Derrière les livres, par Dany Laferrière
Posté dans: Portraits d’écrivains | Par Alain Mabanckou | le 13 Nov 2007 à 9h16 | Lu 9423 fois
Dans sa célèbre chronique qui paraît chaque semaine dans La Presse (le grand quotidien de Montréal), notre Dany Laferrière a croqué quatre écrivains, une manière de voir ce qu’il y a derrière les livres – et c’est d’ailleurs le titre de sa chronique dont nous reprenons ci-dessous un large extrait, la partie introductive que nous n’avons pas reprise parle du travail de l’écrivain, de cette cuisine longue et délicate qui fait le roman...
Derrière les livres (extraits), par Dany Laferrière
Mistral
Il m’a téléphoné, un soir. Il voulait que je le rejoigne quelque part. Une voix haut perchée, dans un corps d’adolescent qui a grandi trop vite. À l’époque, il était dans sa période Bukowskienne. L’écrivain qui fait corps avec son oeuvre était, pour ceux de la génération d’après-guerre, Louis-Ferdinand Céline. Pour les jeunes écrivains des années 90, ce fut Bukowski. Alors, j’ai retrouvé Mistral dans un bar miteux où il buvait ferme. Je l’avais déjà aperçu, avec son chapeau mou et sa moue de starlette ennuyée, dans les hebdomadaires gratuits. Il a voulu qu’on se rende chez lui, pas trop loin. On a pris la rue Sherbrooke. Il faisait déjà noir quand un type en fauteuil roulant a foncé sous les roues de la voiture. J’ai freiné à temps. Pendant tout le trajet, et des années plus tard, c’est cette histoire qui s’est logée dans la tête de Mistral. Il riait en tapant des mains sur le tableau de bord. Et il revenait sur l’incident durant toute la soirée, le racontant à chaque nouveau venu. C’était la même faune bigarrée qu’on voit dans son dernier roman (Léon, Coco et Mulligan, Boréal, 2007). Ce qui semblait l’intéresser, c’est le fait que le parcours humain soit si imprévisible. Si cet accident avait eu lieu, on se demande quelle influence cela aurait eu sur son écriture, sur sa manière de voir le monde. Mistral donne l’impression d’attendre toujours fébrilement un accident. On n’a qu’à ouvrir son roman pour sentir cette terrible attente qui empoisonne la vie de ses personnages. Pour Mistral, l’inacceptable c’est qu’il n’arrive rien. Mieux vaut se faire casser la gueule, comme Edie, par le premier venu.
Dantzig
Je l’ai croisé à Dublin. Il était, comme moi, invité à parler de Joyce chez Joyce pour le centième anniversaire de naissance de l’auteur d’Ulysse. Des spécialistes de Joyce, venant du monde entier, prenaient place autour de la table. Que peut-on dire dans un pareil cas? J’ai simplement admis que je n’avais jamais lu Joyce. Charles Dantzig prenait part à la discussion. Il semblait complètement désarçonné par mes propos, car mon ignorance ne m’a pas empêché de discourir sur Joyce. Moins on sait, plus on est libre.
À mon retour à Montréal, j’ai trouvé un mot de lui, me disant qu’il est éditeur chez Grasset et qu’il aimerait me publier. On s’est retrouvés, dans un café, toujours le même, à chacun de mes passages à Paris. Comme ses livres, Dantzig est snob sans être mondain, léger sans être bête, sérieux sans être ennuyeux. Il a publié cet étonnant Dictionnaire égoïste de la littérature française (Grasset, 2005) qui a fait de lui le nouveau Bernard Frank en ville. Il semble écrire sans prêter trop attention à l’histoire qu’il raconte. Une manière devenue si rare qu’elle semble inédite dans un monde où on veut tellement que l’autre sache qu’on a sué. Dans son brillant dernier roman (Je m’appelle François, Grasset, 2007), il joue avec les multiples masques d’un homme qui n’a peur que de la solitude. Dois-je rappeler que le contraire de la solitude n’est pas forcément la multitude.
