Hommage (2). Aimé Césaire : Le volcan s’est éteint. Un texte d’ACHILLE MBEMBE
Posté dans: Événements | Par Alain Mabanckou | le 21 Avr 2008 à 21h28 | Lu 3542 fois
Le glas ayant sonné, Césaire est donc parti. Désormais allongé, étendu seul, il est là, ici, partout et nulle part, fiché horizontalement, à la manière de ce qui plus jamais ne se relèvera.
Passé au pays du grand sommeil, le veilleur s’est finalement délivré de soi. Et ayant rejoint le revers du temps, celui-qui-guettait-la-nuit s’est frayé un chemin solitaire dans la nuit, la grande nuit de l’innommé. Mais l’entretien entamé en 1935 en Dalmatie (Croatie), au moment de l’invasion et de l’occupation de l’Éthiopie par les troupes italiennes, au zénith de l’impérialisme européen, de la montée du fascisme, de l’hitlérisme et du racisme, lorsqu’il entreprit d’écrire le Cahier d’un retour au pays natal – cet entretien sera toujours, par essence, infini.
Et c’est donc à le reprendre, chaque fois en des termes nouveaux, sans jamais donner à ses affirmations un sens trop facile, trop frivole, que la présence nue de sa mort désormais nous convie.
Le sort de « l’homme noir » dans le monde
Toute sa vie, Césaire aura lutté avec force et tranchant, énergie et lucidité, mixte de clarté et d’obscurité, avec les armes miraculeuses de la poésie et celles non moins honorables de la politique, les yeux fixés tantôt sur l’impérissable, tantôt sur l’éphémère, ce qui passe et s’en retourne à la poussière.
Il aura obstinément cherché à ménager un lieu de permanence à partir duquel le mensonge puisse être éventé, la vérité ressuscitée et l’indestructible se manifester. C’est la raison pour laquelle sa pensée, volcanique, aura été à la fois celle de l’interruption, du soulèvement, de l’espérance et de la déclosion.
Le socle de cette pensée de la lutte et du soulèvement aura été d’une part l’affirmation de l’irréductible pluralité du monde ou, comme il aimait à le dire, « des civilisations »; et de l’autre la conviction selon laquelle « l’homme où qu’il se trouve a des droits en tant qu’homme ».
Ce dont cette pensée aura porté témoignage, c’est l’espérance d’un rapport humain avec la différence – rapport inconditionnel d’humanité rendu d’autant plus impératif à l’évidence du visage sans nom auxquels on se heurte, et de l’inexorable moment de violence qui nous pousse à dénuder ce visage, à violer ce nom et à en effacer la sonorité.
Ce qu’elle aura mis en procès, c’est le racisme et le colonialisme, deux formes modernes de ce viol et de cet acte d’effacement, deux figures de l’animalité dans l’homme, de l’union de l’humain et de la Bête contre laquelle la république elle-même n’est pas immunisée et de laquelle notre monde est loin d’être entièrement sorti.
Enfin, la terreur qui l’aura habité, c’est celle d’un sommeil sans réveil, d’un sommeil sans jour nouveau, sans soleil ni lendemain.
Et, puisque l’on y est, l’obsession de Césaire, ce ne fut pas seulement les Antilles, ce pays qu’il avait coutume d’appeler non pas « français », mais « caribéen ».
Ce ne fut pas seulement la France qu’il servit avec amour et dévouement et dont il disait de la Révolution qu’elle avait - événement tout à fait inaugural dans son esprit - fait l’impasse sur « le problème colonial », c’est-à-dire la possibilité d’une société sans races.
Ce fut aussi Haïti (une terre qui, disait-il, « avait prétendument conquis sa liberté », mais qui était plus misérable qu’une colonie).
Ce fut le Congo de Lumumba et, à travers lui, l’Afrique (où l’indépendance avait débouché sur « un conflit entre nous-mêmes »).
Ce fut l’Amérique noire (à l’égard de laquelle il n’avait cesse de rappeler et de proclamer la « dette de reconnaissance »).
Ce fut, comme il ne cessa de le répéter lui-même, « le sort de l’homme noir dans le monde moderne ».
Pluralité du monde et partage des singularités
Or, au moment où Césaire s’en va, il nous faut prendre au sérieux ce souci déclaré pour ce qu’il appelle « l’homme noir ».
Il nous faut éviter de neutraliser la charge polémique que portent ce souci et l’inconnu auquel il se rapporte tout en acceptant que tout cela puisse nous déconcerter.
Il nous faut embrasser ce souci non pour enfermer Césaire dans une conception carcérale de l’identité, encore moins pour reléguer sa pensée à une forme de tribalisme racial, mais pour que justement, dans le vacarme des éloges officiels et les tentatives nationalistes de récupération et d’instrumentalisation, nul ne puisse se dérober face aux difficiles questions qu’il fit siennes, qu’il ne cessa de poser à tous, et qui aujourd’hui encore restent, pour l’essentiel, sans réponse, à commencer par la question du colonialisme, de la race et du racisme.
