en 1953.
Il fut commandité par la revue panafricaine Présence africaine. Partant de la question « Pourquoi l’art nègre se trouve-t-il au musée de l’Homme alors que l’art grec ou égyptien se trouve au Louvre ? »[1], les deux réalisateurs dénoncent le manque de considération pour l’art africain dans un contexte de colonisation. Le film est censuré en France pendant huit ans en raison de son point de vue anti-colonialiste.
je cite pas la source on s en fou ..
et y a une autre phrase ke je kiffe trop
« Quand les hommes sont morts, ils entrent dans l’histoire. Quand les statues sont mortes, elles entrent dans l’art. Cette botanique de la mort, c’est ce que nous appelons la culture. »
cé pas trop puissant ... c est comme windows7 cété mon idée a la base !!!
je vé vous faire un résumé d avatar .. en gros les extraterrestre c est un melange de sioux et de zulu barbouillé en bleu , ils vivent dans une foret elfique et sont connecté avec les plantes et les papillons ... parle comme y a bon banania et zon des locks les levre charnu le nez large et les male une crete de huron ..
zon un probleme avec les locks a hollywood , deja predator avait des locks on sait pas pkoi .. la c est la meme ...
des qu un extrateresstre est dit primitif ou violent .. soit il ressemble a monstre des abyss soit un indigene .. et si vraiment violent et primitif .. a cro magnon ..
voila pkoi madmae diop n aurait pas du etre au quai branly ... le musée des arts des ex colonie , vous me direz ca a aucun rapport mais si
Pardon mme Diop, je vous découvre seulement maintenant, derrière ce nom de “Présence Africaine”, que j’avais lu une fois ou deux. Il n’est jamais trop tard.
Inquietant ce constat N-J. Même ceux qui cherchent à s’ouvrir ont, soit des barrières venant des instances culturelles(l’art africain au musée de l’hom, pluto qu’au Louvre); soit une vision encore profondément raciste, horriblement dangereuse de par son enracinement sournois ds l’inconscient collectif du blanc. J’ai du mal à exprimer mon idée. Un genre de cancer congénital, déchirant depuis sa naissance flanc de la race humaine.
Cet abject et délétère sournois rejet de l’autre. Une si sale manie, que j’en suis à me demander, si elle n’est pas inscrite ds le génôme humain comme le nombre d’oeil que l’on a.
Fichtre il faut rester incroyablement vigilant ! On peut penser avoir, fait du chemin, ouvert son esprit, enfin assimilé que la notion de gradient de race est une ineptie immensement prejudicable pour l’être humain, se sentir arrivé et équitable au bout du chemin de la compréhension humaine… Que nenni !! Ce n’est qu’à peine, le premier pas au tout début du chemin…
Christiane Yande Diop fait vraiment honneur a son mari defunt et a tous ceux qui ont cru et continuent a croire a l’existence d’une maison d’edition panafricaine. Je l’ai dernierement suivie sur Tv5 dans l’emission de Lise-Laure Etia. J’ai apprecie son optimisme, et le fait qu’elle ne veuille pas vendre Presence africaine. Christiane, votre position est appreciable et a louer. Les conditions economiques peuvent paraitre des fois difficiles pour Presence Africaine, mais continuez a tenir comme vous l’avez si bien fait depuis des annees. Grace a Presence Africaine et Alioune Diop, nous jeunes Africains avons pu decouvrir un grand nombre d’ecrivains africains. Nous en sommes tres reconnaissants. Anoumou (http://blog.cineafrique.org)
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