Afrique du Sud : la fête des cannibales. Un texte d’Achille Mbembe (photo)
Posté dans: Général | Par Alain Mabanckou | le 25 Sep 2008 à 6h11 | Lu 2400 fois
Le Chef de l’État sud-africain n’aura donc pas achevé son deuxième et dernier mandat. Il vient d’etre défenestré par son parti, le Congrès National Africain (ANC), dans une cabale qui présente les traits combinés d’un repas totémique au cours d’une fête des cannibales, d’un putsch civil et d’un médiocre roman postcolonial.
Thabo Mbeki n’aura pas seulement été rejeté par l’ANC qu’il rejoignit à l’âge de 14 ans et, après la libération, en devint le premier apparatchik. Il aura littéralement été dévoré par « le mouvement » – point culminant d’un interminable rituel d’anthropophagie politique qui s’est poursuivi pendant près de deux ans et qui aura profondément traumatisé ce jeune-vieux pays.
Au moment où il quitte le pouvoir, il est honni et vilifié par une organisation qu’il servit honorablement pendant un demi-siècle. La faction qui désormais contrôle l’ANC a décidé d’en faire le bouc émissaire de la profonde crise morale dont elle est aujourd’hui la proie et du tournant de plus en plus pervers qu’emprunte la lutte politique dans ce pays hier encore porté aux nues pour son exemplarité et sa puissance de réconciliation. Et la question qui se pose au lendemain de cette défenestration est bien celle de l’avenir de l’ordre démocratique et constitutionnel sud-africain.
Bouc émissaire
Après avoir gravi les plus hauts échelons du parti, Mbeki commit une monumentale erreur l’an dernier lorsque, son mandat à la tête de l’État arrivant à terme et son impopularité approchant le point de crête, il conçut la funeste idée de conserver les rênes du parti – position qui lui aurait alors permis continuer de peser sur la vie politique du pays longtemps après son départ du gouvernement. Il fut battu lors du congrès de l’ANC et perdit le contrôle du mouvement au profit de son ex-Vice Président devenu depuis lors son adversaire et ennemi, Jacob Zuma.
L’ANC vient de mettre un terme à son mandat à la tête de l’État pour une raison simple. Il constituait le dernier obstacle majeur au projet de « blanchiment » de Zuma - un politicien quasi illettré et polygame, mais retors et rusé, inculpé pour fraude et corruption et qui, pour accéder au pouvoir, cherche par tous les moyens à éviter de comparaitre devant les tribunaux de son pays.
En cela, il est soutenu par une coalition hétéroclite de syndicalistes, de communistes et de nativistes apparemment prêts à tout pour le hisser au pouvoir. Communistes et syndicalistes en particulier s’opposent à la politique économique présumée néolibérale poursuivie depuis le milieu des années 90 sous la houlette de Mbeki qu’ils accusent par ailleurs d’avoir exercé le pouvoir de manière autocratique et d’avoir marginalisé les forces d’une « gauche » qui porte de plus en plus son nom à la manière d’un pesant masque. Leur soutien à Zuma relève d’autant plus de l’expédient que ce dernier ne cesse de déclarer que la politique économique ne fera pas l’objet de changement.
Au nombre des partisans de Zuma figurent également les organisations de la jeunesse de l’ANC et du Parti communiste. Au cours des dernières années, ces organisations ont graduellement revêtu l’apparence de « milices civiles ». L’une de leurs fonctions est d’intimider l’opinion publique et de s’attaquer à la légitimité des institutions judiciaires en particulier. Adoptant une posture insurrectionnelle, elles ont remis au gout du jour une rhétorique pseudo-radicale en vigueur à l’époque de la lutte contre l’apartheid, affublant du label de « contre-révolutionnaires » les ennemis présupposés de leur poulain. Elles ont également réhabilité le langage du « complot » et de la « trahison », n’hésitant pas à proclamer leur volonté de « tuer » ou de « liquider » ceux qui en viendraient à s’opposer à leur projet de domination de l’État et de la société par le parti.