On reste fasciné par une telle agitation identitaire tout en se demandant ce qui peut bien motiver quelqu’un à courir ainsi. C’est en lisant ce roman que j’ai compris l’étonnement de Dantzig à Dublin. François, son personnage, prend toutes les identités, et moi, j’ai abattu mes cartes avant même que la partie ne commence. À ses yeux, c’est la même chose. Ce qui est plus intéressant, c’est que j’ai retrouvé dans le roman la respiration rapide, les gestes secs et le long regard panoramique de Dantzig.
Mabanckou
La première fois que j’ai rencontré Alain Mabanckou, il était un jeune écrivain furieux de devoir attendre son lectorat. On était assis au Salon du livre de Paris, et il regardait passer ses futurs lecteurs sans que ceux-ci ne le repèrent. De temps en temps, il laissait éclater un grand rire pour calmer son angoisse. Le problème, c’est qu’il était le seul à savoir qu’il portait en lui ces romans qui allaient le rendre célèbre. Il était beau, il s’habillait bien, il avait déjà écrit de bons livres, mais ce n’était pas suffisant. Pour devenir connu à Paris, il faut aussi un éditeur connu. Mabanckou rongeait son frein. Il regardait les autres le doubler sur la droite. Je ne sais pas à quel moment, il s’est refugié quelque part pour oublier toute cette mondanité, et il a écrit le livre qui germait dans son ventre depuis si longtemps (Verre Cassé, Seuil, 2005). Il nous racontait ses autres livres, jamais celui-là. Un écrivain sait toujours quand il porte en lui quelque chose de plus grand que lui. Je le revois encore, à Djaména, le regard lointain et nostalgique. Aujourd’hui, on l’invite partout. Et ses lecteurs font la queue pour le voir. Il a sorti, de son ventre, un autre livre: Mémoires de porc-épic (Seuil, 2006). Ce fut le gros lot du Renaudot.
Et là, il veut simplement se faire plaisir avec cet essai sur l’un des plus importants écrivains américains de la fin du XXe siècle: James Baldwin. Lettre à Jimmy (Fayard, 2007), c’est à Los Angeles, où il enseigne, qu’il l’a écrite. Il restitue avec une grande tendresse le parcours de ce jeune Noir de Harlem, maigrichon et homosexuel, qui n’a de cesse d’ouvrir grand ses yeux globuleux sur un monde en feu. Baldwin n’avait pour affronter son époque que ce style (des phrases sifflantes et étourdissantes) qui lui venait des discours apocalyptiques des pasteurs de Harlem. Mabanckou fait monter James Baldwin sur le podium, à côté de lui. Ce même Baldwin qui lui a tenu la main quand il était encore dans la glaciale solitude de l’écriture.
Benyahia
Il y a quelques années, j’ai reçu, à Miami, un paquet de nouvelles intrigantes d’une certaine Sonia Benyahia. Vous ne la connaissez pas encore? Cela ne saurait tarder, car elle vient d’écrire un joli bouquin avec un titre saignant (Les couteaux à pain trouent les seins comme rien, Leméac, 2007). Laissez tomber les couteaux et les seins qui ne font jamais bon ménage, et prenez le pain. C’est du bon pain, je vous le garantis. Pendant que j’y pense, il y a des boulangers qui s’amusent à faire du pain en forme de sein. Comme ces derniers travaillent la nuit, il faut les imaginer en train de fantasmer pendant que les braves gens dorment. C’est écrit au couteau. Un mince bouquin, mais on a l’impression que de nouvelles histoires s’ajoutent au fur et à mesure qu’on avance dans la lecture.