Ne disait-il pas encore, récemment, que « ce qui fait question, c’est le racisme ; c’est la recrudescence du racisme dans le monde entier ; ce sont les foyers de racisme qui, ça et là, se rallument. C’est cela qui fait question. C’est cela qui doit nous préoccuper. Alors, est-ce bien le moment, pour nous, de baisser la garde et de nous désarmer nous-mêmes ? » (Discours sur la négritude, 1987)
Que veut donc dire Césaire lorsqu’il proclame son souci pour le sort fait à « l’homme noir » dans le monde moderne ? Qu’entend-il par « homme noir » ? Pourquoi ne pas dire l’humain tout court ?
Soulignons d’abord qu’en faisant de la race le point de départ de sa critique du politique, de la modernité et de l’idée même de l’universel, Césaire s’inscrit en droite ligne d’une tradition critique intellectuelle noire que l’on retrouve aussi bien chez les Afro-Américains que chez nombre d’autres penseurs caribéens anglophones, voire Africains.
Chez Césaire cependant, la critique de la race ne débouche pas sur la sécession du monde, mais sur l’affirmation de sa pluralité et la nécessité de sa déclosion.
Affirmer que le monde est pluriel, militer pour sa déclosion, c’est dire que l’Europe n’est pas le monde, mais seulement une partie de celui-ci.
C’est donc faire contrepoids à ce que Césaire appelle « le réductionnisme européen » - par quoi il entend « ce système de pensée ou plutôt l’instinctive tendance d’une civilisation éminente et prestigieuse à abuser de son prestige même pour faire le vide autour d’elle en ramenant abusivement la notion d’universel à ses propres dimensions, autrement dit à penser l’universel à partir de ses seuls postulats et à travers ses catégories propres ». Et d’indiquer les conséquences que cela entraine : « couper l’homme de l’humain, et l’isoler, en définitive, dans un orgueil suicidaire sinon dans une forme rationnelle et scientifique de la barbarie ».
D’autre part, affirmer que le monde ne se réduit pas à l’Europe, c’est réhabiliter la singularité et la différence. En cela, et quoi que l’on ait dit, Césaire est très proche de Senghor.
Tous les deux récusent les visions abstraites de l’universel. Ils font valoir que l’universel se décline toujours dans le registre de la singularité. À leurs yeux, l’universel est précisément le lieu d’une multiplicité de singularités dont chacune n’est que ce qu’elle est, c’est-à-dire dans ce qui la relie et la sépare d’autres singularités. Chez l’un comme chez l’autre, il n’y a donc pas d’universel absolu. Il n’y a d’universel qu’en tant que communauté des singularités et des différences, partage qui est à la fois mise en commun et séparation.
On le voit. Ici, la critique de la race n’a de sens que parce qu’elle ouvre la voie à une autre imagination de l’idée humaine et de la communauté universelle.
En cet âge de la guerre sans fin et des multiples retours du colonialisme, une telle critique est loin d’être terminée. Elle est encore indispensable dans les conditions contemporaines, qu’il s’agisse de questions liées à la citoyenneté, à la présence des étrangers et des minorités parmi nous, aux figures non-européennes du devenir humain, au conflit des monothéismes ou encore à la globalisation.
Retours du colonialisme
Sur un autre plan, la critique de la race chez Césaire a toujours été inséparable de la critique du colonialisme et de la pensée qui le portait.
Qu’est-ce en son principe la colonisation, se demande-t-il dans son Discours sur le colonialisme (1955).
Elle n’est, « ni évangélisation, ni entreprise philanthropique, ni volonté de reculer les frontières de l’ignorance, de la maladie, de la tyrannie, ni élargissement de Dieu, ni extension du droit ». Équation malhonnête, elle est fille de l’appétit, des cupidités et de la force – les mensonges, les traités violés, les expéditions punitives, le poison instillé dans les veines de l’Europe, l’ensauvagement, tout ce par quoi le colonisateur se décivilise, plonge dans l’abrutissement, apprend à réveiller les instincts enfouis, la convoitise, la violence, la haine raciale et le relativisme moral.
D’où le fait que « nul ne colonise innocemment, que nul non plus ne colonise impunément ; qu’une nation qui colonise, qu’une civilisation qui justifie la colonisation est déjà une civilisation malade, une civilisation moralement atteinte, qui, irrésistiblement, de conséquence en conséquence, de reniement en reniement, appelle son Hitler ».
Et d’ajouter : « Le colonisateur, qui, pour se donner bonne conscience, s’habitue à voir dans l’autre la bête, s’entraine à le traiter en bete, tend objectivement à se transformer lui-même en bete ».
Prendre au sérieux Césaire, c’est continuer de traquer dans la vie d’aujourd’hui les signes qui indiquent ces retours du colonialisme ou sa reproduction et sa répétition dans les pratiques contemporaines – qu’il s’agisse des pratiques de guerre, des formes de minorisation et de stigmatisation des différences ou, plus directement, des formes de révisionnismes qui, s’appuyant sur l’échec des régimes indépendants, cherchent à justifier ex post ce qui fut avant tout un gouvernement grossier, vénal et arbitraire.
