Le Bantou de Washington qui fit trembler Paul Biya…
Posté dans: Événements | Par Alain Mabanckou | le 28 Nov 2007 à 3h01 | Lu 8375 fois
Célestin Monga (photo) est un brillant économiste, actuellement Conseiller du Vice-président de la Banque Mondiale à Washington. Ancien professeur d’Economie au Cameroun, à Bordeaux et à Boston. Cet économiste de premier plan déclencha un mouvement de révolte lorsqu’il publia en 1990 un article dans la presse, article qui horripila les autorités camerounaises au point que tout cela se solda par la mort de plusieurs citoyens. Monga a gardé ce regard caustique sur son pays d’origine, et nous pouvons, à travers son parcours qu’il raconte dans son dernier livre, Un Bantou à Washington, observer les pratiques actuelles des dictatures africaines, véritables niches de la corruption et du détournement des fonds. Monga raconte comment dès 1990, vivant encore dans son pays natal, il décide de briser le mur, de crever l’abcès :
« Un jour de décembre 1990, vers midi, alors que je m’ennuyais encore plus que d’habitude dans mon bureau de banquier, fatigué de rédiger des comptes rendus d’exploitation et des analyses de bilans que je savais tous truqués, je n’avais rien d’autre à faire que de m’infliger le discours que Paul Biya, le potentat local, avait prononcé la veille à la chambre d’enregistrement pompeusement affublée du titre « Assemblée nationale du Cameroun » […] Bien que m’étant libéré de toute forme de colère à l’endroit de Paul Biya et de son gang, je n’avais pu m’empêcher de rédiger en dix minutes un petit texte d’humeur intitulé « Lettre ouverte à Paul Biya »…
Le texte paraîtra dans Le Messager. Le Gouvernement enverra des sbires saccager les locaux de ce quotidien local. Monga est alors sous la menace d’une décente de la police. Il trouve le temps de boire tranquillement son café, de mettre son meilleur costume afin de narguer la flicaille qui ne rêve que de le torturer, lui qui fut à plusieurs reprises déjà emprisonné pour ses écrits pendant longtemps sans un jugement. Faut-il fuir le pays comme le lui recommandent plusieurs journalistes du Messager ? Il y songe, certes. Mais il faut jouer sur l’information. Il a un mentor en France, et ce mentor n’est autre que le rebelle et lumineux écrivain Mongo Beti qui vit alors à Rouen. Un coup de fil de Monga à Mongo Beti, et les médias du monde entier sont informés… La dictature a horreur des moyens de communication extérieures – tout simplement parce qu’elle ne peut les contrôler. Monga n’est plus alors un inconnu. Mais les autorités camerounaises jouent la tenacité, mettent la main sur lui, le jettent dans une prison qui n’a rien à envier à une porcherie. L’arrestation de Monga passe en boucle sur les radios et les télés mondiales. Le peuple camerounais est derrière cet homme qui a osé dire « non ». Le mythe Monga est en marche… au détriment du gouvernement en place. Monga n’est plus seulement Camerounais, il est le fils de tout un continent, le symbole de la liberté…
En prison, il est au “Hilton” :
« …L’échantillon des prisonniers réunis dans ma cellule du « Hilton » évoquait dans mon esprit une Arche de Noé dont Belzébuth lui-même aurait sélectionné les espèces. Les violeurs de femmes rivalisaient d’énergie et d’exubérance avec les braqueurs de domiciles et les membres de gangs, chacun de ces groupes de voyous proclamant fièrement les exploits qui les avaient conduits là, ainsi que le nombre de fois qu’ils avaient échappé à la police… »
Livre excellent, écrit dans une langue belle, ample, élégante, captivante et qui montre que Monga est avant tout un écrivain accompli, un narrateur doué même s’il est un des personnages importants de l’économie mondiale…
Un Bantou à Washington est suivi d’un autre texte, Un Bantou à Djibouti qui est un recueil de pensées, d’impressions que l’auteur notait lors de son voyage dans la Corne de l’Afrique…
Un Bantou à Washington, de Célestin Monga, Editions PUF, Paris, 2007, 208 pages, 14 euros

(145) Commentaires
première visite à ce bloget j’ai l’impression que notre cher hôte verse un peu dans le narcissisme avec ces photos à la page d’accueil.
Je me permets de répondre en lieu et place de notre hôte. Je pense que les autres poivrot du zinc vous le diront, ce n’est pas le genre de la maison. Et pour tout dire si vous avez des photos de vous à faire valoir ça nous fera rire un peu, envoie les nous, Alain se fera un plaisir de les afficher sur l’album !
Faith89
A D.O.W. et Mayombe 82
J’ai lu avec beaucoup d’intérêt vos derniers posts et ai beaucoup appris de la BM et du FMI que je connaissais peu.
Pour ce qui me concerne, comme je l’ai développé plus haut, je suis un partisant de la thèse d’une “visibilité” plus accrue et de l’investissement des diverses Institutions de ce monde par les minorités actives issues de l’immigration.
Peu-être ai-je tort, mais ce scénario me parait en effet beaucoup plus pertinant que l’hypothèse d’une forme d’auto-ostracisation qui nous place de fait en position de “hors circuit”.
S’agissant de la présence de C. Monga au sein de la BM qui semble présenter une certaine discordance en rapport avec ses prises de positions politiques, seul l’intérressé peut donner une réponse satisfaisante à ce paradoxe.
Bien que me considérant porteur d’une sensibilité politique de “gauche”, la présence d’une Dati, d’une Rama, Amara ou d’un Azzouz Bégad dans un gouvernement de droite ne me choque pas.
Tout est question d’éthique personnelle.
En effet, la dénonciation au sein du gouvernement par F. Amara de la surrenchère sur les empreintes génétiques, me semble avoir eu un retentissement plus important qu’une vague protestation de l’extérieur.
Il en est de même du clash d’Azzouz Begad en réaction contre les turpitudes et les comportements altérophobiques de la part de certains de ses collègues ministres à son égard malgré l’habillage philantropique dont se parait le gouvernement de Villepin, se prétendant un “gouvernement d’ouverture”.
Le récit décrit par A. Begad dans son livre montre que: naif au départ, il a pas mal cheminé. Il en est sorti très édifié et sans doute plus fort de ce gouvernement.
Le positionnement en situation d’extériorité pour des questions de morale ou de principe ont à mon sens, peu de chance de faire avancer les choses.
Initiatives sans doute individuelles et inéfficaces de ces deux personnes, me direz-vous?
Vraissemblablement.
Mais une représentativité numérique plus importante d’une élite issue des minorités, rendrait à l’avenir plus pertinente ses interventions et ses prises de position.
S’agissant d’un argument évoqué par mon frangin D.O.W. au sujet de l’éducation de nos populations, je dirais que celà doit se faire dans les deux sens:
Nous avons autant à apprendre de nos peuples, de nos cultures, de nos pays que nous avons à dispenser d’enseignements.