Cela prend un temps avant de comprendre qu’elles viennent de nous. Il y a des trous dans le livre et on les remplit à la place de l’auteur. C’est une astuce, et Benyahia sait écrire si elle danse ainsi avec son lecteur. Si j’étais vous, je laisserais tomber beaucoup de ces gros livres qui tentent de nous en mettre plein la vue pour me précipiter sur ce mince bouquin drôle et désenchanté.
Copyright Dany Laferrière, La Presse, Montreal, Dimanche 11 novembre 2007




(204) Commentaires
(B-K) - (loTi) = Loki : l inventeur du filet a peche et accessoiremenr dieu des fourbe et des mal loti , des felons et lionne , des traitres zé des lettres et des je zé pu qui me les brisent ;
la littérature il faut en sortir un peu sinon elle finit par nous menez nul part ! ... !
N-J, mot pour mot Loki c’est la racine bantu pour désigner le jeteur de sort. Et le jeteur de sort n’est qu’un Moloki ! Mais c’est à croire que Lotis n’est qu’un mal lotis de la littérature, c’est à dire celui qui n’a pas eu des bonnes cartes pour dire l’esthétique du divers. C’est une forme de littérature captive de case, faite pour mousser les bourgeois répus entre le faisant aux morilles et la poire. C’est de la littérature alimenteur.
Cela dit, je suis pour la diversalité vois-tu ?
c’est à dire celui qui n’a pas eu des bonnes cartes pour dire l’esthétique du divers ...
tout est dit ! .... mauvais pioche me l intello qui possede une culture comme d autre un titre de proprieté , bk ou la littérature Bio ; labelisé et normalisé ! pour ceux et celle qui ont les cartes en mains , les autres s abstenir et qu il ailler gagner leur vie autrement , avec leur main et leur pied ! merci maitre BK ... !
Le cochon n’est devenu sale que par suite de ses fréquentations avec l’homme. A l’état sauvage, c’est un animal très propre.
Pierre Loti .
Certaines mauvaises critiques de Loti ont fini par mettre dans la tête de tout le monde que son oeuvre n’est que de la gnognote. Cela permet de le réduire à des formules même quand on ne l’a jamais lu ou surtout si on l’a parcouru avec les yeux des autres. sinon, B-k, en littérature, il n’y a pas tant de textes aussi beaux et aussi émouvants que Pêcheur d’Islande de Pierre Loti. Des grands-mères n’ont pas pleuré pour rien. C’est aussi cela la force de certains auteurs, émouvoir jusqu’aux larmes. Il y a des Lotis dans Loti. Et mal loti qui n’y voit que de l’exotisme.
Salut le comptoir !
Waouh, on est vraiment tous accoudés, là, avec chacun son univers derrière les échanges les uns avec les autres. Bon, j’ai arrêté la bière et la clope, mais je vais quand même venir dire mon petit mot au mileu du monde fumeur/non fumeurs mélangés, jus/café/Primus (bière congolaise nationale), mais pour moi ce sera un verre de tangawissi (gingembre) s’il vous plait, les journées n’ont que 24 heures, même les dimanches, alors comme ça je rattraperai ensuite le temps passé à bavarder ici.
En regardant ce doc poignant sur Arte, j’ai bien évidemment repensé à cette pièce dont je vous avais parlé en juillet dernier, Africare, du Belge Lorent Wanson. Dans cette pièce, 6 comédiens témoins rapportent les propos de 150 personnes filmées en RDC, essentiellement à l’est, Kisangani et Bukavu. Et les images sont projetées en interaction avec les comédiens, dont un est un ancien enfant-soldat, 21 ans aujourd’hui. Parmi les témoignages, il y a donc une scène qui raconte comment ces femmes ont été capturées et enfermées par des soldats, comment elles se sont enfuies grâce à l’aide d’autres femmes mieux prisonnières aussi mais “mieux traitées” parce que de la même ethnie. Comment en effet, elles sont ensuite rejetées par le mari et toute la famille. Ce qui est montré aussi, (alors que dans le doc je crois qu’il y a un type de la Monuc qui témoigne comme un “gentil"), c’est le récit des prostituées qui se vendent à ces soldats et une d’entre elle raconte que ses revenus servent à financer les études de son homme (mon Congolais - dit-elle) qui veut devenir ingénieur.
