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    <title>Le blog d&apos;Alain Mabanckou</title>
    <link>http://www.lecreditavoyage.com/</link>
    <description></description>
    <dc:language>fr</dc:language>
    <dc:creator>amabanck@yahoo.com</dc:creator>
    <dc:rights>Copyright 2009</dc:rights>
    <dc:date>2009-07-03T16:13:00+01:00</dc:date>
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    <item>
      <title>Littérature sans frontières</title>
      <link>http://www.lecreditavoyage.com/article/litterature-sans-frontieres/</link>
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      <description>C’est la première fois que je mets les pieds en Algérie. L’aéroport International Boumedienne grouille de monde. On me dit qu’il y a un charter qui vient d’atterrir et qui a transporté plusieurs ressortissants d’autres pays africains pour le Festival panafricain auquel nous avons été plusieurs à être invités : Sami Tchak, Louis&#45;Philippe Dalembert, Eugène Ebodé… C’est le deuxième Congrès de ce genre en Algérie. Le premier a eu lieu il y a quarante ans. Comment ne pas applaudir l’initiative des éditions APIC – une maison algérienne – qui a eu l’idée de demander l’impression de nos livres en poche en Algérie. Ce qui permet une diffusion plus large et à un prix abordable. C’est toujours ce paradoxe : l’Afrique qui écrit des livres qui n’arrivent pas aux Africains. Des écrivains qui ne rencontrent pas ceux que certains appellent « les lecteurs naturels ». Cette expression m’horripile. Il n’y a pas de lectorat naturel. Autrement c’est la mort de la littérature. Nous avons rêvé des univers lointains, nous avons voyagé grâce aux livres. Cela n’aurait pas été possible si nous nous étions cantonnés à cette notion nationaliste et grégaire de « lecteurs naturels ». Nous ne lirions alors que les auteurs de notre espace et gâcherions nos chances de devenir des &#8220;écrivains japonais&#8221;. Il s’agit de rendre la littérature sans frontières. Ces frontières sont infranchissables à cause de l&#8217;écart entre le Nord et le Sud. Mais aussi du monopole de l&#8217;Hexagone sur l&#8217;édition &#45; les grandes maisons d&#8217;éditions sont basées dans les capitales des anciens pays colonisateurs et aucun pays d&#8217;Afrique noire francophone n&#8217;arrive jusqu&#8217;à présent à installer une maison d&#8217;édition de référence dans le continent. 


Les Institutions ne bougent pas ? A nous de renoncer à nos droits sur les livres destinés au Sud et donc de permettre aux éditeurs locaux de réimprimer les ouvrages parus en France et de les écouler sur place. C&#8217;est ce que nous avons fait en Algérie. Sans regrets. Nous l&#8217;avions déjà fait pour Haiti &#45; et nous le referons pour ce pays l&#8217;année prochaine. Notre verre est petit, mais nous buvons dans notre verre. Et s’il faut vider la mer à l’aide d’une fourchette pour que les livres arrivent en Afrique ou dans les autres pays du Sud, nous le ferons. Sans geindre. Parce qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une question vitale&#8230;</description> 
      <dc:subject>Général</dc:subject>
      <dc:date>2009-07-03T16:13:00+01:00</dc:date>
    </item>

    <item>
      <title>Laferrière et Beigbeder font leur rentrée chez Grasset</title>
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      <description>Paris. Café « Le Bonaparte »&#8230; 