L’éducation, pour moi, doit toujours se dérouler dans une démarche inter-active. Sinon, elle devient une forme de communication avec feed-back zéro.
Dans tout développement, il y a un versant culturel qu’il faut prendre en considération.
Seule, une réappropriation stratégique des aspects positifs de nos identités culturelles respectives peut nous aider à progresser.
Malheureusement, cette dimension ne semble pas, à mon avis, avoir été suffisamment prise en compte par nos élites.
Une partie non négligeable de celle-citte a préféré par le passé, jouer les “guides éclairés du peuple”, se complaisant dans une contemplation narcissique de soi-même si elle ne s’est pas illustrée dans des cheminements politiques très versatiles au gré de l’évolutions des rapports de forces et des intérêts visés.
En effet, la dénonciation au sein du gouvernement par F. Amara de la surrenchère sur les empreintes génétiques, me semble avoir eu un retentissement plus important qu’une vague protestation de l’extérieur.
Il en est de même du clash d’Azzouz Begad en réaction contre les turpitudes et les comportements altérophobiques de la part de certains de ses collègues ministres à son égard malgré l’habillage philantropique dont se parait le gouvernement de Villepin, se prétendant un “gouvernement d’ouverture”.
Le récit décrit par A. Begad dans son livre montre que: naif au départ, il a pas mal cheminé. Il en est sorti très édifié et sans doute plus fort de ce gouvernement.
oui mais toute la difference c est que begag a eu l honneter de démissionner et de quitter un “lieux” qui n est plus en accord avec ses conviction et de l autre fadel amara crie au scandal mais reste solidement fixé au gouvernement qui legifere , c est pas la pire attitude , si on conteste pour une raison ethique une décision validé par le reste du gouvernement dont on fait partie , on démissione ! sinon c est autre chose , c est comme un flic qui s oppose au hareclement des jeunes de banlieue mais qui continue pourtant d obeir au ordres et de les harceler ! .. la betise du post plus haut c est cette amalgame entre deux personne dont l un est coherent avec ses conviction personnel et son action politique et l autre en contradiction avec ses conviction mais continue pourtant dans le gouvernement qui valide !
on voit la grille de lecture simppliste d une lecture simple et sans relief .. du braille ... sinon moi aussi je vous adore
”Mais une représentativité numérique plus importante d’une élite issue des minorités, rendrait à l’avenir plus pertinente ses interventions et ses prises de position.”
un con reste un con et il est pas dit que tous les noir projet le meme choix de société pour tous : se liberer contsruire un avenir commun c est une autre faire , et la noir ou blanc c est kifif .. le programme politique des Noir ne doit pas se résumer a un discours sur l emancipation des negres , faut voir plus loin :! ... debout les gnome
c etait provide72 la murene qui attend sa proie , oups sa croix !
Nous avons autant à apprendre de nos peuples, de nos cultures, de nos pays que nous avons à dispenser d’enseignements.
L’éducation, pour moi, doit toujours se dérouler dans une démarche inter-active. Sinon, elle devient une forme de communication avec feed-back zéro.
mais l enseignant est en théorie issus du peuple donc il a rien a recevoir du peuple en echange , mr parle comme si d un coté y avait la race des prof et de l autre celle du peuple et leur enfant .. les eleves , le probleme des prof c est qu il coincé car il doivent d un coté etre les representant des eleves vis a vis de l etat et de l autre les representant de l etat vis a vis des eleve , un role ambigue entre véhicule la connaissance interactive et le savoir actif dnt le but est la normalisation social et non la decouverte de soi et les autres
faut deja commencer par dire au prof de quitter leur bureau et d arretez de vouloir enseigner comme si c etait des petit roi en haut de leur estrade en regardant les eleves ignare avec cet air hautain du .. moi je sais ! ecoute ma vérité ! mais il kiffe en réalité d etre au moins une fois dans leur vie des petit roitelet devant le tableau noir et face a la foule d enfant ! ...
le feed back faut le faire naitre entre les eleves eux meme pas entre les eleve d un coté et les prof de l autre ! fo quitter ce schéma platonik ! stop au caste ! signée la hyenes intrépide
Une partie non négligeable de celle-citte a préféré par le passé, jouer les “guides éclairés du peuple”, se complaisant dans une contemplation narcissique de soi-même si elle ne s’est pas illustrée dans des cheminements politiques très versatiles au gré de l’évolutions des rapports de forces et des intérêts visés
sinon chapeaux , c est vraiment bien ecrit ! .. on sent qu ici on a pas a faire a n importe qui , ca sent le master a 100m ! des vrai professionnel de l ecriture , ca en jette
N-J tu m’as fait mourrir de rire ! c’est vrai qu’en lisant attentivement cet extrait que tu cites, on sent la haute volée Masterienne que l’on offre en coupure de 100 ou de 1000; ça sent la moukande comme dirait l’autre ! C’en est un qui a beaucoup beaucoup étudier le papier des blancs ! Walaï-faforo ! Eh Kidi Wanda où es-tu passée ? Waï je m’ennuie de toi !
You42
...signée la hyène intrépide…
d’un coup l’illumination, çà me rappelle les premiers films de Jackie Chan(la hyène intrépide, le cri de la hyène...).
Attention !! Ce qui suit est d’une futilité affligeante, que les intellos amateurs de stimulations cérébrales avisées passent directement au post suivant:
“ Mon dieu, le djinn de la commère infernale s’est encore emparé de moi...AAArrggg !!
On a dit que Sarkosy délaisse Rachida Dati, pour Rama Yade (mais c’est vrai ce qu’on dit, elle a la beauté un rien tragique d’un fleuve en crue).
Et que du coup la Rachida, elle demande au gnôme volontaire de choisir entre Rama et elle, pour son voyage en Chine… Ah la la, c’est dur d’être président.
Pitain !! C’t enflé du bulbe là, sa barque oscille entre deux magnifiques courants.
Ma préférence à mouaaaaaa(avec l’accent Julien Clerc), sans contest, c’est Rama.
Oooh navigateur solitaire prend garde à la perfidie souterraine de l’onde Extrait du journal du Prophète de fin d’année ”
Alain,
je voulais juste te dire que la photo en noir et blanc où tu ouvres la main comme pour attraper l’objectif est très réussie. Ce photographe est bon!
Bravo.
Kidi, j’ai passé une soirée hier avec un libraire et des gens passionnés de lèchetératures, j’avoue que je ne savais plus où me mettre. En pleine discussion, comme-çà walaï-faforo ! Le papa-là il sort que oh les livres de Nathalie notre guide, celle qui nous a appris à aimer l’encre de faillote, ce n’était pas de la lecture capable de nourrir un lecteur intérieurement ! Hein ? Oh que c’est comme Arlequin pour les filles qui n’ont jamais vu le louplecture ! C’est même chose que le mec qui par temps de disette se la tient dans la main pour pas mourir de panne textuellement ! Il poursuit que papier-là faut mettre ça en vente chez Michel-Edouard, et gnagnagna et gnagnagna !
