Le Bantou de Washington qui fit trembler Paul Biya…
Posté dans: Événements | Par Alain Mabanckou | le 28 Nov 2007 à 3h01 | Lu 8364 fois
Célestin Monga (photo) est un brillant économiste, actuellement Conseiller du Vice-président de la Banque Mondiale à Washington. Ancien professeur d’Economie au Cameroun, à Bordeaux et à Boston. Cet économiste de premier plan déclencha un mouvement de révolte lorsqu’il publia en 1990 un article dans la presse, article qui horripila les autorités camerounaises au point que tout cela se solda par la mort de plusieurs citoyens. Monga a gardé ce regard caustique sur son pays d’origine, et nous pouvons, à travers son parcours qu’il raconte dans son dernier livre, Un Bantou à Washington, observer les pratiques actuelles des dictatures africaines, véritables niches de la corruption et du détournement des fonds. Monga raconte comment dès 1990, vivant encore dans son pays natal, il décide de briser le mur, de crever l’abcès :
« Un jour de décembre 1990, vers midi, alors que je m’ennuyais encore plus que d’habitude dans mon bureau de banquier, fatigué de rédiger des comptes rendus d’exploitation et des analyses de bilans que je savais tous truqués, je n’avais rien d’autre à faire que de m’infliger le discours que Paul Biya, le potentat local, avait prononcé la veille à la chambre d’enregistrement pompeusement affublée du titre « Assemblée nationale du Cameroun » […] Bien que m’étant libéré de toute forme de colère à l’endroit de Paul Biya et de son gang, je n’avais pu m’empêcher de rédiger en dix minutes un petit texte d’humeur intitulé « Lettre ouverte à Paul Biya »…
Le texte paraîtra dans Le Messager. Le Gouvernement enverra des sbires saccager les locaux de ce quotidien local. Monga est alors sous la menace d’une décente de la police. Il trouve le temps de boire tranquillement son café, de mettre son meilleur costume afin de narguer la flicaille qui ne rêve que de le torturer, lui qui fut à plusieurs reprises déjà emprisonné pour ses écrits pendant longtemps sans un jugement. Faut-il fuir le pays comme le lui recommandent plusieurs journalistes du Messager ? Il y songe, certes. Mais il faut jouer sur l’information. Il a un mentor en France, et ce mentor n’est autre que le rebelle et lumineux écrivain Mongo Beti qui vit alors à Rouen. Un coup de fil de Monga à Mongo Beti, et les médias du monde entier sont informés… La dictature a horreur des moyens de communication extérieures – tout simplement parce qu’elle ne peut les contrôler. Monga n’est plus alors un inconnu. Mais les autorités camerounaises jouent la tenacité, mettent la main sur lui, le jettent dans une prison qui n’a rien à envier à une porcherie. L’arrestation de Monga passe en boucle sur les radios et les télés mondiales. Le peuple camerounais est derrière cet homme qui a osé dire « non ». Le mythe Monga est en marche… au détriment du gouvernement en place. Monga n’est plus seulement Camerounais, il est le fils de tout un continent, le symbole de la liberté…
En prison, il est au “Hilton” :
« …L’échantillon des prisonniers réunis dans ma cellule du « Hilton » évoquait dans mon esprit une Arche de Noé dont Belzébuth lui-même aurait sélectionné les espèces. Les violeurs de femmes rivalisaient d’énergie et d’exubérance avec les braqueurs de domiciles et les membres de gangs, chacun de ces groupes de voyous proclamant fièrement les exploits qui les avaient conduits là, ainsi que le nombre de fois qu’ils avaient échappé à la police… »
Livre excellent, écrit dans une langue belle, ample, élégante, captivante et qui montre que Monga est avant tout un écrivain accompli, un narrateur doué même s’il est un des personnages importants de l’économie mondiale…
Un Bantou à Washington est suivi d’un autre texte, Un Bantou à Djibouti qui est un recueil de pensées, d’impressions que l’auteur notait lors de son voyage dans la Corne de l’Afrique…
Un Bantou à Washington, de Célestin Monga, Editions PUF, Paris, 2007, 208 pages, 14 euros

(145) Commentaires
Ta théorie du Chaos est interessante NJ du moins la politique de la chaise vide à l’ONU, OMC etc. Quant à rejetter le carbone dans l’environnement en brûlant les ambassades occidentales je n’adhère pas je suis écolo.
oué ben avec les ecolos les africain vont encore etre les premier a qui on va demander de preferer la bougie a l electricité et l eau a dos de femme plutot que les plastic toxic et fantastik , d ailleur la CEE les encourage vivemment , les africain, a venir a la nage si possible pour preserver l environnement et le develop durable de l europe en matiere economik je te nik avec ma trik et en prime t a droit a un tri selectif mis en place de facon systématik pour evitez de polluer le sol européens avec ces mystik venue d orient ou ces hystérik noir ! . c est aussi ca le grenelle de l ecologie ..
mais comme je suis de sang noble je t accorde le souci ecologiK , fo pas bruler les amabassade , on va les recycler en hopital psychatrique , par le fond et la forme ...
Forms26 ..
qu est ce que la Guardia civil foutaient en France ???? depuis quand la police de Franco est la bienvenu dans la république francaise ? c est le retour du GAL ?
clear24
Ohé, comment va le zinc? C’est calme là non? Pour une fois il s’est écoulé deux jours d’affillée sans qu’il n’y ait eu de nom d’oiseau dans les échanges -))
Bon alors, je devais quelques réponses à quelques-uns. A Marsup notamment (post 39): j’ai dit précédemment que votre combat était courageux et exemplaire. Pour tout dire, il est noble, dans une époque de fort repli sur soi. Et même si on peut douter de son efficacité, on ne saurait douter de l’utilité d’un tel engagement. Continuez donc ce combat-là. Et croyez bien que le soutien des honnêtes gens (dont je suis!) vous est acquis.
Kidi Wanda, sur “l’orgueil”, j’avais précisé quelque part le “bon orgueil”. Dans mon esprit, il ne s’agissait pas de l’orgueil vaniteux, de la sotte suffisance. Mais plutôt, d’une sorte d’orgueil minimal, en fait, celui-là qui fait le socle de ce que l’on appelle la dignité. Tu as semblé dire toi-même que tu saisissais cette nuance. Quant à séparer l’orgueil individuel de l’orgueil national, je te suis complètement. En l’occurrence, Chavez illustre bien la chose. Il poursuit moins la fierté d’un Venezuela autonome, qu’en réalité le mythe d’un Chavez intrépide et héroïque.
A Molekinzela: je vois bien ceux qu’on désigne comme les “intellectuels de bistrots”. J’espère ne pas trop leur ressembler, car je me défie de ces vains causeurs, souvent incultes! -) Mais à mon humble avis, il y a peut-être plus dangereux encore que ces intellectuels du vide: ce sont les partisans du statu-quo. C’est-à-dire ceux qui trouvent qu’après tout, ça ne va pas si mal que ça en Afrique. Et qu’il faut simplement nous laisser du temps. Et malheureusement, ces raisonnements attentistes nous font perdre beaucoup en lucidité. Quel peut donc être l’intérêt d’observer de l’intérieur la BM? Et depuis le temps que des Africains l’observent de l’intérieur, qu’en ont-ils appris? Quels enseignements en ont-ils tirés?
