Réponse à ce que Tierno Monénembo m’écrivait en 2006…
Posté dans: Général | Par Alain Mabanckou | le 11 Nov 2008 à 6h37 | Lu 1346 fois
Le 17 novembre 2006 - une dizaine de jours après le prix Renaudot qui me fut attribué -, Tierno Monénembo, avec la verve et l’humour qui le distinguent, m’écrivait alors les lignes qui suivent pour me féliciter :
Mon cher “Congo...lois” (ainsi se désignait notre bon vieux Thicaya U’ Tamsi),
J’ai attendu exprès que l’évènement refroidisse et que la tonalité des applaudissements baisse afin que ma voix te parvienne, claire et distincte ! FE- LI- CI- TA- TI- ONS ! C’est du bon boulot, c’est une récompense méritée ! C’est une excellente chose et pas seulement pour toi ! Le succès est pour nous tous !
Après Yambo Ouologuem et Ahmadou Kourouma, tu viens mais alors sacrément d’honorer la tribu ; de doper aussi, j’en suis sûr, la jeune faune à plume de “chez- nous- pays- là” qui en a bien besoin !
“ Allah n’est pas obligé” a sorti la littérature africaine du rayon des curiosités exotiques. “ Mémoires de porc- épic” l’aidera, j’en suis sûr à jouer dans la cour des grands.
Tu jouis dorénavant d’un rare privilège : la consécration à un âge où la plupart des “écrivants” peaufinent leur premier manuscrit.
Allez, un an de minettes, de champagne et de ndombolo ! Et ensuite, tu auras le loisir de penser à une oeuvre forte et durable : c’est- à- dire originale ( elle l’est déjà), profonde et sans concession. Loin des flonflons et du cruel coude-à- coude parisien ! C’est tout le mal que je te souhaite, fiston.
Tierno Monénembo
PS : Je comprends enfin pourquoi le Congo est si prédisposé à irriguer notre littérature : il est le coeur du continent et pas seulement pour de vulgaires raisons de géographie.
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Cher Tierno, Cher Aîné,
Je me permets à mon tour de te féliciter pour cette distinction qui couronne une œuvre injustement méconnue du grand public français – ne dit-on pas d’ailleurs que le prix Renaudot, à la différence du Goncourt, est un prix qui « répare », qui « rétablit » les choses ?
A l’heure où la France va enfin découvrir ton oeuvre qui court sur trois décennies, je t’imagine en train de suivre les événements avec un regard désabusé. Tu penses à tes amis qui ne sont plus là : Sony Labou Tansi, Tchicaya U’Tamsi – mais aussi à tes compatriotes Williams Sassine et Camara Laye qui a bercé notre jeunesse avec son magistral Enfant noir…
Tu penses à la Guinée, ta terre natale. Mais ta voix n’est plus une voix nationale, elle traverse les frontières, résonne au-delà de l’horizon, prolonge la symphonie universelle de cette littérature ouverte au monde que nous ne cessons d’appeler de nos vœux… Et lorsque j’entends monter l’écho de cette tonalité peule, moi que tu as souvent surnommé « Le Bantou errant », je fredonne un air de mon enfance, un air de ma mère, et je me rends compte que nous avons en commun la terre rouge, la mobilité, et surtout l’incertitude de ce dont demain sera fait. C’est peut-être là que réside le fondement de notre démarche de créateurs.
Allez, un peu de vin de palme et un peu d’attiéké pour célébrer cette “histoire-là” !
Alain Mabanckou (Le Bantou errant !).




(25) Commentaires
Beau retour d’ascenseur en effet, que le tien, Alain, vis-à-vis de cet homme que tu avais si affectueusement appelé « doyen » sur le plateau de FOG, un mercredi soir sur la 3ème chaîne française.
Il a une très belle plume, et de toute son œuvre, celle que je préfère est sans conteste « l’Aîné des orphelins », suite au drame vécu par le Rwanda en 1994 (800.000 morts selon l’ONU et 1.000.000 de morts selon le FPR, en 3 mois, dont une écrasante majorité de Tutsi).
Bravo encore au doyen Tierno Saïdou Diallo, alias Tierno Monénembo. A tous ceux qui sont passionnés des civilisations d’autrui, je conseillerai l’achat et la lecture du remarquable, de l’inoubliable Peuls (Seuil, 2004) : un bijou tout simplement !
O.G.