Je rigolais au fond de mon coeur. Après, c’est reparti avec Pennac : oh le papa-là c’est bien que ce prix lui soit revenu et gnagnagna et gnagnagna. Au bout d’un moment j’ai pensé à toi, en disant ah si elle était-là ont aurait bien “lu aux éclats”.
Nous étions au restaurant, on mangeait des coquiles Saint Jacques arosé avec un bon vin bien chambré de chez nous, bon bouquet, belle robe. C’était délicieux, Walaï-faforo, c’est la première que je mange un sein jacques, enfin sa coquille !
Hit66
Je ne rate aucune des palabres du village mais je suis bien incapable d’y entrer… comment vous faites pour réagir aussi vite y compris en disant des conneries ou en faisant tellement de fautes d’orthographe ? Attention, c’est pas grave et je dis ça juste pour rire sauf que c’est parfois dur à lire. Alors pardonnez-moi mais cette fois j’aimerai dire 2 ou 3 ou même 5 choses.
1 - le débat récurrent (post 23 à 25 entre Kidi Wanda et DOW) sur quelque chose comme le droit des « peaux blanches avec ou sans masques noirs » à œuvrer auprès des blacks pour l’Afrique et les africains (poursuivi d’ailleurs par le Junior nietzchien) commence à être un peu usé. Et je voudrais bien savoir si le citoyen du monde que je suis n’a pas le droit d’être solidaire de ses frères en quelque pays qu’ils soient et quelle que soit la couleur de leur peau.
2 – lorsque les africains intellectuels ou manuels ont quitté leur pays malgré eux parce qu’ils ne pouvaient y vivre, comment auraient-ils le loisir de choisir leur employeur ? et au nom de quoi leur en tenir rigueur s’ils ne sont pas directement complices de ce qui exploite leurs peuples.
3 – et en terme d’exploitation, c’est quoi d’autre le FMI, la Banque mondiale et l’OMC aux mains du capitalisme mondialisé ? est-ce que les nouveaux pauvres d’ici n’en sont pas victimes de plus en plus sans boulot et sans logis ? évidemment ce n’est pas aussi grave que ce que l’on voit à Brazza mais cela participe du même système et les ajustements structurels qu’impose à la France la droite décomplexée de Sarko sont de même nature que ceux dénoncés par Joseph Stiglitz et Célestion Monga. Le marché, c’est la loi ! et l’argent est roi.
4 - il ne nous restait plus que la peau sur les os,
alors distribution de Dakar à lomé
c’était du riz long américain,
des sacs partout mais y avait pas un seul bouquin
(• #66) Posté par B-K le 02/12/2007 à 2h13)
Et Kouchner l’ingérent-aux-sacs-de-riz qui mange aujourd’hui dans la gamelle de Sarko !
J’ai un ami à moi qui prépare actuellement la 2ème édition des RENCONTRES DU LIVRE VIVANT à Brazza parce qu’il croit que les petits de là-bas doivent s’approprier les bouquins - notamment ceux de leurs grands frères - et qu’ils doivent ainsi se donner la capacité de travailler eux-mêmes à leur propre développement…durable !
5 – Bravo Alain pour ton intervention à TV5 Monde pour redire que « La littérature francophone n’est pas une “sous littérature, une petite soeur, par rapport à la littérature française » en affirmant que « La littérature qui dit le monde permet de côtoyer l’autre, de connaître le génie des autres peuples. C’est cette connaissance qui fonde le respect, qui entraîne la tolérance. » C’est mon copain le breton de Brazza qui m’a passé l’info. C’est pas ça l’esprit du village ? et la solidarité internationale possible ?
A propos, la France c’est pas que Sarko !
juste que j’avais oublié de dire le plaisir que j’ai eu à lire les posts 104 à 110 comme quoi y’a pas que des conneries dans ce blog-là.
ah ah ah nietzche junior t’es un radical , c’est de l’ironie ou tu crois a ce que tu dis man ??? je suis un petit blanc qui ecoute des groupes de musicos black parce que c’est la meilleure mais les noirs ne se resument pas a ca bien sur , mais beaucoup d’expatrier d’afrique qui ont du blé savent se qu’il fait faire pour elle , ma question est , pourquoi n’agissent t’il pas ?? parce qu’il sont blinder de caillasse et q’il n’en ont rien a foutre de l’afrique a part dans leur souvenir et basta , prenez vous en main les gars et arreter de brailler ca en devient pathetique , hé nietzche couper le petrole (qui entre parenthese et plus fourni par le moyen orient que par l’afrique mais bon admettons) donc couper le petrole a l’occident ne servira a rien a part foutre un peu plus le bordel , tu crois sincerement qu’il vont laisser faire , regarde en irak man , la guerre et la solution ? est tu pret a prendre les armes ? non je crois pas qu’on ai envie de voir nos gosses pleurer voir pire , et puis qui controle l’extraction petrolifere ?? non trop de bleme tout ca , c’est comme si les pays d’occident decrete que du jour au lendemain on doit rouler avec des vehicules dit propre sans petrole , a qui il vont le vendre ce petrole ? comment vont faire les pays qui en vivent actuellement ? plein de question mais je suis pas un intello alors....en tout cas bon courage a mes frere d’afrique (éh oui ya pas que des racistes chez les petit blancs dont je suis)alors je dit ne faites d’amalgame les enfants , peace
Kidi je disais “Lire aux éclats. Eloge de la caresse.” c’est un papa-là qui a écrit ça. Walaï-faforo les seins jacques n’ont jamais été aussi délicieux. Je ne te dis pas le vin. Il vait un arrière gouût de noisette. Ce n’était pas de la piquette. C’était un vieux vin de là haut ! Ce qui m’a le plus amusé, c’est que j’ai cru entendre des gens qui parlaient comme s’ils sortaient du blog d’Alain ! C’était rigolot à souhait. Tu aurais vu les bigoudis qu’ils avaient affublé à Nathalie notre guide ? C’était à mourir de rire ! Ecoute sérieusement, il va falloir se pencher sur la littérature de notre guide. Je ne comprends pas pourquoi la mauvaise qualité de son travail est unanimement reconnu et saluée sur les plages de France et de navarre. Y en a qui dise que ça aide à bronzer !
casy58
Catharsis as tu écouté le dernier Tiken Jah? habib Koité? Il paraît qu’ils ont sorti des nouveaux albums. Au Cameroun l’heure est au motion de soutien au président Biya pour qu’il modifie la Constitution, à la purge des instigateurs d’un coup d’état avorté.