J’ai rendez&#45;vous avec un producteur de cinéma, son assistante, le réalisateur et Joelle qui s’occupe des droits cinématographiques aux éditions du Seuil. Il fait très chaud, la chaleur semble provenir du macadam. Les embouteillages n&#8217;arragent pas les choses. Il vaut mieux marcher que de s&#8217;emprisonner dans une automobile. Prendre place sur la terrasse c’est un peu accepter d’aller en enfer. Nous choisissons de nous attabler à l’intérieur.&amp;nbsp; Pendant que je passe entre les tables, je remarque un type aux longs cheveux, la barbe de séducteur. C’est lui, Frédéric Beigbeder (photo). Je le reconnais. Nous nous saluons. Je sais qu’il se passe quelque chose. De grave ? N’exagérons pas. Rien de grave ne se passe au Bonaparte. C’est un lieu pour élaborer des stratégies. Une dame est assise en face de Beigbeder et prend des notes. Il me la présente comme une journaliste des Echos. Tout d’un coup je me rends compte que la rentrée littéraire commence déjà quelques mois avant la sortie de tous ces livres qui viendront livrer une guerre sans merci sur les tables libraires. On le sait : on ne parlera en gros que d&#8217;une vingtaine de livres. Une dizaine d&#8217;entre eux se tailleront la plus grande place. Cinq d&#8217;entre eux seront couronnés par les prix littéraires les plus importants d&#8217;automne. Beigbeder est déjà sur le terrain. Je l’appelle souvent le « saltimbanque des lettres françaises ». Il en rigole toujours &#45; la journaliste note la blague. Ses chroniques dans Lire sont d&#8217;une intelligence rare. C&#8217;est lui qui a inventé la formule de &#8220;la critique apothicaire&#8221;. Cette critique qui ne s&#8217;occupe que du classement des ventes, de ce que l&#8217;écrivain gagne ou va gagner et non de l&#8217;importance du livre dans le paysage littéraire&#8230;


Beigbeder  va publier son roman en aout. Avec un titre qui est tout un programme à lui seul : Un roman français. Il y a quelque chose de Jean&#45;Paul Dubois dans ce titre, lui qui écrivit Une vie française, roman couronné par le Fémina. Le livre de Beigbeder je l’ai reçu il y a quelques jours. L’auteur est étonné. Je lui dit que deux grands livres vont se démarquer. Que les deux sont publiés chez Grasset. Son roman et celui de Dany Laferrière, le très étrange Enigme du retour auquel je vais consacrer un article dans les pages littéraires du Figaro à la rentrée. Beigbeder acquiesce. Il l’a lu. Il est tombé sous le charme de cette écriture inventive et originale. De cette forme hardie. Beigbeder et Laferrière ont presque regardé dans la meme direction : la quête de leur être.&amp;nbsp; Avec l’humour qui est le sien, Beigbeder dit que son livre c&#8217;est l&#8217;histoire d&#8217;un pays qui a réussi à perdre deux guerres en faisant croire qu&#8217;il les avait gagnées, et ensuite à perdre son empire colonial en faisant comme si cela ne changeait rien à son importance. Ce pays c’est la France. Mais il y a son enfance, son passé – ce qu’on n’avait jamais lu jusqu’alors. Du moins de façon très prononcée comme dans Un roman français. Il y a le père. Il y a le frère. Il y a la nostalgie. Comme chez Laferrière. Deux « fausses » autofictions. Parce qu’en lisant ces livres on est contaminé par leur élan. Les itinéraires échappent aux auteurs et deviennent notre univers. Deux grands livres chez un même éditeur, cela promet du remue&#45;ménage. Les paris sont ouverts. Pour notre bonheur, nous les lecteurs…


Un roman français, de Frédéric Beigbeder, Grasset, parution, aout 2009


L&#8217;Enigme du retour, de Dany Laferrière, Grasset, parution, aout 2009</description> 
      <dc:subject>Événements</dc:subject>
      <dc:date>2009-07-01T14:06:00+01:00</dc:date>
    </item>

    <item>
      <title>Mon cousin de la Nouvelle Orléans</title>
      <link>http://www.lecreditavoyage.com/article/mon-cousin-de-la-nouvelle-orleans/</link>
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      <description>Voilà, c’est toujours cette atmosphère de ville naufragée lorsqu’on arrive ici, à New Orleans. Un immeuble s’élève au milieu de rien. Les vitres démantibulées. De l’herbe qui pousse sur le macadam – du jamais vu. Mais là où est passé un cyclone tout est possible. Sur le trottoir de Common Street un afro&#45;américain m’arrête. C’est un clochard. Il me demande une cigarette, puis une pièce de monnaie. Je n’ai que des euros. Il me somme de faire le change. Et puis quoi encore, me dis&#45;je. Je n’ai en fait pas de droit sur ma propre monnaie. Un billet de banque est une offense pour un être dont le visage est encore zébré de cicatrices d’une catastrophe naturelle. Ce qu’il faut à cet homme c’est plus qu’une pièce. Il a perdu le sens des rêves. Ses songes tournent en rond, et parfois, sinon le plus souvent,  ils empruntent la direction opposée du futur. Le sens giratoire des rêves. Oui, c’est cela. Je lui dis que je reviendrai dans 5 minutes lui donner un billet. « Je ne te crois pas, frère. Ceux qui disent ça ne reviennent jamais. Ma vie c’est cela. Des gens qui me disent qu’ils reviendront et qui ne sont jamais revenus. C’est pour cela que je reste sur le trottoir. Je ne sais plus quel train emprunter pour arriver jusqu’à la gare de la vie. Alors ne me mens pas, passe ton chemin et va vivre ton opulence de l’autre côté de Bourbon Street où tous les touristes viennent laisser cours à leurs vices »&#8230;