Bonjour,
je viens de créer ce blog pour tout le monde :
http://6billionworldpeople.blogspot.com/
Si tu veux y poster un article, tu peux, j’ai écris le mot de passe dans la rubrique How to use this blog.
Pour m’aider à lancer ce super blog d’échange international, merci d’en faire la pub à toutes tes connaissances et si tu es doué de tes 10 doigts, pourquoi pas faire une vidéo sur youtube illustrant musicalement les ambitions de ce blog?
Tu peux me laisser un message sur si tu souhaites plus d’information et que tu es intéresé par l’aventure.
A+
“ Allah n’est pas obligé” a sorti la littérature africaine du rayon des curiosités exotiques.
mais c est une curiosité exotik la littérature africaine tout comme la littérature francaise doit une curiosité exotik en afrique .. vous voulez quoi exactement qu ont soit tous des clone ou simplement avoir plus de visibilité ??
le probleme c est le manque de visibilité africaine pas que ce soit considerer comme exotik ..
steve austin ton blog cé en anglais tu fais c.... mais ut m a donné une idée vé faire un club de parapentiste au franc-moisin !! voir une nlle methode d immigration “sauvage” .. tu va les chercher au maroc et tu les ramene en espagne par les airs ca changera .. des anges tombé du ciel
Alain, j’ai une confidence pour toi. tu te prends trop au serieux. Il n ya pas d’humours dans tes ecrits ,si non tres peu! Au tres humouristique courrier, mais plein de sens de Thierno devrais correspondre une reponse humouristique toute au tant. Alors un peu d’humours dans tes ecrits frangin.Nous Nous plairons a coup sur a te lire.
Bien a toi.
Oyez, oyez, nous allons avoir un préfet des Alpes de Haute-Provence, né à Pointe-Noire et du pays des crevettes !
Le département des Alpes de Haute-Provence est l’un des moins densément peuplés de France, à peine plus de 20 habitants par km². La population se concentre essentiellement dans les vallées de la Durance, de la Bléone (jusqu’à Digne) et sur les plateaux proches. Le reste du département est très peu peuplé (moins de 10 habitants au km² sur la majeure partie du territoire).
La moitié des communes a moins de 200 habitants, 17 communes en ont moins de 50, et de nombreux hameaux ont été abandonnés. Les villes sont petites : seuls Digne et Manosque s’approchent ou dépassent les 20 000 habitants. Les arrondissements de Barcelonnette et de Castellane sont les deux arrondissements les moins peuplés de France, et les seuls de France avec moins de 10 000 habitants. La ville de Castellane est également le plus petit chef-lieu d’arrondissement en France.
en gros on lui donné un os a rongé .. fo kan meme le faire , pour un truc symbolique zauré pu choisir un truc avec plus de classe .. c est le département le plus eloigné de la capital avec 3 pelé et 2 tondus .. tu parle !! le racisme diminue avec les MAIRES vox populis !!!!!! par des prefet qu on sort d une poche et qu on remballe de l autre
je suis encore plus fière d’ être PEULE !
BRAVO A THIERNO MONENEMBO !!!
J’ai acheté son livre et j’ai adoré. Oui, Tierno Monénémbo est un grand et excellent écrivain Africain. Et son Prix Renaudot 2008 est très mérité !
Bravo, Tierno !
(Sur mon blog, j’en parle. Passez me voir).
Ces vieux démons qui ne nous quittent pas. Je vines de lire avec stupéfaction ce procès post-mortem fait à Sony sur rue89 par Barry Saidou Alceny. Walaï je trouve ça de mauvais goût. Je vous laisse goûter la plaisanterie. L’auteur y mêle au passage Jean-Michel Devesa, et Mukala Kadima Nzuji comme étant ceux qui ont taclés Sony.
Auteur : Barry Saidou Alceny
Publication : 23 novembre 2008
Rubrique : Congo/B - culture
Source : http://www.rue89.com
Quel magnifique plateau chez Picouly sur France 2 lors de son dernier café littéraire ?
La Guinée, l’Afghanistan, l’Algérie à l’honneur grâce aux Prix Renaudot, Goncourt et France Télévisions.
Tierno Monenembo, Atiq Rahimi et Yasmina Kadra qui savent mieux que personne ce que signifie l’exil et pour qui l’acte d’écriture est plus que vital. On est loin, très loin des écrivains people qui écrivent par fantaisie… pour disserter sur le sexe des anges, la couleur des pieds des Pieds noirs, j’en passe et des meilleures.