Un testament d’espérance
Finalement, il importe de continuer de s’interroger sur les sens du terme « nègre » que Senghor et Césaire réhabilitèrent au plus fort du racisme impérial. Il est d’ailleurs significatif qu’au soir de sa vie, Césaire s’estime obligé de rappeler récemment à Françoise Vergès : « Nègre je suis et nègre je resterai » (Nègre je suis, & nègre je resterai. Entretiens avec Françoise Vergès, 2004).
La prise de conscience de son être-nègre date du début des années 1930 quand il fait, à Paris, la rencontre de Léopold Sédar Senghor et des écrivains afro-américains Langston Hughes, Claude McKay, Countee Cullen, Sterling Brown et plus tard Richard Wright et bien d’autres.
Cette prise de conscience est provoquée par l’interrogation pressante, angoissante, que se posent, dans l’entre-deux-guerres, une génération de penseurs noirs. Cette question porte sur la condition noire d’une part et les possibilités du temps de l’autre. Césaire la résume de la manière suivante : « Qui sommes-nous dans ce monde blanc ? Que nous est-il permis d’espérer et que devons-nous faire ? ».
À la question « Qui sommes-nous dans ce monde blanc ? », Césaire apporte une réponse dépourvue d’ambigüité : « Nègres nous sommes ». En affirmant de façon aussi péremptoire sa « négritude », il affirme une différence que rien ne doit simplifier, qu’il ne faut pas chercher à réduire et de laquelle il ne faut pas se détourner en la déclarant indicible.
Mais qu’entend-il par « nègre », ce renvoi ou encore ce nom dont Fanon dit, dans Peau noire, masque blancs, qu’il n’est qu’une fiction ? Et que nous faut-il entendre par ce mot aujourd’hui ?
Pour lui, ce nom renvoie non pas à une réalité biologique ou à une couleur de peau, mais à « l’une des formes historiques de la condition faite à l’homme ». Mais ce mot est également synonyme de « lutte opiniâtre pour la liberté et d’indomptable espérance ».
Chez Césaire, le terme « nègre » signifie donc quelque chose d’essentiel, qui ne relève absolument pas du racisme noir ou de l’idolâtrie de race. Parce qu’il est chargé de tant d’épreuves (que Césaire tient absolument à ne jamais oublier) et parce qu’il constitue la métaphore par excellence de la « mise à part », ce nom exprime le mieux, et a contrario, la quête de ce qu’il appelle une « plus large fraternité », ou encore un « humanisme à la mesure du monde ».
Ceci dit, cet humanisme à la mesure du monde, on ne saurait en parler que dans le langage de l’à-venir, de ce qui toujours se situera au-devant de nous et qui, comme tel, sera toujours privé de nom et de mémoire, mais non point de raison – ce qui, comme tel, toujours échappera à la répétition parce que toujours radicalement différent.
Du coup, l’universalité du nom « nègre », il faut la chercher non du coté de la répétition, mais de celui de la différence radicale sans laquelle la déclosion du monde est impossible. C’est au nom de cette différence radicale qu’il faut réimaginer « le nègre » comme la figure de celui qui est en route, qui est prêt à se mettre en route, qui fait l’expérience de l’arrachement et de l’étrangeté.
Mais pour que cette expérience du parcours et de l’exode ait un sens, il faut qu’elle fasse une part essentielle à l’Afrique. Il faut qu’elle nous ramène à l’Afrique, ou du moins qu’elle fasse un détour par l’Afrique, ce double du monde dont nous savons que le temps viendra.
Césaire savait que le temps de l’Afrique viendrait, qu’il nous fallait l’anticiper et nous y préparer. C’est cette réinscription de l’Afrique dans le registre du voisinage et de l’extrême lointain, de la présence autre, de ce qui interdit toute demeure et toute possibilité de résidence autre qu’onirique - c’est cette manière d’habitation de l’Afrique qui lui permit de résister aux sirènes de l’insularité.
Finalement, c’est peut-être l’Afrique qui, lui ayant permis de comprendre qu’il y a des forces profondes en l’homme qui excèdent l’interdit, octroya à sa pensée son caractère volcanique.
Achille MBEMBE
Photo : L’ecrivain franco-djiboutien A. WABERI chez Cesaire en Martinique.

(79) Commentaires
sourire...jusqu’aux oreilles ...et pis mouaaaaah hi hi hi
Ci n-j, c’est agréable d’etre surpris
Dis donc, N_j, on se moque des aînés?!? Et dans le neuf-trois alors, le respect des vieux, on connaît pas ça? Non mais sans blague! Fais gaffe ma belle enfant, j’t’ai à l’oeil!!! ;o)
contrairement à leurs frères et soeurs anglo-américains qui proclament haut et fort leur appartenance au monde afro. Ces frères anglo-américains qui traitent avec condescendance les noirs africains! Il y a des noirs africains, noirs caribéens, des noirs américains qui ne doivent pas tous être rangés dans sous le vocable africain du fait de leur coloration.
Prendre au sérieux Césaire, c’est continuer de traquer dans la vie d’aujourd’hui les signes qui indiquent ces retours du colonialisme ou assumer l’héritage et vivre avec. On est d’abord homme avant d’être “nègre”.
Saisir toute la dimension de Césaire demande toute une vie. Il y a certains aspects que je découvre maintenant.
