Un Rwandais proche des génocidaires de 1994 exerçait tranquillement la médecine en France…

Posté dans: Événements | Par Alain Mabanckou  | le 18 Oct 2009 à 13h20 | Lu 1610 fois

Comment se fait-il qu’on ait pu recruter en France un médecin dont le nom figure en “notice rouge” – catégorie de gravité la plus élevée dans la grille d’Interpol – sans au préalable procéder à des vérifications ? On apprend dans Le Monde que c’est une patiente qui a «ouvert l’information », et de la manière la plus inattendue :

« C’est la faute à Google et à Interpol. Mais c’est surtout sa faute à lui. Si, début octobre, le docteur Eugène Rwamucyo, médecin du travail à l’hôpital de Maubeuge (Nord), n’avait pas fait une remarque désobligeante à une de ses patientes (infirmière) à propos de son embonpoint, sans doute ne se serait-il rien passé. “Ce qu’il m’a dit m’a tellement perturbée ! Le soir, j’ai demandé à mon mari d’aller sur Internet pour voir s’il n’y avait pas des trucs sur lui”, raconte Claire (prénom d’emprunt). En fait de “trucs”, l’infirmière est servie. “Jamais je n’aurais cru tomber sur une histoire pareille”, s’étonne encore la jeune femme, qui, dès le lendemain, alerte des syndicalistes de l’hôpital. Lesquels préviennent le commissariat de police et, finalement, la presse. »

Dans le même article le médecin Eugène Rwamucyo, intellectuel hutu, natif du nord du Rwanda nie « avoir tué » mais semble reconnaître sa proximité avec les intellectuels hutu et autres organisateurs du génocide contre les tutsi. Il préfère d’ailleurs évoquer indirectement le « double génocide » ou « l’auto-génocide », arguments souvent ressassés par les négationnistes du génocide : les Tutsi, victimes des massacres planifiés par les hutu, auraient, eux aussi, organisé et exécuté un génocide contre ces derniers.  Mieux encore : ce sont les Tutsi eux-mêmes, par le biais du FPR (Front patriotique rwandais dirigé par Paul Kagamé l’actuel président rwandais) qui aurait planifié le génocide de leurs propres « frères » tutsi. Bref, un charabia déjà entendu et qui aura du mal à passer.

Pour l’heure le médecin est suspendu à titre « conservatoire » en attendant que la justice – qui n’est pas tenue quant à une demande de renseignements d’Interpol – regarde de plus près le dossier de cet homme. D’après Aucun témoin ne doit survivre, ouvrage publié par la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) et Human Rights Watch (Karthala, 1999) le médecin qui exerçait alors dans son pays avait prôné ”une plus grande intervention de l’Etat” et avait exhorté ses compatriotes “à comprendre qu’ils devaient ”travaillerpour gagner la guerre”. Faut-il rappeler que « travailler » signifie « génocider », « machetter » etc. ?  Plus de quinze ans plus tard le médecin dit assumer ce qu’il avait dit…

Source :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/10/16/recherche-dans-le-cadre-du-genocide-rwandais-le-medecin-pratiquait-toujours_1254791_3224.html

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