Comme l’a souligné Tierno, avec le parcours qu’il a eu, il lui est difficile de chanter la beauté des libellules. “L’exil est un très dur métier”, pour reprendre le grand poète turc Nâzim Hikmet.
L’occasion de rappeler les 8èmes rencontres internationales de l’exil à Beaubourg du 5 au 7 décembre.
Hier, un hommage a été rendu à Ahmadou Kourouma et Mongo Beti, avec la présence du grand Ambroise Kom, ami de Mongo Beti, et des épouses de Kourouma (Christiane) et de Beti (Odile Tobner), qui ont toutes les deux pris la parole.
http://www.centrepompidou.fr/Pompidou/Manifs.nsf/0/A5DF5FB183589852C12574DD00338053?OpenDocument&sessionM=2.6.2&L=1
Pour en revenir à Picouly, j’ai beaucoup aimé tous ces accents (ça change de l’accent parisien qu’on dit “pointu") qui nous faisaient voyager d’un pays à un autre, nous sortant de cette France hexagonale renfermée sur elle-même, en pleine crise financière, immobilière et j’en passe, sans parler de la crise qu’elle vit avec elle-même.
Peut-être les Français devraient-ils s’exiler en masse ? Ils regarderaient un peu moins leur nombril et en apprendraient davantage sur les autres et sur eux-mêmes… enfin, il faut l’espérer.
Mon cher Tierno, toutes mes félicitations pour ce Prix Renaudot même si nous, qui te suivons depuis longtemps, connaissions déjà ta valeur et celle de tes écrits.
Merci Obambé Gakosso d’avoir rappelé Peuls, ce roman dans lequel Tierno raconte l’épopée des Peuls, une façon indirecte de parler de cette langue et de cette culture qui, jamais ne le quittent, même si lui a dû quitter son pays natal.
“Au commencement, la vache.
Guéno, l’Eternel, créa d’abord la vache. Puis il créa la femme, ensuite seulement le Peul. Il mit la femme derrière la vache. Il mit le Peul derrière la femme.
C’est ce que dit la genèse du bouvier, c’est ce qui fait la sainte trinité du pasteur...”
Voilà les premières phrases de “Peuls”, une véritable réjouissance, en effet, un vrai bijou !
Je crains que son dernier roman ne soit incompris de beaucoup (Africains notamment) qui voient en ce Roi de Kahel, un Français devenu Peuhl, une simple apologie de la colonisation.
Après tout le bruit autour de la loi sur “le rôle positif de la colonisation” (3 ans déjà ???), ce roman ne pourra faire que polémique… surtout chez ceux qui ne l’auront pas lu.
Deux auteurs qui auraient mérité toute leur place lors de cette manifestation sur l’exil à Beaubourg :
Tierno Monenembo et le Congolais Maxime N’Débéka, deux écrivains bien vivants qui auraient pu nous parler de ce dur métier qu’est l’exil, deux modèles de probité et de discrétion que l’écriture a littéralement sauvés.
Ce serait vraiment dommage d’attendre qu’ils soient “partis” pour faire parler leurs épouses, amis ou autres.
Ils s’étaient tous les deux exprimés sur la question lors d’un café littéraire au Lavoir Moderne Parisien en avril dernier et je peux vous assurer que c’était plus que poignant. Nous les écoutions avec respect et admiration, ces deux grandes figures de la littérature africaine.
En attendant, on peut toujours acheter leurs livres, les lire et les offrir, c’est le plus beau cadeau qu’on peut leur faire.
Ma chère Bahia, on se verra peut-être ce soir à Beaubourg ? En parlant du Café Littéraire réunissant Tierno et N’Débéka autour de de Caya Makhélé, je voudrais rappeler aussi cette magnifique pièce de Tierno, La Tribu des Gonzesses qui était présentée ce jour-là, qui se lit d’une traite entre rire et larmes, et qui je crois a rencontré un bon succès sur scène à Dakar. Et de Tierno, je voudrais aussi recommander la lecture de L’ainé des orphelins, un roman poignant sur la souffrance et le destin de tant d’enfants au Rwanda avec cette horrible guerre.
Oui, B-K, l’article sur Sony montre vraiment que les deux que tu cites sont des rapaces médisants.
member22 dit le sorcier, je laisse chacun faire son interprétation…
Baya : “ Peut-être les Français devraient-ils s’exiler en masse ? Ils regarderaient un peu moins leur nombril et en apprendraient davantage sur les autres et sur eux-mêmes… enfin, il faut l’espérer.”
