Didier Jacob du “Nouvel Obs” évoque notre article paru dans “Le Monde” (M)
Posté dans: Général | Par Alain Mabanckou | le 12 Oct 2009 à 17h11 | Lu 1456 fois
A la recherche du livre magique : Mabanckou, Sabato, Pamuk… par Didier Jacob
Il y a des livres qui suscitent, Alain Mabanckou nous le rappelait très bien, il y a quelques jours, dans un supplément du Monde, des passions aveugles, et qui exercent auprès du lecteur une attraction presque magnétique, comme irrésistible. Nous cherchons tous (certains parmi nous l’ont déjà trouvé, d’autres se demandent si un tel livre existe) le livre magique, le livre qui aura le pouvoir de changer durablement nos existences, qui nous fait peur parce qu’il peut tout faire vaciller, certitudes, habitudes, confort de vie et de pensée.
«Le livre fétiche», écrit Mabanckou, «est celui qui nous habite en permanence. Pour un écrivain, c’est celui qu’il aurait aimé écrire - ou celui qui aura déclenché en lui la fièvre de l’écriture au point qu’il lui faudra un jour ou l’autre écrire contre cette œuvre avec la conscience qu’il perdra le combat.» Cette œuvre, pour Mabanckou, c’est «Le Tunnel» du grand romancier argentin Ernesto Sabato (photo).
Je me souviens l’avoir lu, il y a longtemps, mais il m’avait fait une impression moindre qu’un autre livre de Sabato, véritablement stupéfiant, «Alejandra». Le plus grand livre (Gombrowicz avait écrit la préface) qu’on ait écrit, je crois, sur le monde des aveugles. A la différence de Mabanckou, je pense qu’il y a plusieurs degrés dans la fascination qu’un livre peut exercer.
Première catégorie: les livres qui vous marquent, simplement. Les livres dont vous savez, quand vous les lisez, que vous ne les oublierez pas. J’ai beaucoup lu Flaubert, ou Faulkner (rien d’extraordinaire dans ce choix), et je suis sûr que, si je les relisais, ils me terrasseraient encore. J’ai été complètement habité par Joyce et son «Ulysse», mais si j’en garde un souvenir ému, je n’en parlerais cependant pas comme d’un livre magique.
Deuxième catégorie (nous nous rapprochons du stade véritablement suprême): les livres qui ont compté à un moment-clé de votre vie. Curieusement, ce sont des livres qui sont parfois moins aboutis, sur le plan littéraire, que ceux de la première, mais leur résonance, en vous, a été plus grande, simplement parce que c’était le bon moment. En ce qui me concerne, c’est «Le Tambour», de Günter Grass, qui a joué le rôle de massue. Je ne sais à vrai dire pas pourquoi, et le fait est que je me souviens très mal du livre. Mais je me souviens parfaitement, en revanche, qu’après en avoir terminé la lecture, la question de la littérature s’est posée à moi différemment.
La troisième catégorie est la plus mystérieuse - celle des livres magiques. Comme dit très bien Mabanckou, elle ne contient jamais plusieurs livres, mais un seul, à supposer que vous ayez un jour la chance de l’avoir entre vos mains. « C’est LE livre, on le relit sans cesse, avec toujours cette impression de le redécouvrir, de n’avoir pas alors saisi tel passage ou telle image au cours des lectures précédentes. Une fois refermé, au moment de nous endormir, ses pages discutent entre elles dans le «secret des grandes communications, dirait Césaire. C’est alors que les virgules se métamorphosent en points d’interrogation tandis que les points de suspension deviennent prolixes, débordent les blancs entre les paragraphes et investissent toutes les marges. Peu de livres atteignent cette dimension mystique, et très vite certains d’entre eux s’érigent en «livres cultes» («L’Attrape-Cœurs» de Salinger par exemple).»
Mabanckou raconte très bien avoir été habité par le texte de Sabato, texte qui lui avait été recommandé par un ami d’enfance, lequel «rêvait de devenir un «écrivain majeur», mais qui répétait à longueur de journée que Sabato l’impressionnait, que cet Argentin avait ruiné ses chances de marquer l’Histoire littéraire.» Au point que cet ami en était arrivé à nourrir, dit Mabanckou, une sorte de rancœur à l’endroit de Sabato, concluant de manière aussi désespérée qu’expéditive son intérêt pour cette oeuvre: «Les vrais écrivains sont ceux qui aiment la peinture. Il n’y a pas de grande histoire sans la peinture. Sabato l’avait aussi compris. Moi, je ne suis pas peintre, c’est donc foutu. Tu peux garder le livre, je te l’offre.» C’est ainsi que Mabanckou devint à son tour, en quelque sorte, la victime de ce livre qui allait, pendant des jours, l’obséder jusqu’à lui en faire perdre le sommeil: «Je ne pouvais plus dormir. Oui, quelque chose d’étrange se tramait entre ces pages.»