À ces forces structurées s’est ajoutée une cohorte d’aventuriers, hommes d’affaires et politiciens mécontents ou en quête de prébendes et dont certains, accusés de corruption, de fraude et autres malversations, ont eu maille avec la justice ou s’estimaient avoir été, à un moment ou à un autre, l’objet de traitements injustifiés sous l’ère Mbeki. Si cette catégorie rêve de revanche et de vengeance, c’est pour mieux avoir accès aux réseaux de patronage et aux circuits de l’enrichissement privé rendus possibles par les politiques dites d’ « affirmation positive » (Black Economic Empowerment) mises en place après 1994 et dont l’un des effets a été la montée d’une classe moyenne noire relativement dépolitisée, mais fortement portée vers la consommation de masse.
Au cours des cinq dernières années, l’impopularité de Mbeki au sein des classes subalternes n’a fait que s’aggraver. L’impéritie du gouvernement face aux trois plus grands fléaux qui amoindrissent le plus gravement les chances de survie des classes défavorisées – à savoir la pauvreté, la criminalité et le Sida – n’a pas seulement contribué à élargir le fossé entre la bureaucratie d’un coté et la population de l’autre. Elle a également ouvert la voie à une pernicieuse remise en question de l’État de droit, la plupart des pauvres s’estimant « trahis » par la démocratie elle-même, ou encore développant une nostalgie d’un passé certes injuste, mais marqué à leurs yeux par le respect – idéalisé - de l’ordre, de la loi et de la discipline. Face à l’inexorable montée de la criminalité et des inégalités et eu égard au fait que la plupart des indigents sont « inemployables », le sentiment prévaut aujourd’hui selon lequel il est plus facile d’obtenir par la violence et la force ce que le droit à lui tout seul peine à garantir.
Mbeki s’est finalement aliéné les faveurs de plusieurs couches libérales blanches et d’une grande partie de l’intelligentsia – y compris noire. Au nom de la défense des privilèges hérités de l’apartheid, les élites et classes moyennes blanches lui reprochent – souvent à tort - d’avoir tourné le dos à la politique de réconciliation raciale initiée par Nelson Mandela et d’avoir redonné du souffle aux formes d’identification raciale héritées de l’époque de la ségrégation. C’est donc un homme isolé et solitaire, bénéficiant d’appuis au sein de la bureaucratie, mais presque sans base sociale déterminée, qui vient d’etre mis à la porte.
Bilan
Le bilan de Thabo Mbeki à la tête de l’État sud-africain n’est pourtant pas maigre. On commence seulement à le savoir - sa contribution politique et intellectuelle à la libération de l’Afrique du Sud aura été colossale, presqu’à la mesure de celle de Mandela, Sisulu et les autres. Parfois contre l’avis de nombreux cadres du mouvement de libération en exil et au risque de sa propre carrière, il poussa plus que d’autres vers une sortie négociée de la crise sud-africaine. Il établit secrètement des contacts avec le pouvoir blanc longtemps avant Mandela lui-même et, avec l’appui d’Oliver Tambo, contribua à professionnaliser les services diplomatiques de l’ANC en exil, transformant au passage la lutte contre l’apartheid en l’un des premiers symboles politiques de l’ère de la globalisation.
Il est le principal architecte de la démocratie et de l’extraordinaire prospérité économique dont les couches moyennes blanches et noires ont fait l’expérience au sortir de l’apartheid. Il n’a pas seulement contribué à la déconstruction théorique et intellectuelle du régime d’apartheid. Il a présidé à la mise en place des grandes institutions du système politique sud-africain, à la déracialisation de son ordre juridique et à la formulation de la politique économique poursuivie depuis 1996.
Il a apporté son poids intellectuel et mobilisé – parfois sans compter- les ressources de l’État sud-africain aux fins d’articulation d’un agenda proprement africain. Il a travaillé sans relâche à la mise sur pied d’institutions panafricaines capables d’assurer une régulation relativement autonome du Continent. En cela, il est l’un des derniers grands « intellectuels politiques » africains issus des grandes luttes émancipatrices du XXe siècle. Mieux que ceux qui sont venus avant lui (Kwame N’Nkrumah, Julius Nyerere, Jomo Kenyatta, Agostino Neto, Amilcar Cabral, Samora Machel et les autres), il se sera efforcé de tisser un lien étroit entre les trois impératifs de la souveraineté nationale, d’invention d’un ordre démocratique et constitutionnel et d’une négociation intelligente des contraintes internationales – notamment celles résultant de la mondialisation.