Catharsis: tu poses plusieurs questions, j’y reviendrai peut-être, et c’est vrai qu’on en avait déjà un peu parlé. Moi, il me suffira que chaque Africain ait tout au long de sa vie: de quoi se nourrir, de quoi subvenir à ses besoins sociaux (se soigner, etc), de quoi acquérir une solide culture académique et scientifique, de quoi se mettre au diapason du monde, particulièrement dans les domaines d’épanouissement de l’esprit (innovation, philosophie, concepts, ...). Après, pour le reste, sur le choix de modèle de société par exemple, chaque nation fait souverainement son libre choix.
On y reviendra sans doute.
@+
Il poursuit moins la fierté d’un Venezuela autonome, qu’en réalité le mythe d’un Chavez intrépide et héroïque
c est pour cela qu il fait un referendum et pose non pas une contrainte decider de facon autonome dan sun bureau mais demande l assentiment du peuple de maniere electoral , lui n est pas comme certain a prendre le pouvoir par les armes , et l essentiel etant de savoir si avant c etait mieux qu apres chavez .. car le peuple les pauvre eux ce qui compte pour l épanoussiement c est deja d avoir a manger , ce qu ils ont non pas en abanondance avec chavez mais aux moins au minimum depuis qu i l a recuperer une partie des dividente du pétrole que ces predecesseur et opposant dont tu es apparemment se foutait dans la poche !
de quoi acquérir une solide culture académique et scientifique, de quoi se mettre au diapason du monde, particulièrement dans les domaines d’épanouissement de l’esprit (innovation, philosophie, concepts, ...).
mdrr , tu parle d un épanouissement ,les concept .. bande d intello elitiste qui concoit l épanouissement aux palm académik , vous la bouche plate sans dimension sans profondeur , perdu dans vos etoile et autre distincition honorifique d une institution que l on nomme université et dont les président n hesite pas a prendre des barre de fer pour les etudiant greviste : l épanouissement ne passe pas par les livre ni les roman mais un juste de la paille et de corps endiablé ! une bonne biere entre copine , avec dow on va bientit instituionaliser la music pour la rendre académique et ainis pouvoir s emouvoir d une corde qui vibre ! ....
l epanouissement il nait avec le repli sur soi , la contraction qui precede l envol : pose tes livre tu y perdera ta vie ! ..
les civilisations : on voit svt une ascension une apogée puis une decheance, un declin. C’est un constat. Pourkoi? Probablement parsqu’elle n’est pas homogene, qu’elle n’est pas partagee par tout le monde. Ou que la perfection n’est definitivement pas un concept applicable a l’humanité. Tout va bien. Et l’hom s’emmerde. Et qd il s’emmerde il fait des conneries ou se compromet. Cà fait un peu manicheen ou judeo chretien. Serait une sorte de “l’oisivete est mere de tous les vices” ?
molekinzela: si Monga avait pour intension d’integrer la BM pour avoir une voie et/ou agir de l’interieur ? Ne pas laisser les autres decider a votre place
Ce message est pour Fatoumata et les autres qui pensent qu’on ne doit rien dire à propos de l’endroit où travaille monsieur Monga.
Fatoumata, on a le droit de se poser des questions sur l’institution pour laquelle il bosse. Cela ne veut pa dire que le livre que vous avez lu est moins brillant. On peut savoir quoi dire mais pas quoi faire.
Le côté héroïque de Monga, me laisse indifférent. Tant mieux s’il a pu sauver sa peau. Mais on peut penser qu’il y a d’autres endroits où travailler que la Banque mondiale!!!! On peut gagner sa vie sans être obligé d’être l’employé d’une institution qui dicte ses priorités si froidement!
Regardez son bon ami Mongo Beti. Il aurait pu finir dans les hautes sphères françaises ou camerounaises. Il a été prof de lycée et un de meilleurs écrivains africains!
On a donc le droit de critiquer son choix d’employeur. Livre brillant ou pas.
”Et d’ailleurs son parcours et sa trajectoire auraient pu nous fournir matière à débat.” Cher D.O.W., mais comme tu peux le constater, ce n’est pas forcément le cas. Concernant le livre de notre gars, consacré au papivore tunisien, fondateur du Groupe Jeune Afrique, ce livre est à ce jour introuvable comme tu le dis. Tu es la 2ème personne à ma connaissance qui en parle. Je le cherche, avis aux amateurs. Ce livre m’intéresse plus que le parcours du frère Célestin Monga. ”Anthropologie de la colère” commandé, ça fera partie des livres à lire en janvier.
”Mais la question à propos de Monga, est souvent: comment une telle trajectoire intellectuelle finit-elle par s’échouer à la Banque Mondiale? Dans ce temple des prescriptions au mieux frivoles, inadéquates et infécondes, mais plus sûrement scélérates?” Il est le mieux placé pou répondre à cette épineuse question. Plusieurs hypothèses peuvent être avancées (je rappelle que je n’ai pas lu son livre qui est fait état ici, et franchement, je n’ai pas une bonne image de l’homme pour avoir envie de me l’acheter; et même si une bonne âme me l’offrait pour Noël, ce ne sera pas avant un an que je le lirai, j’ai d’autres priorités de lecture):
* Le ventre;
* La lassitude après les combats menés que l’on trouve vains?
* La conviction de pouvoir changer les choses en étant dans ce genre d’institutions?
Pour la 3ème option, je ricane souvent car je n’y crois pas un seul instant. Ce n’est pas possible. Même le président de la BM n’a pas assez de pouvoirs pour changer quoi que ce soit. Même le DG du Fonds de la misère instantanée (FMI) a moins de pouvoirs que nombre de caciques de cette institution.
A propos des « intellectuels de bistrots »…
Je ne sais pas trop qui c’est, mais je persiste à croire que tout le monde ne peut aller en ville, il faut bien que certains restent au village pour battre le tam-tam. Si certains ont choisi comme passe-temps justement de refaire le monde, de faire leurs Révolutions, de re-bâtir l’Afrique dans les bistrots, que ce soit sur les bords de la Marne, de la Seine, de la Tamise, libres à eux, personnellement, ils ne me dérangent pas plus que ça. Je les trouve même rigolos, à la limite.
Célestin Monga à la BM ? Je suis sur la même longueur d’ondes que D.O.W. (encore une fois). Que les choses soient bien claires :
• Qu’un Afrique veuille faire carrière dans une institution de Bretton Woods : c’est son affaire. Il est libre à mes yeux ;
• Qu’un Africain telle une Ramatoulaye Yade, une Rachida Dati, un Basile Boli ou je ne sais qui d’autre décide de travailler dans un gouvernement dirigé et mené de main de maître par un raciste notoire, c’est aussi son affaire.