Je suis nègre et puis quoi? je t’emmerde! comme dirait Césaire
Lecture intégrale du “Cahier d’un retour au pays natal” par Jacques Martial
Le 29 avril, à 20H00
Au théâtre de l’Odéon
Entrée gratuite
résa : 01 44 85 40 44
Autre lieu, autre hommage
Théâtre de La Tempête
à la Cartoucherie
Ce soir à 20H30
Lecture d’extraits de l’oeuvre de Césaire
Entrée libre
Résa : 01 43 28 36 36
Grand hommage au “Nègre fondamental et vertical”
Le mercredi 6 mai à La Villette
Sauf changement de dernière minute
A propos de Jacques Martial, il semblerait qu’il est l’exclusivité des droits sur le Cahier du retour au pays natal et qu’il n’autorise personne en dehors de lui-même à produire ce texte en France. Cela me paraît inquiétant si l’info est exacte…
Mince alors, je voulais dire “il semblerait qu’il ait”
DOW, posts 3 et 27
Comment vas-tu, Vieux ?
J’imagine que tu as dû écouter religieusement “ton maître”, Achille Mbembe, hier matin chez Madeleine sur RFI.
Je me trompe ?
Toujours est-il que c’est bien ds le cadre d’un hommage (mot qui semble te déranger furieusement) à Césaire que lui aussi est intervenu ds “Le débat africain” d’hier, un hommage pour mieux comprendre Césaire, pour perpétuer sa pensée, lui qui a su ériger son oeuvre en arme politique, une arme à la fois culturelle et politique.
Et pour reprendre Daniel Maximin dernièrement à Fort de France, je dirai :
”Césaire est parti
Ses mots restent
Et le combat continue”
@ post 20
NDEKO wrote: Domage que cet Homme illuminé n’ait pas été suivi dans ses antilles natales
- Eh oui, c’est bien connu depuis le Christ que nul n’est prophète en son pays…
aujourd’hui la plupart des antillais se sentent outragés quand ils sont désignés comme Africains
- pour dire le complexe ambigu qu’ils manifestent volontiers envers nous… Moi ça m’a toujours amusé ces originaires des Antilles qui snobent l’Africain et se croient un cran au-dessus…
Pourtant ce n’est pas drôle. Je parle justement dans mon blog d’une rencontre que nous avons eu sur Evry avec les élus locaux issus de la “Diversité” (gauche comme droite) pour rendre hommage à Césaire. Africains et antillais réunis pour la circonstance. J’ai pu me rendre compte que la perception de Césaire n’était pas la même.
Nous avons ainsi eu le témoignage d’une aînée martiniquaise qui rappelait que l’hommage qu’elle rendait à Césaire était lié uniquement à son activité de député-maire.
Qu’en tant que martiniquaise, elle n’avait pas eu accès aux textes de Césaire pendant son cursus scolaire aux Antilles et c’est en Métropole qu’elle a essayé pour sa culture propre de découvrir le poête. Sans enthousiasme.
Le concept de négritude ne semblait d’ailleurs pas faire l’unanimité là-bas.
En effet de quoi parle-t-on en Martinique ? de créolité. De brassage. De métissage. Absolument le contraire de la négritude dont le fondement de départ émis par Césaire était : “plus nous serons nègres, plus nous serons des hommes” s’appuyant sur une pensée d’Hegel “Ce n’est pas par la négation du singulier que l’on va à l’Universel, mais par l’approfondissement du singulier”.
Un intervenant africain a d’ailleurs affirmé que la créolité est un branche de la négritude. C’est complètement faux. La créolité veux noyer la négrité, et rompre avec l’Afrique en imaginant une identité qui prend source uniquement dans la cale du négrier.
Césaire, comme en témoigne ses ouvrages, au contraire va redécouvrir l’Afrique pour mieux comprendre les Antilles. C’est vrai que Senghor l’a bien aider dans cette quête.
Césaire a perdu la bataille contre Confiant, Chamoiseau et compagnie. C’est un fait. Il a géré la cité faute de pouvoir faire triompher ces idées parmi les siens. Mais il laisse des textes forts qui, s’il ne trouve pas écho dans son île, continueront d’inspirer des générations de la diaspora nègre.
post 39 La créolité veux noyer la négrité, et rompre avec l’Afrique en imaginant une identité qui prend source uniquement dans la cale du négrier. Je ne suis pas expert mais je ne crois pas. C’est reducteur et probablement erroné.
La creolite ne veut rien noyer du tout. Pas plus qu’elle ne doit se sentir superieure. Mais simplement differente.
Zetes afrocentriste, centrifuges. Pour vous tous les noirs ne peuvent etre qu’africain alors? Et tout se ramene a l’afrik. Zetes com certains français qui se pensent les seuls au mondes. Certains americains ? oui c’est vrai aussi.
Les routes des antilles et de l’Afrik ont divergé.
La creolite basee sur les cales de negriers, pffff...Au debut oui. Mais il ya tout une evolution apres, de ces esclaves originaire d’afrik puis leur descendants(avec effectivement pas mal de metissage). Dans un milieu propre. Une histoire, une culture creole, une langue… Id pour noirs americains. Les valeurs africaines, transmises pour resister a l’alienation de l’esclavage, pour preserver leur integrite, leur dignite se sont diluees avec le temps, les generations, le milieu exterieur, et selon les individus.