Figure tragique et solitaire
Mais s’il est vrai que Mbeki a bel et bien été la victime inattendue d’un rituel d’anthropophagie politique que ses commanditaires s’efforcent de masquer sous l’habit du jeu démocratique, il reste que son démon le prédisposait à devenir l’objet privilégié de ce sacrifice qui ne veut pas dire son nom.
De la grande tradition africaine des luttes de libération, il conservera le sens du sacrifice et du dévouement à une cause jugée juste – la politique en tant que sacerdoce. Mais il ne parviendra jamais à refermer la plaie de la race, la portant dans son for intérieur, à la manière d’un sur-moi, captif d’une blessure dont il aura peiné à se libérer. De son passage au communisme, il aura conservé un certain sens du volontarisme, mais aussi le gout du secret, des luttes d’appareil, des coups perfides et des pratiques machiavéliques.
Les longues années d’exil et la menace réelle de mort à l’époque de la lutte contre l’apartheid auront entretenu en lui une vision paranoïaque et conspiratrice des processus historiques et des actions humaines et élevé l’esprit partisan et celui de loyauté au rang de vertus. Sa longue fréquentation des corridors des satrapies africaines, de Lagos à Harare et Lusaka, lui donnera l’occasion d’observer dans la quasi intimité la duplicité des pouvoirs postcoloniaux. Dans ce faisceau d’attitudes se trouvent les sources d’un style de leadership pontifical, réfractaire à la critique, distant et arrogant, qui contribuera à transformer en ennemis tant de gens qui, au départ, étaient pourtant sinon bien disposés à son égard, du moins neutres.
Figure solitaire et tragique – une de plus – du nationalisme africain, il est dévoré non par l’impérialisme, mais par les siens. Dans une large mesure, sa tragédie est comparable à celle du Roi Christophe que décrivit Aimé Césaire dans sa fameuse pièce – le spectre de Haïti dans la conscience noire. Ironie suprême, Mbeki a stoïquement accepté son sort au nom de la loyauté indéfectible à l’ANC – un parti qui se sclérose à la manière du FNL algérien, du Congress Party indien ou des anciens mouvements de libération et qui, sous l’influence du Parti Communiste sud-africain, continue de fonctionner comme si 1989 n’avait jamais eu lieu.
Mbeki laisse derrière lui un pays fragile, pris dans le vertige d’une corruption rampante, d’une crise sanitaire aux proportions bibliques, d’une culture de la prédation qui se généralise, et dont les grandes avancées réalisées depuis 1994 sont en passe d’etre remises en cause. De profondes inflexions de la politique économique sont nécessaires pour faire face à la pauvreté de masse et aux inégalités. Mais le plus grand défi est de redonner des qualifications à la masse des « inemployables » qui alimente le cortège des « superflus », ouvrant ainsi un énorme appel d’air à des formes de plus en plus nettes de « lumpen-radicalisme ».
Des péripéties en cours, il ressort clairement que l’hégémonie exercée par l’ANC sur la vie politique et institutionnelle du pays, voire sur l’État lui-même, loin d’etre une source de stabilité, est une menace potentielle pour la démocratie et l’avenir de l’État de droit. Un équilibre plus sain entre le parti au pouvoir et les forces d’opposition est désormais un impératif. Ce rééquilibrage passe entre autres par une véritable déracialisation de la vie politique sud-africaine et une repolitisation de la société après les années de démobilisation.
L’avenir démocratique de l’Afrique du Sud passe nécessairement par une reconstitution de l’opposition autour d’un parti majeur, véritable coalition multiethnique et multiraciale capable d’assurer l’alternance. Il passe aussi par le renforcement des autorités, agences et institutions indépendantes chargées de consolider l’État de droit. À ceci s’ajoute l’indispensable réforme du code électoral. Pour l’heure, le Chef d’État est un simple fonctionnaire du parti. N’étant pas élu directement par le peuple, il peut etre révoqué par les représentants du parti. Il en est de même des parlementaires – bureaucrates à la solde du parti, et qui ne sont comptables devant aucune circonscription précise, encore moins responsables devant l’électorat dans son ensemble.
La crise en cours montre que le compromis de 1994 - et sur lequel repose l’ordre politique actuel – a atteint ses limites. Il faudrait, sans tarder, négocier un nouveau pacte qui passe par l’approfondissement de la démocratie et une mutualisation des intérêts économiques des différentes couches sociales et raciales – sans quoi il faut s’attendre à une implosion dont les conséquences pour l’avenir du Continent seraient très graves.
