Le Bantou de Washington qui fit trembler Paul Biya…
Posté dans: Événements | Par Alain Mabanckou | le 28 Nov 2007 à 3h01 | Lu 6587 fois
Célestin Monga (photo) est un brillant économiste, actuellement Conseiller du Vice-président de la Banque Mondiale à Washington. Ancien professeur d’Economie au Cameroun, à Bordeaux et à Boston. Cet économiste de premier plan déclencha un mouvement de révolte lorsqu’il publia en 1990 un article dans la presse, article qui horripila les autorités camerounaises au point que tout cela se solda par la mort de plusieurs citoyens. Monga a gardé ce regard caustique sur son pays d’origine, et nous pouvons, à travers son parcours qu’il raconte dans son dernier livre, Un Bantou à Washington, observer les pratiques actuelles des dictatures africaines, véritables niches de la corruption et du détournement des fonds. Monga raconte comment dès 1990, vivant encore dans son pays natal, il décide de briser le mur, de crever l’abcès :
« Un jour de décembre 1990, vers midi, alors que je m’ennuyais encore plus que d’habitude dans mon bureau de banquier, fatigué de rédiger des comptes rendus d’exploitation et des analyses de bilans que je savais tous truqués, je n’avais rien d’autre à faire que de m’infliger le discours que Paul Biya, le potentat local, avait prononcé la veille à la chambre d’enregistrement pompeusement affublée du titre « Assemblée nationale du Cameroun » […] Bien que m’étant libéré de toute forme de colère à l’endroit de Paul Biya et de son gang, je n’avais pu m’empêcher de rédiger en dix minutes un petit texte d’humeur intitulé « Lettre ouverte à Paul Biya »…
Le texte paraîtra dans Le Messager. Le Gouvernement enverra des sbires saccager les locaux de ce quotidien local. Monga est alors sous la menace d’une décente de la police. Il trouve le temps de boire tranquillement son café, de mettre son meilleur costume afin de narguer la flicaille qui ne rêve que de le torturer, lui qui fut à plusieurs reprises déjà emprisonné pour ses écrits pendant longtemps sans un jugement. Faut-il fuir le pays comme le lui recommandent plusieurs journalistes du Messager ? Il y songe, certes. Mais il faut jouer sur l’information. Il a un mentor en France, et ce mentor n’est autre que le rebelle et lumineux écrivain Mongo Beti qui vit alors à Rouen. Un coup de fil de Monga à Mongo Beti, et les médias du monde entier sont informés… La dictature a horreur des moyens de communication extérieures – tout simplement parce qu’elle ne peut les contrôler. Monga n’est plus alors un inconnu. Mais les autorités camerounaises jouent la tenacité, mettent la main sur lui, le jettent dans une prison qui n’a rien à envier à une porcherie. L’arrestation de Monga passe en boucle sur les radios et les télés mondiales. Le peuple camerounais est derrière cet homme qui a osé dire « non ». Le mythe Monga est en marche… au détriment du gouvernement en place. Monga n’est plus seulement Camerounais, il est le fils de tout un continent, le symbole de la liberté…
En prison, il est au “Hilton” :
« …L’échantillon des prisonniers réunis dans ma cellule du « Hilton » évoquait dans mon esprit une Arche de Noé dont Belzébuth lui-même aurait sélectionné les espèces. Les violeurs de femmes rivalisaient d’énergie et d’exubérance avec les braqueurs de domiciles et les membres de gangs, chacun de ces groupes de voyous proclamant fièrement les exploits qui les avaient conduits là, ainsi que le nombre de fois qu’ils avaient échappé à la police… »
Livre excellent, écrit dans une langue belle, ample, élégante, captivante et qui montre que Monga est avant tout un écrivain accompli, un narrateur doué même s’il est un des personnages importants de l’économie mondiale…
Un Bantou à Washington est suivi d’un autre texte, Un Bantou à Djibouti qui est un recueil de pensées, d’impressions que l’auteur notait lors de son voyage dans la Corne de l’Afrique…
Un Bantou à Washington, de Célestin Monga, Editions PUF, Paris, 2007, 208 pages, 14 euros

(142) Commentaires
Très beau livre, comme tous les autres de Celestin Monga. A mettre dans sa bibliothèque et à lire absolument.