J’ai eu, moi aussi, il y a quelques années, un livre magique entre les mains, un roman dont le sujet était justement la quête du livre magique. Il s’agit d’un roman de Orhan Pamuk intitulé «La vie nouvelle». Ce n’était pas seulement une merveille, c’était quelque chose d’autre : on finissait par croire que ce que Pamuk racontait, cette existence d’un livre qui changeait effectivement la vie, n’avait pas seulement cours dans le rêve du romancier, mais que la chose, dans la vraie vie, était possible. Et que c’est le roman de Pamuk lui-même qui allait tout bouleverser.
Je me souviens que Pamuk m’avait dit, quand je lui avais demandé si une adaptation cinématographique était en cours, que Costa-Gavras s’y intéressait. Je ne sais ce que le projet est devenu. Quoi qu’il en soit, chacun peut rêver de dénicher un jour, édition de luxe ou vieux poche tout usé, un pareil livre. Mais c’est aussi de chercher qui donne à la quête, même infructueuse, tout son sens.
Didier Jacob
Source : Nouvel Observateur : http://didier-jacob.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/10/12/a-la-recherche-du-livre-magique-mabanckou-sabato-pamuk.html )






(25) Commentaires
en gros le mec vient de decouvrir qu un livre comme la bible peut changer la face du monde .. chapeau .. 40 ans d etude pour aboutir a ca .. ben dite donc fo pas vous foulez les gars !! ...
le capital de marx , le petit livre de mao , la bible des libéraux ... meme un article peut changer le cours d une vie ..
mais comme vous aimez bien vous la racontez vous aller nous chercher des livre d intello qui servent a rien , ca change juste vos vie de mec qui servent a rien .. ...
moi j ai jamais rencontrer un livre qui a changer le cours de ma vie je vie pas dans vot pov monde de lettré perdus sur la lune des illusion , mais cé koi un livre magik ??
ca existe pas les livre magik cé dans vote tete que la magie existe , le livre lui c est un medium rien d autre , ca aurait pu etre un livre une music une pomme sur la tete mais surtout une rencontre qui change le cours d une vie .....
regardez mitterand dit fred de la 115 , l est de votre mondre , cé ca les artiste , sous couvert de l art se permette les pire betise , on etait moins tolerant avec dieudonné ou hannecke ..
ce qui est magik cé la facon dont vous vous mettez au garde a vous et a genoue pour etre publiez !! ..
ha si y a un livre qui aurait put changer le cours de ma vie .. cé la declaration d olympe de gouge mais comme la littérature est le temple caché du sexisme , pour preuve , reliser l article et faite une colone pour les auteurs cité de sexe male et une pour les oteuse de sexe femelle .. y a une ou y aura rien , que dalle !!
moi cé lui et lui moi , vous avez deja fait un tour sur le blog a passouline la ref littéraire de la blogosphere , lui cé pire t a une femme tous les 50 auteur cité .. enfin spa loin je ferai le compte un jour de vos article a tous !!!
en 2009 pour des grd penseur et amoureux de lettre que vous etes c est une honte .... au lieu de donner des conseil de lecture vous ferez mieux de relire ces belle fleur de passé oubliées
un livre magiq… N-J nous dit qu’un article peut changer le court d’une vie.
En poussant on pourrait avancer qu’une phrase peut résonner en vous et vous faire vibrer de l’interieur. Hmmm ? certains objets aussi vous avez raison
je rapporte un temoignage lors d’un we de travail autour de la quete de soi. L’intervenant prend pour exemple une phrase dont je ne sais plus la provenance et qui a changé sa façon de se voir.
Ca disait “pourquoi n’etre qu’un mouton alors que vous etes un tigre” un truc du genre. Et l’intervenant de nous dire qu’en lisant ces mots il s’est profondément remis en question. Un autre lisant ces mots n’aurait pas eu le meme retentissement. C’est une question de moment aussi.
La magie c’est cette rencontre. Cette interrelation entre le lecteur, son monde et un ouvrage, un article ou une phrase.
Ce n’était pas seulement une merveille, c’était quelque chose d’autre : on finissait par croire que ce que Pamuk racontait, cette existence d’un livre qui changeait effectivement la vie, n’avait pas seulement cours dans le rêve du romancier, mais que la chose, dans la vraie vie, était possible.
je t aime je t aime je t aime la plus belle des formule magik
je rapporte un temoignage lors d’un we de travail autour de la quete de soi.
je m interroge sur le sens du mot-quete lorsque qu un corps s enroule autour de soi ..
je rapporte un temoignage lors d’un we de travail autour de la quete de soi. L’intervenant prend pour exemple une phrase dont je ne sais plus la provenance et qui a changé sa façon de se voir.
Ca disait “pourquoi n’etre qu’un mouton alors que vous etes un tigre” un truc du genre. Et l’intervenant de nous dire qu’en lisant ces mots il s’est profondément remis en question.
pour enfin accomplire la destiné de son “soi” profond , devenir berger !!!
C’est une question de moment aussi.