Achille Mbembe
Achille Mbembe est professeur d’histoire et de sciences politiques à l’université du Witwatersrand et directeur de recherche au Witwatersrand Institute for Social and Economic Research (WISER) à Johannesburg.






(12) Commentaires
C’EST REPOSANT LA TRAGEDIE, PARCE QU’IL N’Y A PLUS D’ESPOIR. - ANOUILH
Déracialisation de la vie politique sud-africaine, constitution d’un véritable parti d’opposition multiethnique, renforcement des autorités indépendantes –pourquoi ai-je l’impression que ce n’est pas Zuma qui va permettre, ne disons même pas encourager, un tel programme ? C’est de notoriété publique, le candidat de l’ANC est le président de l’Afrique du Sud ; les élections présidentielles ne sont qu’une formalité du jeu démocratique. C’est en partie grâce à l’absence de cette déracialisation que l’ANC reste –et de loin- le parti majoritaire, ce n’est donc pas lui qui s’en plaindra (sauf à croire qu’il y ait encore des hommes d’Etat, des vrais, dans cette machine à coups bas. Et s’il y en a, des vrais hommes d’Etat, ce sera une gageure de contourner efficacement le clan Zuma. Quant au parti multiethnique, je ne vois guère que la DA pour le tenter. Mais il faudrait (1) qu’elle le veuille, (2) qu’elle le puisse –qu’elle parviennent à s’ouvrir et à convaincre surtout les noirs à la rejoindre-, (3) qu’elle réajuste sa place sur l’échiquier politique, car enfin, Mbeki n’a peut-être pas convaincu, mais ce sera encore moins facile pour un parti de droite d’adopter un discours crédible sur les questions aussi peu libérale comme la redistribution de la terre, la prise en charge des chômeurs, l’assurance santé. Ou peut-être faudrait-il fonder un nouveau parti, moins prisonnier des anciennes luttes…
Il était paranoïaque, Mbeki, c’est vrai, mais c’est pas sûr que tout le monde se réjouïra longtemps de cette disgrâce. Figure tragique, dit Mbembe. Sans clin d’œil à une autre campagne, dans un autre pays, ce n’est peut-être pas si naïf de souhaiter à l’Afrique du Sud un leader qui soit porteur d’espoir…
le fondement de l anc ca été de combattre une idéologie raciste qui opposait noir et blanc . lui demander de ce “déracialisé” c est au final reconnaitre qu il faut dissoudre ce partit qui n est pas un partit mais fut un mouvement de resistance contre des blanc armé , zete des comik les mecs attendent 2008 pour comprendre ::
le fln lui n a pas accepter de garder sses anciens bourreaux sur son sol et de vivre avec , afrique du sud est un cas unique ! on oblige des esclave emancipé depuis peu a vivre avec leur maitres d hier , pas d antan mais d hier , la veille !!
les blanc qu on t il fait la bas pour se faire pardonner ? pour au moins tenter de racheter tout le mal qu ils ont fait au plus profond des tout ces peuples ? rien au contraire ils ont garder le max de pognon
et aujourd hui certain universitaire vienent expliquer que le probleme vient .. des noirs evidemment , que c est les noir qui doivent s ouvrir au blanc , quel renversement , mais les blancs vous etes sur qu il veulent vraiment vivre avec vous ?? on efface pas des siecle de racisme avec un congres de faux q qui s allie pour partager un pouvoir et non un droit ! ././..
Achille,
La situation de Mbéki est plus comparable à celle du roi Lear !
LAISSEZ L’HISTOIRE S’ÉCRIRE
Que faut-il penser réellement de cette tragicomédie sud-africaine? RIEN
Sinon qu’il faut laisser l’histoire s’écrire.
Le drame dans l’histoire c’est qu’elle se reproduit souvent identique à elle même, les noms changent, et les décors aussi.
L’Afrique du sud est entré dans l’Histoire avec Mandela. La page qui a de la peine à se tourner dans l’optique d’une vraie reconstruction profonde, sans surfer sur des vagues d’émotivités liées au parcours de Nelson Mandela.