Personnellement, je considère le gouvernement Sarkozy comme ennemi de l’Afrique. Je considère le FMI et la BM comme des ennemis de l’Afrique.
Depuis la nuit des temps, des Africains éminents (ADO, le Béninois Abdoulaye Bio Tchané , l’ex-ministre des Finances du Nigeria, NGozi Okonjo-Iweala [j’adore ce nom, ça fleure bon le terroir] etc.) ont occupé des postes importants dans ces établissements. Ne nous leurrons pas : non seulement cela ne nous a rien apporté du tout, mais en plus, je répète cette question inlassable : « Si les patrons de ces établissements n’ont pas plus de pouvoirs que ça, que peuvent faire ces Nègres-alibis ? » J’attends la réponse. Certains villageois ici ont fait des études de finances, j’en suis persuadé. Mais, même quand on n’a pas étudié la finance (nationale ou internationale, peu importe) on sait très bien quelle est la mission d’une banque : faire des bénéfices. Ce n’est pas une association caritative. Ce n’est pas un club de vieux retraités nantis qui ne savent pas quoi faire de leur argent. L’intérêt du FMI et de la BM est que des pays comme les nôtres (Ethiopie, Kamerun, Guinée…) soient pauvres, quémandeurs, déficitaires, aient toujours la main tendue. Des pays comme l’Algérie qui ont soldé leurs comptes (bravo à ce pays !) n’intéressent pas ces institutions. C’est nous qui faisons leurs richesses. Même quand nous ne payons pas le capital, ils vivent des intérêts. La formidable reprise économique observée en Amsud récemment a poussé l’ex-patron du FMI, l’Espagnol Rodrigo de Rato à tirer la sonnette d’alarme : à cette allure, il n’y aurait même plus de quoi faire tourner la baraque.
J’avais déjà écrit ici, il y a plusieurs mois de cela, cher D.O.W. et chers autres ce que je pensais des Monga qui travaillent pour l’ennemi et qui prétendent en même temps vouloir notre bien. Voilà pourquoi quand ce sujet avait été lancé, je m’étais contenté de 2/3 lignes pour répondre au frère qui posait une question. Autant à 15/18 ans j’admirais ces Nègres qui entraient dans ces beaux temples de la haute finance internationale, autant avec le temps, ils m’intéressent autant que mon premier tee-shirt (to be continued...). @+, M82
Un Nègre qui est là-dedans, c’est bon pour sa famille… dans l’immédiat : il peut leur trouver des bourses, il peut élever ses enfants dans d’excellentes conditions, faire venir des tas de membres de sa famille aux States… Mais sur le long terme et dans l’intérêt de tout le monde, le solde est complètement négatif (j’y reviendrai dans un autre poste). Le fait de penser qu’ils puissent peser de l’intérieur me fait penser à ces que nous appelons « gouvernement d’union nationale ». On connaît les résultats, on appelle des faire-valoir et la misère continue à se répandre, et toujours les mêmes qui s’enrichissent sur le dos des autres.
J’en vois qui vont venir me demander : « Et nos dirigeants ? » Ma réponse est connue, elle est la même.
Pour FATOUMATOU,
« Combien de personnes qui réagissent sur ce blog on pris la peine de lire le livre de Célestin Monga ? » Comme je l’ai dit plus tôt, je n’ai pas lu ce livre. Ce n’est pas demain que je le lirai et je ne parlerai donc pas de son contenu, encore une fois.
« Ah oui, ceux qui reprochent à Monga de travailler à la Banque mondiale me font rire. Vous vouliez qu’il travaille dans un MacDonald de banlieue ? » Si la vie était aussi simple que cela. Perso, comme dit plus haut, il peut travailler où il veut, c’est son affaire, mais lui et moi ne menons pas les mêmes combats. « Monga travaillait comme banquier dans son pays quand Paul Biya l’a fait arrêter et jeter en prison. Vous vouliez qu’il aille traîner dans les bistrots à Paris pour dire qu’il est un intellectuel africain ? » C’est le genre même de réflexions qui sclérosent tout débat. Du genre « Vous n’avez pas le droit de le critiquer ! » Et nous sommes les 1ers à prétendre réclamer la liberté d’expression. Liberté chérie… « Qoui qu’on en pense, la Banque mondiale est un des hauts temples de l’économie mondiale. » Personne ne dit le contraire, mais on est quand même libre de choisir entre le Temple, la Mosquée et l’Eglise. Et j’ajouterai même la Synagogue.
« Tous ceux qui comme moi ont fait des études d’économie aimeraient bien aller voir ce qui se passe vraiment là-dedans. » Comment peut-on parler au nom de tout le monde comme cela ? aïe ! la pensée unique…
« Pourquoi n’irait-il pas à la Banque mondiale là où il y a des Prix Nobel d’économie comme Joseph Stiglitz ? » Faux et archi-faux. En ce qui concerne Joseph Stiglitz, il faut écrire, dire et même crier sur tous les toits, « Il y avait ! » car le gaillard conscient du mal véhiculé par sa boîte, conscient du venin inoculé par lui a fini par claquer la porte de cette vénérable institution (pour certains en tout cas). Cela fait 7 ans qu’il en est parti. Cela fait 7 ans qu’il fait mal au FMI & à la BM. Il y était économiste en chef. Et il sait de quoi il parle. A ce niveau, je pense même qu’il fait le travail qu’aurait du faire ceux que j’ai cités plus haut. Et puisque notre très chère Fatoumatou parle de Temple, il faut reconnaître sur cette Terre des Hommes qu’il faut se méfier des convertis, surtout lorsqu’ils s’attaquent à leurs anciennes chapelles. Il faut lire son livre La Grande illusion. Si après cette lecture, « Tout le monde rêve encore d’y travailler… », l’Afrique sera sauvée ! Ouf ! C’est une vraie imposture que de voir une dame comme Ellen Johnson-Sirleaf vouloir sortir le Libéria de là où il se trouve, c’est le cas même des pompiers-pyromanes : on met le feu et après on amène sa lance pour dire qu’on veut l’éteindre ! C’est vraiment se foutre de la gueule du monde. En tant qu’ancien cadre de la BM, cette dame a une lourde responsabilité dans l’état de déliquescence de certains de nos Etats. Je ne sais pas si un jour elle a eu en charge le « dossier Libéria », mais franchement, on verra à la fin de son mandat.