Son discours me pince le cœur. Comment lui dire que ma vie aussi est faite de départs, des gens qui m’ont promis qu’ils seront là, qu’ils reviendront me voir et qui ne sont jamais revenus ? Je pense à mon cousin Bertin Miyalou : il s’est donné la mort quelques jours après mon départ pour la France, à la fin des années quatre&#45;vingts. Nous vivions dans le même studio à Pointe&#45;Noire, puis à Brazzaville &#45; avenue Loutassi. Il n’a jamais voulu que je parte. Que je brise ce lien. Nous respirions le meme air. En partant je lui ai ôté la vie. Je lui ai coupé le souffle. Je suis aussi complice que la corde qu&#8217;il utilisa pour aboutir à la pendaison. 


C’est étrange comme cet Afro&#45;américain ressemble à mon cousin. Même regard sombre. Et si c’était lui ? Alors je fonce vers un distributeur. Je tire de l’argent. Je ne sais plus combien. Je reviens vers le type, je lui dis : «  Voilà, mon cher Bertin Miyalou ». Il regarde les billets, presque hébété que je sois revenu sur mes pas. Il les empoche vite et murmure : « Bertin Miyalou c’est qui ? » 

J’étais déjà parti…</description> 
      <dc:subject>Général</dc:subject>
      <dc:date>2009-06-24T17:26:00+01:00</dc:date>
    </item>

    <item>
      <title>L&#8217;enigme du retour, Dany Laferrière, Pauline Kengué et l&#8217;écrivain algérien</title>
      <link>http://www.lecreditavoyage.com/article/lenigme-du-retour-la-patrie-de-lecrivain/</link>
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      <description>Je suis arrivé à Montréal depuis quelques jours. Depuis l’hôtel Le Delta – 475 rue du Président Kennedy –  j’écris quelques lignes d’un roman qui brasse mon enfance et dont j’ignore encore les grandes lignes. Je ne sais jamais ce qui peut se passer d’une page à une autre. J’écris comme certaines bêtes picorent. Je gratte la terre, je trouve des graines, et j’avale celle qui peut aisément passer à travers ma gorge&#8230; 


Il y a des travaux dans la rue. Cela n’arrange pas les choses. Alors je regarde par la fenêtre. Au loin j’aperçois le quartier de mon éternel frère, Dany Laferrière. Que fait&#45;il ? Hier nous avons discuté toute la nuit. Il m’a lu des passages de son prochain roman L’Enigme du retour – qui sort en France en fin aout aux Editions Grasset à Paris et aux Editions Boréal à Montréal. J’ai reçu le livre que je ne quitte plus. C’est le livre le plus apaisé et le plus tendre de mon ami. Je suis plus que bouleversé. C’est un autre Laferrière. Dans le fond et dans la forme. C’est un roman qui va forcément se démarquer de la production littéraire de la rentrée prochaine. C’est le roman d’un très grand écrivain. Je le sais. Je le sens. Un roman qui mêle haïkus et récits. Un roman qui se déplace, qui explose, qui tend ses tentacules à travers le monde. L’enigme c’est le retour. J’ai vu Laferrière écrire ce livre à Petionville (Haiti), à Paris, à Brives, en Guadeloupe. Un roman dans lequel ma propre mère Pauline Kengué est présente. Je n’aurais jamais bâti une telle demeure à celle qui occupe mes textes. On n’entre pas dans mes livres sans passer par Pauline Kengué. Laferrière m’avait caché cela. Parce qu’il l’écrivait. On pouvait parler de tout. Sauf de ce passage qui me concernait – ou plutôt qui concernait cette femme. Laferrière ne m’avait pas dit que cette femme, morte au Congo en 1995, ressusciterait en Haïti…