C’est du libre arbitre de chacun de chercher dans le passé de quoi etoffer son present. et plus les ancetres sont flatteur plus notre manque de confiance, notre ego s’en trouvent galvanisés.
Ou ds un souci analytique de connaissance, de curiosite, de comprehension historique. Les verites de Cesaire ne sont pas forcement applicables a tous les noirs. Mais je ne suis pas connaisseur.
la negritude est née en reaction, en des temps où le noir etait considere par bcp comme une sous espece. Il fallait s’imposer, imposer sa couleur, sa culture. Cessez de regarder ses pieds, levez le menton en défie, et gueuler à la face du monde:
“ tel que vous me voyez, j’existe” bordel de sacre nom d’un chien de furoncle sur la fesse a tanti!
Je ne suis pas sur que les enjeux soient les mêmes. Bien que “le combat continue”. “Get up stan up syand up for your rights....don’t give up the fight” a dit un autre insulaire.
Douce Bahia, te revoilà donc! On est sans nouvelles pendant des lustres et tu réapparais soudain comme un feu follet! ;o) Comment vas-tu? Pour ma part, me porte comme un charme. Et suis content de te revoir par ici.
Figure-toi ma chère, que je suis un petit sauvage qui vit loin des bruits du monde. Je n’ai donc pas pu écouter mon maître, comme tu dis, hier chez cette chère Madeleine, pour la simple raison que j’ignorais qu’il y était en représentation. Il faudrait que des gens comme toi aient mon mail perso pour pouvoir m’en avertir à l’avance ;o)
Et pour le reste, ce n’est pas le mot “hommage” qui m’agace. Ce serait plutôt une sorte d’hommages habiles, enrobés d’hypocrisie fielleuse. Dieu merci, on n’a pas entendu que ce type d’hommages-là, rendus à notre Césaire. Et les mots de Maximin que tu cites, ont tout pour me plaire.
Je t’embrasse très chère… o)
Frangin Gangoueus, je te salue bien bas. Et je commence par m’excuser parce que je te devais une réponse sur un sujet précédent, et j’avais fini par l’oublier. J’y reviendrai, promis. Pour l’heure, je voudrais réagir à tes posts de ce soir. Tout à fait d’accord avec ce que tu dis sur J. Martial (post 36). A condition évidemment que l’info soit avérée. En revanche, je ne suis pas tout à fait sur la même ligne que toi concernant le post 39. Mon avis est que négritude et créolité sont en effet choses différentes, intentionnalités ayant chacune sa singularité spécifique. Mais je ne les vois aucunement comme devant s’opposer, s’entre-nuire ou se contrarier l’une l’autre. En fait - et c’est notamment pour cela qu’elle est brillante - c’est l’analyse ci-haut d’Achille Mbembe, qui formule les choses de la manière la plus éclairante, qui permet alors de bien comprendre. Il faut entendre ce mot de “nègre”, comme une condition particulière de l’humain. Et entendre donc similairement la “créolité”. Et si ce sont seulement deux conditions singulières de l’être-homme, alors on imagine sans peine qu’elles cohabitent possiblement. J’imagine qu’on en trouvera aisément dans les Antilles pour se réclamer “nègres créoles”. Fondamentalement nègres, et fondamentalement créoles. La créolité déborde le cadre de la négrité. Et de la négritude. Mais une partie de la créolité peut s’entendre nègre.
Tu cites Césaire proclamant: ”plus nous serons nègres, plus nous serons des hommes”, très bien. Mais pourquoi postuler que pour certains, affirmer leur créolité, amenuise leur négrité? Ce n’est pas automatique. La créolité, en tant que concept revendiqué, est suffisamment large, pour que cette automaticité soit pour le moins discutable. Et quand tu écris: ”La créolité veux noyer la négrité, et rompre avec l’Afrique en imaginant une identité qui prend source uniquement dans la cale du négrier”, il faut bien se rendre compte, qu’il y a longtemps que les frontières de la négrité ne sont plus celles de l’Afrique. Et que donc, la créolité, postulée d’une façon précise, ne noie nullement la négrité. Même s’il est vrai, qu’une certaine créolité, plus étroite d’esprit et moins lucide - pour tout dire moins sagace - n’a pour visée unique que de s’abstraire d’une origine que l’on voudrait renier. A cette étroitesse-là, toi et moi sommes d’accord pour répondre, avec Césaire, que si l’on est né nègre, alors ”plus nous serons nègres, et plus nous serons des hommes”.
On devait poster au même moment Catharsis. Quelques vues communes… Et puis quand tu dis “centrifuge”, je suppose que tu voulais dire en réalité “centripète” ;o)
A bientôt les gens!
oups DOW! tha’s it, “centripete”, j’ai loupé mon effet là, merci pour la rectif.