Nj peux tu m’expliquer pourquoi il coûte plus cher d’appeler au Mali plus proche du Cameroun que d’appeler aux USA? La Banque Mondiale est-elle pour quelque chose? Tu en veux à Monga de jouer les donneurs de léçons tu ne fais pas mieux avec ta preche incendiaire.
En tout cas la vie continue
Lettre a ma gand-mère bantu nouvelle version d’Henri Lopès. J’espère qu’Alain appréciera les élucubration de son copain :
“« Le Congolais est habitué à l’état de délabrement des hôpitaux congolais »
Henri Lopes a réponse à tout et ne se démonte pas quand un journaliste lui demande « Pourquoi les Congolais nantis viennent-ils se faire soigner en Europe, allant jusqu’à louer pour leur séjour des chambres d’hôtel à 1 000 euros la nuit alors qu’ils pourraient, avec cet argent, réorganiser le système sanitaire au pays ? » L’ambassadeur fit d’abord remarquer que « Ce ne sont pas les médecins qui manquent au Congo, notre université en forme beaucoup. L’argent a été versé pour l’entretien de l’hôpital général, poursuivit-il, mais le Congolais s’est habitué à cet état de délabrement de l’hôpital que personne ne pouvait s’émouvoir du détournement de ces crédits. C’est une question de culture. Chez nous, chaque fois que l’on construit un chemin, on n’oublie d’entrevoir les égouts ou l’entretien ».
Je te promets Kidi, j’aimerai faire tu sais comme un repas dans le noir total où tu laisses libre court à tes papilles gustative où seules les mémoires gustatives et olfactive sont en émoi ! Inviter des potes et se faire une bonne bouffe aux chandelles avec lecture de textes au son d’un paino et d’un violon plus une cora. Une sorte de soirée boukoussou !où l’on se libère de toutes les pesanteurs merdique du quotidien pour tout simplement être disponible à soi et aux autre !
Avis donc à la populatione qui serait intéressée, je souhaite le faire, on peut discuter du lieu. A condition que chacun paye son écot ! En réalité le vin c’était une vieille bouteille de 2000.
pas de souci pour les échappées culinaires : je viens de mettre un boeuf bourguignon à mariner pour le cuire ce soir et le réchauffer demain - c’est aussi comme ça qu’il faut préparer le coq au vin avec longue et douce cuisson. Pour les “seins-jacques” bien d’accord mais les crabes farcis sur la côte sauvage à Pointe-Noire, c’est pas dégueu non plus. et j’écoute “cosmopolitaine” qui s’est installée en Haïti avec les étonnants voyageurs…
Cher Tekitoi, je vous lis avec un peu de retard. Laissez-moi donc vous répondre aussi librement que vous nous avez apostrophé. Vous prétendez cher ami, qu’il se dit sur ce blog beaucoup de “conneries”. Je dis pour ma part, qu’on perd ici beaucoup de temps à répondre à des gens comme vous. Non pas que je ne respecte pas votre opinion. Mais voyons ensemble ce qu’elle vaut. (Remarquez que vous du moins, vous avez le courage de dire ce que vous pensez. Visiblement, ce n’est pas le cas pour tout le monde. On ne risque pourtant pas grand chose ici à dire sa pensée. Tout au plus, me semble-t-il, on s’expose à entendre des avis différents).
Mais enfin, revenons donc à vous. Ce qui frappe au premier abord, en vous lisant, c’est cette façon d’émettre un jugement collectif. Ici, il n’y a que des individus. Dites donc, que tel en particulier dit des conneries. Ou que tel autre, je vous cite, fait “tellement de fautes d’orthographe”. Mais qu’est-ce qui vous autorise à émettre de cette manière, un jugement collectif sur un ensemble de personnes qui, a priori, n’ont pas grand chose à voir les uns avec les autres? Le fait est que, d’une part, j’ai relevé au moins une faute d’orthographe dans votre message. Et alors? Est-ce donc sur ces aspects-là que l’on juge les honnêtes gens? Et puis d’autre part, vous voulez que je vous dise ce qui vous autorise ainsi à juger collectivement des personnes à partir de sortes d’insignifiances? C’est tout simplement parce qu’il s’agit, à vos yeux, d’une caste particulière de gens. Je vous concède que tout ça est inconscient en vous, et que de bonne foi, vous vous sentez frère des peuples en souffrance, et particulièrement des Africains. Mais vous intériorisez sans même le savoir, des a priori mesquins et stupides. Montrez-nous ces autres blogs, où les intervenants ne sont pas en majorité Africains, et où vous vous êtes permis des jugements collectifs du genre ”vous dites des conneries et vous faites des fautes d’orthographe”. Vous ne dites les choses ainsi, collectivement et sans faire aucune différentiation, que parce qu’il s’agit là d’Africains, ces peuples un peu enfant, à qui l’on peut faire, avec inconsciemment un rien de supériorité, de sévères remontrances, comme si seul, l’on valait mieux qu’eux tous réunis.
Et voyez-vous comme les choses sont liées. Car laissons là les futilités, et venons-en à ce qui nous oppose intellectuellement. Les a priori que je viens de vous imputer, ou plutôt d’imputer à votre inconscient, sont la raison même, pour laquelle d’un point de vue personnel, je ne souhaite pas qu’il soit fait toujours aumône aux Africains, qu’on leur apporte perpétuellement du secours, et que eux-mêmes aillent continuellement mander de l’aide pour se construire. Mais avant d’en dire plus là-dessus, que les choses soient claires entre nous car je ne hais rien comme de voir déformer mon propos ou ma pensée. Est-ce que vous pouvez me trouver trace d’un de mes posts ici, où j’ai pu dire ou prétendre que c’était une question de ”couleur de peau”? Et si ce n’est donc moi, qui d’autre? Je n’ai pas en mémoire tout ce qui s’est dit, mais où a-t-on prétendu cela ici, si ce n’est dans des posts où l’on voulait réfuter ce que personne n’avait dit? Moi, répondant aux premiers sous-entendus là-dessus, j’ai précisé que pour les raisons que je vais expliquer plus bas, je ne souhaitais pas que l’Afrique soit aidée de l’extérieur, pas même par des “Noirs Américains” par exemple. J’ai l’habitude d’assumer mes positions les plus intimes, et de ne point en rougir, mais ici, c’est une position de principe qui n’a rien à voir avec la couleur de la peau. L’Afrique est aussi blanche, faut-il vous le rappeler. Les Blancs Sud-Africains, ceux du Zimbabwe, sont pleinement au nombre de ceux que j’appelle souvent ici “mes concitoyens Africains”. Je considère que j’ai avec eux, exactement comme avec des Angolais ou des Centrafricains, une forte communauté de destin. Quand je souhaite que l’Afrique soit bâtie par des Africains, j’y inclus les Blancs d’Afrique du Sud, du Zimbabwe ou d’ailleurs. J’y inclus TOUS les africains. Faut-il en être à dire de telles trivialités? J’ai gardé chez moi précieusement, un des plus beaux textes qu’Achille Mbembe ait écrit, et où, s’inspirant de l’histoire récente de l’Afrique du Sud, il proposait un concept nouveau, l’”afropolitanisme”, comme une des richesses potentielles futures de notre continent. C’est vous dire, si mon Afrique à moi, n’a pas de couleur.