Hier dans une émission télé de Radio&#45;Canada&#45;Télé  ( http://www.radio&#45;canada.ca/emissions/bons_baisers_de_france/2009/chronique.asp?idChronique=82821  ) on a voulu que je parle du hockey. C’est le sport national au Canada. J’ai dit que je ne comprenais rien à ça. Que lorsque je regardais des matches de hockey à la télé je me demandais toujours ce que les joueurs recherchaient en patinant comme des démons avec leurs vêtements de zouaves.&amp;nbsp; Non, je ne comprends rien à ce sport. Alors je retourne à ma lecture. La lecture de L’Enigme du retour… 


Demain je reprends l’avion pour Marseille. Je dois présenter une conférence. Ceux qui vont m’entendre ne savent pas encore que je vais déclarer que je suis un écrivain algérien. De l’Algérie noire, bien entendu. Je n’aurai même pas à le démontrer puisque cela saute aux yeux. Je suis devenu plus que jamais un écrivain algérien depuis qu’on a failli m’interdire le séjour dans ce pays&#45;là. Tout écrivain devrait donc opter pour la citoyenneté d’un pays qui lui ferme ses frontières…</description> 
      <dc:subject>Général</dc:subject>
      <dc:date>2009-06-18T15:12:00+01:00</dc:date>
    </item>

    <item>
      <title>Dieudonné et la &#8220; liste antisioniste&#8221;</title>
      <link>http://www.lecreditavoyage.com/article/dieudonne-et-la-liste-antisioniste/</link>
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      <description>Le comédien Dieudonné a donc une fois de plus fait la une des journaux. En décidant de se présenter aux élections européennes avec ses amis de la « liste antisioniste », que veut nous faire comprendre le franco&#45;camerounais ? Il semblerait même qu’il ait obtenu une conversation avec le terroriste Carlos depuis son bagne et que ce prisonnier soutiendrait la cause de cette liste. Coup de fil dont le porte&#45;parole du gouvernement français Luc Chatel semble réfuter l’authenticité tant il lui paraît impossible de laisser parler un forçat dont les contacts avec l’extérieur sont très cadrés. Une enquête serait à cet effet ouverte : &#8221;A ma connaissance, M. Carlos a la possibilité d&#8217;appeler quelques personnes depuis sa cellule mais ce sont des appels dits &#8216;désignés&#8217;, j&#8217;imagine mal que M. Dieudonné fasse partie des appels désignés de Carlos&#8221;, a&#45;t&#45;il déclaré sur RTL…


Une réunion de la liste de Dieudonné a fait salle pleine au Théâtre de la Main d’Or – qui appartient au comédien. Chacun aurait déboursé plus de 8 euros pour écouter les candidats lancés dans leur campagne en Ile&#45;de&#45;France. Outre le comédien Dieudonné, on note la présence dans cette liste du polémiste Alain Soral (en arrière&#45;plan sur la photo)  et de Yahia Gouasmi, président du Parti antisioniste (chiite radical). 

Toujours est&#45;il que Dieudonné a réussi une fois de plus de faire parler de lui… par ses détracteurs. Ceux&#45;là qui, pourtant, souhaitent le faire taire. Ironie du sort ? 


De tout cela je retiens qu’il s’agit du malaise de la société française, une société qui a du mal à gérer la composition de sa population – la question du regard qu’on porte sur l’Autre est plus que d’actualité. L’absence d’une lecture objective de l’Histoire est patente. Parce que cette histoire est écrite de manière unilatérale. Toutefois, si par moments il arrive qu’on veuille s’appesantir sur la posture (ou les postures) de Dieudonné, un doute finit par traverser l’esprit. Parce que demeurent des zones d’ombre. Parce que le combat que mène le comédien est souvent gêné par les méthodes et l’idéologie qui l’entourent. Comment par exemple expliquer aux immigrés de France ses accointances avec Le Pen, un personnage qui a toujours fondé sa politique sur l’exclusion de l’Autre ? 