La magie c’est cette rencontre.
mais qu est ce qu un “moment” ? un agencement d affect dirait gilou le defenestré !
c est tres deleuzien tout ca non .. spa un peu dépassé non ?
le livre magik c est pas une illusion purement occidental ? une sorte de chimere une chasse au dahu des salon littéraraire de la rive gauche ?
aucun livre n est pas magik .. c est le lecteur qui a cette magie dans les yeux .. les malins me diront mais c est le reflet du livre chyene de l enfer .. mé non le livre n existe pas en réalité .. c est le livre qui est le reflet de nos yeux .. vous avez deja eu peur , mais peur vraiment , au point de vomir ? de plus pouvoir dormir d etre tout le temps au aguet .. y a des discours qui ont ce pouvoir , de vous traumatiser !!
aucun livre n est pas magik ..
nan mé pas est de trop .. je pensais a pamuk , j ai toujours pas saisi pkoi israel ne veut pas reconnaitre le genocide arménien pour preserver ses allier nationaliste turque , et comment pamuk n a toujours pas saisi que le pire ennemi des kurde c est les usa
d ailleur je crois savoir qu l armée américiane a aider l aviation turk a bombarder les kurdes alors pkoi pamuk la a oublié de jouer les ptit rebelle , c est un ecrivain morbide pamuk , cé poisseux ca& colle cé un faux q de premiere , pret a tout pour etre au top des ventes !!
des livre magik et pkoi pas des anes qui volent ...
la notion de livre magik a autant de consistance que la notion de “prix” littéraire .. une pur absurdité de megalo a l ego bien trop creux .. une chimere construite a rebour par des bien heureux qui on fait de la littérature une activité professionnel ... amen
first25
tikadomissk
t is THAT time of year. Final exams and assignments are looming. Don’t add to stress levels by making the library a noisy place to be.
Ernesto Sabato, un grand écrivain. Merci M. Mabanckou ! Je vois aussi que vous évoquez Sabato et “Le tunnel” dans Black Bazar…
Je fais un mémoire sur “Verre Cassé”, je vous ai envoyé un courriél et j’attends votre réponse.
mdrr , moi aussi je fé un mémoire sur memoire de porc et pic et tic et tac et et toc et epok et raque e et ratatatata :::!!!
je mange donc je maigris ca cé de la pub !!!
nan mais ces une blague serieux ou alors on a affaire un etudiant orientaliste ... enfin exotic
diatan tu m intrigue enfin ton pseudo , d ou vient tu j ai fé une recherche sur toi le sais tu ?
diatan est de retours,c est une nouvelle pulsion plus puisante plus imposante qu’avant.
le scheme centrale de la dia-analyse est du a une réaction avec une ame mure en diata-dermise énèrgizeur et les influence occulte de la sphère celeste des fausse zillusion que diatan a absorber étans dia-morphe (ce qui l’a ensuite metamorphoser en titan ).ses pouvoir on doubler voir tripler de puissance,sa lyre par contre sa tache a sa taille (il est plus grand que le botar des steppe arride ou le brok des rivere rouge , dia-temps a désormais la maitrise des lettres moderne :! . congrats !!! “
moderne67 ...
certaines femmes sont d un naturel bavard a celle la il faut leur offrir des cigarette :! le saviez vous ?
head39
Et Le devloppement personnel(self-help) dans tout ca! ne pensez vous pas que ce sont des livres importants, realistes, qui comptent vraiment.faisons fi de la fiction Mr.
Curieusement, ce sont des livres qui sont parfois moins aboutis, sur le plan littéraire, que ceux de la première, mais leur résonance, en vous, a été plus grande, simplement parce que c’était le bon moment. En ce qui me concerne, c’est «Le Tambour», de Günter Grass, qui a joué le rôle de massue.
cé koi un livre “moins aboutit sur le plan littéraire” ??
concretement ca se presente comment ?? ?
gunter grass ca sonne fo tout est faux chez lui il ment vous pouvez pas avoir a quel point , il est tres vénal en plus .. et son ego mon dieu .. n en parlons pas !!! . c est une lecture pour aveugle zanonyme .. qui sont en mank de repere , zon toujours besoin de se rattacher a un plan quelquonque pour faire que l echo trouve sa résonnance , c est une littérature de chauve souris ... plus qu une massue c est une canne blanche l outil indispensable ... et un chien a l occaz
J’ai beaucoup lu Flaubert, ou Faulkner (rien d’extraordinaire dans ce choix), et je suis sûr que, si je les relisais, ils me terrasseraient encore. J’ai été complètement habité par Joyce et son «Ulysse», mais si j’en garde un souvenir ému, je n’en parlerais cependant pas comme d’un livre magique.
La troisième catégorie est la plus mystérieuse - celle des livres magiques. Comme dit très bien Mabanckou, elle ne contient jamais plusieurs livres, mais un seul, à supposer que vous ayez un jour la chance de l’avoir entre vos mains.
Je me souviens l’avoir lu, il y a longtemps, mais il m’avait fait une impression moindre qu’un autre livre de Sabato, véritablement stupéfiant, «Alejandra». Le plus grand livre (Gombrowicz avait écrit la préface) qu’on ait écrit, je crois, sur le monde des aveugles. A la différence de Mabanckou, je pense qu’il y a plusieurs degrés dans la fascination qu’un livre peut exercer.
jeune poete resident a Douala je vous invite a visite notre blog donc l’adresse est ci-dessus. amicalement votre
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