Il en est de même quand vous sous-entendez que je tiens rigueur “aux Africains” de ne pas choisir leur employeur. J’ai fait ce reproche-là à une seule personne, qui a qualité d’intellectuel (et j’ai longuement expliqué pourquoi). Je n’ai pas de ce motif-là, blâmé tout le continent! Arrêtons donc avec ces anathèmes ineptes et insensés, et discutons du fond des choses.
Sur le fond des choses, laissez-moi donc tenter d’expliciter une position qui semble souvent très incomprise. Ce n’est point par une sotte fierté, que je réclame une autoconstruction africaine, une Afrique architecturée et bâtie par des Africains. C’est pour deux types de motifs: des motifs moraux, puis des motifs concrets d’efficacité.
Sur le plan des motifs moraux, certes il ne s’agit point de fierté, mais on ne peut se construire vaillamment, si on n’a pas un minimum d’orgueil - ce que j’ai appelé le “bon orgueil”. Celui-là, qui fait qu’aucun d’entre nous n’a envie que ce soit son voisin de pallier qui lui offre chaque jour son repas quotidien. Bien évidemment, quand on traverse une mauvaise passe, il faut savoir avec humilité, accueillir le geste solidaire de la main tendue - de cette main que de toute façon l’on tendra aussi. Mais vivre au crochet de son voisin, ou de ses amis, ou de ses parents, sur la durée, sans n’y éprouver jamais aucune gêne, sans jamais rechercher le moyen d’être autonome, et au contraire en souhaitant chaque jour que cette condition se maintienne et se prolonge, je dis sans embage, que c’est avoir une personnalité boîteuse, déficiente. Qui plus est, et c’est ici que je fais le lien avec ce que j’énonçais dans le début de mon post, quand on porte secours à quelqu’un, quand on est celui qui aide, y compris de bonne foi et de bon coeur, on se fait toujours, inconsciemment, une certaine idée de la personne aidée. Et ce d’autant, que l’on aide sur le long terme, et je dirais presque “structurellement”. L’Africain dans le monde, sera toujours vu comme un petit enfant. Les peuples de ce continent, que vous le vouliez ou non, seront toujours perçus comme des peuples un peu immatures, tant qu’ils demeureront des peuples que l’on “aide” (y compris avec la plus grande générosité). Je vous vois vous récrier: comment!? Mais jamais!! Seulement, c’est une perception inconsciente. Mais elle me semble indéniable. En tout cas, elle se manifeste très clairement, comme souvent ce qui est inconscient. Elle se manifeste par exemple ici, quand vous dénoncez comme un professeur les “fautes d’orthographe” et les “conneries”. Vous ne vous rendez pas compte, mais cela induit que dans votre entendement intime, au fond de votre pensée, tapi dans votre inconscient, il y a l’idée que vous tout seul, arrivez à corriger les “fautes” et les “conneries” de toute cette caste gentille mais un peu immature. Autrement, pourquoi feriez-vous ici un jugement collectif? Vous (je ne dis pas vous le Blanc, mais vous le regard extérieur à l’Afrique, vous, le regard de celui qui “aide”, et qui peut être Noir), vous ne pouvez avoir un regard neutre sur l’Afrique. Sur cette partie du monde qui ne vit que de subsides. Et si ça peut vous rassurer, c’est une attitude humaine, qui n’est pas propre qu’à vous. Sans doute que si je n’étais pas Africain, je regarderais un peu de haut, inconsciemment, ces gens qui n’arrivent à rien construire sans se faire aider.
En fait, c’est encore plus grave que cela. Vous n’avez pas seulement intériorisé l’idée d’une Afrique immature. Vous semblez également avoir intégré l’idée que cette Afrique-là, est condamnée à une incapacité permanente, à être pour toujours immature et irresponsable. Pourquoi vous insistez tant, à vouloir aider l’Afrique, si ce n’est parce qu’au fond, vous pensez qu’elle ne peut pas se construire toute seule - qu’elle en est incapable? Qu’elle ne peut s’édifier comme l’ont fait tous les autres peuples du monde. Inconsciemment, vous pensez que décidément, ces pauvres gens n’y arriveront jamais tous seuls, sans l’aide des autres. Et cela, imperceptiblement, construit petit à petit dans votre mental, une certaine idée de l’Afrique et des Africains. Voilà donc la première grande raison pour laquelle mon souhait est que l’Afrique érige elle-même ses capacités, façonne elle-même sa richesse et son devenir, ne soit plus spectatrice de son histoire. J’espère que vous pouvez quand même le comprendre, ça.
Le deuxième motif que j’évoquais, est un motif d’efficacité. D’accord, on a bien compris que vous vous voulez solidaire de vos frères où qu’ils soient, et notamment Africains. Et ma foi, dans le monde tel qu’il va, fait d’égoïsmes mesquins, cela me semble louable de votre part, et de la part de quiconque se sent solidaire. Mais seulement, vous êtes-vous jamais arrêté pour vous demander un instant si la meilleure chose à faire pour l’Afrique, était de toujours l’aider? J’ai déjà souligné un fait très significatif ici, mais comme apparemment on ne me lit pas avec une grande attention, je vais donc le redire: considérez que pendant longtemps, les Européens et d’autres, croyaient aider l’Afrique en y envoyant abondamment ce qu’on appelait alors des “coopérants”: des professeurs, des techniciens, de hauts cadres, des ingénieurs, etc. Que fut le résultat d’un tel élan de générosité? Eh bien, l’Afrique vivait dans l’illusion que les affaires n’allaient pas si mal. Mais qu’advint-il en fin de compte? On se rendait compte progressivement que vivant dans cette illusion, l’Afrique ne formait pas suffisamment de cadres techniques et opérationnels, de managers de haut niveau, d’ingénieurs agricoles, d’ingénieur de la finance, etc. Parce que la présence des coopérants étrangers (appelés à retourner chez eux) masquait l’absence d’une main d’oeuvre locale suffisamment nombreuse et compétente. Il ne suffit donc pas d’être généreux. Encore faut-il, à mon humble avis, diagnostiquer la meilleure façon d’aider.