Merci Monga de montrer la voie à ces prétendus intellectuels aficains qui refusent d’assumer leur mission de don de savoirs et connaissances et condition d’Africain.
Si tous les prétendus intellos pouvaient faire comme toi, je suis convaincu que l’Afrique aurait sa dignité.
Alain tu as oublié de parler de l’université (privée)des Montagnes à Bangaté au Cameroun que Monga soutient.
Je demande à tous les lecteurs d’aller faire un tour sur le site.
Une fois encore merci Monga
Voici un lien pour visiter l’Université des Montagnes au Cameroun
http://www.udesmontagnes.org
Je suis noir mais je ne suis pas bantou. Mais ça à l’air bien écrit.
Il y a quelques jours, je suivais sur l’écran de mon laptop la nouvelle (http://www.tv5.org)de la publication du tout nouveau livre de Célestin Monga, auteur que j’apprécie beaucoup. J’avoue que je me suis posé pas mal de questions sur le titre de son livre “Un bantou...”. A mon avis, employer le terme de “Bantou” (pluriel de muntu)à un sujet singulier, n’est pas adéquat. Le terme de Bamileke vaut tant pour le sujet singulier que pour le sujet pluriel; ce qui n’est pas le cas pour le terme “Bantu”. Tout comme il serait inadéquat d’employer le terme “Mumileke” pour parler du “Bamileke”. Je crois que Célestin Monga devrait plutôt intituler son livre” Un muntu à Washington”. Ce que son compatriote Fabien Eboussi Boulaga avait fait plusieurs années auparavant avec “La crise du muntu”. Si j’avais l’adresse e-mail de l’auteur, je lui aurai écrit directement. J’espère que par l’intermédiaire d’Alain Mabanckou, ce grand écrivain qu’est Célestin Monga, sera informé.
Toujours est-il que le titre du livre ne remet pas en cause sa quintessence. J’ai donc décidé d’acheter ce livre (via amazon.fr, y compris deux romans d’Alain Mabanckou: Verre Cassé et African psycho). Ils me seront livrés dans une semaine. J’attends.
Hermann-Habib
Madrid (Espagne)
Monga a gardé ce regard caustique sur son pays d’origine, et nous pouvons, à travers son parcours qu’il raconte dans son dernier livre, Un Bantou à Washington, observer les pratiques actuelles des dictatures africaines, véritables niches de la corruption et du détournement des fonds. Monga raconte comment dès 1990, vivant encore dans son pays natal, il décide de briser le mur, de crever l’abcès :
on aurait aimé que Monga ai aussi se regard caustique sur Washington qui en matiere de soutient de dictateur africain fut tout aussi coupable .. d autaut que critiquer des usa les errement des leader africain tout en etant proche des manager principaux de la Banque mondial montrer a quel point la parabole de la poutre et de la paille est toujours d actualit pour certain ! ... quant a etre l initiateur de trouble qui cause la mort de citoyen juste pour le plaisir de la pur provo y a pas de koi etre fiere ! ...bien sur c est pas de sa fote c est les autres , eux les Africain sans education , dictateur et autre paysans analphabete qui comprenenent pas .. mais lui ce brillant bantou diplomé de l université international des charlot n est plus a ca pres , y a longtemps que l economie n est plus une science exacte mais une simple philosophie ! ..
Livre excellent, écrit dans une langue belle, ample, élégante, captivante et qui montre que Monga est avant tout un écrivain accompli, un narrateur doué même s’il est un des personnages importants de l’économie mondiale…
tout est dit lol ! .. le mec moultitache sans tache sait faire la bouffe ? , heros au fond de sa cellule : le portrait type de l intello martyr mais qui a tres bien rebondi et se retrouve comme par hasard au sommet ! l opposition en afrique c est comme les assoc de banlieue , l antichambre d ambitieux !
Un Bantou à Washington est suivi d’un autre texte, Un Bantou à Djibouti qui est un recueil de pensées, d’impressions que l’auteur notait lors de son voyage dans la Corne de l’Afrique…
c est un bantou ou les mémoire d un voyageur vénitien ? je veux pas dire mais presenté comme cela on dirait que Bantou veut dire orientaliste venue d occident decouvrir cette mystérieuse Afrique .. Wagabandage d un Bantou dans la corne du diable a deux pas de la maison blanche ... ! ..