Photo AFP/Jacques Demarthon</description> 
      <dc:subject>Général</dc:subject>
      <dc:date>2009-06-03T20:18:00+01:00</dc:date>
    </item>

    <item>
      <title>Existe&#45;t&#45;il une &#8220;pensée noire&#8221; ?</title>
      <link>http://www.lecreditavoyage.com/article/existe-t-il-une-pensee-noire/</link>
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      <description>L&#8217;hebdomadaire &#8220;Le Point&#8221; consacre un hors&#45;serie intitulé &#8220;La Pensée noire&#8221; que vous pouvez trouver en kiosque actuellement. Plusieurs intellectuels du monde noir ont jeté un regard sur l&#8217;état actuel de cette &#8220;pensée&#8221; et ses &#8220;textes fondamentaux&#8221; &#45; en gros ce qu&#8217;il faut savoir pour comprendre l&#8217;évolution actuelle du peuple noir. J&#8217;ai évoqué la place de James Baldwin et l&#8217;importance de son chef&#45;d&#8217;oeuvre &#8220;La prochaine fois, le feu&#8221; dans l&#8217;émancipation des Noirs d&#8217;Amérique. Plusieurs analyses touchent des domaines aussi variés que le rap, l&#8217;immigration, l&#8217;antisémitisme, l&#8217;élection de Barack Obama ou la colonisation. Une interview d&#8217;Edouard Glissant donne à l&#8217;ensemble une vue très ouverte vers le futur. Une bibliographie permet d&#8217;aller plus loin et de saisir l&#8217;état de la recherche sur la question. Un document utile à avoir dans sa bibliothèque.


Voici l&#8217;introduction de cet hors&#45;série faite par Catherine Golliau, rédactrice en chef des hors&#45;séries au Point :


Un hors&#45;série du Point sur la pensée noire ? Certains s&#8217;en étonnent. Pourquoi ? Parce que la pensée noire n&#8217;existe pas ? Il est vrai que les textes (une trentaine), présentés dans ce vingt&#45;deuxième numéro de la collection Les Textes fondamentaux , n&#8217;ont rien à voir avec un traité de Spinoza : ce sont des récits autobiographiques d&#8217;anciens esclaves, des discours politiques contre l&#8217;esclavage, le racisme, la ségrégation ou la colonisation, des essais sociologiques, des romans, des poèmes&#8230; Ce sont des cris de douleur ou de rage, des appels au pardon et des réflexions sur le problème racial, des textes qui parlent avec les tripes plus que des traités métaphysiques. C&#8217;est que la pensée noire, c&#8217;est d&#8217;abord se penser noir, et affronter le regard du Blanc. Mais penser en couleur, n&#8217;est&#45;ce pas nécessairement penser de manière raciste ? Non, même si certains auteurs noirs soutiennent des thèses dignes des programmes de l&#8217;extrême droite. Pas question, ici, de faire de l&#8217;angélisme : le racisme n&#8217;est pas seulement de couleur blanche, et M. Le Pen n&#8217;aurait pas osé prononcer les discours de Farrakhan, chef du mouvement Nation of Islam. 


Impossible pourtant de mettre tout le monde dans le même sac. Ce hors&#45;série aurait pu en effet tout aussi bien s&#8217;intituler &#8220;Pensées noires&#8221;, tant les prises de position sont plurielles, des écrits de Du Bois ou de Césaire à ceux de Fanon et de Malcolm X. Tous, pourtant, ont tenté de répondre à la même question : comment se penser homme quand on vous a voulu objet ? Bien sûr, c&#8217;était hier, face à l&#8217;esclavage, à la colonisation et à la ségrégation. Et aujourd&#8217;hui ? Des piquets de grève de Guadeloupe aux conflits interethniques africains, du racisme de monsieur Tout&#45;le&#45;Monde à l&#8217;antisémitisme d&#8217;un Dieudonné, le monde noir n&#8217;est pas guéri de la blessure de l&#8217;esclavage, même chez les plus jeunes. Pourtant, il faut aller au&#45;delà, comme l&#8217;a prôné Barack Obama le 18 mars 2008, à Philadelphie, et comme le soulignent dans ce hors&#45;série des personnalités aussi importantes que le poète martiniquais Édouard Glissant ou le sociologue britannique Paul Gilroy. Après la pensée noire, la pensée métisse ? Pourquoi pas ? Ce serait une bonne idée pour un hors&#45;série du Point . 