Une autre scène poignante relate aussi la douleur de ces femmes quand elles mettent au monde cet enfant né d’un viol. Que ressent-on quand on le regarde, là, accroché à notre sein, si fragile, un être fait de notre chair mêlée à l’horreur, qui nous rappelle chaque jour l’horreur vécue mais qui est aussi une partie de soi ? On balance entre l’aimer et le haïr, mais, dans le témoignage de la pièce, elle conclut par l’amour.
Mais oui, je crois que cette stratégie de violence horrible est une arme de guerre, une arme de destruction massive.
C’est vrai, si on pense à toutes les horreurs qu’on voit sur terre, il y en a tant et elles sont si violentes et insoutenables, on ne peut plus avancer.
J’avais eu le cœur serré en parcourant Brazzaville 8 ans après la dernière guerre de voir certains endroits où les stigmates sont là comme si c’était arrivé 6 mois avant. Comme ce bar avec les trous béants des mortiers et les murs couverts des impacts de balles, en pleine ville en face de l’hôpital de Makelekele. Comment peut-on vivre avec ces des traces sous le yeux à chaque fois qu’on va avaler sa Primus ? Comment est-ce que ça agit sur notre esprit ? Quelle force provoque cette léthargie ? et empêche de ne serait-ce qu’accrocher un bout de tissu à 1000 FCFA (1,50 euros) au mur pour masquer si éventuellement il n’y a pas de moyens pour faire des travaux ?
A suivre, je divise mon poste en 2 comme il y a limite à 5000 caractères.
Mais c’est vrai que ces horreurs et leurs traces ne doivent pas effacer le fait qu’en France par exemple, 10% des femmes connaissent dans leur vie de la violence conjugale. Et que ça rend une société malade ici aussi. Que quand on est une femme battue ou violée, malgré les campagnes qui commencent à apparaitre dans les médias, on n’arrive pas à regarder ce problème en face, on n’arrive pas à en parler, parce qu’il y a un truc dans cette société - soi-disant vivant en paix ou “civilisée” ici comparativement aux guerres qui ont lieu loin de l’Occident -, ce truc, c’est que l’a victime a forcément une part de culpabilité, elle a forcément provoqué le viol ou la violence, elle est en inévitablement complice… et c’est ce regard qui réduit les victimes au silence. Que ce soit une femme de ministre, d’entrepreneur, d’électricien, de chômeur, de commerçant… Cette violence qu’on dit “ordinaire” ! Ce genre de connerie qu’on s’échange entre voisins, quand on a entendu celui d’à côté maltraiter son épouse et qu’on n’a pas pû décrocher l’appareil pour appeler les flics, mais qu’on passe des heures à décortiquer avec l’autre voisin. Et on baissera les yeux quand on croisera la victime dans les escaliers.
Cette femme-là, on préfère la savoir loin, d’une existence abstraite, on préfère imaginer que ça n’arrive qu’aux autres, que de se dire qu’il y en a une qui est peut-être la mère, la sœur ou la fille d’un client du Crédit a voyagé, peut-être même une des clientes en personne !
Et comment cette femme va-t-elle, réduite au silence, arriver à sortir du cauchemar ? Et si elle arrive à s’extirper de ce quotidien, elle devra encore se reconstruire. Arriver à vivre à nouveau. Panser aussi les blessures de ses enfants témoins si elle en a. Pour vivre, oublier ? Est-il possible de témoigner ? On essaie d’oublier, mais c’est comme une cicatrice, elle redevient toujours sensible lorsque le temps est à l’orage.