Moi il me semble que ce n’est pas rendre service à quelqu’un que de faire chaque fois à sa place ce qu’il n’arrive pas à faire. C’est le meilleur moyen, à mon sens, de le maintenir le plus longtemps dans son incapacité. Ça vaut ce que ça vaut, mais j’aime bien emprunter des exemples dans la vie courante, pour essayer de faire comprendre. Voyez-vous, cette histoire d’aider l’Afrique, me fait souvent songer à un élève qui a des difficultés à faire ses devoirs. Lui rend-on service en effectuant à sa place ses petits exercices de mathématiques? En rédigeant ses devoirs de français? En récitant à sa place sa géographie ou sa grammaire? Evidemment non. Si on ne parvient pas à ce que ce jeune enfant ait emmagasiné en lui assez de savoir et de méthode pour une autonomie dans son apprentissage, on sait qu’au bout, c’est l’échec. Demander que l’Afrique apprenne à s’autoréaliser, s’inscrit dans une logique similaire, et ne vise pas autre chose que l’efficacité. Ce n’est pas pour rien que “l’aide à l’Afrique” n’aboutit qu’à des échecs depuis 50 ans. C’est parce que les Africains ne se sentent pas concernés par leur propre déchéance. Et ils se sentent d’autant moins concernés qu’ils sont aidés, maintenus sous perfusion par la générosité extérieure. Les efforts que l’on déploie pour le développement de l’Afrique, seront bien plus efficaces, quand ils seront le résultat d’un éveil dans les consciences africaines, et non plus le résultat d’une compassion (tout à fait louable!) dans des consciences extérieures désireuses d’aider. Vous dites par exemple, Tekitoi, vous félicitant de l’action de votre ami, que les jeunes de Brazza, s’appropriant les livres, ”doivent ainsi se donner la capacité de travailler eux-mêmes à leur propre développement…durable !”. On est absolument d’accord. Sauf que, c’est dès le départ, que l’Afrique doit s’approprier la perspective de son développement. Pour que ce soit un développement “durable”, il faudrait non seulement que les Africains en aient les outils, mais également qu’ils en conçoivent l’urgence, qu’ils en esquissent l’idée eux-mêmes. C’est-à-dire que, pour ce qui est des livres, ce devraient être des Africains qui, réfléchissant aux conditions d’un développement pérenne de leur continent, entrevoient la nécessité de familiariser les jeunes Africains avec le livre et le savoir. Si c’est donc votre ami qui vient se battre pour cela, convenez avec moi, que cela traduit que les Africains ne voient donc pas eux-mêmes, l’urgence d’un sursaut. La vérité, c’est que nous nous accommodons de notre pitoyable sort, et que tant qu’il en sera ainsi, de l’extérieur, on pourra toujours aider, aussi abondamment que l’on veut, il n’en ressortira rien. Et ces simagrées, ces rafistolages, pourront durer encore cent ans.
Comprenez donc qu’il n’y a en moi, nulle hargne contre personne, ni “la France”, ni les “Blancs” (mais je fais remarquer à l’occasion, à la France, ses inconséquences. On peut faire cela, me semble-t-il, sans aucune hargne). Aucune fierté mal placée non plus. Mais seulement la préoccupation d’identifier le meilleur moyen pour l’Afrique de se sortir de son marasme. J’ai beaucoup réfléchi à cette question - probablement comme vous -, et il m’est apparu que cultiver son autonomie, est ce qui nous rend le plus fécond. Voilà tout.
Un dernier mot, très cher Tekitoi. Vous écrivez: ”les ajustements structurels qu’impose à la France la droite décomplexée de Sarko sont de même nature que ceux dénoncés par Joseph Stiglitz et Célestion Monga”. Monga ne dénonce guère les ajustements structurels. Il les applique. C’est en cela que consiste son travail. Du moins du temps où il était en charge de pays africains comme le Burkina Faso à la BM.
Comme disent les gens ordinaires, il n’est pas inutile de savoir de quoi on parle. Mais moi, la basse polémique ne m’intéresse pas, je vais donc m’en retourner, et pour longtemps, à des tâches plus utiles.
je me demande après une telle volée de bois vert si j’oserai reprendre la parole au village. Je ne répondrai pas aussi longuement : je n’en suis pas capable. Je voudrais quand même préciser que “les conneries”, ce n’était qu’une boutade et que je ne mets pas tout le monde dans le même sac. Je ne porte donc aucunement “un jugement collectif sur un ensemble de personnes”. Je prie donc celles et ceux que j’aurais ainsi froissés de m’en excuser en précisant que je fréquente le village depuis sa création et que j’ai depuis longtemps perçu la diversité des intervenants et des points de vue. Par contre, je confirme et je regrette que les fautes d’orthographe - quand notamment elles abondent - ne facilitent pas la lecture.
Quant à votre réflexion générale, j’en partage beaucoup d’aspects parce que je ne me situe pas dans une perspective “d’aide à l’Afrique” mais d’échange solidaire. Ma propre analyse politique m’a éclairé depuis longtemps là-dessus. En outre, ma lecture régulière du blog d’Alain comme ma pratique sur le terrain m’ont appris la complexité de la réalité et la diversité des approches. Comment en serait-il autrement?
Quant à la “France” et aux “Blancs”, je n’ai ni pensé, ni écrit qu’il y avait de la hargne chez vous. Puisque de toute façon, je ne me situe pas non plus dans cette façon de voir et de dire les choses. Je ne suis donc qu’un individu individuel qui n’a ni envie ni capacité à polémiquer au village.
Pour finir et sans à-propos, je citerai Dany Laferrière qui tout à l’heure chez Paula Jacques disait ou à peu près “Si Haïti a échoué par la politique, elle sera sauvée par la culture” et il parlait de “culture populaire” en précisant “c’est la source et l’énergie”.
Je m’étais promise de ne pas revenir sur ce blog pour entretenir des polémiques inutiles, qui n’avancent vraiment pas notre cause d’Africains. Mais après la désinformation de D.O.W. (message #124), je me dois de corriger des contre-vérités. Je m’aperçois que les gens qui parlent ici ne se sont même pas donné la peine de lire Célestin Monga, dont je suis attentivement les travaux académiques depuis que j’étais étudiante. Je vous signale par ailleurs que d’après la note biographique publiée par son éditeur les PUF, Monga est membre du conseil d’administration d’un programme de la Sloan School, la business School du MIT. Est-ce que nous devons pour cela le rendre responsable des bombes nucléaires que les scientifiques du MIT ont inventées depuis 100 ans et qui ont facilité l’assassinat des millions de personnes pendant les guerres mondiales ? Alain Mabanckou est prof et salarié à l’université de Californie UCLA, qui était longtemps un bastion raciste contre les Noirs américains. Devons-nous pour cela critiquer Mabanckou ? S’agissant des programmes d’ajustement structurel (PAS), je vous signale qu’ils ont été abandonnés par la Banque mondiale depuis plus de 10 ans. La BM a fait son autocritique sur ce sujet et a expliqué qu’elle s’était trompé dans les années 80. Mon point de vue est que c’est la faute des dictateurs africains d’accepter de gober n’importe quoi. Sanakara les avait refusés, à juste titre. Il est mort mais son souvenir est bien vivant. Continuer aujourd’hui à perdre son temps à parler des PAS, c’est ne vraiment pas suivre la manière dont le débat évolue en science économique. Accuser Monga de défendre les PAS, c’est simplement faire preuve de mauvaise foi. Monga a écrit des articles et des livres d’économie pour expliquer pourquoi ces programmes devaient être abandonnés et l’histoire lui a donné raison. Je vous suggère de lire son célèbre article co-signé avec l’économiste de Harvard John Kenneth Galbraith, publié en 1994 dans la revue Afrique 2000. Je vous renvoie aussi à son livre “Sortir du piège monétaire” paru chez Economica en 1996. Je vous recommande aussi son livre à mon humble avis le plus important, “L’argent des autres”, publié à Paris chez LGDJ en 1997 ou 1999. Quand on veut critiquer, il faut au moins se donner la peine de s’informer sur la cible de sa critique. Sinon, cela sonne comme de la petite jalousie de bar dont beaucoup de nos frères africains sont les champions. Nos pays ont besoin de notre toute notre énergie et de notre intelligence.