Situation difficile, car le peuple aime bien se référer à une histoire dramatique pour se construire. J’ai bien peur que le problème de l’Afrique du sud, aujourd’hui, au delà du racisme soit fondé sur un refus de commencer un véritable processus de démocratisation.
Cette histoire sans comparaison aucune me fait penser à l’histoire des juifs d’après la guerre.
Il y a des mémoires importantes, mais le dépassement des mémoires permettra au peuple d’apprendre à vivre. L’auto nombrilisme juif après les camps de concentration ( Notez bien que je ne remets aucunement en cause cette atrocité) empêche ce peuple et tout le monde d’ailleurs d’élaborer un projet de société convivial.
Si la mémoire est importante pour construire l’avenir, l’avenir comme mémoire est un grave danger pour les démocraties.
La démocratie à la sud-Africaine, a pris un visage à 360°, c’est à dire qu’après un long détour vers le rêve, elle revient peu à peu à sa situation d’avant apartheid.
Ne voit-on pas resurgir des querelles ethniques, et des lynchages publics?
Qu’est ce qui a changé à Soweto depuis Mandela?
Une réelle étude et évaluation de la démocratie dans ce pays, comme dans de nombreux pays post-coloniaux serait la bienvenue.
J’apprécie le travail des historiens, mais tant que ce travail est teinté d’émotion, il reste non objectif.
Mais peut-on faire preuve d’objectivité dans le genre humain?
J’ai apprécié l’article d’Achille Mbembe, comme la plupart des articles qu’il écrit d’ailleurs.
Cordialement
GJT
Quoique l`on pense de lui,Mbeki etait un TRES grand africain.Dommage qu`il n`y ait pas 10 chefs d`etats africains comme lui.Zuma est un pur demagogue sans foi ni loi.Mais comme l`ecrivait Machiaveli,” le vulgaire ne s`occupe que des apparances et de l`issue des choses”.
Il est important de se souvenir est zoulou, le groupe majoritaire. Et je crains qu’il ne s’appuie progressivement sur cette entité dont il avait su contenir les ardeurs quand Buthelezi mettait à feu et à sang le Kwazulu Natal.
Mbembe en appelle à une déracialisation de la société sud-africaine mais ne craint-il pas une ethnicisation (si le terme existe) de cette même société? Dans ce cas de figure, comment parler d’une démocratisation de l’Afrique du Sud? La finalité d’un tel processus est une forme de multipartisme ethnique que les autres pays africains ne connaissent que très bien.
En cela, des leaders comme MBéki et Mandela, visionnaires et véritablement au-dessus de la mélée sont des phares qui risquent que de manquer à l’Afrique du Sud et à l’Afrique tout court.
Si la mémoire est importante pour construire l’avenir, l’avenir comme mémoire est un grave danger pour les démocraties.
mais lol ca veut rien dire .. l avenir comme mémoire c est du grand n importe koi
et cé marrant de voir des tite tete confondre mémoire et histoire ... deux chose bien distincte qui approche le souvenir de deux facon differente ..
donc la bonne formulation c est
l avenir comme histoire n est que répétition du passé !!
par contre l Avenir sans Histoire n est que répétition du present ..
merci ki ?
peace33
Peut-on “deracialiser” un mouvement polique? Qu’est -ce qu’un parti deracialise? L’antropophagie politique n’est-elle pas au coeur du jeu politique fût -ce dans une démocratie tropicale? Malgré la pertinence de son analyse, Achille Mbembe ne nous montre pas le chemin d’une deracialisation démocratique d’un pays dont la mémoire reste chargée des violences raciales . Cette réflexion donne a voir le rôle ,souvent méconnu ,dans l’histoire de l’AS.
La symbolique est très forte dans la décision de démission du président Mbeki. Et je salue tous les protagonistes dans cette affaire, surtout d’avoir évité l’effusion de sang à ce grand pays frère.
Je trouve malheureux, le ton utilisé par Achille Mbembe dans son texte. Zuma sera sans doute le prochain président de l’Afrique du Sud, le traiter avec autant d’irrespect à savoir : politicien quasi illettré et polygame, mais retors et rusé..., à mon avis, n’est pas une façon sereine de faire une analyse politique. La contradiction n’exclut pas la courtoisie, évidemment, ni Zuma, ni Mbeki, ne sont des saints. Mais ramener ces grands militants qui ont consacré leur vie, presque tous, au prix du sacrifice suprême (la mort), pour le combat anti-apartheid, au rang de vulgaires politiciens de l’acabit des Bozizé, des Sassou ou autres Bongo, me semble irresponsable.