Catherine Golliau


Le Point hors&#45;série, La Pensée noire &#45; Les textes fondamentaux, 132 pages, 6,50 euros, en kiosque actuellement.</description> 
      <dc:subject>Événements</dc:subject>
      <dc:date>2009-05-20T22:46:00+01:00</dc:date>
    </item>

    <item>
      <title>&#8220;Verre Cassé&#8221;  à l&#8217;occasion du 20 ème anniversaire du festival &#8220; Etonnants voyageurs&#8221; à Saint&#45;Malo</title>
      <link>http://www.lecreditavoyage.com/article/verre-casse-a-loccasion-du-20-eme-anniversaire-du-festival-etonnants-voyage/</link>
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      <description>Communiqué du Festival Etonnants&#45;Voyageurs qui célèbre ses 20 ans :


Une grande soirée&#45;événement le dimanche 31 mai à 21 heures à Saint&#45;Malo : en coproduction avec le Théâtre de Saint&#45;Malo, une représentation exceptionnelle de Verre Cassé, le roman d’Alain Mabanckou – premier lauréat du Prix Ouest&#45;France Etonnants Voyageurs en 2005 –.


Enfin adapté à la scène en France par le musée Dapper sous la direction de Gerty Dambury cette pièce est jouée par Tadié Tuéné (Une saison de machettes mis en scène par Dominique Lurcel, L’ivrogne dans la brousse adapté par Philippe Adrien…) et Jean Bédiébé (Chocolat de Claire Denis, Kirikou et les bêtes sauvages de Michel Ocelot et Bénédicte Gallot…) dans les rôles principaux.


En scène, donc : Le Crédit a voyagé, un bar congolais où se croisent les plus improbables trajectoires. La geste de ces ivrognes sublimement poètes c’est un peu comme De Gaulle dans la brousse ou des éléphants sur le périph’ parisien, toute la relation Nord&#45;Sud – les relations humaines – repassée au prisme des réflexions de Verre Cassé lui&#45;même, « Diogène des bars », et de son miroir, L’escargot entêté, accoucheur d’histoires et tenancier du Crédit a voyagé.


Le site du THEATRE DE SAINT&#45;MALO : http://www.theatresaintmalo.com/accueil.php


Pour réserver vos places &#8220; Verre Cassé&#8221; : http://illeetvilaine&#45;prestataire&#45;billet.for&#45;system.com/index.aspx?Globales/ListeIdFournisseur=12132


Le programme du Festival Etonnants Voyageurs : http://www.etonnants&#45;voyageurs.com/spip.php?rubrique11</description> 
      <dc:subject>Événements</dc:subject>
      <dc:date>2009-05-19T10:28:00+01:00</dc:date>
    </item>

    <item>
      <title>&#8220;Black Bazar&#8221; : le &#8220;livre audio&#8221; sort le 13 mai en librairie</title>
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      <description>Le livre audio prend une expansion en France – aux Etats&#45;Unis ce mode d’accès à la création littéraire est très répandu. C’est ainsi que j’avais écouté en anglais  « Des Souris et des hommes », le chef&#45;d’œuvre de Steinbeck ou encore « Beloved » de Toni Morrison. Et j&#8217;étais loin d&#8217;imaginer qu&#8217;un jour mes propres personnages quitteraient l&#8217;intimité de la page d&#8217;un livre pour devenir des &#8220;entités&#8221; sonores. C&#8217;est désormais une réalité&#8230;

En effet, à  partir du 13 mai la version audio de « Black Bazar » sera disponible, éditée par Audiolib – éditeur sonore français dont le catalogue est aussi riche que varié, brassant aussi bien la littérature française qu&#8217;étrangère : Jean Echenoz, Amélie Nothomb, Boris Vian, Stephenie Meyer, David Lodge, Yasmina Khadra, François Cheng, Françoise Sagan, etc.).&amp;nbsp; 

Le comédien français Paul Borne  a lu intégralement le roman.&amp;nbsp; Je fis sa connaissance au Musée Dapper en janvier 2009 lors de la rencontre&#45;signature à l&#8217;occasion de la parution de &#8220;Black Bazar&#8221;. Le Musée Dapper l&#8217;avait choisi comme lecteur de quelques extraits du livre avant la rencontre. Ce fut le coup de foudre vocal. 