Des années 60 aux années 80, la BM sous l’impulsion de l’ex-boucher du Vietnam, Robert McNamara (très bien aidé par Eugène Rotberg, son trésorier) est parvenu à lever pas moins de 100.000.000.000 $ US dont la grande majorité auprès des banquiers suisses. Et d’où vient une bonne partie de ses capitaux avant d’atterrir dans les coffres de Genève, Lausanne et Zurich ? Je vous laisse deviner. Donc la BM sait, mais elle laisse faire. Elle est complice de nos dirigeants. @+, M82
Quel est le projet industriel impliquant l’investissement privé le plus important du continent africain ? C’est la réalisation de l’oléoduc Tchad-Cameroun pour lequel il a fallu violer l’écologie avec l’énergie la plus féroce. Des ONG impliqués dans la défense de notre environnement et dans celui des Pygmées que nous avons tendance à oublier se sont battus et ont exigé un partage équitable des ressources de la rente pétrolière, des garanties contre la corruption et une modification du tracé de l’oléoduc, pour épargner la vie et la forêt des pauvres pygmées qui n’ont rien demandé à personne. En 1997, le Pianiste de la BM (James D. Wolfensohn) décida de reculer en évoquant « l’impact sur l’environnement économique et sociologique » (je rappelle qu’il est censé être le boss, hein !). Que nenni, les pétroliers décidèrent de faire pression sur lui et comme par enchantement, 18 mois après le 1er refus de l’étude sur l’impact, James D. Woflfie céda et le projet vit le jour. Encore une fois, je pose la question si les grands et gros patrons (DG du FMI, Président de la BM) n’ont que très peu si on pas de pouvoirs du tout, que peuvent faire nos Nègres-alibis ?
«Pourquoi donc les pays asiatiques par exemple ont pu tirer leur épingle du jeu ? Qu’ont-ils fait avec le FMI que l’Afrique est incapable de faire ?» Fatoumatou qui dit avoir étudié l’économie doit savoir qu’en Asie, il a y un homme qui un jour s’est élevé et a dit « Non ! » au FMI & à la BM, c’est le « Dr. M » En 22 ans il a complètement transformé son pays et je pense qu’avec le temps on verra que son successeur, Abdullah Ahmad Badawi fera mieux. Sans le FMI ni la BM. C’est ce courage qui manque à nos élites politiques, rien d’autre.
Ne dit-on pas qui paie commande ? Au FMI, les USA détiennent 17% des droits de vote. Si dans nos urnes on dit « One man, one vote », là bas c’est « One dollar, one vote » Partant déjà de cette hypothèse, nous qui cotisons moins, quel peut être notre poids ?
« Mon point de vue est que ces institutions n’ont pas grand chose à voir avec nos problèmes. » Pourquoi prendre le cas du Mali pour une généralité ? C’est ça qui est dangereux quand on se permet d’ignorer complètement les faits qui eux, sont têtus, extrêmement têtus !
En 1997, la Thaïlande est au bord de la cessation des paiements. La BM débarque avec ses aires de « Je sais tout et vous ne savez rien » pour appliquer EXACTEMENT la même thérapeutique appliquée au Mexique quelques années plus (succès relatif) comme si c’étaient les mêmes réalités, comme si les racines de la crise asiatique étaient identiques à celles de la crise mexicaine, comme si… bref ! en seulement 3 semaines de thérapies made in BM, la Thaïlande entraîne dans sa chute tous les pays du coin : Corée du Sud, Indonésie, Taiwan etc. Le professeur Joseph Stiglitz lui-même entre dans la danse et sa sanction devrait faire réfléchir au moins, avant de les faire fléchir tous les thuriféraires de la BM, elle est sans appel : « Un étudiant en économie qui aurait proposé, à l’occasion d’un exercice théorique, des mesures du type de celles qui ont été imposées à la Thaïlande aurait été recalé à ses examens, pour erreur grossière de raisonnement. » D’après ce même Stiglitz, en réalité, la crise asiatique a pour origine le début des années 90 quand sous la pression des USA (décidément !) ces pays supprimèrent toute entrave à l’entrée/sortie des capitaux. Bref ! je n’entrerai pas trop dans les détails.
Je ne sais pas quel est le poids du FMI ou de la BM a Mali, mais je citerai 3 cas éloquents qui se passent de commentaires : la Guinée, le Niger et la Zambie.
En 2002, la dette extérieure du Niger dépassait 1.6 milliard de $ US=> pays surendetté et bien entendu nos maîtres exigeaient que la presque la totalité des revenus du pays soient consacrés au service de la dette : rien pour l’école, rien pour les soins… Un banquier sérieux, il ne t’appelle pas pour discuter avec toi, pour voir comment tu peux au moins payer tes factures, nourrir tes enfants et penser à lui rembourser son argent ? Supposons que cette dette soit en effet là car les anciens se sont endettés comme des cons, c’est presque la même chose lorsque vous héritez dans un cadre familial du passif de vos parents : vous payez, mais si votre créancier est humain, il ne vous étrangle pas. Or non seulement ces gens ont perdu toute humanité (si tant est qu’ils l’ont eue !) mais en plus ils le font avec la complicité des nôtres : Fanon avait raison !
Plus tard, Dame nature voulant, je donnerai trois cas concrets de l’implication du FMI et de la BM dans les déboires de la Guinée, du Niger et de la Zambie. Monga a raison de demander notre départ de la zone franc, nous sommes très nombreux à le crier, mais par la même occasion, nous en appelons à rompre avec le FMI / le BM / l’OMC etc. @+, M82
Ne dit-on pas qui paie commande ? Au FMI, les USA détiennent 17% des droits de vote. Si dans nos urnes on dit « One man, one vote », là bas c’est « One dollar, one vote » Partant déjà de cette hypothèse, nous qui cotisons moins, que peut être notre poids ?
c est pas une question de cotisation mais la possibilité d avoir des avocat en nombre suffisant pour defendre ses dossiers ! , la bmi a deja donné Raison a des pays pauvre face au usa ! arretez de dire n importe quoi vous etes pas economiste vous y connaissez rien ; les usa se sont fait allumé plus d une foi et on du payer cash , c est pas la bmi qui est responsable de la misere en afrique , au contraire sans ce serait pire ! ...
c est un instrument puissant , la bmi est une cours de justice donc celestin a raison , il faut plus de presence africaine pour defendre l afrique , c est justement parcque on compte les africain sur les doigt d une main dans ce “tribunal” que ca part en couille , les déboire ne sont pas du a la bmi ou l omc mais aux etat qui influe sur les gouvernement africain pour justement empecher que ces pays applique les directive ! ... vous ovyez comment on retourne sa veste , j ai bien ecouter mon président donc si celestion peut me faire rentre comme secretaire a la Berd avec un ptit salaire de 1500 euros net chui preneuse ! ..