C’est vrai, revenons à nos moutons plus soutenables, à savoir la photo d’Alain et Dany, après tout, nous venons ici refaire le monde et nous changer les idées, c’est pas un lieu pour parler de choses d’une façon trop concrète.
Bizarre, tu dis : “Sinon, B-k, en littérature, il n’y a pas tant de textes aussi beaux et aussi émouvants que Pêcheur d’Islande de Pierre Loti.Des grands-mères n’ont pas pleuré pour rien.”
J’étais loin d’imaginer que Loti c’était de la littérature phare pour le troisième âge, sorte de sexe symbole littéraire de l’andropause. Qu’est-ce qu’elle ont du souffrir aux bras du spahi ! C’est de là que vient le roman à l’eau de rose du spahi si je comprends bien ? C’est l’ancêtre du élgionnaire alors ?
B-K, de toute évidence, tu ne l’as pas lu. on ne peut tout lire. la littérature est tellement riche de merveilles parsemant les siècles qu’on ne perd vraiment rien à ne pas lire certains livres qui valent plus que le détour. ceux qu’on a réussi à lire comblent toute une vie
Sans rire, Bizarre, j’ai des oeuvres de Loti dans mes toilettes. Notamment Le roman d’un spahi dans une édition de Bruno Vercier(1992)Folio classique, Gallimard. Voici ce qui excite les mémés : “Le point crucial d’une action bien peu linéaire, toute en hésitations et en répétitions, est le moment où Jean accepte de rester au Sénégal à la place du spahi Boyer, au lieu de se rapprocher de la France comme il en aurait la possibilité. Celle-ci le rend “fou de joie”, mais elle lui fait aussi prendre conscience qu’il est véritablement attaché au Sénégal et à sa tristesse, que son sang lui-même s’est modifié : le charme est un poison. L’invertvention de Boyer - qui veut rejoindre ses vieux parents en Algérie - va dans le sens de la fatalité, répond au voeu inconscient de jJean : rester. Durant toute la scène entre Jean et Boyer, Fatou enlace silencieusement les jambes de Jean, serpent qui l’aspire vers cette terre qu’il aime d’un amour mortel [...]” (Préface à l’éditio de Bruno vercier page 24). C’est ça qui fait ouiller les mémés ? Eh bien ! Walaï-faforo, il y en a qui se contentent des limaces.
Walaï-faforo, ta maman ne ta pas fait de causerie ou quoi ? Hein , c’est ça même que tu appelles littérature ?
Tu sais Bizarre, les pygmées de la forêt équatoriale, disent à trop se rabaisser pour faire une révérence on fini par montrer son cul.
De grâce ne faisons donc pas trop de révérence à Loti.
Loti en a écrit des tonnes, tu sais? Mais je te parlais juste de Pêcheur d’Islande. comme tu me mets le commentaire d’un autre titre, je te donne le lien pour un commentaire sur celui dont je parle. autrement, je vais ennuyer les gens par un long commentaire personnel:
http://www.bibliomonde.com/livre/pecheur-islande-3302.html
bon, le temps fait généralement le ménage, mais c’est rarement un hasard si un créateur entre dans une relative immortalité. ce qui est le cas de loti
Une page de Loti est une aquarelle qui chante. Bien plus que Sisley, Claude Monet ou les Goncourt, Loti a été le grand impressionniste”
André Suarès
...j’ai grandi et n’ai rien trouvé sur ma route, de toutes ces choses vaguement entrevues ; au contraire , les ressouvenirs se sont effacés, [, Il sera bientôt l’heure de m’en retourner dans l’éternelle poussière, et je m’en irai sans avoir compris le pourquoi mystérieux de tous ces mirages de mon enfance ; j’emporterai avec moi le regret de je ne sais quelles patries jamais retrouvées, de je ne sais quels êtres désirés ardemment et jamais embrassés. Loti . .. moi je reve toujours des fantomes d orient errant sur les bord de bosphore , trois fantome a la recherche d un dandy Androgyne qui bon marin avait une patrie dans chaque port ! .. c etais la reine des nouilles
Ah bon ! Suarès aussi pleure comme les mémés devant Loti ?