Hélas Baya, quand je vois au JT, début novembre, traité successivement,
sur un ton emphatique et catastrophé “ALERTE SUR LE LIVRET A” (oulala le taux va baisser en février, alerte à Malibu, nos sorts vont en être bouleversés)
puis sans transition “EXODE AU CONGO” (le viol arme de guerre, sur un ton neutre et distancé, comme une histoire ne nous concernant pas )…
oui le NOMBRIL est là dans toute son horreur !!!!
children27
Bahia et non Baia, décidément, toutes mes excuses !
Absent samedi, j’ai apparemment raté le gros du spectacle, mais les tables rondes à Beaubourg du vendredi et du dimanche ont été passionnantes.
On ne peut regretter l’absence d’un public africain qui ne se passionne pas pour sa littérature… On mettra cela sur le compte d’un défficit d’information, comme d’hab.
Cher Alain, merci pour la dédicace !
On ne peut que que regretter l’absence d’un public africain
A “Mr” Hector suite au message: #5 Posté par lui le 12/11/2008 à 19h43.
J’ai une autre confidence pour vous: Vous devriez prendre un plus au sérieux votre façon d’écrire, cela pourrait de donner plus de qualité à l’intervention d’un goût douteux dans un blog aussi sympathique qu’instructif que celui de M Mabanckou.
Et, cher Gangoueus (je t’assure, je préfère Joey the Kong, y’a rien à faire), je n’ai pas eu le bonheur de te voir puisque ce jour de ma visite était celui où tu n’es pas venu, mais j’ai eu des échos laudateurs à ton propos…
Les tables rondes ont été passionnantes, en effet, j’ai vraiment apprécié la première, avec Esther Mujawayo, Souâd Belhaddad et Gaston-Paul Effa, elle parlait d’exil au cœur de son sens. Le débat suivant était sans doute aussi intéressant, mais comme nous l’avons beaucoup eu ici dans le village, il m’a moins captivée.
J’ai bien apprécié cette poésie de spectacle Niama-Niama, un joli conte plein de fantaisie et de légèreté.
et la sorcier déclare : perhaps78. Peut-être, en effet.
Dimanche dernier, en écoutant Alain lire un passage de son roman Verre cassé (sans ponctuation), je me suis intérieurement dit : “Il doit se rendre de la souffrance qu’il impose à ses lecteurs à faire des phrases sans point. Il y a donc une justice sur cette terre ! “
Tu dois régulièrement faire de la plongée en apnée pour tenir un tel rythme…
Rires !
@ Bahia,
Je suis justement entrain de lire l’ainé des orphelins et je découvre un magnifique texte et un très grand auteur.
@+
@ Mère Eve de Paname,
Je devine la source de ces échos “laudateurs”. Mère faut pas trop parler gros français, pardon.
Tant pis pour Joey et bonne santé à Gangoueus. J’attends d’ailleurs ta visite chez Gangoueus.
@+
CE prix Renaudot 2008 de Tierno je l’ai déjà fais cas à mon auditoire.Je me culpabilisais de ne pouvoir pas remercier Tierno que je ne connais qu’à travers L’Ainé des orphelins et¨Peuls,des romans aussi redvables d’une écriture originale.Merci Alain de l’avoir remercié à ma place.
D’Encre et d’Exil raconté par Gangoueus, la première journée tout du moins : Quelques notes relevées à Beaubourg…
Il vous renvoie sur le blog de La plume francophone pour une synthèse plus précise de ces rencontres autour de l’exil.
http://la-plume-francophone.over-blog.com/article-25629981.html
Et présentation de L’Aîné des orphelins écrit par l’un des aînés de la littérature africaine, toujours par le même Gangoueus.
A lire sur son excellentissime blog :
Chez Gangoueus
http://gangoueus.blogspot.com/
Merci infiniment, Gangoueus, de nous faire partager avec tant de talent et de sérieux ta passion de la littérature.
Merci pour ce message, Bahia, merci.
C’est attirée par le titre “Peuls” que j’ai acheté ce livre, et ainsi découvert l’écriture de celui qui a emballé son nom de discrétion. J’avoue que jai été heureuse de ne pas trouver ce qui m’avait superfiellement poussée à acheter ce livre !
Ce fut une belle et surprenante aventure plen de d’humour.
Félicitations pour ce “dernier né” que je m’empresse de découvrir.
Safi Ba
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