Child 67 .. non je ne suis pas une Bot !!
Bantou comme articulation des petit ballade romantil d un economiste en mal de reconnaissance spirituel , a trop tirer sur les cordons de la bourse certain songent a lier l infamie de leur métier a la délicatesse de leur prousse littéraire ! apres tout un livre est un livre ! .. mais peut on passer d equation mathématique abstraite dont la variable X est un point blanc perdu au milieu d un tableau noir a un africain en train de subir les consequence des décision et des orientation monnaitaire de la Banque Mondial .. Lamy bantou lol .. Bantous sa se traduit par koi ? Humain il parait ...
Muntu, si ma mémoire est bonne veut dire Homme drapé dans de sa dignité profonde. La dignité profonde se disant “kimuntu”, “ubuntu”, “butu"… dans certaines langues dites bantu.
C’est Eugène Ebodé qui le premier m’a parlé de ce talentieux écrivain. J’ai eu tort de ne pas avoir levé le lièvre avant Aain. veinard va hein ! Alain, tu es toujours dans les bons coups. Walaï-faforo !
D’après le Petit Larousse:
bantou, e adjectif
Des Bantous, des peuples de ce groupe.
bantou nom masculin
Groupe de langues africaines parlées dans toute la moitié sud du continent africain.
(c) Larousse.
Bantous, ensemble de peuples de l’Afrique, au sud de l’équateur, parlant des langues de la même famille.
(c) Larousse.
Tout dépend du contexte dans lequel on se situe, et de l’importance (relative!) que l’on accorde aux choses ou aux mots. Soit! Mais le terme bantu est avant tout une réalité sociologique: un muntu, (d’aucuns diraient un ntu),des bantu. Les Bantu! Vous les trouverez dans quelques pays africains, pour ne citer que les 2 Congo. La liste est pourtant longue. Pouvez-vous la compléter?
celestin un bon coup lol , sacré bk tjr le mot pour rire .. les elites noirs post colonial c est un peu comme le Ps ... des carrieriste en puissance ! publie ou creve !! .. allez un de plus dans la Bande des analyste a deux balle qui decouvre que la pologne est plus interessante que le congo en pleine guerre froide mais occulte que l europe a tolerer l allier d hitler et la souffrance des espagnol pendant des decennie sans pour autant s interesser jusqu a aujourd hui aux sort des républicain .. un misérabiliste de plus qui pour faire bonne figure pense que la vague de fond est salutaire malgré les divergence radical , enfin la ou il a echouer , comik a vrai dire ... le fond l emporte sur la forme ..vive st Thomate , la grand génie des compagnie off shore qui sevissent en afrique c est d avoir su financer l opposition aussi bien que les dictateur et cela des les annes 80 , c est pour ca que le post colonialisme est un echec depuis 40, africain vois pseudo intello rebelle se foutent de vote gueule , eux bosse pour d autre ... faut des coulag en afrique ! .. l ennemi n a jamais été soi meme , mais l autre , le docte qui hierachise , le docte intello partis faire fortune au states et revenu apres son exil exitentiel en s abreuvant de idéaliste au destin tragique .. vive les nanalphabete ! c est eux qui feront l afrique de deux-main n, assez des intello qui arrete pas de publier des livre pour nous dire que le destion est formidable ! .. sale traitre ...
bon je m emporte mais j ai ecouter ses brillante analyse , tin mé sort d ou lui encore un anti francais en puissance ! vive la gauche la radical celle qui emmerde les libéraux américain qui sont pas fichus de regarder leur propre merde accumulé depuis des siecle et qui font la lecon aux monde .. cassez vous aller publiez en anglais et foutez nous la paix ! .. c est triste a dire mais sans la france pour avoir fait barrage aux pretention d entreprise américaine le congo se serait pire aujoud hui .. ! .. au final sont comme ces connard de marxiste qui tenaient leur discours dans les usines .. 2 monde qui se comprennent , on vous comprend on sait pas a quoi sa sert vos livre a pour vous donner l impression d etre utile a quelque chose ..
ainsi parle dead19 ..
c est marrant c est tout le contraire de ce que je voulais dire , j oublie trop de mot essentiel , serait je parasitée ?? non .. ils servent a rien ces elite intello africaine a rien du tout a part vendre leur salade :! ...
bon un conseiller a la banque mondial , un socilogue qui va a l université du medef , le monarque Leclerc , c est quand que vous prenez vos carte du MEDEF ?. copyright and co ..