Stop78
« Mon point de vue est que ces institutions n’ont pas grand chose à voir avec nos problèmes. »
fatamou a raison , c est l interet de personne de voir l afrique dans la misere , toute ses institution sont nées apres deux guerre mondial pour evitez que tous le monde se foute sur la gueule , le commerce permet de lier les peuple , c est grace au liens commerciaux créer entre la france et l allemagne qu on peut enfin souffler ! .. faire sauter les douanne c est aussi faire sauter les frontiere , tout depend a quel echelle on se place , celle de sa propre vie ou celle des génération futur ! ... vive l OMC .. oups je veux dire vive l OM ..
study64
slt je me nonme prince et je suis écrivain , j’ai 16 ans et l’esprit de connaitre ma pousser à vous poser la question comment je peux vous joindre et parler du livre
pour qu’un endetté paye ses dettes, le banquier aurait interet a le faire sortir de sa misère. Un bon client est un client qui paye, non pas un client sous alimenté trop faible pour travailler et rembourser. Allez comprendre…
sauf si le but c est de saisir un bien ... mais qu est ce qu un bien ? de l afrique on tire des minerai et nul ne peut venir prendre sans un minimum de participation local ;, sauf avec l armée ( cf irak ) .. non ca le fé pas .. cf ( border and crow 2000 ) , la c est fé sérieuse ! , donc qu est ce qu on peut saisir en afrique ? les esclavage c est deja fait sont sans papier et ici , au final la cee a réinventer les STO, service de travail obligatoire , c est l héritage nazie ! , cf ( pipo and co , 1989) , donc que peut on prend en afrique a part de la matiere mineral ou organique ? moué ; on va la refaire ! ...
Plans74
les paysans africain plus que des intellos et des industriel , des humain qui utilisent leur main pour autre chose que se battre ou ecrire ! c est tout ce que demande la afrique , qu on la laisse cultiver sa terre , pas comme l inde ou la chine qui se revent d etre les usa , ce genre qui sous pretexte de détenir l arme atomique s imagine etre les roi du monde les rois de soi ! .. etre les premier exportateur de nourriture dans un monde qui ne cesse de croitre comme les petit pains de jesus , croassez et multipliez vous ! , l avenir c est la bouffe pas le pétrole ! ... d essence et d idée on peut se passer mais de manioc ! Ainsi parle µUnited69 qui se met l est en ouest tout seule ! ..
3 decembre
voui je te suis. L’avenir c’est la bouffe. Et a les excrements. Car qui bouffe, chie. Celui qui saura faire de l’energie utilisable à partir de feces fera fortune.
Mais l’hom produit deja trop. Non, en fait il gaspille trop. Des tonnes de nourriture sont produites, puis jetées. Car non achetées !!! Scandalisatoire. Prefere balancer, plutot que de donner et nourrir l’indigent, l’indigène. Veritablement INDIGESTE !!
Mon cher M82, qui donc t’a énervé comme ça aujourd’hui?! -) Woohh! Que dire d’autre derrière toi, tu as tout balayé sur ton passage! -)) Juste une chose: Monga est vraiment un esprit brillant. Si même on a du mal à comprendre ce qu’il fabrique à la BM, si même sur tel ou tel aspect, tu le déchiffres peut-être mal, n’hésite surtout pas à le lire! Il pense juste; dans l’intelligentsia africaine, il y a trop de gens médiocres pour que l’on ne souligne pas un talent exceptionnel comme le sien.
Pour le reste, comment ne pas te suivre sur ce qu’il convient désormais d’appeler ici “l’affaire Banque Mondiale”? -) Au fur et à mesure que je te lisais, il m’est revenu en effet le souvenir d’un article dans un numéro de Manière de Voir (recueil d’articles du Monde Diplomatique) consacré à l’Afrique, où Joseph Stiglitz fustigeait très sévèrement le FMI. A l’époque, il était encore à la BM. C’est toi qui m’apprends qu’il n’y est plus. Et c’est toi qui m’apprends que désormais, il s’en prend aussi à la BM. Autrement, ces organismes véreux, il faut que ce soient encore d’autres, qui viennent nous dire qu’ils nous sont nocifs. Quand donc nous débarrasserons-nous de cette naïveté maladive? Quand donc apprendrons-nous à lire convenablement les enjeux cachés? A nous montrer plus rusés que les autres? A investir nous aussi le champ des jeux d’influence dans le monde? A saisir enfin l’importance que revêt le mot stratégie dans le monde tel qu’il va? Grand Dieu je désespère. Mais que c’est bon de te lire M. Je buvais du petit lait en lisant notamment ce que tu écris sur Ellen Johnson-Sirleaf. Je l’avais dit moi-même, à des miennes connaissances, juste après son élection. Tu citais par ailleurs les méfaits de la BM au Niger, ou en Zambie. Mais plus près du Congo Brazza, la gestion qu’elle a fait du dossier ”Gécamine” en RDC, est peut-être encore plus parlante.
Mais pour finir, j’ai déjà dit ici qu’il n’y avait qu’un responsable à la faillite africaine: la gouvernance africaine, les différents exécutifs. J’ai même dit que BM et FMI ne sont pas venus d’eux-mêmes: on est allé les chercher. Donc on connaît les vrais coupables. Mais j’insiste lourdement parce que c’est vraiment triste de constater qu’il existe encore quelques Africains pour mettre leur espoir dans la BM; pour croire qu’après 20 années infécondes, collaborer avec ces deux institutions peut encore nous rapporter quelque chose.
Un dernier mot, pour dire que je fais tout de même une nuance par rapport à toi M. Je récuse la BM par exemple, parce que son but proclammé est de nous aider à sortir de la pauvreté. Or pour ce but-là, nous n’avons besoin de personne. Si donc pour moi BM et FMI ne nous sont d’aucune utilité, je milite en revanche pour que l’Afrique s’engage plus intensément, et ait une présence beaucoup plus forte dans ces lieux où se dessinent les rapports de force dans le monde, et les configurations d’influence sur de grands enjeux. Par exemple à l’ONU. Par exemple à l’OMC. Il est tout à fait oiseux de vouloir observer de l’intérieur la BM, en revanche, étant donné le mode même de scrutin dans les assemblées de l’OMC, il ne suffit à l’Afrique, que d’être organisée, pour y avoir une importance prépondérante, et y peser d’un lourd poids sur les enjeux commerciaux mondiaux. Dans l’optique de lever par exemple toutes les entraves faites aux producteurs de coton dans l’ouest africain. En clair, l’Afrique doit se détacher de toutes ces entités accessoires qui ne l’ont que trop longtemps détournée de ses réelles préoccupations (BM, FMI, ...), et à la place, se faire plus présente partout où l’enjeu est stratégique.
Voilà voilà. Je te salue M. Les autres aussi. Et je retourne à mes moutons -)
Mais l’hom produit deja trop. Non, en fait il gaspille trop. Des tonnes de nourriture sont produites, puis jetées. Car non achetées !!! Scandalisatoire. Prefere balancer, plutot que de donner et nourrir l’indigent,
c est pas l homme qui produit ni la mer d ailleur , c est les usines et les machine ! ... l homme recolte apres la distribution soit on la fait a l ancienne soit a l américaine version grand ouest , premier arrivé premier servie ! suffit d etre rapide , c est a dire bien véhiculer ! encore les machine , nous somme des cyborg ! mi humain mi machine , et non mi humain mi animal , si seulement on avait ce coté animal on pourrait enfin tous se mettre d accord ! c est les machien qui reflechissent , pour les animaux reflechir c est un instinct ! ... pour les machine un ordre ! yess tin dé foi je trop forte aller dite le
saying39
je rep^rend y a une fote ..
a partir de ...c est les machien qui reflechissent ,
correction , deja machien ca existe pas , c est machine .. et puis j ai oublié la formule de negation , les machine pas reflechir ! voila ! mais vous aurez corrigé de vous meme ( ndlr) ...