Bizarre, tu triches-là. Walaï-faforo! Il fallait me dire que tu vends des Loti à la criée !
Quelle mauvaise foi, ce B-K! En tout cas, Loti, ce sont des tonnes de spécialistes en France et dans le monde. On a le droit de ne pas aimer, mais on a surtout le droit de dire qu’on ne connaît pas, puisque, au bout d’un moment, faire semblant ne rime plus à rien. Enfin, un autre sujet est affiché, passons à autre chose donc!
Bizarre, désolé, je ne voudrais pas te priver de tes zLoti. Je sais que ça peut mettre du beurre dans les épinards. Je ne nie pas l’existence et la valeur des zLoti, mais je ne pense pas que son exotisme à la papa vaut un kpiek au regard de celui de Victor Segalen pour lequel je penche le plus. Je préfère encore de loin Céline que je lis avec une pince au nez à cause de son antisémitisme. Loti est raciste. il n’y a qu’à lire le mépris qu’il a pour ce que l’on appelait naguère les “indigènes” sénégalais. Je crois que s’il est un auteur que je rapproche bien volontier de zLoti, c’est Jacques Des Linettes avec son roman intitulé Chairs noires, paru aux éditions Panama en 1949. ZLoti a un autre fils, je crois qui lui ressemble par l’écriture. Il faudra un test ADN pour infirmer la filiation. Ce fils s’appelle Louis-Charles Royer. Louis-Charles a commis un roman qui s’inspire des ébas de papa ZLoti en Afrique. Le roman s’appelle : La maîtresse noire, Paris: Les éditions de Paris, 1928.
On revient toujours aux mêmes choses: racisme/raciste. On l’a dit et on le dit de Faulkner. Et même des écrivains comme Glissant qui ont souligné cet aspect de l’oeuvre de Faulkner sont allés s’incliner sur la tombe du maître et lui consacrer un livre-hommage. cela aussi, c’est de la grandeur. n’en déplaise à certains. On jettera Hugo qui a dit Prenez l’Afrique! Parce que pour lui, c’est une terre à prendre. on jettera Voltaire parce qu’il a investi dans la traite des nègres. Je ne sais combien de romanciers et de philosophes dignes de ce nom il nous restera. quand on sait l’antisémitisme de tous les grands philosophes allemands par exemple… Les éléments comme exotisme et racisme ne peuvent être des critères sérieux d’évaluation d’une oeuvre dans son extrême complexité et surtout dans son ambiguïté. Mais aucun élément n’oblige non plus à aimer un auteur. quand on n’aime pas, on n’aime pas, et on a pleinement le droit, sinon que nous resterait-il alors comme liberté?
Louis-Charles a commis un roman qui s’inspire des ébas de papa ZLoti en Afrique. Le roman s’appelle : La maîtresse noire, Paris: Les Les éditions de Paris, 1928.
qui s insipire surtout de ses fantasme qui ne sont pas a prendre au pied de la lettre , Loti est l ecrivain ou son “Je” n est pas fictif mais le Tu par contre est assez ambigue , d ou cet espece d oeuvre ou on ne sait jamais si c est un Roman ou un journal intime d un marin devenu pelerin pour une planete pleine de mystere , a commencer par lui meme , ainsi la plupart des femmes mis en avant dans ses roman sont bien souvent des hommes ! ... c est pas qu on est le fils ou le neveu de loti et qu on s insipire d une oeuvre aussi ambigue qu androgyne que l on détient la parole d evangile , Loti est une “folle” , adepte du deguisement et precurseur du mouvement drag queen lol :! , t es a l ouest Bk ; ce qui est Raciste et qui cultive le Racisme c est une epoque pas ses auteur : l auteur en tant qu artiste tente soit de dévoiler ce qui est enfoui et solidemment ancré dans l epoque soit de le depasser , d idéaliser et d offrir non plus le monde tel qu il est mais tel que eux le fantasme ! .. entre ces deux classe d auteur a la rupture Plato-nike il y a milles oeuvres singuliere ou l on peut difficelement dire a quel moment s exprime soit l auteur soit son enviromment , un eforme de mimétisme , d empathie et parfois de sympathie ... c est toute la difference entre le douanier rousseau qui a Paris dans le confort de son appartement a illustrer “sa” vie sur les iles exotique et celle d un marin qui a traverser la mere , est partit la bas a partager son intimité avec l autre , sans retenue ...