Le terme “Muntu” et sa variante pluriel “bantu” est également utilisé dans les langues Sud Africaines. Un ancien collègue de fac d’origine Sud Africaine me le faisait souvent remarquer lorsqu’il venait écouter “Les Bantous de la Capital” dans ma chambre de Cité U.
En parlant de Célestin Monga, Si ma mémoire ne me trompe, peut-on me confirmer qu’il s’agit bien du même qui officiait au journal “Jeune Afrique” à la fin des années 70 ou au début des années 80 ?
N-J, ça se vend où les carte du medef ? I paraît qe c’est mieux que les cartes de rationnement ! Walaï-faforo. J’ai voulu convertir ça en nombre d’agoutis ou de kilo d’aloko, je paris que ça doit rapporter hein Michel-Edouard !
Kidi où es-tu ? M’entends-tu ? Que fais-tu ? turlututu…
Kidi, le neg’-là, il a des actions chez colgate ou quoi ? Walaï-faforo ! Il a des dents d’un propre on dirait qu’il n’a jamais mangé de foutou ou de manioc de sa vie ! Alain lèche la terre et dis nous que tu n’as pas corrigé la photo ! Walaï-faforo, lèche la terre !
ca se trouve a Washington Dc les carte du medef .. suffit d etre conseiller des donneur de lecon de la banque mondial qui ont brillé par leur pertinente politique dont a vu les consequence aux Niger en 2005 , comment un africain osent entre dans cette institution hérité du plan marshall , dont on sait que le but n etait pas simplement l aide financiser au etat mais aussi un soutient implicite aupres des intellos , gunter grasse est l exemple des ses faux cul qui attendent l approche du baiser divin pour enfin dévoilé leur vrai nature . celestin est egal dans sa forme que dans son fond , lunette de soleil , chaine en or , regard drageur du palayboy sur le retour , tout dans l apparence .; surtout sa lettre ! ...
avec l arrivé de cette nouvel droite francaise dont le leader est applaudit aussi bien par les democrate que les republicain vient aussi cette vague d intello africain pseudo scribe de l humanisme mais qui au final ne desser que le bilan de leur echec a savoir parler au peuple ! conversation pour intello deconneté de la réalité et partit vivre dans leur exil doré ! les pouilleux qui vivent dans la merde s essuie avec vos live , on les brule pour nous rechauffer ! ...
”Si ma mémoire ne me trompe, peut-on me confirmer qu’il s’agit bien du même qui officiait au journal “Jeune Afrique” à la fin des années 70 ou au début des années 80 ? “
C’est bien le même en effet, MOLEKINZELA. @+, M82
Merci à Alain Mabanckou. Je viens d’achever la lecture de ce livre et il est excellent. Je dirai même qu’il est grandiose et qu’il s’imposera rapidement comme un classique. Je me suis beaucoup marré en lisant le chapitre sur la diaspora camerounaise aux USA. Pas étonnant que la collection Perspectives Critiques des PUF, qui n’a jamais le temps pour nos auteurs, se soient précipitée pour le publier. Ceux qui disent que le livre ne critique pas l’Amérique n’ont évidemment pas pris la peine de l’ouvrir puisqu’un chapitre entier et dévastateur est consacré au pays de Bush. Une petite correction aux délires de certaines personnes que je lis sur ce blog : dans les années 70, Célestin Monga était élève avec moi dans un lycée à Douala. Ceux qui le situent à Jeune Afrique à Paris doivent parler de quelqu’un d’autre. Je sais que lorsqu’il était étudiant en France au milieu des années 80, il a dû publier quelques lettres à J.A., au Messager, etc.