Force13 ... ( c etais pas un panaché ca ?) c est l ane a gramme de feroce ! ...
Mais pour finir, j’ai déjà dit ici qu’il n’y avait qu’un responsable à la faillite africaine: la gouvernance africaine
mais pour commencer y a jamais UNE cause a une faillite africaine , y en de multiple et seul un naif peut croire cerner des situation complexe a travers le spectre d un amin dadan ou d un Gbagbo ! .. la gouvernance elle se delegue aussi , donc c est le peuple le premier responable et la premiere cause d une faillite ! ...
Juste trois petits commentaires. 1-) S’il fallait juger un intellectuel ou cadre africain en fonction des idées supposées de son employeur, je ne sais pas combien d’entre nous seraient encore vivants. Pour ma part, je travaille dans un groupe français qui, depuis plus de cinquante ans, soutient les intérêts coloniaux français. Que dois-je faire ? Aller travailler comme mon frère, qui est soldat de l’armée malienne, une armée qui n’a pas une histoire très éthique ? Faut-il condamner Achille Mbembe qui travaille dans une université sud-africaine qui défendait l’apartheid il y a encore quelques années ? Faut-il condamner Cheikh Modibo Diarra qui a fait carrière à la NASA, cette institution qui a fourni tous les renseignements et instruments à la CIA pour assassiner Lumumba ? Faut-il condamner tous les universitaires africains qui enseignent dans des institutions françaises dont on connaît l’histoire du racisme ? Non, je ne crois pas. Jugeons chaque individu sur ses actes, et non sur les opinions que l’on prête à son employeur.
2-) Dire que la Banque mondiale est la cause du sous-développement du Niger ou du Mali ou du Sénégal m’étonne beaucoup. Ces pays fonctionnaient donc très bien avant d’aller de leur plein gré signer des accords avec la Banque mondiale ? Soyons sérieux. Personne n’a forcé mon pays à aller emprunter de l’argent Bien des chefs d’Etat africains avaient refusé d’aller à la Banque mondiale et au FMI ! C’est trop facile de pardonner les dictateurs illétrés qui gouvernent l’Afrique en allant chercher à Washington les causes de nos problèmes. Moi même je n’approuve pas certaines politiques de la Banque mondiale. Mais pourquoi nos chefs d’Etat ne les refusent pas ? S’ils sont faibles, incompétents, malhonnêtes, paresseux, nous devons nous organiser pour les changer, même par la force. C’est vraiment trop facile de faire une obsession sur Sarkozy, la Banque mondiale, le FMI, la pluviométrie, et je ne sais quoi encore, au lieu de regarder au fond de nous-même qu’est ce qui ne va pas.
3-) Quant à Célestin Monga, j’aimerais que tous les cadres africains prennent publiquement les positions qu’il a prises, y compris sur les politiques de privatisation, les questions de taux de change du CFA, la nécessité de monnaies africaines, etc. Je n’ai jamais lu un rapport de la Banque mondiale qui soutienne les idées de Monga, ce qui me semble une claire indication que ce monsieur est d’une liberté d’esprit que nous devons saluer. La plupart des cadres africains de la Banque mondiale et d’autres grandes institutions se contentent de gagner leurs salaires et se taire. Monga lui au moins, il écrit des livres pour exprimer des opinions que personne de bonne foi ne peut affirmer être celles que l’on entend habituellement de la Banque mondiale. Enfin, pour ce qui est des raisons de son choix de carrière, je vous recommande la lecture de “Un Bantou à Washington”, dans lequel il les explique clairement. A 25 ou 26 ans, il était directeur dans une grande banque camerounaise. Je ne crois donc pas que c’est l’argent qui l’a conduit à la Banque mondiale, qui est d’ailleurs une institution de fonctionnaires internationaux. Les cadres africains de Citibank, Golman Sachs et des banques d’investissement françaises ou américaines gagnent bien plus d’argent que les fonctionnaires de la Banque mondiale. Alors vraiment, les insinuations colportées par certains frères sur ce blog ne me semblent pas très bien informées.
D.O.W., encore une fois, je t’ai lu avec attention et bien entendu j’y adhère en disant bien que nous sommes les 1ers responsables de notre faillite, bien avant les BM & autres FMI.
Fatoumatou, il est dommage que tu ne retiennes que ce qui t’intéresse et tronque ma pensée. Concernant Monga ou d’autres, je n’ai jamais dit que c’est l’argent le moteur de leur présence dans tes Temples, mais je me pose toujours la question. Je suis d’accord avec toi sur un point au moins : LES REVENUS DANS LES BANQUES D’AFFAIRE QUE TU CITES SONT EN EFFET SUPERIEURS A CEUX DE CES TEMPLES.
« Quant à Célestin Monga, j’aimerais que tous les cadres africains prennent publiquement les positions qu’il a prises, y compris sur les politiques de privatisation, les questions de taux de change du CFA, la nécessité de monnaies africaines, etc. » Mamadou Koulibaly dit à peu près la même chose. Nicolas Agbohou aussi. Ils l’ont écrit, mais leurs éditeurs n’ont pas pignon sur rue. Ils ne travaillent pas à la BM. C’est un peu ce que je disais ailleurs à D.O.W. (Cf. sujet sur le livre d’Odile Töbner). Allez, je dois courir, @ tout à l’heure. M82
Pour Fatoumatou,
« 1-) » Vu que mes messages précédents ne passent pas auprès de toi, je répète, chacun fait ce qu’il veut, mais je connais mes ennemis. Mais un truc en plus m’écoeure, c’est des amalgames douteux du genre : « Faut-il condamner Achille Mbembe qui travaille dans une université sud-africaine qui défendait l’apartheid il y a encore quelques années ? Faut-il condamner Cheikh Modibo Diarra qui a fait carrière à la NASA, cette institution qui a fourni tous les renseignements et instruments à la CIA pour assassiner Lumumba ? » C’est lassant d’avoir des échanges où tout est mélangé comme ça. Ça me rappelle encore quand on a qualifié ma réaction de monstrueuse suite à la défenestration d’une Chinoise à Paris, en me ramenant des trucs et autres qui n’avaient ni queue ni tête. Fatoumatou, bosse où tu veux, pour qui tu veux. Les croyants te le diront, même Dieu n’a aucune prise sur le libre arbitre de ses enfants.
« 2-) » Ce n’est pas sorti ni de ma bouche, ni de mon esprit, ni de mes doigts. Nous sommes les 1ers responsables de notre malheur. Je l’ai dit. Je le redis. Je le redirai. Cette manière de faire la désinformation est le produit même d’une culture abominable. Ça me rappelle la période du monopartisme où nous avions au Congo des « Spécialistes en agitation politique »
« 3-) » J’ai déjà répondu plus haut.