#8) Posté par Bahia le 17/11/2007 à 12h24”Merci pour l’info.
J’avais raté les 15 premières minutes. “ Mais dis-donc, tu fais exprès ou bien? Moi aussi!@+,M82
Cher ami de la lechture Bizarre, derrière l’exotisme j’y vois l’Autre, l’altérité. Je ne sais pas s’il y a plus complexe que la question de l’altérité. Enfin, nous ne sommes pas tous les deux des lamentins de la même espèce, car je vois que nous n’allons pas boire aux mêmes sources !
Il n’y a pas deux lecteurs ou lectrices au monde, de vrais, qui boivent à la même source, car on lit avec sa culture et sa personnalité propres et il est absolument impossible que toi et moi ayons la même culture, même en lisant les mêmes livres, et encore moins la même personnalité. Personne dans ce domaine ne boit à la source de l’autre, c’est pourquoi en lisant le même texte, on ne ressent pas les mêmes choses, on ne voit pas les mêmes choses. La question de l’Autre, si on la comprend très bien, réduit la facilité d’accusation de racisme. car l’autre, posé comme objet de regard, quel que soit celui qui regarde, devient forcément, au moins en partie, le produit de nos propres fantasmes, obsessions, préjugés, peurs, etc. L’exotisme est dans ce cas la chose la plus partagée au monde. Toute la littérature européenne sur l’Orient au cours des siècles passées le montre. Toute nation qui a eu la possibilité d‘“élever" des gens capables d’aller regarder les autres et de produire des discours sur eux a forcément été aussi productrice d’exotisme. Et l’exotisme n’est forcément synonyme de mauvais art. c’est la question du regard qui est toujours posée. Récemment, je discutais avec un africain qui s’étonnait de l’ignorance des européens sur l’Afrique. je lui pose deux questions sur l’europe et il se rend compte de son ignorance. et je lui demande ce que son père dans son village en afrique sait de l’europe, ce que sa soeur dans la capitale de son pays sait de l’europe. on en était venu à la conclusion que sa vision des français en particulier est teinté d’un exotisme primaire dont il n’est pas conscient parce qu’il se place du côté de la victime du mauvais regard et ne prend pas en compte l’ambiguïté de sa propre position de regardant. Et si on ajoute au débat l’un des nouveaux objets des études littéraires actuelles, l’autoexotisme, on se rend compte que beaucoup d’écrivains et intellectuels donnent de leur propre société des visions plus exotiques que celles reprochées aux Autres, comme Loti. Mais bon, le débat n’était pas Loti ni l’exotisme, nous avons fini par le dévoyer, hélas, et je m’excuse auprès des autres.
non c est interessant je trouve blizarre , peu importe au point ou l on est le débat est depuis longtemps devoyer et puis je trouve sympa l Autoexotisme qui commence deja par rendre exotique ses propre femme .... , et puis sa rejoint cet lame de fond qui pose comme fondement de toute oeuvre d art l essence d une nation : ainsi Bk a travers loti fait le proces d une Etat colonial et d une nation colonisatrice ! d une France negrophobe .. il est persuader de trouver a traver Loti les these de Gobineau , moi je pense que Loti a chercher la poésie chez l autre , il c est dévoilé en endossant milles et un costumes et role ... l altérité sa varie toujours entre la volonté de vivre ensemble et les moyen politique d y parvenir et de maintenir l ordre et notre singularité qu est la Création .. Bk ne critique pas l art mais le gout des francais ! .. ce qu exactement on fait les Raciste quand il ont utilisé l histoire de l art comme propagande raciste en posant le peu de gout et de raffinement des société Africaines .. anti Francaise cette fois !