Après mon frangin Mayombe (une mine d’informations!), et contre l’avis du post 22, je confirme, Molékinzela, qu’il s’agit bien de ce Célestin Monga là, qui officiait comme tu dis, à “Jeune Afrique”, à peu près à cette période (plutôt début des années 80). Et d’ailleurs son parcours et sa trajectoire auraient pu nous fournir matière à débat. Mais le débat semble étrangement délaissé ici depuis quelques temps, allez comprendre pourquoi… Quoiqu’apparemment, Kidi Wanda nous y ramène? -)
Mais pour finir sur Monga, je suggère à ceux que cela intéresse, de lire le portrait qu’il a fait de Béchir Ben Yahmed, après sa période “Jeune Afrique”, dans son livre “Têtes d’affiche”. C’est assez drôle (malheureusement le livre est introuvable aujourd’hui je crois...). Par ailleurs, du même auteur, le petit opus ”Anthropologie de la colère”, est un des livres les plus intelligents écrits sur l’Afrique. Mais la question à propos de Monga, est souvent: comment une telle trajectoire intellectuelle finit-elle par s’échouer à la Banque Mondiale? Dans ce temple des prescriptions au mieux frivoles, inadéquates et infécondes, mais plus sûrement scélérates?
Un mot sur le post 20 de Kidi Wanda: si les nouvelles batailles juridiques que tentent de mener ces ONG et autres associations, sont en effet exemplaires et courageuses, imaginatives, véritablement innovantes, mais surtout volontaristes, toutefois, elles ne me séduisent pas, pour deux raisons:
- D’une part, il est évident que leur efficacité est minime. Pour les raisons même que donnait Kidi: il n’arrive jamais grand chose par ce biais-là aux amis des amis des grands de ce monde. L’indépendance de la justice en France par exemple, n’est qu’une proclamation. Dans le fond, on sait comment ça se passe (surtout si on lit régulièrement Le Canard Enchaîné). Qui peut croire sérieusement que sous Sarkozy, il risquera d’arriver quoi que ce soit de judiciairement fâcheux à Omar Bongo? Sans compter qu’au plan des arcanes juridiques même, l’objection de souveraineté sera probablement un gros écueil. Ce sont donc des actions courageuses, mais dont le résultat est prévisible.
- D’autre part, sur le principe, moi ça me dérange que les solutions pour l’Afrique dépendent d’acteurs et de facteurs extérieurs. La condition première pour qu’advienne le vrai changement en Afrique, sera que tout repose sur nous - sur chacun d’entre nous. Kidi a raison de dire qu’au moins, les types d’actions de ces ONG sont concrètes, et vont au delà des simples discours. Certes. Mais les seules actions concrètes, susceptibles de faire en sorte que, je cite Kidi, “Sassou et Bongo ne se contentent pas de trembler”, sont ces actions auxquelles participera chacun d’entre nous. Il y a trop d’Africains vivant hors de leur continent, pour que l’on espère que le salut viendra miraculeusement de quelques heureuses initiatives extérieures. Je crains comme on dit, qu’il ne faille se mouiller, pour chacun d’entre nous, pour pouvoir espérer. Nos autocrates ne vacilleront que si le peuple s’engage à les secouer, à les bousculer, à les harceler. Et nous pouvons - nous devons, d’une part enseigner cela au peuple, et puis d’autre part, nous souvenir que le peuple c’est nous.
Ça prendra 10 ans, 20 ans ou un siècle, mais seule l’Afrique pourra changer l’Afrique. Je vis en France, et je ne sais pas quand je vais rentrer chez moi. Mais je sais que c’est une illusion, de croire que l’Afrique pourra changer sans moi. Sans nous. C’est dur à entendre, mais c’est illusoire d’imaginer, alors que nous sommes déjà si nombreux à être partis, que chacun d’entre nous verra de son exil, l’avènement d’une Afrique nouvelle.
Et on a bien compris j’espère, que je ne réagis pas seulement au post de Kidi Wanda. Au delà, il faut lire ces lignes comme une critique globale sur la question de l’avenir de notre continent.