Mon avis est que négritude et créolité sont en effet choses différentes, intentionnalités ayant chacune sa singularité spécifique.
non car la créolité n est pas une intentionalité , elle est une consequence d une déportation massive d africain , il restera toujours un lien entre créole et africian , je dirais meme que le créole est le non intention africaine , elle comme cette partie arraché a l afrique de force ! c est comme la choa un traumatisme .. d un coté un continent fut a moitié vidé de sa population pour combler le génocide sur l autre
le créole c est aussi la mémoire croisé de l afrique et l amérique a travers les caraibe ! la cook party ... le melange de la chair du maitre et de l esclave , le viol car les metisse sont souvent les enfant d un propriétaire blanc et d une esclave noir !! pour les femme blanche accoucher d un métis etait une regression pour les noir une elevation lol .. tin cé la misere les zamis y a pas de soluce va falloir se la jouer egoiste avant d aller tous dans le trou !! cé sans espoir !
zavé cette histoire de fou en allemange , le mec qui viol et enferme sa fille , jamais ce serai arriver dans une tribu bédouin ce truc de malade , c est le sommet de l iceberg !!cé la fin !!!
fiscal44
Mais je ne les vois aucunement comme devant s’opposer, s’entre-nuire ou se contrarier l’une l’autre
la créolité depasse la negritude ! elle englobe d autre identité , c est le mutlituclturalisme individuel !! sans necessairement nier l une des partie , ca se decline en fonction des endroit , la créolité n est pas la meme partout , j y coné rien mais bon je pense que la réunion c est pas la martinique la martinique c est pas haiti et encore moins nouméa ! ..ni la guyane d ailleur !! fo changer de mot , créole et negres c est pas dans le meme registre ;, c est comme blanc et chretien !! ...
Mais non Catharsis, comment ça tu as loupé ton effet? Je le disais vraiment en un clin d’oeil malicieux. Et puis on ne loupe pas son effet à cause d’une virgule! Sans compter que suis même pas sûr de ce que je racontais. Bref, non non, tous tes effets y sont bien! ;o)
N_j, toujours digne héritière de ton homonyme, tu commences par ne pas être d’accord, et puis finalement tu es d’accord, lol. En tout cas, je n’ai rien trouvé dans ce que tu écris, qui nous sépare. On est absolument sur la même longueur d’onde, peu ou prou. Juste une chose: la créolité ne se réduit pas à un brassage, ou un métissage “racial”. En fait, quand tu dis, je te cite: ”la créolité n est pas une intentionalité”, sache que la créolité est aujourd’hui une puissante théorisation, véritable concept philosophique, multiforme et à multiples paternités. On peut très bien imaginer qu’on trouverait des gens nés depuis toujours d’une lignée nègre, pour se réclamer pleinement créoles.
Mais finalement, tu résumes brillamment les choses en disant, à ta façon toujours inimitable: ”créole et negres c est pas dans le meme registre ;, c est comme blanc et chretien !!”. C’est tout à fait ça, jeune N_j. Et y en a là-dedans! ;o)
La créolité veux noyer la négrité, et rompre avec l’Afrique en imaginant une identité qui prend source uniquement dans la cale du négrier. Je ne suis pas expert mais je ne crois pas. C’est reducteur et probablement erroné.
La creolite ne veut rien noyer du tout. Pas plus qu’elle ne doit se sentir superieure. Mais simplement differente.
Je ne suis pas expert non plus, mais j’observe des comportements autour de moi.
Le concept de l’identité qui prend forme dans la cale du négrier n’est pas de moi mais de Raphael Confiant.
Quand on écoute les pontes de la créolité, cette dernière apparait comme un magma en rupture avec le ou les volcans originels. Le métissage étant synonyme d’universel.
Quand on écoute le créole Césaire -parce que né sur l’île il ne sera jamais un bossal, un africain- il y a une identification des volcans sources. Une construction, une reconciliation avec l’Afrique. C’est le sens que je donne son assertion “nègre, je suis”.
C’est du libre arbitre de chacun de chercher dans le passé de quoi etoffer son present. et plus les ancetres sont flatteur plus notre manque de confiance, notre ego s’en trouvent galvanisés.
Ou ds un souci analytique de connaissance, de curiosite, de comprehension historique. Les verites de Cesaire ne sont pas forcement applicables a tous les noirs. Mais je ne suis pas connaisseur.
la negritude est née en reaction, en des temps où le noir etait considere par bcp comme une sous espece.
Personne ne dit le contraire. Mais il me semble que la négritude nait de ce désir d’enracinement pour mieux parer l’agression des autres et mieux concevoir l’avenir par une maîtrise du passé avec ses échecs et ses gloires.
Il me semble que lorsque je lis Chamoiseau un des idéologue de la créolité, il y a une posture du déni qui ne mène nul part. Peut-être ne l’ai-je pas assez lu. C’est une impression. Alors afrocentriste, et pourquoi me demander ma carte au parti kémite?
Frangin Gangoueus, je te salue bien bas.
C’est drôle mais je me représente toujours D.O.W avec un grand boubou et une barbichette blanche. Du coup, le terme de frangin est vraiment coupé-décalé. Revenons sur terre.
Oui D.O.W, salutations à toi.
J’aimerai levé une ambiguité. Je comprends le terme un peu comme le définit E. Trouillot (romancière ayitienne) dans son très beau roman Rosalie l’infâme : une personne née aux Antilles. Par opposition au bossal.