”cela sonne comme de la petite jalousie de bar dont beaucoup de nos frères africains sont les champions”. Je serais vous, je chercherais ce qui explique cette façon de ne pas se restreindre aux arguments intellectuels, mais de toujoutrs chercher ailleurs des motifs mesquins. Ce n’est pas que les Africains ont souvent de petites jalousies, c’est surtout que les Africains ont souvent la jalousie comme argument en dernier ressort dans le débat. Et c’est un peu regrettable. Je vous ai dit toute l’admiration que j’avais pour Monga. Cela ne vous suffit pas. Pour vous, quand on admire quelqu’un, on doit l’aduler totalement, et ne plus être capable du moindre regard critique sur lui. J’ai dit ici qu’Achille Mbembe était un des penseurs que j’admirais le plus. Et c’est ici même, que j’ai formulé de vives critiques sur certains aspects de son travail. Pour vous donc, la moindre critique que j’oserais sur le travail d’Achille Mbembe, ne pourrait s’expliquer que par ma “jalousie”. Et vous alors, économiste de votre état, vous avez dû en faire tout de même, des analyses critiques? Etiez-vous donc jalouse de la cible de vos analyses? N’est-ce pas un réflexe tout africain (et bien peu noble), que de se trouver toujours à parler de jalousie dans des débats intellectuels?
Pour le reste, il ne vous a pas échappé que je n’ai pas parlé nommément des PAS. J’ai évoqué, citant d’ailleurs un autre post, les “ajustements structurels” qui sont bien le contenu des politiques de la BM, quelles qu’elles soient. Parce que oui, la belle affaire: FMI et BM, n’ont cessé de procéder à des rhabillages de leurs politiques et de leurs instruments. Las! La teneur n’en a jamais été changée. Parce que ces programmes ne portent plus les mêmes dénominations, on est prié de coire qu’ils innovent. Pour les incrédules, on est passé des FAS, aux FASR, puis aux FRPC. Pour finir à l’initiative PPTE. Mais où est le changement? Dans les mesures appliquées, dans les résultats obtenus, où est le changement? Vous qui êtes économiste, éclairez donc nos lanternes, et expliquez nous ce qu’il y a dans les programmes actuels de la BM, et qui diffère fondamentalement de ce que l’on y retrouvait dans le passé. Je suis personnellement impatient de l’entendre.
Et puis vous faites état de ce que Monga aurait dénoncé dans ses écrits, les PAS. Je précise d’abord que pour ma part, je parle globalement des politiques d’action de la BM. Peut me chaut qu’elles aient pour nom PAS ou autre chose. Cela posé, il ne vous a pas échappé que depuis le début de cette discussion, j’ai précisément visé à mettre en évidence un paradoxe entre ce que Monga était avant d’aller à la BM, et ce qu’il y a fait ensuite. Et c’est cela qui m’a intérrogé tout au long de mon propos ici. Puisque vous avez si bien lu Monga, je vous propose de trouver si vous le pouvez, et de mettre ici à notre connaissance, des propos explicites qu’il a tenus sur les PAS (ou autres politiques) de la BM, depuis qu’il y est. Voici ce que Monga déclarait un jour en conférence, on pourra le retrouver sur Internet: ”Le fondement des PAS exclut les principaux leviers de la croissance: l’investissement et la consommation. Or, je ne crois pas à une stratégie minimisant à la fois la formation brute de capital fixe et la nécessité d’offrir un pouvoir d’achat aux agents économiques. Je ne crois pas à des programmes qui ne prévoient aucun système concret de financement des petites entreprises [...]. La principale contradiction des PAS est donc qu’ils ambitionnaient de résoudre sur le court terme des déséquilibres structurels nécessitant des actions de long terme. Par ailleurs, les PAS manquent de légitimité, en ce sens que les intellectuels africains ne sont pas associés ni à leur conception, ni à leur mise en oeuvre; de plus, la dimension “contrôle” et “bonne gouvernance” y est négligée. On demande aux mêmes chefs d’Etat qui ont pillé, violé et réprimé les populations de mobiliser ces mêmes populations. On demande des sacrifices aux pauvres et presque rien aux responsables de la crise...”.
Oui en effet il disait cela… Mais seulement, c’était en 1994. A l’époque, il n’avait pas encore intégré la Banque Mondiale. La question est donc, qu’est-ce qui a changé depuis qu’il a dénoncé cela? Comment celui qui a dit cela, peut ensuite en venir à travailler pour la BM? Vous, ça ne suscite peut-être en vous aucun étonnement. En quiconque a admiré vivement le Monga de cette citation (et donc d’avant la BM), l’étonnement est grand.
J’attends maintenant de lire ces discours, ces passages de livres, où Monga aurait récriminé contre les PAS et autres programmes assimilés, depuis qu’il est employé par la Banque Mondiale. Je promets alors de reconnaître sollennellement devant tout le monde mon erreur.
Bonsoir Ngnagna,
Comment vas-tu ?
Par rapport à ta question sur Tiken Jah Fakoly, post 116, il a effectivement sorti un album intitulé ”L’Africain” qu’il dédie à François-Xavier Verschave qui, écrit-il, “s’est battu pour l’Afrique de toutes ses forces” ; notre cher Mayombe82 a déja parlé de l’album, merveilleusement comme à son habitude, quand il aime, dans l’autre version du blog, post 72. Je m’autorise à rapporter ses propos.