@+
Juste un mot (le temps me manque...) pour dire Kidi, que je comprends bien ton raisonnement. Il ne manque pas de pertinence, loin de là. Et il y a débat. Mais je voudrais juste préciser que si je souhaite que le développement de l’Afrique se fasse d’abord et avant tout par des Africains, ce n’est pas pour ces raisons que d’autres invoquent, et que pour ma part, je trouve affectées d’une dynamique sectaire qui ne me sied point: toute aide qui vient des “Blancs” serait viciée, l’Occident ne nous aiderait que pour se donner bonne conscience, etc. Moi, c’est sur le terrain de l’efficacité que je me situe. De même que l’envoi massif de “coopérants” chez nous, dans divers secteurs, empêchait que ne soient formées une main d’oeuvre, une expertise, une ressource humaine locale adéquate, le fait que ce soient toujours d’autres qui nous donnent un coup de main (qu’ils soient Blancs de France ou Noirs d’Amérique), tout cela participe à faire de nous des gens inactifs, peu impliqués. Si l’idée, l’impulsion, vient de nous, je veux bien, à la rigueur, que nous allions chercher pour ceci ou pour cela, une aide extérieure destinée à appliquer des plans, des stratégies que nous avons nous-mêmes définis. Mais cette dynamique où ce sont souvent d’autres, qui pensent, et qui font pour nous, est dangereuse. C’est en nous, que doit naître l’urgence. C’est en nous-mêmes, que doit surgir la détermination. L’envie de construire. Et c’est à cela je pense, que l’on mesure la vitalité et l’orgueil d’un peuple (le bon orgueil).
@+
Combien de personnes qui réagissent sur ce blog on pris la peine de lire le livre de Célestin Monga ? Moi j’ai pu le trouver à la FNAC le weekend dernier et j’ai passé le dimanche à le lire. C’est un des meilleurs textes que j’ai eu à lire depuis longtemps. C’est très profond, très équilibré, et c’est plein d’auto-critique et d’enseignements. J’ai aussi beaucoup aimé les réflexions sur la société africaine et sur la diaspora. C’est rare de la part d’un économiste. Ah oui, ceux qui reprochent à Monga de travailler à la Banque mondiale me font rire. Vous vouliez qu’il travaille dans un MacDonald de banlieue ? C’est comme si on reprochait à un grand scientifique de travailler à la NASA. Monga travaillait comme banquier dans son pays quand Paul Biya l’a fait arrêter et jeter en prison. Vous vouliez qu’il aille traîner dans les bistrots à Paris pour dire qu’il est un intellectuel africain ? Qoui qu’on en pense, la Banque mondiale est un des hauts temples de l’économie mondiale. Tous ceux qui comme moi ont fait des études d’économie aimeraient bien aller voir ce qui se passe vraiment là-dedans. Monga est un ancien banquier dans son pays, un ancien professeur d’économie. Je viens d’ailleurs de voir à la conférence annuelle des études africaines une encyclopédie en 5 volumes sur l’Afrique parue récemment, dont Monga est le responsable de la section économique. Pourquoi n’irait-il pas à la Banque mondiale là où il y a des Prix Nobel d’économie comme Joseph Stiglitz ? Pourquoi les Africains doivent toujours s’enfermer dans des ghettos et dans l’aigreur ? Le plus important, c’est que le fait de travailler à la Banque mondiale n’enlève rien à la liberté d’opinion de l’intellectuel qu’il est resté. Il suffit de lire son livre pour bien s’en rendre compte. J’aimerais que tous les économistes de la banque mondiale s’octroient la même liberté de regard et d’analyse que Monga. Monga a écrit des livres pour demander aux pays africains de quitter la zone franc ("Sortir du piège monétaire”, parue chez Economica). Personne à la Banque mondiale n’a jamais osé prendre de telles positions. Alors au lieu de faire une fixation sur l’endroit où Monga travaille, nous devrions discuter de ce qu’il dit ou écrit. C’est plus important que sa photo, qui semble susciter beaucoup de commentaires sur ce blog.
le peuple d Afrique n existe pas alors comment parler d un projet unique ou pire d une définition commune d un avenir pour tous alors que tous nous ne somme deja pas d accord sur les choix de société qui sont les prémisse de tout prjeot , vous mettez la charrue avant les boeuf .. l unité ne se créer qu avec un projet commun , la couleur d une peau ne suffit pas a créer une unité, la naiveté de dow et kidi c est de celle qui caratérise ces ong et beaucoup de penseur d occident .. cet espece de préjugé paternel qui consiste a parler au nom des africain et a penser a leur place , a leur dire ce qui est bon pour eux et ce qui mauvais , ce qu il faut faire ou ne pas faire , qui sont leur amis qui sont leur ennemis , ou émigré et ce qu est l immigration .. .. tout les africain ne partage pas vos projecion et vos analyse ! .. certain rejete le modernisme et prefere preserver leur tradition , d autre veulent prendre exemple sur l occident et coupé le cordon ancestral , d autre encore pense que seul le vecteur economique peut apporter une stabilité ( celestin) , d autre une religion forte , d autre un etat fort , d
avant de vous envolez dans vos délire d une naiveté effarente vu vos connaissance tentez deja de mettre autre chose que le mot Africain sur les peuple d un contienent parmis d autre , qui au final est a l image des mot comme inifini , dieu , des passe partout qui évite de regarder d un peu trop pres toute ces contradiction interne a l afrique et qui n ont pas attendu le colon blanc pour apparaitre , sauf pour les aveugle du post colonialisme ... c est quoi un africain ? c est quoi qui défini l identité africaine ? une histoire ? une géographie ? une culture ? une donné naturel ? une blessure peut etre ...