Césaire est donc créole. Sa négritude prend source quand il remonte le cours de l’histoire pour se positionner dans celle-ci pour dire qui il est et d’où il vient.
Dans une interview passionnante, Césaire explique qu’au travers de ses recherches et de ses échanges avec Senghor, il a une nouvelle lecture, une meilleure compréhension de comportements ou traditions antillaises. C’est extrêmement intéressant.
Ce qu’il est important de signifier, c’est que l’Afrique n’explique pas tout. La câle du Navire, la France, les amérindiens des Caraïbes, le brassage sont des éléments essentiels.
Mais, pour l’autre, tout ce qui a une teinture de nègre est rattaché au grand ensemble. Aux yeux de l’autre, il est négre. Point barre.
Est ce que ça a changé depuis Senghor et Césaire.
Le fait même qu’Africains et antillais se retrouvent dans les mêmes discothèques, subissent les mêmes discriminations, atteste que la créolité est un vaste leurre.
Elle tente d’éponger les origines (et en cela elle tend à noyer la négrité). Mais je me trompe sûrement et je serais heureux qu’on me l’explique.
On traine ici pour comprendre, non?
Je comprends le terme créole
making86
”la créolité n est pas une intentionalité”, sache que la créolité est aujourd’hui une puissante théorisation, véritable concept philosophique, multiforme et à multiples paternités.
oui mais l intentionalité suppose le vouloir , ce brassage d esclave avec des population autocthone des vague d emigration diverse et des maitre colon pour gerer tous ce monde et le rationaliser n avait pas l intention de faire naitre la créolité .. il le sont devenu par la force des chose ,et l un des ressort de ce mouvement c est l’esclavagisme et l enrichissement d une minorité sur le dos des autres , le fondement de la créolité c est l injustice le viol la haine le massacre le génocide , bref le colonialisme ...
par contre il y a une intentionalité chez les colon ou par euphémisme romanesque , les pionners du may flower , il y a une intentionalité chez les horde vicking , un projet a long terme ! il y a une théorisation , une Livre qui fonde cette nlle nation , afrikaners ou américaine , d ailleur des nation qui se sente tellement differente du lieu d ou elle proviennent qu elle n ont pas hésiter s emanciper des anglais pour les uns des anlais aussi pour les autres d ailleur !!
jamais un américain ne revendiquera comme fondement de son identité l europe mais l acte fondateur de cette nlle “nation” , ca viendrai a l idée d aucun théoricien de demander a une meuf du wyoming ... l américanité a temps zero et personne n oserai le remettre en question ! par contre la créolité elle a l obligation de remonter a ses origine ancestral pour trouver son identité , est ce normal , c est pas deja un peu raciste de toujours obliger le negre a prendre cette posture de troglodite rattaché pour tjr et a jamais a son contienent parcqu il est noir ... je trouve césaire raciste dans sa facon de penser !!
créole c est la part pauvre du reve américain et des délire de l europe colonial !! la créolité n est pas une théorisation , c est une identité basé sur un vecue a contre coup ,!! c est une praxis , tandis que l américanité c est une idéal , poser a l avance et accompli par les armes et le travail , la créolité c est un concept vivant qui se théorise et se pratique en permanence , evolue , on sait pas sur quoi ca va aboutir ; les usa des le depart on savait ou ca finirait , l expansionisme et le culte de la Race Blanche seul apte a détenir le culte d Aton !!
c est ce qui est prometteur chez la créolité c est que c est une culture qui nait la devant nous ! elle ne c est pas posé d idéal fondateur ! elle a fait avec ses douleur ses souffrance , les créole n ont pas de moule de matrice , ou plutot il n ont pas encore posé de limite , y a de plus en plus d apport d Asie ce qui au final rend la créolité radicalement séparé de l afrique , sauf pour ceux qui pense que le sang offre une identité ...
bon aller la douche !!
a une meuf du wyoming .... si etre américain c est un compartiment de l europe , cé grave j oublie maitnenant carrement des bout de phrase !!
Less99
Posts 48, 49
Cher Gangoueus,
Je te recommande vivement de lire un article de fond de Rafael Lucas paru dans Mondes Francophones, qui analyse de façon pertinente, les soubassements idéologiques du concept de “créolité”.:
Rafael Lucas “L’Aventure ambigüe d’une certaine créolité”.
Tu trouveras facilement cet article en le recherchant par le nom de l’auteur ou le titre dans google.
Rafael Lucas, originaire d’Haïtie, est Maïtre de Conférence à l’Université de Bordeaux III.
A mon avis, le concept de “créolité” et l’idéologie sous-jascente ne sont pas si populaires que çà aux antilles au jour d’aujourdhui.
Si ce courant littéraire a pu faire illusion dans les années 90, il semble désormais tomber en désuétude, n’ayant obtenu une franche adhésion d’autres auteurs antillais.