Si les temps ont changé, l’Apartheid n’est pas toujours si loin. Les efforts faits par l’ANC pour cohabiter avec leurs bourreaux sans chasse aux sorcières, n’ont pas d’équivalent au monde. On sait qu’ailleurs, l’Allemagne continue encore à payer les spoliations nazies. Par conséquent, je trouve les sorties d’Achille Mbembe très légères.
Evidemment, la compétition politique au sein de l’ANC n’est pas dénuée de coups bas. L’Afrique du sud est une société violente, la pauvreté y sévit, des injustices et autres discriminations sont béantes et qui poussent même à la xénophobie, le moins que l’on puisse dire, Mbeki, grand homme d’Etat, n’a pas tout résolu et il le reconnait d’ailleurs. On peut faire une analyse critique et sereine, sans ces petits mots désobligeants de dessous de ceinture à l’endroit de la seule classe politique qui fait honneur à notre continent.
Tout quasi illettré qu’est Zuma, il n’a pas hésité, contrairement aux nombreux grands lettrés, à s’engager dans la lutte anti-Aparthied, jusqu’à la prison. Il a été pourtant vice-président au côté des grands lettrés, mais il semble qu’on a pas relevé des incompétences criardes dont seules sont victimes les illettrés. Quel grand homme d’Etat n’a jamais été soupçonnés d’accusations pour corruption ou autres trafic d’influences. Le plus important est que la justice passe. On dirait même que, c’est inhérent aux hautes fonctions publiques. Et Zuma s’y est bien soumis.
Quant à Mbeki, on peut lui reprocher des déclarations malheureuses à propos des situations graves comme le SIDA, la reconnaissance tardive des violences sociales récentes et bien d’autres sans doute. Mais cet homme a contribué à donner une autre image des dirigeants africains : pausé, mesuré, discret, diplomate, engagé pleinement à régler les conflits africains (Côte d’Ivoire, RDC, Burundi...). On ne connait pas de Mbeki les frasques et autres luxes des Bongo, Sassou et autres Bozizé.
La démocratie est en marche en Afrique du Sud. Il faut de l’intelligence à ces grands militants pour guider leur pays avec sagesse. Il n’y a pas de système démocratique idéal, c’est aux hommes et aux femmes d’action, de faire preuve chaque jour d’imagination et de doigté pour se sortir des épreuves comme celles que vit l’Afrique du Sud aujourd’hui.
Vive la renaissance africaine !
mais mais ?? n’avais je point posté un comment ?
Mon message n’avait rien de scandalisatoire a ce que je me souvienne.
je disai etre etonné par les mots volontairement violent de MBembe , anthropophage, cannibal, defenestré… Peut on conclure a une certaine reprobation de la part d l’auteur, un sentiment d’injustice ?
Ce sont des termes qui appartienne a la sphere de l’anthropologie de l’ethnopsy, voire de la psychiatrie simple.
C’est sur que cà fait pas avancer le schmilblick
j’essai de cerner l’avi la position de Mbembé
power83… encore et toujours…
[Si les temps ont changé, l’Apartheid n’est pas toujours si loin. Les efforts faits par l’ANC pour cohabiter avec leurs bourreaux sans chasse aux sorcières, n’ont pas d’équivalent au monde.
effectivement c etait l erreur fatal , la consequence il la paye aujourd hui ! l allemagne et l europe ont regler le probleme en créant un Etat artificel pour que les bourreux et les victimes puissent vivre assez eloigner les unes des autres , car seul les naif peuvent croirent qu on peut faire cohabiter une escalavagiste dans l ame qui a aucun moment n a jamais renier le fondement de son idéologie raciste et un esclave perdu au fond de lui meme ...
le probleme de l afrique du sud c est qu il reste des colon blanc qui accapre toujours a eux seul 80 pourcent des richesses du pays , alors pour lutter contre la pauvreté la solution est en réalité tres simple ! ...
has64
Mbeki ce grand africain aura fait son temps.il fut brillant etje crois que l’heure est vvenu pour lui de se mettre au service du continent ou d moned par le canal des grandes institutions.
Bon vent honorable.
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