Par la suite, lorsque les éditions Audiolib ont demandé et acquis les droits d&#8217;exploitation du roman auprès de mon éditeur Le Seuil, j&#8217;ai immédiatement pensé à Paul Borne, à cette voix grave et sereine. Je l&#8217;ai proposé naturellement comme lecteur&#8230;


Paul Borne a travaillé au théâtre et au cinéma et participe à des lectures de textes publiques. Professionnel reconnu du doublage, il est la “voix française” de Dennis Haysbert dans les films 24h chrono, Loin du Paradis ou celle de Laurence Fishburne dans Mystic River, Mission Impossible, Las Vegas 21, Les Experts&#8230;

L&#8217;occasion pour moi de le remercier ici pour ce voyage, pour cette &#8220;lecture&#8221; qui m&#8217;a appris beaucoup de choses puisque j&#8217;ai assisté pendant une journée entière à l&#8217;enregistrement, dans le 1er arrondissement de Paris.


Ce livre sonore est suivi d’un entretien exclusif que nous avons réalisé juste à la fin de l&#8217;enregistrement. 


Pour en savoir plus  :


Extraits de l&#8217;entretien sur l&#8217;enregistrement audio :  : http://www.audiolib.fr/bonus.html?voir_la_video=blackbazardvpal1Mbps


Extraits de Black Bazar lu par Paul Borne  : http://www.audiolib.fr/collections/litterature/black&#45;bazar.html#ecouter_extrait</description> 
      <dc:subject>Général</dc:subject>
      <dc:date>2009-05-07T10:34:00+01:00</dc:date>
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      <title>Basketball et boxe : le monde et l&#8217;hégémonie américaine</title>
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      <description>Les mois d’avril, mai et juin sont les mois des finales de basketball aux Etats&#45;Unis. Je regarde tout cela de très près – au point même d’oublier de manger. Je m’enferme chez moi, je décroche le téléphone pendant les matches et je grignote quelques carottes – c’est maintenant mon petit péché, au moins ça ne fait pas grossir m’a dit ma voisine. Ces joueurs de basket sont des géants, je vous dis. Ils sont presque des dieux, sauf qu’à la différence de dieu que les hommes rémunèrent en prières, nos dieux du basket, eux, se font payer des sommes faramineuses pour une activité que certains réduiraient trop vite au lancer d’un ballon dans un panier troué et perché. Moi j’y vois de l’art, du rêve, de l’endurance, de la tragédie, du sens collectif. Quand on regarde deux équipes américaines jouer, on se dit qu’il n’y a que des Noirs. Tout comme la boxe, le foot américain etc. – le basket serait  aussi un truc pour les nègres parce qu’ils sont censés l’avoir dans la peau ?


Vivant à Los Angeles, dois&#45;je naturellement soutenir notre équipe les Los Angeles&#45;Lakers ?&amp;nbsp; En fait je suis toujours derrière l’équipe qui court après le score, l’équipe qui franchit pour la première fois une étape de ces finales. Elle tranche avec les autres qui ont de la bouteille et qui alignent des vedettes capricieuses et mégalomanes. Comment un entraineur peut engueuler un tel joueur à qui l’on paye par mois le salaire de presque une vie d’un salarié ordinaire ? Et puis j’ai horreur des joueurs presque imbus de leur talent comme ce Kobe Bryant des Lakers. J’aime l’équipe de Chicago parce qu’il y a l’enfant de l’ancien tennisman Yannick Noah qui y joue (Joakim Noah, ici en photo avec le maillot des &#8220;Chicago Bulls&#8221;, son équipe actuelle). C’est incroyable comme le père et le fils ont les mêmes tics et cette rage de vaincre ! Le gamin a hérité de la gouaille du père, cette gouaille qui l’avait fait gagner Roland Garros il y a quelques décennies. J’aime l’équipe de Philadelphie parce qu’elle a un joueur qui s’appelle Dalembert – et je crois qu’il doit y avoir un lien entre lui et mon ami écrivain Louis&#45;Philippe Dalembert qui vient de publier un livre mignifique que je vous recommande : Le roman de Cuba (éd. du Rocher). Ils ont aussi la même tronche… 

Bon, je fantasme sans doute, je vois des Dalembert partout, des Haïtiens à chaque coin de la terre !