Comme promis trois cas concrets africains où le Fonds de la misère instantanée (FMI) a foutu le bordel (et encore une fois, je le répète, n’est pas RESPONSABLE DE TOUT).
Cas du Niger : dans ce pays, le FMI a imposé la privatisation de l’ONVN (Office national vétérinaire du Niger) et des pharmacies vétérinaires publiques. Bilan : les vaccins, les vitamines, les médicaments etc. sont maintenant vendus par des représentants locaux des firmes transnationales pharmaceutiques occidentales et/ou par des commerçants privés (libanais, nigérians, etc.) Les délais de vente son souvent échus. Le FMI a imposé tout contrôle public sur ces produits. Les prix étant plus que libres, les éleveurs ne peuvent plus payer. Les médecins vétérinaires d’Etat sont partis à la retraite (pour les plus chanceux), ont émigré et surtout, tous ont été congédiés. Les quelques rares agents appartenant au ministère de l’élevage font payer le moindre déplacement. Dans un pays aussi pauvre, avec des éleveurs qui n’ont plus de revenus du tout, qui peut les payer ? Suite du bilan : des troupeaux entiers crèvent de tous les maux possibles où l’on trouve parasites, épidémies, maladies avariées (merci la disparition du contrôle des médocs), les familles, incapables de continuer à ce rythme quittent les campagnes pour aller envahir les villes qui n’arrivent même pas à intégrer les anciens arrivants. Un spectacle insoutenable m’a été décrit par un frère qui mangeait dans un petit resto à Niamey, c’étaient des mômes avec une assiette attachée par un fil autour du coup, mendiant à l’intérieur même des restos. Ce frère se leva pour aller aux toilettes, à son retour il vit gamin chaparder les os de poulet que lui avait laissé dans son plat et les broyaient comme s’il n’avait pas graillé depuis sa naissance. Dame nature merci ! car l’humour n’étant jamais loin, les Nigériens, dans leur malheur appellent ces banques de la puissance occidentale « talibanques » et leur argent le « mollah dollar » (comme le GG panafricain en sorte).
Cas de la Guinée (celle de Sékou) : en 1986, le FMI a imposé la dissolution du service vétérinaire de l’Etat, service qui contrôlait l’importation des médocs vétérinaires. En 93 (soit seulement 7 ans après l’arrivée du FMI !), les stocks d’Etat étaient vides. Idem qu’au Niger, pour ne pas fatiguer nos chers villageois. Le pire c’est que ces produits importés par des privés se vendent en Guinée 50% plus chers qu’en France où ils sont achetés, qu’ils soient périmés ou pas. Merci qui ? Lansana Conté et le FMI.
Cas de la Zambie : le 1er programme d’ajustement structurel (PAS) fut signé entre ce pays et le FMI en 1991, par le président nouvellement élu, l’ex-syndicaliste F. Chiluba. Ce programme fit démanteler quasiment tout le secteur public, supprimant le gros des subventions sociales (repas scolaires par exemple), les hôpitaux furent en grande partie privatisés et bien entendu ouverture du marché aux capitaux des firmes transnationales qui bénéficièrent de conditions fiscales exceptionnelles. On supprima même la législation du travail. Bilan : le revenu national par tête d’habitant a diminué et 70% de la population vit aujourd’hui en dessous du taux de pauvreté. @+, M82
Nous pouvons faire la critique (moi le 1er) de nos établissements d’Etat qui n’ont pas toujours prouvé leur efficacité. Et moi-même suis persuadé qu’une boîte privée est en général mieux gérée que les boîtes privées. Mais dans tous les cas, les méthodes de ces amateurs du FMI et de la BM ont montré leurs limites. Dommage que nos élites n’en prennent pas de la graine. Rien que dans le cas du Congo, une forêt entière ne suffirait pas pour en parler. Nos élites ayant échoué, si vraiment la BM était là pour nous développer, et le FMI pour nous sortir de la pauvreté, pourquoi ne pas exiger de nos véreux dirigeants qu’ils sanctionnent nos frères et sœurs qui se servaient dans les caisses de ces boîtes, de leur faire des procès dignes de ce nom et de mettre enfin des cadres intègres et compétents à la tête de ces boîtes ? Non, on préfère dire : « Ouvrez vos marchés afin que nous vous inondions de nos produits ! A nos conditions ! Libéralisez ! Levez les taxes ! » Comme un vulgaire client s’adressant à une prostituée, à qui il paie 1€ ou 10.000€ et lui impose toutes les horreurs inimaginables. Nos Etats se prostituent.
Des exemples abondent, mais le procès de ces établissements sera long, très long à faire. Ceux que ce combat intéresse, je les invite à utiliser toutes les tribunes possibles pour le porter.
Je conclurai par les mots mêmes du Pianiste, James D. Wolfensohn qui au terme de ses dix de présidence dans ce « Temple », convaincu qu’il n’avait rien foutu de bon pour personne, conscient d’avoir perdu ses illusions et sachant qu’il n’allait pas rempiler dit : « Dès que nous arrivons dans un pays, en prenant les dossiers, on sait le soir même ou le lendemain qui est corrompu dans ce pays, au niveau de l’Etat comme dans le privé. Si les choses n’avancent pas, c’est qu’au niveau même de la BM il n’y a pas cette volonté ! »
D.O.W.
« Mais plus près du Congo Brazza, la gestion qu’elle a fait du dossier ”Gécamine” en RDC, est peut-être encore plus parlante. » Tu mets le doigt sur un sujet criard de vérité.
« je milite en revanche pour que l’Afrique s’engage plus intensément, et ait une présence beaucoup plus forte dans ces lieux où se dessinent les rapports de force dans le monde, et les configurations d’influence sur de grands enjeux. Par exemple à l’ONU. Par exemple à l’OMC. » Si j’avais le temps de parler de la présence africaine à l’OMC tu désespérerais encore plus. Nos Etats ne veulent même pas de leur souveraineté ! L’élection du Français Pascal Lamy est sans doute la meilleure des preuves. A l’issue du 1er tour de scrutin, il était en tête devant un Sud-américain et un Mauricien (Jayen Cuttare, ancien ministre de son pays et qui connaît très bien ces questions), « candidat de l’Afrique ». La plus grande ironie dans cette couillonnade, c’est le fait que notre frère mauricien, à l’issue de ce 1er tour avait recueilli moins de voix que le nombre de voix africaines. Comment expliquer une telle anomalie ? C’est ce que nous dénonçons tous les jours, cet avilissement dont nous faisons montre, cette servitude dans laquelle nous sommes engoncés depuis des lustres. Très intrigué par la chose, j’ai discuté avec le DG du commerce d’un pays dit francophone (la précision a son sens) qui m’a avoué qu’ils avaient reçu pour consigne dès le 1er tour de voter pour le Français. Poussant le masochisme jusqu’à je ne sais quel point, je demandai à ce même Lamy (pendant qu’il battait campagne pour le « Oui » à l’Europe en 2005, quel intérêt les Africains avaient à voter pour lui, il me prit pour le dernier des abrutis en me répondant justement que son élection était la preuve de la confiance qu’ils plaçaient en lui pour défendre leurs intérêts. Pauvre Afrique, que font donc tes enfants de toi ? @+, M82
Walaï-faforo ! Le 6 décembre-là waï ! Le papa-là qui massacre son peuple, lui prive d’eau potable, d’électricité, des écoles, de logements salubres, de routes… alors que le baril de son pétrole est 100 dollars.