Merci N-J, grace à toi je vais gagner plein de ZLoti exotiques. Non, mon cher Bizarre, on ne s’éloigne de rien nous sommes en plein lèchetérature !
Ah non, ne t’excuse surtout pas Bizarre! Tu dis joliment des choses intelligentes. Je n’adhère pas à tout, mais mon avis est que c’est souvent juste. Et on a plaisir à te lire -)
@+
Frangin M82, je te salue! Je t’ai lu dans le salon d’à côté. Je vais finir par apprendre le lingala, grâce à toi -)
@++
Je tiens à signaler que mon post précédent (le 18), faisait surtout référence au post 15 de Bizarre. Je ne prends nullement position sur le débat sur Loti; et pour cause: je ne l’ai jamais lu. Non parce que je vous connais -))
Loti fut l un des seul a décrire avec exactitude la vérité colonial et censuré pour son réalisme journalistique et toute l horreur de la guerre contre les indigenes qui il offrait au lecteur francais ! .. il faut rendre hommage a ce genre de Témoin artiste qui a fait plus que chercher a gagner du fric comme les auteur d aujoud hui qui vivent dans des palace 5 etoile a longueur d annés ! en nous débitant leur fantasme
putain mais c est koi cette analyse a 2 balle kidi ? t a visité koi ? sa maison douillete ? et ca te suffit a juger un auteur ? ben t es super forte chapo bas , y a quand meme une difference entre un routard bobo du 21eme siecle et un voyageur du 18eme siecle comme le fut loti et d autre a cet epoque qui ont approché l autre avec ce qu il y a plus profond chez l humain , son corps et pas des lettre morte pour académicien ou critique d art a l esprit si etroit que pour les charmé il faut a chaque fois les caresser dans le sens du poil ...
d ailleur l anedotcte est fameuse , il fut le seul académicien a pouvoir executer un salto arriere lol , c etais pas un sclérosé du cul ni de la cervelle , j adore loti c est meme lui m a donné envie de venir vous faire chiez ici lol
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“La créativité ne peut avoir lieu que dans la différence”.Yehudi Menuhin
Ah que serait le monde sans toi N_J?? Toi, le paradoxe fait femme! Ecrire, dans ton analyse à toi: ”il fut le seul académicien a pouvoir executer un salto arriere”, puis encore: ”c etais pas un sclérosé du hmm hmm ni de la cervelle”, alors même qu’on vient de dire à quelqu’un d’autre que son analyse était à “2 balle”, comment dire… c’est tout de même fort du café! -))) En tout cas, grâce à toi, je commence ma journée par un fou rire -) Merci N_j, t’es mignonne.
Et puis finalement, c’est Loti ou le père de Zarathoustra qui t’a donné envie de venir nous rejoindre ici!? comprends plus moi! -)
Kidi wanda écrit : “Plus que l’autre, dans cette quête d’altérité et d’un ailleurs sublimé, c’est la soi-disante singularité d’un ego qui cherche à se flatter.” Si j’ai bien compris ZLoti, la monnaie de singe littéraire n’aurait de convertibilité qu’avec le tout à l’égo ?
Ce que je déteste par dessus tout chez ZLoti, c’est cette capacité de phagocyter l’Autre. Même les indigène Sénégalais ne sont plus que partie niquable d’une faune et d’une flore qu’il juge hostile.
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