Dow dit cela en gras ..
je veux bien, à la rigueur, que nous allions chercher pour ceci ou pour cela, une aide extérieure destinée à appliquer des plans, des stratégies que nous avons nous-mêmes définis.
“
non qu une minorité d intello defini pour la majorité et finira par l imposé tout ou tard par la force car vous réaliserez que ce que veux le peuple depend de la facon dont “construite” le peuple .. la nation est diverse et chacun désire un avenir different .. trouvons deja les point d anchrage d une avenir que tous desire partager et pas seulement des noir en costume cravate qui ont plus honte de ne pas parler anglais qu arabe ou chinois !
deja l afrique doit exprimer et extérioriser sa rage ! .. canaliserla violence sur un ennemi commun , la violence la rage sont des sentiement positif .. quand il sont orientez de facon pragmatique
.. brulez les amabassade d occident en faisant au préalable sortir le personne , c est symbolique pas besoin de mort ! .. créer des syndicat dans les zone portuaure et bloquer les ports , théorie du trou de la constipation , vous verrez que la haut il vont vite changer les discours !: soutient a tout frappe vis a vis de l Iran ! refus de sieger a l onu tant que le conseil de sécurité ne sera qu aux mains des 5 etats les plus con de la planete ! ...
le seul moyen de créer une union en afrique c est la lutte contre un ennemi commun… Banque mondial , fmi .. toute ces merde libéral qui nous pourrise la vie , l economie c est une philosophie dont les varialbe sont choise de facon arbitraire ! refus de la propriété privé ! la terre appartient a tous et a personne ! ...
les flammes ! voila la seul purification possible , parole de sorciere !
soutient a l iran bien sur vous aurez rectifier , africain devenez des Talibans noir ! l union fait la force car seul la force peut créer l union et la force jeune padawans c est le prémisse d une violence pas de discours ! ... .pas besoin d areva .. ouverture de neogcaition avec la chine qui elle seul pour raffiner le pétrole .. laisser sans pétrole 1 années et vous verrez que l afrique sera un paradis a coté de l europe ! vous leur donner une lecon ! et c est pas la peine de faire des discours basé sur des nanalyse completement subjectif , c est comme dansez pour des aveugle ! et les aveugle le seul moyen de leur ouvrir les sens c est de bruler leur economie ! ... comme ca celestin sera au chomage a Washington et fini l exil dorée
under33
chui tres jalouse du fond de ma misere de ces africain qui se la pete a los angeles ou miami et qui en plus se permette de nous dire comme agir et ce qu on doit penser ! .. . le peuple des ghetto ont les crocs
south66
Or donc, pour un économiste Tartempion, à la rigueur, ne nous y attardons pas. Mais pour un intellectuel qui a eu le parcours de Monga, comment on fait pour concilier ce paradoxe, où l’on dessine de beaux idéaux, pour le lendemain travailler pour ceux même qui ruinent les conditions de réalisation de ces idéaux? ”Monga a écrit des livres pour demander aux pays africains de quitter la zone franc”. Et je l’ai applaudi. Mais précisément, vous-mêmes vous ajoutez: ”Personne à la Banque mondiale n’a jamais osé prendre de telles positions”. Ce n’est pas seulement que personne n’a jamais osé. En réalité, que l’Afrique commence donc d’avancer dans cette direction, et vous verez que la BM tentera de l’en dissuader. Car cela n’est pas son intérêt. Et nous sommes au coeur de la contradiction: n’est-ce pas un peu ubuesque, d’encourager dans des discours, des élans que l’on sait par ailleurs freinés par ceux pour qui l’on travaille? Voilà la seule raison pour laquelle la place de Monga à la BM était pour moi un étonnement. Et, quitte à passer pour un donneur de leçons, si je peux encore risquer un mot à l’endroit de tous mes concitoyens Africains, sachez que l’intérêt de nos petites vies individuelles (travailler à la Banque Mondiale, dans le saint des saints, se hisser dans les sphères “people” de toutes les jet-set, ...) va quelquefois à rebours de l’intérêt de notre continent et de nos pays. Il s’agit de choisir. Et chacun choisit librement n’est-ce pas.