Le papa-là qui a cambriolé son pays et pris son peuple en otage va être reçu en toute pompe à l’exposition universelle, pompeusement appelée forum du développement durable des dictatures en Afrique. Ce papa-là, je le répète, va être exposé à ce forum avec ses belles toilettes qui le font ressembler à un taxi-brousse sénégalais avec toutes les griffes de chez Smalto, Berluti, D&G;… Comme quoi, le temps où l’on jouait au nègre de service n’est pas révolu. Walaï faforo ! Venez nombreux voir ce spectacle insolite où ce coffre ambulant de pétro dollars va être montré au public.
Kiwi où es-tu ? Que fais-tu ? Turlututu !
BK: pour les non initiés com moi, de kel puppet s’agit il?
Catharsis, le puppet dont il est question, c’est le général des siestes armées qui tient son peuple en otage au Congo-Brazzaville pardi ! Ce cambrioleur a braqué son pays au sortir d’une violente sieste armée ! Il a gagné ses galons de général en gendarmant la démocratie, baillonné l’opposition, chosifié son peuple. Depuis lors, pour s’occuper, et faire ses amplettes, il passe son temps à courir les forums, comme une bête de foire que l’on offre en spectacle aux curieux pour ses belles toilettes. Je vous conseille vivement d’aller voir le spectacle. ça vaut le détour, car l’homme sait assortir les cravattes, les chaussettes, les chemises, les chaussures. A lui tout seul, il peut tenir un défilé de mode.
Je vous signale que le baril de pétrole est à 100 dollars et les congolais doivent déplacer leur lit dans la nuit pour chercher l’endroit de leur logement de fortune où les gouttes de pluies ne s’infiltrent pas. L’homme-là a tellement bien utilisé le pactole pétrolier, que certaines maisons du pays son englouties par les ravins creusés par la mousson. Les pluies duliviennes ont creusé des lacs artificiels dans toutes les villes, vaut meiux dire village, parce que c’est tellement sale. les tas d’immondices s’amoncèlent à une telle vitesse ! Au point où vont les choses, ces tas d’imondices vont dépasser la hauteur de l’Anapurna. je vous épargne des odeurs ! Walaï-faforo ! Et dire que les Africains n’étaient pas content quand Chirac avait parlé de leurs odeurs qui rendent les français fous !
C’est vrai que c’est un peu embêtant Fatoumatou, quand dans un échange, on ne se donne pas la peine d’écouter l’autre. Il me semble avoir déjà répondu à certains arguments que vous réénoncez ici tels quels. Ni Mayombe, ni moi, n’avons jamais sous-entendu que la BM et le FMI étaient, je vous cite, “la cause du sous-développement” dans nos pays. Ce n’est pas très honnête intellectuellement de continuer à prétendre que nous l’avons dit. Moi ce débat entre nous me semble bénéfique, et je souhaite que d’autres personnes qui ont un avis contraire au mien, interviennent ici. Mais essayons à tout le moins d’être objectifs et loyaux vis-à-vis des arguments de l’autre.
Le débat, en tout cas pour moi, n’est pas tellement de savoir si la BM est responsable (elle ne l’est pas!), mais d’évaluer si elle nous est utile. Moi je réaffirme qu’elle n’est responsable de rien (puisqu’on est allé la chercher), mais que loin d’être utile, elle est nocive. Et dire cela, n’induit en soi, aucune indulgence vis-à-vis de nos dirigeants. De mon point de vue, ce n’est pas au choix. Ce sont deux axes d’égale importance: nous devons viser à nous débarrasser de nos tyrans, puis, avec la même détermination, nous débarrasser de “partenaires” nuisibles au plus haut point.
Encore une remarque sur le point 1) de votre post. Ça me semble être un amalgame discutable. Il ne s’agit pas de juger un intellectuel en fonction comme vous dites “des idées supposées de son employeur”. Plus que des idées, il s’agit de manoeuvres et de manigances, qui agissent très concrètement dans le présent. Il s’agit de mettre en relief les positions d’un intellectuel, non pas en rapport aux idées, ou au passif (aux mythes passés), mais en relation avec le rôle, plus actif que jamais, et aux conséquences lourdes, d’un employeur institutionnel, au centre d’enjeux stratégiques mondiaux. Je veux bien que vous travailliez Fatoumatou pour un groupe français ayant en Afrique des intérêts que l’on peut apprécier différemment. J’ai envie de dire: comme une grande partie des honnêtes gens de la planète. Mais vous comprendrez bien que ce n’est tout de même pas le même cas que celui d’une institution publique internationale, avec qui nos pays ont des relations institutionnelles d’Etat. De même, ma critique ne s’est pas adressé à un Africain ordinaire exerçant à la BM. Elle questionnait le cas de quelqu’un comme Monga, précisément du fait de son parcours emblématique, de son statut d’intellectuel, et des positions antérieures qu’on lui a connues. Si l’on tient compte de tout cela, et pour autant que l’on se sente interpellé par le débat sur l’avenir de notre continent, que Monga travaille à la Banque Mondiale, ne peut nous apparaître comme un fait anodin et insignifiant.
Mayombé, à toi, je n’ai plus rien à dire. On est strictement sur la même longueur d’onde! -)
Un salut amical à vous deux!
@+
Ça me semble être un amalgame discutable. Il ne s’agit pas de juger un intellectuel en fonction comme vous dites “des idées supposées de son employeur”. Plus que des idées, il s’agit de manoeuvres et de manigances, qui agissent très concrètement dans le présent. Il s’agit de mettre en relief les positions d’un intellectuel, non pas en rapport aux idées, ou au passif (aux mythes passés), mais en relation avec le rôle, plus actif que jamais, et aux conséquences lourdes, d’un employeur institutionnel, au centre d’enjeux stratégiques mondiaux
mais l inverse est vrai .. certain qui dans le passé on commis des erreurs ne doivent pas toujours porter cette marque et admettre que les ennemis d hier peuvent etre les amis d aujourd hui .. donc faut juger les faits ! ni est contre ou pour individu mais pour ou contre ses acte present , ce qui nous empeche comme nous ne somme que des humain de prendre en consideration dans notre jugement le passif ! ce que fait d ailleur tout tribunal ! donc mettre en relief c est au contraire reconnaitre a celsestin que par ces geste passé il reste présumé innocent ! et 2007 n est pas encore l anné de son proces moral ! wait and see , demain c est ca va etre craignos .. couic , j espere que non , enfin on verra bien m! priez pour moi ce soir siouplé
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