Au fond le sport que j’aime le plus, c’est la boxe. Je ne rate aucun matche sur HBO – et c’est surtout pour cette discipline que j’ai pris le câble. La boxe et moi c’est une longue histoire.&amp;nbsp; En 1974 j’ai regardé pour la première fois la télé, et c’était un combat qui opposait Mohammed Ali à George Foreman. Ils combattaient au Zaïre. C’était encore le bon temps où les combats se déroulaient dans le monde entier, la boxe disait le monde. Songez par exemple que George Foreman et Joe Frazier ont combattu dans les années 70 à Kingstone (Jamaique) ou encore le meme George Foreman qui à mis KO son adversaire à Caracas (Venezuela). Comment ne pas oublier l’un des combats les plus légendaires de la boxe : l’affrontement d’Ali et Frazier… à Manille (Philippines). La boxe utlisait alors la géographie, la connaissance des peuples, l’expansion du bel art…


De nos jours j’ai le sentiment que ces combats de boxe – en tout cas les plus importants – ne se font plus qu’aux Etats&#45;Unis,  dans un périmètre très dirigé : à Las Vegas, en Californie, au Madison Square Garden à New York etc. Le boxeur  américain devient souvent champion du monde sans aller chercher son titre dans le monde, hors de son pays. Si tu es un champion d&#8217;ailleurs (d&#8217;&#8217;Europe ou d&#8217;Afrique par exemple), on te regarde de haut, on a l’impression que tu n&#8217;es qu&#8217;un amateur. Le sport c’est aussi ça, l’Amérique qui veut tout dicter, tout dominer.


Bon, je dois vous quitter. Le basket commence à la télé dans quelques minutes : l’équipe du Michigan (Les Pistons) joue contre celle de L’Ohio ( Les Cavaliers)…</description> 
      <dc:subject>Général</dc:subject>
      <dc:date>2009-05-01T23:13:00+01:00</dc:date>
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      <title>Votre président déclare&#45;t&#45;il ses revenus et paye&#45;t&#45;il ses impôts ?</title>
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      <description>Avril 2009 : tous les américains ont pu lire la feuille de déclaration des revenus de la famille Obama. Le président américain et son épouse ont déclaré des revenus annuels d’un peu plus de 2. 650.000 dollars. Le couple a ainsi payé plus de 850,000 dollars  à l&#8217;Etat fédéral et près de 78,000 dollars à l&#8217;Etat de l&#8217;Illinois&#8230; (cf. lien en fin de cette chronique)


Obama millionnaire ? Ce sont les droits d’auteur des deux livres publiés par le président qui ont « gonflé » les revenus du foyer.&amp;nbsp; On ne devient pas président dans le dessein de s&#8217;enrichir ! 

En regardant de près cette déclaration des revenus, j&#8217;ai songé aux présidents africains. Quel africain en effet a déjà « vu de ses propres yeux » la déclaration d’impôts de son président ? Mystère…

Payent&#45;ils vraiment les impôts, nos présidents des tropiques ? Si oui &#45; parce qu&#8217;il faut en tout temps accorder le bénéfice de la bonne foi &#45; comment alors se calculerait leur assiette d’imposition si leur fortune personnelle correspond au centime près à la richesse entière de leur pays ? 


Payer les impôts signifie déclarer ce qu’on a. Or depuis « les soleils des indépendances » le dirigeant politique africain pratique l’opacité absolue des revenus. Les taxes et autres contributions payées par les populations viennent gonfler une « caisse noire » dans laquelle les ministres et le président puisent sans vergogne. 


Au fond, il ne s’agit plus de rechercher qui est « démocrate » ou dictateur en Afrique. La ligne de démarcation est désormais la suivante : le démocrate paye ses impôts et rend public sa déclaration ; le dictateur – et donc le détourneur de fonds publics – ne déclare jamais ses revenus. 

Une chose est certaine : si votre président paye ses impôts, faites&#45;lui confiance. Au moins aura&#45;t&#45;il illustré un des devoirs du citoyen… 


La déclaration d&#8217;imposition de la famille Obama :


http://media.mcclatchydc.com/smedia/2009/04/15/17/Talev&#45;2009&#45;Obama&#45;1040.source.prod_affiliate.91.pdf</description> 
      <dc:subject>Général</dc:subject>
      <dc:date>2009-04-16T08:43:00+01:00</dc:date>
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