L’Afrique sera grande le jour où, plutôt que de rêver de travailler à la NASA, nos meilleurs scientifiques rêveront de nous doter de notre “NASA” à nous. Et puisque Fatoumatou vous écrivez: ”au lieu de faire une fixation sur l’endroit où Monga travaille, nous devrions discuter de ce qu’il dit ou écrit”, pour discuter de cela, c’est quand vous voulez.
Bien à vous.
Réponse à Fatoumatou (post 26). En effet, Monga est économiste de métier. Et voici ce que j’écrivais déjà quelque part sur la version précédente de ce blog: ”D’abord, à la décharge de Monga, il ne faut pas oublier qu’il est économiste de formation, et que personne ne peut lui interdire d’éxercer sa profession [...]”. Je ne lui reproche donc pas d’exercer le métier de banquier. Mais les raisons sont nombreuses, de s’étonner qu’il le fasse à la Banque Mondiale. Citigroup, JPMorgan Chase, La Merril Lynch, etc. après tout, les institutions bancaires et financières de premier plan sont légion, où il pourrait donner libre court à ses talents. Sans même compter les institutions académiques de standing international, où il pourrait officier. On est par exemple très fier du travail qu’il a pu réaliser autour de cette nouvelle encyclopédie sur l’Afrique. Mais avant que je n’en dise plus, faites-moi l’amitié, chère Fatoumatou, de ne pas me ranger au nombre de ces Africains que vous voyez enfermés dans “l’aigreur”. C’est un mot qui m’est inconnu, absent de mon vocabulaire comme de ma psychologie. Moi aussi, mon ambition pour l’Afrique est telle, que je souhaite toujours voir des Africains se hisser aux plus hautes sphères dans leurs domaines respectifs. Mais si “la Banque mondiale est un des hauts temples de l’économie mondiale”, il faut souhaiter qu’il en existe d’autres. Car la BM est surtout cette institution fripouille qui ne dépèce pas moins notre continent que nos autocrates lugubres et insensés. Cette institution qui nous presse d’ouvrir béants nos marchés et nos frontières, et qui nous laisse exsangues depuis 20 ans. La BM, c’est ce grand machin qui prétexte de combattre la pauvreté, et feint surtout de ne pas voir que son bilan en Afrique et ailleurs, est indigent; le résultat de ses prescriptions, un aveu d’échec cinglant. Alors, on va me répondre que ce sont nos dictateurs les seuls responsables. D’accord, mais alors avec la haute complicité de ces institutions fourbes. Qui ne sont pas dupes de la vacuité de leurs discours et de leurs prescriptions. L’intérêt de la BM n’est certainement pas que l’Afrique se développe. Seuls les naïfs entendent ce discours-là. Joseph Stiglitz peut en effet travailler à la BM. Mais il est américain, et il ne dessert nullement les intérêts de son pays. On serait même tenté de dire “au contraire”. Dans le monde tel qu’il va désormais, tout est stratégique. La BM est un outil de l’Occident, qui ne sert que ses intérêts. Il est malheureux, que même les plus avertis d’entre nous ne déchiffrent pas mieux les enjeux du monde. On commence par enseigner à nos futurs économistes (dans les “temples académiques” occidentaux), que seul le néo-libéralisme vaut. Que la théorie keynésienne est obsolète. Nourris de tout cela, nos économistes s’approprient ces discours, et militent eux aussi pour l’ouverture sans condition de nos frontières et de nos économies, et ne rêvent plus que de travailler un jour pour la Banque Mondiale.
Zut, les posts 31 et 32 sont à lire dans l’ordre inverse! C’est pas moi, c’est le site qui s’est détraqué -)
J’espère qu’A.M. ou Richard Songo remettront les posts dans l’ordre.
@++
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