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“Il y a néanmoins le dernier bébé du frère Doumbia Moussa Fakoly , alias Tiken Jah Fakoly, dont j’ai vu en plus le clip hier. Très bel album ! surtout la chanson contre l’excision. De mémoire, je ne pense pas avoir entendu un seul chanteur aborder ce thème dans une chanson, à moins que ce soit dans d’autres langues (arabe, malinké ou autre). Une autre chanson me tue aussi : celle de ce jeune homme qui rassure sa mater restée au pays. Il a utilisé la chanson de l’adepte du tantrisme, Sting, English man in New-York. Vraiment, ce Bro, il porte bien le titre de son album, l’ Africain . Le jour où je repasse par Clichy la Garenne je lui ferai néanmoins une remarque : j’ai écouté une interview qu’il a accordé peu avant que je n’achète son dernier bébé, il parlait d’une Afrique positive, plus belle que celle décrite par les média occidentaux et même par certains de nos propres frères qui passent leur temps à seriner « les Africains ne font rien, ils ne veulent pas travailler, ils ne font que critiquer » (j’ai lu ça sur d’autres sujets d’Alain M., surtout après le mot du Dr Thiam en réponse à Naboléon). Par conséquent, en achetant cet album, je pensais y trouver EXCLUSIVEMENT une Afrique belle du 1er au dernier morceau, ce qui n’est pas le cas surtout avec cette chanson triste mais très réaliste « Ouvrez les frontières ». Très beau texte que. Je… ne partage pas entièrement ! Pour ne pas faire trop long, je dirai simplement que nous n’avons pas à demander aux autres d’ouvrir leurs frontières, mais plutôt de changer chez nous. Bref !”
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Je suis entièrement d’accord avec lui. ”Ouvrez les frontières” est comme un intrus dans l’album, un intrus qui, pour moi, entre dans cette politique de la main tendue : “Nous avons besoin de vous pour nous en sortir.” C’est surprenant, voire décevant. J’avoue ne pas très bien comprendre.
Je crois bien que ma préférée, c’est Africain à Paris. Oui, très belle adaptation du morceau de Sting même si la dernière, La Côte d’Ivoire, est loin de me laisser indifférente pour avoir vécu quelques années dans ce beau pays (où l’on mange bien), à l’époque où tout allait bien.
J’aurais vraiment voulu être à Abidjan hier soir, à Treicheville exactement, où Tiken s’est produit au palais des sports, après 5 ans d’exil volontaire, pour l’union et la réconciliation des Ivoiriens. Ca devait être fort, puissant même !!! On aurait terminé la soirée dans un alokodrome ou dans un petit maquis avec du attiéké accompagné d’un bon petit poisson frit servis dans une belle et grande feuille de bananier. Ouh la la la la la la ! Ca fait longtemps, dis donc !
Noël approche et justement, j’ai déjà été gâtée avant l’heure : un coffret de Tiken avec ses 3 albums, Coup de gueule, Françafrique et Mangercratie que je n’ai pas encore écoutés mais j’avoue que j’en suis plus que ravie.
Alors, si ça peut donner des idées de cadeaux…
Le prix ? Aucune idée.
Bye !
Un petit bonsoir à toi, Vieux.
Je ne sais pas de quoi tu causes mais tu causes !!!
Et ça semble très, très, très sérieux…
Bonne soirée en tout cas.
Un grand bonsoir à toi Bahia! Je vais te dire, avec tous ces gens qui te font redire cent fois les mêmes choses, moi-même quelquefois, j’en suis à ne plus savoir de quoi je cause -) D’ailleurs tu as raison, je vais me calmer et prendre un peu de champ… Mais promis tes invitations culturelles, je les lis toutes. Même si le temps souvent manque pour y assister.
Bonne soirée itou. Et jolie semaine! -)
Cher D.O.W., suite à votre dernier message, j’ai simplement tapé le nom de Célestin Monga dans Google et j’ai eu une mine d’informations sur ses écrits et déclarations publiques les plus récente, alors même qu’il est à la Banque mondiale. Peronne de sincère ne peut lire cela et dire que ce monsieur n’a pas une vraie liberté d’opinion, y comprs par rapport à son employeur. Quelques exemples tirés des deux premières pages de Google sur Monga : lors d’une conférence à Paris, apparemment le mois dernier, il a publiquement interpellé les chefs d’Etat africains, les accusant de se laisser mener par le bout du nez par des fonctionnaires de la Banque mondiale, y compris sur des sujets qui concernent l’avenir de leur pays, sujets que les nationaux sont supposés maîtriser mieux que n’importe qui. Quelqu’un a mis un lien audi sur le net et chacun peut juger sur pièce la liberté de regard de Monga. Je ne connais pas beaucoup d’employés de la Banque mondiale qui prendraient ainsi le risque de se faire virer en disant certaines vérités. Voir
http://nino.akopo.com/post/2007/11/25/celestin-monga-son-parcours-et-les-relations-entre-la-banque-mondiale-et-l-afrique
Monga a aussi écrit un texte pour la fameuse Commission Bob Geldof (2003 ?) dans lequel il dit publiquement que les annulations de dette extérieure et la macroéconomie de la stabilisation dont se vantent le FMI et la BM ne consituent qu’un “optimisme officiel” dont les Africains devraient se méfier, car les vrais problèmes de notre continent sont au-delà des statistiques officielles. Voir :
http://www.commissionforafrica.org/french/consultation/bob_geldofs_seminars/african-letters/Celestin_Monga.pdf
Dans le domaine de la politique monétaire, si vous voulez lire un texte puissant, qui remet en cause tout ce que la Banque de France, la Banque mondiale et le FMI proposent aux pays africains depuis 50 ans, lisez le texte de Monga intitulé “1 FCFA = 0.00654 Euro ? Macroéconomie du masochisme”, paru en 2001 (alors que Monga est à la Banque mondiale) et publié chez Karthala (Hakim Ben Hammouda, dir.). Par ailleurs, je vous ai déjà donné plus haut les références des bouquins d’économie de Monga, dont L’argent des autres, publié alors que Monga travaille à la Banque mondiale.
Je pourrais citer des tas d’autres exemples qui montrent bien que ce monsieur ne se contente pas de jouir de son salaire et que son appartenance à la Banque mondiale ne lui a pas retiré sa capacité à s’exprimer librement. Lorsqu’on veut critiquer, on doit au moins prendre la peine de s’informer, sinon l’on se contente de colporter des ragots. La grande admiration que j’ai pour Monga et Mbembe ne m’a jamais ôté la distance critique à l’égard de leur travail, ceci quels que soient les lieux où ils travaillent. Ce qui m’importe, c’est ce qu’ils écrivent et ce qu’ils font.
Ngnagna vouai, zé ecouté le dernier tiken Jah
qui m’a paru presque aussi bien que le francafrik et le coup de gueule.
le dernier Koite je l’ai ecouté, m’az paru bnine mais il me faut encore kkes ecoutes
je reviendrai sur le tiken jah mais là c’est le taf, pffff ...respire pas assez.
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