En effet, la créolité se fonde sur un sentiment ambigü de vécu persécutif contre une supposée invasion culturelle étrangère qui mettrait la Martinique et la guadeloupe en situation de “kaldochisation”. Il faudrait entendre par là qu’elle lui ferait perdre l’identité culture dite “créole” qui semblerait être née de la génération spontannée…
D’ailleurs, les deux auteurs les plus représentatifs de ce courant (Confiant et Chamoiseau) mettent un point d’honneur dans leurs oeuvres à ne jamais évoquer les ascendances africaines de la culture dite “créole”. Tout au plus, Confiant évoque un peu sous forme de railleries l’apport indienne ("coolis manger chiens")et arabo-syrienne.
Pour emprunter une expression propre à E. Glissant, les tenants du courant de la créolité opèreraient un travail de “raturage” des soubassements africains de la culture créole. L’Afrique, pour eux, semble, de façon non avouée, se présenter comme une forme de repoussoir.
Certains parmi ces auteurs se posent même la question de savoir s’ils sont “noirs”.
Pour emprunter une expression propre à E. Glissant, les tenants du courant de la créolité opèreraient un travail de “raturage” des soubassements africains de la culture créole.
cf la Rature du mot Etre Effectuer par un recteur nazie , tout ca cé du bla bla , des soubassement africain na vu sa ou ? zon ramenr des larme , des déraciné des esclave , zon rien ramener les esclave zon tout donner , certain croient ici que les esclave afrcicain sont a prendre comme immigré qui viennent peuple un pays avec leur bagages et leur culture !! té un ouf !! sont venu enchaine , isoler melanger , le peu d africanité est en eux s en est aller avec leur reve d etre libre , on parle d esclave !! des gens qui on subit une alculturation total et radical et le peux qu ils ont emmenr dans leur tete fut tellement deformer par la douleur et la souffrance , un accouchement ! la créolité c est un enfantement dans la douleur , le créole est une culture féminine ! ...
Il ne faut surtout pas oublier que les Noirs antillais ne représentent qu’une petite goutte au sein des populations noirs américains. Brésil, Etats-Unis, Cuba, Pérou, Colombie, des dizaines de millions. Où les situer dans le débat sur la créolité?
Post 55
Lulu,
Comme l’a fait remarquer Rafael Lucas (que j’ai cité plus haut), tu as surtout oublié La Réunion, les Seychelles et particulièrement Haïti avec ses 8 millions d’habitants où le créole est vivant, largement pratiqué et hérigé en langue nationale.
Je rappelle à toute fin utile que malgré la topologie des lieux qui situe la Réunion aux antipodes géographiques des Antilles françaises, les langues créoles réunionaises et seychelloises sont compréhensibles par un antillais et vice-versa…
Les tenants de la théorie de la “créolité” excluent de fait Haïti avec ses 8 millions d’habitants de l’espace créole.
D’ailleurs, Confiant dans son attaque en règle contre Serge Billé au cours de la dernière coupe du monde, a mélangé allègrement les ressortissants africains et haïtiens en les tenant pour responsables de la “caldochisation” de la Martinique et de la Guadeloupe alors qu’il fait l’impasse sur les chroniques acerbes d’un humoriste ressortissant de la métropole qui dévoile régulièrement dans un journal local, quelques travers des martiniquais.
J’ai suivi le discours du président Sarkozy ventant la démocratie et le respect des droits de l’Homme en Tunisie. J’ai été bluffé. Pour quelques milliards de dollars, il s’est assis sur les droits de l’Homme confortablement et tous les opprimés et les femmes violées, voilées et les mecs jetés en prisons pour délit d’opinion ont beaucoup applaudi. J’ai eu envie de crier vive le Président !
Il faut dire que les rôles étaient bien distribués entre le président et son épouse. L’un cirant les babouches à l’Ali et l’autre faisant chanter les mémés triées sur le volet devant un micro avec la guitare de Yves Duteuil. C’était rigolot.
Molékinzéla, je ne parle pas des usagers des différents créoles dont les Mauriciens, je parle du débat sur la créolité, parce qu’il ne s’agit pas de la même chose: parler le créole et adhérer aux contenus politiques de la créolité ou de la créolitude. comme ce n’est pas la même chose que d’être noir et de participer au débat sur la négritude.
Paradoxalement, le préz entretient le doute sur un boycottage de la cérémonie d’ouverture des J.O.
Et si toute cette agitation occidentale visait à amoindrir l’impact de l’étalage de puissance que les chinois vont mettre en oeuvre à l’occasion de ces J.O?
Marre la fumisterie, les leçons sur les droits de l’homme à géométrie variable, laissez les chinois faire la fête!
Bon sang, mais il est où le Ménard, ils s’agitent pour les journalistes à l’autre bout du monde et pour la Tunisie, pas d’action d’éclat?
possible34
Post 58,
Lulu,
Tout à fais d’accord avec ton analyse.
Je me suis mal exprimé.
Je voulais surtout faire prendre conscience que l’aire de répartiton de “l’espace créole” est beaucoup plus étendue et numériquement plus importante que ce que semblent suggérer les “prétentions spatiales” des tenants du créolisme qui la réduisent à la Martinique et la Guadeloupe dont la culture (créole) serait menacée d’extinction… Ce qui les conduit à diaboliser la présence de certains étrangers dans les antilles françaises (y compris paradoxalement également des haïtiens, autres créoles).
Il s’agit là d’un type de raisonnement fondé sur des postulats erronnés.
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